Parmi les 79 organes du corps humain, lesquels ne sont pas indispensables ? © baluchis, Fotolia

Santé

Corps humain : 7 organes dont on peut se passer

Question/RéponseClassé sous :organe , ablation , côlon

Si le cœur ou les nerfs sont indispensables à la vie, d'autres organes peuvent être retirés sans grande conséquence sur le fonctionnement du corps humain, qui fait ainsi preuve d'une capacité d'adaptation étonnante. Mais bien entendu, il est toujours préférable de rester entier !

En mars 2018, les chercheurs ont découvert le 80e organe du corps humain, l'interstitium, constitué de l'ensemble du fluide interstitiel situé entre les tissus. Chacun de ces 80 organes joue en principe un rôle bien défini : le foie purifie le sang et stocke les nutriments, le cœur assure la circulation sanguine, le cerveau régule les fonctions motrices et cognitives... Si la plupart sont indispensables à notre fonctionnement (impossible de survivre sans cœur ou sans poumons), certains organes peuvent être intégralement retirés sans que cela ait de graves conséquences. Il est aussi possible d'avoir une vie quasi normale sans amygdales, sans péronés, sans la plupart des ganglions lymphatiques, avec un seul rein ou un seul poumon, un quart du foie, ou même avec un demi-cerveau !

La rate

Située à gauche de l'abdomen, la rate assure normalement l'épuration sanguine en stockant et recyclant les globules rouges et les globules blancs. Cette fonction peut toutefois être assurée par le foie et d'autres tissus lymphoïdes. Son ablation est souvent liée à une splénomégalie (gonflement de la rate), causée par une anémie, une hépatite ou une infection. Elle est aussi pratiquée suite à un accident : entourée d'une capsule aussi fine que du papier de soie, la rate se déchire facilement, entraînant une hémorragie interne fatale si elle n'est pas diagnostiquée. La splénectomie n'a pas de conséquences graves, si ce n'est l'augmentation passagère des plaquettes et des globules blancs. Les personnes vivant sans rate ont cependant tendance à être plus sensibles aux infections.

La rate est un organe relativement fragile situé au niveau du flanc gauche et collé aux côtes. © magicmine, Fotolia

Le côlon

Le côlon, aussi appelé gros intestin, est un tube d'environ 1,8 mètre de long dont le rôle consiste principalement à réabsorber l'eau lors du transit intestinal et à compacter les matières fécales. Une colectomie partielle ou totale peut être pratiquée en cas de cancer colorectal ou de maladie inflammatoire de l'intestin (rectocolite hémorragique, maladie de Crohn...). Si le côlon est retiré en entier, l'intestin grêle est alors directement relié à l'anus. Il est pourtant possible d'avoir une alimentation et un transit presque normaux après une colectomie, en évitant de préférence les aliments favorisant les diarrhées (jus de fruits frais, céréales complètes, sauces ou fritures...)

Vivre après une colectomie, c’est possible à condition de surveiller son alimentation. © Sebastian Kaulitzki, Fotolia

La vésicule biliaire

La bile est un liquide sécrété par le foie utilisé pour décomposer les graisses. Elle est stockée dans la vésicule biliaire, un organe accolé au foie et mesurant 7 à 10 centimètres de long. Lorsque l'intestin détecte les graisses, cette dernière se contracte pour libérer la bile. Malheureusement, il arrive que la bile se cristallise et entraîne la formation de calculs à répétition. Les médecins ont donc tendance dans ce cas à conseiller une cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire). Plus de 100.000 opérations de ce type ont été enregistrées en 2010 en France et la Haute autorité de santé (HAS) s'inquiète d'ailleurs de la forte augmentation de leur nombre, pratiquées selon elle de manière parfois injustifiée.

La vésicule biliaire, située juste sous le foie, est souvent retirée suite à des calculs biliaires. © magicmine, Fotolia

L’appendice

L'appendice est le petit organe situé à la jonction du gros intestin et de l'intestin grêle. Comme c'est un cul-de-sac, les éléments étrangers peuvent venir s'y accumuler et entraîner son inflammation, que l'on appelle appendicite. L'ablation de l'appendice a longtemps été l'intervention chirurgicale la plus fréquente en France, avec plus de 270.000 opérations pratiquées en 1986. Une intervention d'autant plus banalisée qu'elle n'entraîne aucune conséquence (si ce n'est le risque opératoire lui-même) et que les médecins ont longtemps pensé que l'appendice était un simple vestige du cæcum des herbivores et n'avait pas vraiment de rôle. Aujourd'hui, le nombre d'appendicectomies a été très réduit et l'on se rend compte que l’appendice pourrait constituer un « refuge » pour les « bons » microbes de l'intestin.

L’appendice est le petit organe situé au bout du côlon après le cæcum. © decade3d, Fotolia

L’estomac

L'estomac remplit quatre fonctions principales : la digestion mécanique (broyage de la nourriture par contraction), la digestion chimique (décomposition par les sucs gastriques), l'absorption et la sécrétion. Il peut pourtant être retiré partiellement lors de chirurgie bariatrique, de plus en plus à la mode pour traiter l'obésité, ou intégralement, souvent suite un cancer. En cas de gastrectomie totale, l'œsophage est directement relié à l'intestin grêle. Les aliments passent alors directement dans l'intestin sans avoir été transformés par les sucs gastriques, ce qui peut entraîner une lourdeur, des diarrhées, des douleurs abdominales ou des vomissements. Il faudra aussi la plupart du temps prendre des suppléments en vitamines et minéraux. Mais la plupart des opérés vivent parfaitement normalement.

L’estomac assure ses fonctions de digestion mais peut être enlevé partiellement ou totalement. © Cliparea.com, Fotolia

Les testicules et les ovaires

Les organes reproducteurs génèrent des spermatozoïdes et des ovules et sécrètent les hormones sexuelles (testostérone pour les hommes, œstrogènes et progestérone chez les femmes). L'ablation est principalement pratiquée en cas de cancer (même à titre préventif, comme dans le cas de l'actrice Angelina Jolie), ou chez les hommes suite à un traumatisme violent (accident de la route, sport...). S'il reste possible d'avoir des enfants avec un seul testicule ou un seul ovaire en fonctionnement, l'ablation des deux organes se traduit par une infertilité et des troubles de la sexualité, ainsi qu'une ménopause artificielle chez la femme. Mais rien qui puisse gêner une vie normale. On a même observé une augmentation de l'espérance de vie chez certaines populations masculines à qui on avait retiré les deux testicules.

Les deux ovaires sont situés au bout des trompes de Fallope. © nerthuz, Fotolia

L’utérus

La fonction essentielle de l'utérus est d'héberger le fœtus durant la grossesse. Malheureusement, cet organe est souvent le lieu où se développent des fibromes, des tumeurs en grande majorité bénignes mais qui peuvent parfois évoluer en cancer. L'ablation de l’utérus, complétée par des séances de chimio et radiothérapie, est alors le traitement de référence. L'hystérectomie est ainsi le deuxième acte de chirurgie obstétrique le plus fréquent en France après la césarienne. Elle entraîne bien évidemment une stérilité et des symptômes semblables à ceux de la ménopause mais n'affecte pas le mode de vie des patientes. Une récente étude a toutefois signalé une augmentation des problèmes cardiovasculaires chez les femmes ayant subi une hystérectomie avant l'âge de 35 ans.

L’utérus est recouvert de l’endomètre, qui peut donner lieu à des fibromes. © freshidea, Fotolia
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