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La préhistoire en quelques paragraphes

Dossier - Les hommes, nom de famille HOMO
DossierClassé sous :anthropologie , homo sapiens , hominidés

Homo sapiens est un drôle de Mammifère : sociable, intelligent, loquace et aussi malheureusement parfois raciste. Qu'en est-il de l'évolution de l'homme ? de la diversité mais aussi de l'unité humaine ? qu'étudie l'anthropologie ? qu'est-ce que le racisme ?

  
DossiersLes hommes, nom de famille HOMO
 

A - Le paléolithique

Terme créé par John Lubbock en 1865, pour désigner l'âge de la pierre taillée. Le Paléolithique s'étend sur 5 à 6 millions d'années, depuis le début du Quaternaire jusqu'à 10 000 avant notre ère, et se termine avec la fin de la dernière glaciation de Würm. Il comprend 3 périodes définies selon le type d'industrie lithique :

• Le Paléolithique très ancien, puis ancien ou inférieur.
• Le Paléolithique moyen, allant de —200.000 à —35.000 ans.
• Le Paléolithique supérieur de —35.000 à —9.500 ans.

Autoportrait de Rembrandt en 1669

Pendant tout le Paléolithique l'espèce humaine s'est transformée : elle est passé de l'Australopithèque à l'Homo sapiens sapiens, l'Homme moderne.

Cette transformation a pris différentes formes :

• Biologique : d'Homo habilis à Homo sapiens sapiens ;
• Technologique avec l'utilisation d'outils d'abord simples comme le chopper pour aboutir aux microlithes
• Sociale car l'homme va former des sociétés construites
• Psychologique avec la prise en compte des défunts, et une certaine conception du monde.

Durant cette période, l'homme est chasseur ou cueilleur. Les outils diffèrent en fonction des méthodes de fabrication et des matériaux utilisés. On appelle industrie préhistorique, l'ensemble des outils fabriqués par chaque groupe humain. L'outil se réalise avec un percuteur.

On assiste à une évolution des techniques, avec, pour simplifier (beaucoup) :

  • Les Australopithèques : pas d'outils connus dans l'état de nos connaissances.
  • Homo habilis : les galets aménagés, chopper, ou chopper tools
  • Homo erectus : industrie acheuléenne
  • Homo sapiens neanderthalensis : industrie moustérienne
  • Homo sapiens sapiens : industries solutréenne et magdalénienne

Les principaux sites éponymes

Les outils du Paléolithique

• Au Paléolithique inférieur, l'outil caractéristique de Homo habilis est le galet aménagé dont on a enlevé un éclat en le frappant contre un autre. On les rencontre en Afrique de l'Est avant - 2 millions d'années. Des coups sont portés à l'aide d'un percuteur dur sur un bord afin d'enlever des éclats et d'obtenir un tranchant. Si un ou plusieurs tranchants sont unifaces, il s'agit d'un chopper. Si le tranchant est obtenu par des enlèvements alternés sur les deux faces, c'est un chopping tool. Les galets aménagés se rencontrent aussi en Asie et en Europe à des périodes plus récentes de l'ordre de 1,8 à 1 million d'années. La technique employée est dite Clactonienne.

Autoportrait de Cézanne

Le véritable tailleur de pierres est Homo Erectus, dont l'outil principal est le hachereau et le biface (pierre en forme d'amande taillée sur ses 2 faces). Cet outil a été l'objet d'une lente évolution et correspond à l'Acheuléen. Son aire d'extension est vaste, et sa durée d'utilisation considérable, puisqu'elle traverse tout le Paléolithique ancien. La technique employée, dite Levallois, consiste à prédéterminer sur le nucléus la forme de l'éclat désiré. Elle survivra jusqu'au Néolithique

• Au Paléolithique moyen, l'Homo Néandertalensis débite la pierre pour obtenir des éclats utilisés ensuite comme outils, une fois retouchés. Les grattoirs et les pointes représentent une part importante de l'équipement du Paléolithique moyen. Cette industrie sur éclats est caractéristique de cette période. Elle se rattache au Moustérien. Désormais l'Homme prévoit et maîtrise les effets de la taille des pierres. Une standardisation des techniques apparaît.

Biface moustérien

Montbert, La Brennière, vers 150 000 à 35 000 av. J.-C. Quartzite, Musée Dobrée, inv. 998.4.5 Homogènes, tranchants et faciles à tailler, les grès lustrés ou quartzites de Montbert étaient bien adaptés à la fabrication des bifaces (percuteurs, racloirs, couteaux à trancher). Leurs affleurements ont fait de Montbert le plus ancien site connu d'occupation humaine en Loire-Atlantique, il y a plus de 150 000 ans : les stations de l'Ouchette, du Pas-Chalène, du Pornand et de La Brennière sont des sites d'extraction et de taille des quartzites, fréquentés par des centaines de générations d'Homo Erectus (Acheuléen), de Néandertaliens (Moustérien) puis d'Homo Sapiens (Homme de Cro-Magnon, Aurignacien).

• Au Paléolithique supérieur, l'Homo sapiens sapiens, invente l'art (grottes, figurines sculptées dans l'ivoire..) et fabrique un outillage de plus en plus économe de la matière première, mais plus sophistiqué, plus diversifié et plus efficace, avec des lames et des lamelles, et de minuscules pièces taillées appelées microburins, microlithes. Il utilisait aussi l'os, le bois de cervidé, l'ivoire pour fabriquer des sagaies, des aiguilles et des harpons.

En milliers d'années

Débitage

Faciès industriel

Paléolithique ancien

de - 800 à -300

Débitage primitif Clactonien

Débitage systématique des bifaces Levallois

Invention feu vers -500

Homo Erectus

Abbevillien

Industries à choppers et bifaces élémentaires

Acheuléen

Paléolithique moyen

De -300 à -40

Débitage Levallois

Débitage systématique des éclats

Homo Néandertalis

Moustérien

Premières sépultures

Paléolithique supérieur

De -35 à -15

Débitage systématique des lames

De -35 à -30

De -30 à -27

De -27 à -20

De -20 à -15

Dès - 15000 av JC

Homo sapiens sapiens

Premiers arts

Industries à caractères régionaux.

Périgordien

Châtelperronien

Aurignacien

Gravettien

Solutréen, Feuille de Laurier

Magdalénien

Epipaléolithique

De -10 à -8000 av JC.

La maîtrise du feu, c'est-à-dire sa reproduction intentionnelle qui semble acquise vers - 400.000 ans, va donner naissance à des usages techniques : fracturation des matériaux durs, durcissement des armes en bois au Paléolithique moyen, mais c'est au Paléolithique supérieur que les usages du feu se multiplient : oxydations des colorants, cuisson de la terre, chauffe du silex pour faciliter la taille, redressement des bois de cervidés, éclairage et chauffage.

Sites paléolithiques importants en Europe

  • La Caune d'Arago, Tautavel
  • Dmanissi, Géorgie 1,7 Ma rivières Pinezauri et Mashavera
  • Vallonnet, grotte commune de Roquebrune, Cap Martin 06, 1 Ma
  • Site de Fuente Nueva, Orce, grenade 1 Ma
  • Site Ceprano , Agnani et Cassino Italie, 8000.000 ans
  • Site Ca'Belvederedi Monte Poggiolo près de Forli en Emilie Romagne Italie, 800.000 ans
  • Grotte Gran Dolina, Sierra Atapuerca, Burgos, Esp. 780.000 ans
  • Isernia la Pineta, Vallée Volturno en Molise, Italie (autoroute Naples Vasto) 736.000 ans
  • Galeria Trinchera del Ferrocarril, sierra Atapuerca Esp. 350 à 170.000 ans
  • Visogliano à Carso di Trieste, Italie (Duino Aurisina)
  • Terra Amata, Nice, Mt Boron, 380.000 ans, foyers
  • Isoletta, Italie 400.000 ans
  • Menez Dregan, Finistère, F, 400 à 350.000 ans
  • Sima de los Huesos, Sierra Atapuerca, 300 à 200.000 ans, Esp.
  • Grotte de Lazaret, Nice 300.000
  • Orgnac, Ardèche, 340.000
  • Orgnac III Languedoc 120.000
Danseurs balinais

B - Le Mésolithique

C'est une période en Europe de — 8 000 à — 6 000 - charnière entre le Paléolithique et le Néolithique, dans laquelle se produit un changement climatique entraînant l'adaptation concomitante de la faune et de la flore. L'homme uniquement cueilleur et prédateur commence peu à peu à devenir chasseur, pêcheur ou cultivateur. La navigation en mer ou en rivières ne fait pas de doute : peuplement de la Crête et de la Corse au 7° millénaire, pirogue découverte dans un bras de la Seine ( - 5 600), cannes pour la pêche à la ligne, hameçons en os et harpons.

On divise le Mésolithique en 2 phases :

—10 000 à —8 000 : Période tempérée avec croissance de forêts. Le mammouth disparaît et le renne émigre vers des terres plus froides ; en contrepartie s'installent des sangliers et des cerfs. En bref, la faune froide se raréfie tandis que la faune tempérée se multiplie.
L'art pariétal disparaît peu à peu. Les objets en pierre sont plus fins, plus ou moins polis, et parfois peints de figures géométriques simples. L'arc apparaît et remplace le propulseur.
—8 000 à —6 000 : Au Sauveterrien et au Tadenoisien on constate une diversification de l'outillage ; les microlithes : pointes de flèches, burins sur armure en bois, donc composites, et les macrolithes pour des tâches plus rudes, pour construire ou défricher.

Le style de Coincy

La Sablonnière, Coincy-l'Abbaye, Aisne, site éponyme du Tardenoisien et du Mésolithique (fouilles R. Daniel). Lamelles généralement courtes (3 à 4 cm), très minces (2 à 3 mm), la plupart à deux pans, aux arêtes sinueuses et bifurquées, à talon mince, portant les traces de la préparation du bord (petites retouches ou petits esquillements) et toujours plus étroit que la lamelle, à bulbe peu développé, angle d'éclatement voisin de 90°.

Art et Industries.

Les manifestations artistiques du Mésolithique sont caractérisées par des figures géométriques ou schématiques gravées ou peintes (à l'ocre) sur les parois rocheuses, sur des galets ou des plaques de pierre et sur les objets. S'y ajoutent des pendeloques et des figurines sculptées.Les cultures mésolithiques se distinguent par la miniaturisation et la géométrisation des outils en pierre. L'époque est marquée par une régionalisation accrue des industries lithiques.

Pour exploiter les nouvelles ressources animales, les hommes mettent au point un outillage original : hameçon d'os, nasse, filet et harpon pour la pêche, arc pour la chasse. Ce dernier permet une précision de tir et une force de pénétration du trait plus grandes que celles obtenues avec le propulseur du Paléolithique supérieur. Les pointes de flèches sont souvent façonnées par la technique du microburin : fracturation oblique d'une lame obtenue par pression ou par percussion à partir d'une encoche.

Guatemaltèque

Les grandes aires culturelles du Mésolithiques sont définies par " cercles " :

  • Le cercle nord oriental, s'étend de l'Oural au nord ouest de la Pologne et du nord de l'Ukraine à la mer de Barents. Il se caractérise par un outillage réalisé à partir de fragmentations particulières des lames et lamelles, et par des pointes en os.
  • Le cercle septentrional, couvre la Pologne, la Lituanie, la Biélorussie, le nord de l'Allemagne, le sud de la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et l'Angleterre. Il a produit des grattoirs très courts et des lames servant de haches ou herminettes, un abondant outillage de bois de cervidés et d'os, dont des hameçons qui témoignent d'une nouvelle pratique de pêche, ainsi que des parures et des figurines d'ambre.
  • Le cercle occidental englobe la République Tchèque et la Slovaquie, l'Allemagne, la Suisse, les Pays-bas, la Grande-Bretagne, la France et la Péninsule Ibérique. Les outils lithiques caractéristiques sont des armatures géométriques comme les lamelles à dos, petits projectiles à un seul bord tranchant.


Etc...

Les principales cultures sont :

• L'Azilien groupe de nombreux faciès régionaux dont le point commun est de présenter des galets gravés ou peints, comme ceux célèbres du Mas-d'Azil, le site éponyme ariégeois. Les chercheurs réservent le terme d'Azilien à un groupe vivant dans les Pyrénées entre —9000 et —8000, dont les productions typiques sont les harpons plats et les galets colorés.
Site du Mas d'Azil : Petits outils, grattoirs, lamelles, harpons en bois de cerf, galets peints à l'ocre de dessins géométriques très simples, (points, rayures ou quadrillages).
• Le Sauveterrien est caractérisé par un hyper microlithisme géométrisé des armatures (triangles, segments de cercles, pointes), rappelant le microlithisme des Solutréens.

Microlite du mésolithique

• Le Castelnovien (de Châteauneuf-les-Martigues) s'est développé dans le sud-est de la France entre —6000 et —4700. Grattoirs courts, lames, lamelles et technique du microburin caractérisent ce faciès culturel.
• Le Tardenoisien rassemble des groupes occupant le centre et le nord du Bassin parisien d'environ —6000 à —4000. Les grattoirs sont nombreux et les armatures caractéristiques, d'abord irrégulières, elles sont ensuite avec des encoches ou trapézoïdales.

Modes de vie :

Comme au Paléolithique, les groupes se déplacent en fonctions des saisons et des ressources disponibles. Ils sont en revanche plus réduits qu'au Paléolithique, se dispersent plus largement et occupent tous les milieux, par exemple les Mésolithiques s'aventurent plus loin des côtes et s'implantent en Corse. On a retrouvé les vestiges d'un campement de chasseurs en Isère à 1700m.

Ces nouveaux modes de vie seraient dus au remplacement de la chasse au rabattage, faite en groupe et dans des endroits propices, par la chasse à l'arc que l'homme peut pratiquer seul et n'importe où. On ignore si le chien aide le chasseur, mais le Mésolithique correspond à l'époque de sa domestication.

La nourriture se compose de viande (aurochs, chevaux, élans, sangliers, cervidés, moutons, petits mammifères et oiseaux), de mollusque et coquillages, de poisson d'eau douce et de mer. La cuisson se fait sur des pierres chaudes ou à l'étouffée, selon la technique des " fours polynésiens ". De cette époque datent les premières traces de séchage, et probablement de fumage de la viande et du poisson, pour constituer des stocks. Fruits et graines sauvages sont au menu.

Peut-être mieux nourrie, la population s'accroît. En France, elle est estimée de 50 000 à 75 000 personnes pour la période de —6500 à —5500. Les habitats, huttes en plein air, abri-sous-roche, sont constitués d'assemblage de peaux, de pieux, de branches et de pierres. Les sépultures sont parfois groupées. Il existe des tombes "architecturées" : coffres de pierre recouverts d'un tumulus. Les tombes sont construites pour recevoir plusieurs corps, enterrés simultanément ou successivement, en position allongée ou fléchie, accompagnés d'ocre rouge, de bois de cerf, de parures faites de coquillages ou de dents, et d'outils.

Gauguin Tahiti

C - Néolithique

C'est la seconde grande période de la Préhistoire, l'âge de la pierre polie. Il s'étend de —10 000 à—2 300, selon les lieux géographiques. Vers —10 000, alors que se généralisait l'adoucissement du climat, sous l'influence des peuples asianiques originaires d'Anatolie, ce fut l'éclosion d'un nouveau type de civilisation (agriculture, élevage, céramique).

Le Néolithique marque un tournant décisif. Il a toujours été associé aux origines de l'agriculture et à la sédentarisation des peuples, celle-ci découlant le plus souvent de la première. L'utilisation de la poterie (que l'abandon du nomadisme a permis), et celle des outils en pierre polie en sont les traits caractéristiques. C'est la forme et le décor des poteries qui serviront de référence.

Le premier foyer du Néolithique, fut le Proche-Orient, c'est-à-dire essentiellement la zone du Croissant fertile. Plus on s'éloigne de cette région, plus l'installation du Néolithique est récente. La diffusion vers l'ouest s'est faite par continuité et/ou migrations. La migration des arts, de la métallurgie, des plantes et des légumes (blé sauvage, orge, millet..) a suivi ces migrations humaines.

Le Proche-Orient bénéficiait de conditions naturelles exceptionnellement favorables à la néolithisation en raison de :

1 - La présence de plantes sauvages, céréales (blé et orge) ou légumineuses (pois, lentilles) déjà consommables avant l'apparition de leurs versions domestiques ;
2 - La présence d'ongulés de steppes (bœufs, moutons et chèvres sauvages) dont les troupeaux parcouraient ce territoire. Ces plantes comestibles et ces animaux seront les réserves naturelles des espèces qui seront domestiquées.

La position géographique du Proche-Orient, qui se trouve à la croisée des continents, va faciliter la diffusion des nouvelles découvertes parfois indépendamment des mouvements de population. Le passage entre ces deux modes de vie, "chasseurs-cueilleurs" et "éleveurs", s'est sans doute fait par assimilation, les premiers reconnaissant les avantages du mode de vie des seconds, même si des conflits intergroupes ont dû surgir.

Au Proche-Orient, la sédentarisation et la fondation des premiers villages précèdent l'élevage et l'agriculture ; en Europe, ces deux phénomènes sont souvent simultanés. Parallèlement à cette nouvelle organisation socio-économique, le Néolithique se caractérise par un certain nombre d'innovations techniques majeures : la céramique, le polissage de la pierre ainsi que le tissage.

De —6000 à —2000, le Néolithique s'installe en Europe. On parle de révolution néolithique, mais il a fallu trois millénaires pour qu'elle s'étende à la totalité du territoire européen. Toutefois il s'agit d'un changement historique majeur et irréversible. C'est aussi l'apparition de notions nouvelles comme la propriété.

Néolithique ancien —6000 à —4500
Néolithique moyen —4500 à —3500
Néolithique récent — 3500 à —2000

L'extension du Néolithique vers l'Europe : les migrations se sont faites selon deux courants de diffusion :

  • Méditerranéen : via les côtes grecques, italiennes, espagnoles et françaises. Vers —6000, —5000, selon la région considérée, la révolution néolithique commence à gagner l'Europe orientale et méditerranéenne (côtes ligures, espagnoles et françaises). Céramique de type imprimée ou cardiale
  • Danubien : donc le long de la vallée du Danube, de la Turquie occidentale vers l'Europe centrale et l'Allemagne. A l'extrême sud de la plaine hongroise naît la civilisation du Danube, le Rubané, ainsi nommé à cause de ses céramiques ornées des sillons parallèles en forme de rubans. Elle connaît une extension considérable jusqu'au Rhin et la Belgique. Le courant danubien atteint le nord de la France, et au IV° millénaire le Bassin parisien.

Le mode de vie au Néolithique en Europe.

Les premiers défrichements se font à l'aide de l'herminette, du pic et de la hache, ou par la technique de l'écobuage : les arbres abattus sont brûlés sur place et la culture se pratique sur brûlis.

Les hommes du Néolithique construisent des maisons qui durent, regroupées en villages parfois fortifiés, et dont le territoire est choisi en fonction des ressources disponibles qui permettront de vivre toute l'année. Le bois, l'argile et la pierre, quand le bois fait défaut, sont les matériaux les plus couramment utilisés. De plus le torchis est un excellent isolant contre le froid, l'humidité et la chaleur.

La civilisation des deux courants migratoires, se différencie par des traits économiques, par la forme des maisons, par les rites funéraires, par des modes de vie adaptés à chaque environnement, mais aussi par des modèles culturels spécifiques, l'un méditerranéen, l'autre danubien.

Dans le Sud-est, un style méditerranéen hérité du Proche-Orient s'impose, avec l'élevage préférentiel des caprins et des ovins, de petites maisons de bois et de brique crue ou de torchis, des sépultures au sein de l'habitat, des céramiques peintes, des poteries à décor d'impression qui se propageront de la Grèce de l'ouest jusqu'au Portugal.

En Europe tempérée en revanche, le long du Danube et de ses affluents, où s'étend une vaste forêt dense que l'on défriche à la hache ou par le feu, on élève plutôt des bovins, mieux adaptés au climat, on construit en bois et en argile de grandes maisons allongées de 10 à 50 mètres de longueur, avec toit de chaume, modèle identique dans toute l'Europe centrale jusqu'au Bassin parisien, et on enterre les morts dans des espaces spécifiques, les premières nécropoles.

La coupure entre ces deux blocs culturels n'est pas toujours très nette, et certaines régions, comme le Bassin parisien, subissent la double influence.

L'Europe devient donc multiculturelle, et d'autres clivages apparaissent. On note l'apparition de dénivelés sociaux. Certaines tombes renferment des signes évidents de prestige : objets précieux, parures. Là encore, cela se manifeste de façons différentes :

-- En Occident, ce sont de grands tumulus dans lesquels on a retrouvé des haches d'apparat longues de plus de 30 centimètres, polies dans une roche importée des Alpes, la jadéite. Plus tard dans la même zone viendront les mégalithes qui sont des chambres funéraires.
-- En Europe orientale, dans les sépultures, les marques de prestige sont plutôt des objets de métal (haches, armes de cuivre), des sceptres et des parures en or.

Masaï

Vers 4500 une pyramide sociale se met en place, peut-être afin de mieux gérer les conflits, mais aussi l'intérêt collectif.

La Céramique

Au début du Néolithique, les récipients sont en bois, en courge séchée (calebasse) ou en argile séchée au soleil. La poterie cuite au feu apparaît dans de nombreux endroits, environ 8 000 ans avant notre ère (10 000 ans au Japon).

Elle est présente à tous les stades du Néolithique, pour faire face aux besoins de stockage ou de cuisson. L'impact de cette nouvelle technologie sur les populations, fut très fort car au-delà de son aspect utilitaire, la céramique fut également un facteur d'identité culturelle peut être de cohésion sociale. Par la suite les décors imprimés permettront de différencier les populations les unes des autres. Ainsi la céramique cordée, qui précède l'âge du bronze en Europe, est décorée par incision à l'aide d'une cordelette.

La céramique linéaire, qui est la plus ancienne céramique néolithique d'Europe centrale et orientale (VI° millénaire), présente des chevrons, des rubans en arcs de cercle, des spirales doublées d'incisions et d'impressions.

En Europe, un coquillage nommé Cardium edule a donné son nom à la civilisation à poterie imprimée appelée aussi poterie cardiale (VI°-V° millénaire). Le décor est en zigzags, le fond est arrondi et la poterie est facilement préhensile, grâce à des boutons et des anses. Puis la céramique rubanée ornée de sillons parallèles en forme de rubans....

On y a aussi recours pour contenir des offrandes funéraires, ou comme urne funéraire, (civilisation des champs d'urnes). De plus de nombreuses figurines de déesses en terre cuite, jalonnent le Néolithique dans presque toutes les régions.

Samouraï

Les pratiques funéraires

Au Néolithique, les pratiques funéraires se systématisent et divergent selon l'appartenance du défunt à l'un ou à l'autre des deux grands courants de civilisation, les Cardiaux et les Rubanés.

Les cardiaux enterrent leurs morts dans des fosses sous l'habitat, qui deviendront des fosses à cystes, avant dévoluer vers le Mégalitisme, avec bien sûr des variantes tant dans l'espace que dans le temps. Les rubanés créaient de vastes champs funéraires éloignés des habitations. Les plus grandes de ces nécropoles contenaient plus de 200 tombes. Chaque sépulture était constituée d'une fosse entourée de 4 poteaux de bois et contenait un corps en position fléchie sur le côté gauche, la tête généralement tournée vers l'est et recouverte d'ocre rouge. De manière générale, les corps n'étaient plus touchés après leur mise en terre.

Puis l'âge du cuivre, du bronze et du fer ont suivi....jusqu'à l'histoire...