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Les bourgeons et le climat : la phénologie

Dossier - Pas de bourgeon, pas de forêt !
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Savons-nous que le bourgeon est l’élément essentiel de la vie d’une plante ? Le bourgeon assure la croissance et la ramification des tiges, il est le moteur de la plante et sans lui… pas de forêt !

  
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La phénologie est l'étude des variations de phénomènes périodiques en relation avec les variations saisonnières du climat (définition du CNRS).

Bourgeon de marronnier Cf Aesculus hippocastanum. © Remi Jouan, CC BY-SA 3.0
Schéma d'un bourgeon en coupe. © SVT Académie Aix Marseille DR

Les différents stades phénologiques généraux

Ces phénomènes concernent principalement les êtres vivants mais on parle aussi de la phénologie d'un glacier par exemple qui progresse et régresse au cours de l'année en fonction de la saison et des conditions climatiques. Les stades phénologiques les plus observés sont :

La phénologie est un marqueur du climat mais aussi un élément clé de l'adaptation des êtres vivants aux variations climatiques.

La phénologie des végétaux

Chez les végétaux, la phénologie est donc l'étude de leurs phases de développements saisonniers : feuillaison, floraison, fructification, jaunissement automnal. Ces développements sont liés aux paramètres climatiques. La phénologie est un paramètre essentiel pour la compréhension du fonctionnement des écosystèmes forestiers et en particulier pour la croissance des arbres. C'est aussi un outil de suivi de l'adaptation des végétaux aux changements climatiquesLe réseau Renecofor élabore aussi des modèles mathématiques liant les données climatiques et le comportement phénologique. Ils permettront de simuler l'influence du changement du climat sur le comportement des arbres.

Bourgeon de Marronnier. © Remi Jouan, GNU Free Documentation License, Version 1.2

Étude des variations du débourrement des bourgeons en France

Pour le débourrement des bourgeons du hêtre en France nous avons : (source : ONF)

  • en 1997, le début du débourrement est assez homogène et se produit pour la majorité des sites entre le 14 et le 21 avril (moyenne : 23 avril). Le débourrement se réalise en 7 à 14 jours (10 % à 90 %) ;
  • en 1998, le début du débourrement se produit en moyenne le 25 avril. Il s'étale sur environ un mois et demi, dès le 30 mars dans les Pyrénées-Atlantiques. La majorité des peuplements commence à débourrer entre le 20 avril et le 4 mai. Le débourrement se réalise en 7 à 21 jours (10 % à 90 %) ;
  • en 1999, le début du débourrement se produit en moyenne le 19 avril. Il s'étale sur un mois et demi environ, dès le 29 mars dans les Pyrénées-Atlantiques. Les deux tiers des peuplements commencent à débourrer entre le 5 et le 19 avril. Le débourrement se réalise en 7 à 21 jours (10 % à 90 %).
Bourgeon de marronnier. © Remi Jouan, Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license

Il faut garder à l'esprit que, dans des sites peu éloignés, l'altitude peut jouer un rôle non négligeable sur la précocité du débourrement : ainsi, dans le sud de la France, en 2000, le débourrement est plus précoce de presque trois semaines à la Sainte-Baume (Var), à 750 mètres, qu'au Mont-Ventoux (Vaucluse), à 1.450 mètres (seuil 50 % de débourrement atteint environ le 20 avril à la Sainte-Baume, et le 8 mai au Mont-Ventoux). On peut aussi remarquer qu'au Mont-Ventoux, le débourrement se réalise plus vite.

Bourgeon de marronnier. © Remi Jouan, Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license

Les stades de bourgeons à observer

Ce type de données, effectuées sur de longues périodes, pourraient donner des indications intéressantes sur l'adaptation de nos forêts aux éventuels bouleversements climatiques.

On peut considérer plusieurs stades à suivre avec précision pour un bourgeon, par exemple sept stades (d'après Malaisse, 1964) :

  • bourgeons longuement filiformes ;
  • bourgeons gonflés ;
  • extrémité verte des premières feuilles dépassant les écailles qui s'allongent ;
  • feuilles plissées et velues apparentes ;
  • feuilles plissées et velues individualisées ;
  • feuilles lisses, présence persistante d'écailles brun pâle du bourgeon ;
  • feuilles plus fermes, plus sombres, écailles tombées.