Cette photo émouvante d’un tigre de Sibérie en pleine communion avec son environnement parviendra-t-elle à éveiller les consciences ? © Sergey Gorshkov, Wildlife Photographer of the Year 2020
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« L'étreinte » d'un tigre de Sibérie et autres magnifiques photos d'animaux sauvages

ActualitéClassé sous :Nature , paysages , lac

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Sensibiliser le public aux beautés et à la fragilité de la nature. C'est l'objectif de nombre de photographes animaliers. Celui de ceux qui participent chaque année depuis 56 ans au concours Wildlife Photographer of the Year notamment. Et en découvrant les clichés lauréats de cette année, difficile de ne pas se laisser attendrir. 

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[EN VIDÉO] Interview : les relations entre l'Homme et la nature  L’Homme prospère grâce aux ressources offertes par la nature mais il en dépend aussi et doit donc éviter une utilisation intensive de celles-ci. Xavier Le Roux, directeur de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), décrit, au cours de cette interview, les relations complexes entre l'Homme et la nature. 

Le concours Wildlife Photographer of the Year en est à sa 56e édition. Son objectif plus que jamais en pleine urgence climatique : sensibiliser le public à l'importance de la préservation de notre patrimoine naturel. En lui offrant des images qui racontent des histoires puissantes, attendrissantes, provocantes ou encore inspirantes. À découvrir entre le 16 octobre 2020 et le 6 juin 2021 au Muséum d'histoire naturelle de Londres (Royaume-Uni), l'organisateur du concours.

La majesté du tigre de Sibérie

Le tigre de Sibérie est toujours menacé par le braconnage et par l’exploitation forestière. © Sergey Gorshkov, Wildlife Photographer of the Year 2020

La nature est belle. Mais la nature est aussi émouvante. Et c'est ce que met en lumière la photo qui -- parmi plus de 49.000 candidatures -- remporte cette année le titre suprême de Wildlife Photographer of the Year -- comprenez, photographe animalier de l'année. Une image poignante d'un tigre de Sibérie en pleine communion avec un vieux sapin de Mandchourie. Pour capturer ce moment d'intimité, il aura fallu à Sergey Gorshkov (Russie), et à son appareil à détection de mouvement, plus de 11 mois de patience.

Rappelons que le tigre de Sibérie (Panthera tigris altaica) -- également connu sous le nom de tigre de l'Amour -- est aujourd'hui en voie de disparition. Au siècle dernier, après avoir été chassés tant pour sa fourrure que pour ses os, les effectifs sont tombés jusqu'à 20 ou 30 seulement. Puis des efforts de conservation ont permis de remonter à quelque 550 individus, concentrés sur l'extrême est de la zone de répartition historique du tigre de Sibérie. Et c'est dans la réserve du parc national russe Land of the Leopard que Sergey Gorshkov a surpris cet instant d'éternité qu'il a affectueusement intitulé : « The Embrace » -- comprenez « L'étreinte ».

Quand le talent n’attend pas le nombre des années

« Le renard qui a attrapé l’oie. » © Liina Heikkinen, Wildlife Photographer of the Year 2020

Le prix du jeune photographe animalier de l'année -- une compétition ouverte aux 15-17 ans -- a, quant à lui, été décerné à Liina Heikkinen (Finlande). Pour une photo aux allures dramatiques, montrant un jeune renard roux (Vulpes vulpes) défendant farouchement les restes d'une oie bernache de ses cinq frères et sœurs, quelque part dans la nature finlandaise.

Comme un air de famille

Un nasique prenant tout simplement la pose. © Mogens Trolle, Wildlife Photographer of the Year 2020

C'est l'expression paisible d'un singe proboscis, un nasique, qui est récompensée dans la catégorie « Portraits ». Visiteur d'une station d'alimentation d'un sanctuaire, il a été immortalisé dans toute sa décontraction par Mogens Trolle (Danemark).

Rappelons que le nez du nasique grandit au fil des années. Il peut même en venir à peser sur la bouche de l'animal.

Le singe proboscis ne se trouve que sur l'île de Bornéo et ses environs. Il est en danger parce que son habitat se réduit et qu'il est chassé pour la nourriture et pour la médecine.

Des animaux montrés en spectacle

« Show Business », c’est le titre évocateur de cette photo de Kirsten Luce (États-Unis), récompensée dans la catégorie « Photojournalisme ». © Kirsten Luce, Wildlife Photographer of the Year 2020

Parmi les autres gagnants, ceux de la catégorie « Photojournalisme ». Les photos candidates devaient illustrer les relations entre les humains et la nature et leur impact sur le monde. Et comme en échos à l'actualité récente, on y retrouve de nombreuses images d'animaux montrés en spectacle. Ainsi cet ours muselé d'un fil de fer pour protéger son dompteur et pris dans un filet de sécurité pour protéger le public. L'un des quatre artistes animaliers du seul cirque d'ours polaires au monde.

Un commerce qui fait froid dans le dos

Une bien triste « Entreprise d’arrière-boutique ». © Paul Hilton, Wildlife Photographer of the Year 2020

Toujours dans la catégorie « Photojournalisme », cette image d'une infinie tristesse prise par Paul Hilton (Royaume-Uni, Australie), quelque part sur un marché aux animaux en Indonésie. Un macaque qui sera sans doute vendu comme animal de compagnie ou pour être mangé...

D’étonnants comportements

La catégorie « Comportements » du concours Wildlife Photographer of the Year récompense plusieurs photographes pour leurs clichés de mammifères, d'invertébrés, d'amphibiens et de reptiles ou d'oiseaux.

Ici, à droite, une guêpe-coucou qui pond ses œufs dans les terriers de guêpes pelleteuses solitaires. À gauche, une guêpe des sables à bandes rouges qui, elle, pond ses œufs dans son propre terrier. © Frank Deschandol, Wildlife Photographer of the Year 2020
Pour surprendre ces jeunes manuls — ou chats de Pallas —, il aura fallu une fois de plus beaucoup de patience. Ils apparaissent ici tels que rappelés vers leur repaire à l’approche d’un renard tibétain. © Shanyuan Li, Wildlife Photographer of the Year 2020
Cette photo serait la toute première d’une grenouille de verre en train de se nourrir d’une araignée. Celle-ci, que l’on ne trouve que dans une zone étroite située au pied des Andes, est menacée par la perte de son habitat et la contamination de son environnement (élevage de bétail, agriculture et exploitation minière). © Jaime Culebras, Wildlife Photographer of the Year 2020

Sous l’eau

Un peu de lumière au fond des eaux. © Songda Cai, Wildlife Photographer of the Year 2020

Songda Cai (Chine) nous emmène « Sous l'eau » et de nuit pour découvrir un splendide calmar diamant nouveau-né. Sa particularité : des organes spéciaux qui contiennent des sacs de pigments et lui permettent de changer de couleur. D'autres organes l'aident à réfléchir et à diffuser la lumière. Une merveille !

Des fleurs adaptées au froid

Ces plantes Senecio que l’on ne trouve qu’en Colombie sont adaptées aux froids extrêmes qui règnent dans les Andes. © Gabriel Eisenband, Wildlife Photographer of the Year 2020

Dans la catégorie « Plantes et champignons », cette photo de Gabriel Eisenband (Colombie) grâce à laquelle on découvre l'un des plus hauts sommets des Andes colombiennes, le Ritak'Uwa Blanco. Mais ce sont les fleurs de Senecio d'un jaune brillant qui attirent toute notre attention au premier plan.

Les forces de la nature à l’œuvre

Percer les secrets de l’Etna, le volcan le plus actif d’Europe. © Luciano Gaudenzio, Wildlife Photographer of the Year 2020

C'est une photo de Luciano Gaudenzio (Italie) qui remporte le prix dans la catégorie « Environnements de la Terre ». Elle montre l'Etna, le volcan le plus actif d'Europe. En éruption continue depuis 30 ans, il menace quelque 900.000 personnes. Et pour immortaliser cette coulée de lave rouge incandescente et cette brume gazeuse bleue, « le moment parfait », il aura fallu à Luciano Gaudenzio plusieurs heures de marche à flanc de volcan.

Coléoptère vs fourmi

« La dernière morsure » d’une fourmi tisserande. © Ripan Biswas, Wildlife Photographer of the Year 2020

Le Wildlife Photographer of the Year récompense aussi les meilleurs travaux d'un photographe sur un sujet spécifique ou selon une approche particulière. Dans cette catégorie « Portfolio », c'est Ripan Biswas (Inde) qui est récompensé cette année pour son travail sur le coléoptère tigre, ici, attaqué par une malheureuse fourmi tisserande, coupée en deux juste après avoir mordu le scarabée à la patte.

Une étoile est née

Le cadeau d’un faucon d’Éléonore à un autre. © Alberto Fantoni, Wildlife Photographer of the Year 2020

Autre récompense attribuée par le Wildlife Photographer of the Year : celle du portfolio artistique. Dans cette catégorie baptisée « Rising star Portfolio », c'est Alberto Fantoni (Italie) qui est récompensé cette année pour son travail sur Les faucons d'Éléonore. Sur cette image transparait notamment la façon dont le faucon semble réticent à laisser sa proie à son compagnon.

Mention spéciale à Laurent Ballesta

Laurent Ballesta, photographe naturaliste et plongeur, expert Planète sur Futura se distingue grâce à deux clichés sous-marins « Hautement recommandés » : « The current of life » -- comprenez, « Le courant de la vie » -- et « The night shift » -- « La ronde de nuit ».

À chaque nouvelle lune, au coucher du soleil, des milliers de poissons-chirurgiens bagnards se rassemblent pour frayer dans ce chenal étroit qui relie la lagune de l’atoll de Fakarava, en Polynésie française, à l’océan Pacifique Sud. Ils risquent de se faire dévorer par les requins pour permettre à leurs œufs de se faire emporter au loin. © Laurent Ballesta, Wildlife Photographer of the Year 2020
Ces coquilles en forme de cônes étaient si recherchées — pour la bijouterie ou la fabrication d’objets d’art — que l’espèce a été l’espèce invertébrée la plus commercialisée au monde. Au fond, l’un des principaux prédateurs de l’atoll corallien de Falarava (Polynésie française) : le requin. © Laurent Ballesta, Wildlife Photographer of the Year 2020
Pour en savoir plus

Voici les plus belles photos Nature en 2019 : ouvrez grand les yeux !

Biodiversité, paysage, relation humain-nature... Tout a été représenté dans cette édition 2019 du Nature Photographer of the Year. Ce concours, comportant 12 catégories, sélectionne les plus belles photos de nature pour épater vos mirettes. Tour d'horizon des gagnants.

Article d'Éléonore Solé paru le 22/11/2019

Durant l'année 2019, des photographes ont parcouru le monde entier à la recherche du fabuleux cliché pris à l'exacte seconde où il aura exprimé tout son potentiel. Ils nous racontent une histoire, nous montrent un autre monde, et finalement, font surgir une palette d'émotions au fond de nos yeux. Dans tous les cas, on ne peut qu'admirer la technique et le talent des 12 photographes qui ont gagné le Nature Photographer of the Year.

Changement de direction

Poser un lapin s'avère bien plus aisé que de le faire tenir en place. Ce photographe l'aura sans nul doute remarqué. Et si le terme « lapin » ne correspond à aucune classification scientifique précise, il fait souvent référence à la forme domestiquée du lapin de garenne. En plus d'être une espèce bondissante, il est aussi une espèce envahissante. En effet, avec cinq portées par an dont chacune peut compter 12 petits, la descendance théorique d'un unique couple de lapins de garenne atteint, hors mortalité précoce, 1.848 individus !

Le gagnant en catégorie Noir et blanc : Jump. Deux lapins pris au vol. © Csaba Daroczi, Nature Photographer of the Year

Lever de soleil sur le Lac des Cygnes

Ce majestueux cygne s'entraîne-t-il pour un ballet ? Il est peut-être un peu tôt pour cela, ses camarades ont l'air encore engourdi. En attendant qu'ils ne se réveillent, il semble se contenter de réchauffer au soleil ses 25.000 plumes, présentes chez le cygne adulte. Rien de surprenant pour un tel plumage, puisque le cygne fait tout de même 1,50 m de long, ce qui le classe parmi les plus gros oiseaux volants.

Catégorie Oiseaux : Greeting the sun. Un cygne séchant au soleil. © Peter Cech, Nature Photographer of the Year

Perdu sous la tempête

Cet ours brun semble bien déterminé à braver la tempête de neige qui s'est abattue sur lui. Il faut dire que cet été, il a accumulé 180 à 200 kilos de graisse afin de résister à l'hiver. En effet, contrairement aux idées reçues, l'ours brun n'hiberne pas, il hiverne seulement, ce qui signifie que son sommeil est entrecoupé de nombreux réveils, et que ses activités physiologiques ne sont pas toutes interrompues. Il donne notamment naissance à ses petits durant l'hiver.

Catégorie Mammifère : Under the snow… Un ours s'aventurant dans une tempête de neige. © Stefano Quirini, Nature Photographer of the Year

Pluie dorée

Dans la langue française, le terme « libellule » désigne en fait les odonates. Cet ordre d'insectes regroupe les zygoptères et les anisoptères, qui sont elles de véritables libellules. Saurez-vous dire à quelle catégorie appartient l'insecte photographié ? La réponse se trouve dans la légende de l'image.

Catégorie Autres animaux : Golden rain. Cet insecte est un zygoptère, caractérisé par un corps plus grêle que les anisoptères, et des ailes souvent repliées au repos. © Norbert Kaszás, Nature Photographer of the Year

À l’orée de la forêt

Reconnaissable à son écorce blanche, lisse et brillante, le bouleau est orné de feuilles vert clair au printemps et jaunes à l'automne. On le retrouve en Europe mais aussi dans des pays plus nordiques comme la Russie. Cet arbre a d'ailleurs une préférence pour les climats froids, où il peut devenir centenaire, tandis qu'il ne vit que 30 à 40 ans en climat tempéré. 

Catégorie Plantes et Champignons : The Fallen Idol III. Un arbre couché parmi les siens. © David Frutos Egea, Nature Photographer of the Year

Au sommet d’une montagne, la foudre s’abattra sur toi

Il existe différents types de foudre. Tout d'abord, les éclairs peuvent se produire entre les différentes parties du nuage (éclair intra-nuage) ou entre des nuages voisins (éclair inter-nuage). On recense aussi des foudres nuage-sol, qui se déchargent généralement du nuage vers le sol, mais qui peuvent également survenir du sol vers le nuage. Les deux dernières sortes d'éclairs sont moins courantes. En effet, la foudre en boule est, pour sa part, tellement rare qu'elle demeure inexpliquée. Tandis que la foudre volcanique n'éclate que lors d'un orage volcanique, donc d'une éruption volcanique.

Catégorie Paysages : A stormy day. Est-ce un éclair nuage-sol ou bien sol-nuage ? © Ales Krivec, Nature Photographer of the Year

Attention à ne pas faire un plat !

Le terme « mysticète », qui désigne les vraies baleines, vient du grec ancien « mystax », lequel a donné « moustache » en français. Ce n'est qu'en février 2017 qu'une étude explique enfin pourquoi les baleines à bosse sautent hors de l'eau. Loin d'être de l'énergie perdue, ces sauts serviraient à communiquer avec des mammifères éloignés. En effet, le signal acoustique produit en retombant à la surface voyage mieux qu'un signal vocal.

Catégorie Underwater : Up, in the air. Une baleine bondissant hors de l'eau. © Alexey Zozulya, Nature Photographer of the Year

Floraison aérienne

Concept intriguant, le « beau » est défini comme une notion abstraite. Culturelle, elle caractérise une chose « belle » lorsque celle-ci nous procure une expérience sensorielle ou intellectuelle de plaisir. De nombreux philosophes se sont écharpés sur la distinction entre le beau et ce qui ne l'est pas, à l'instar de Platon, de Hegel ou bien de Kant. Aux yeux de Hegel, le beau artistique se situe « très au-dessus de la nature » parce qu'il est œuvre de l'esprit.

Catégorie Art Nature : Happiness grows in trees. Bonheur dans les arbres. © Simone Baumeister, Nature Photographer of the Year

Condamnés

Les singes sont des mammifères intelligents, notamment capables d'apprendre et d'utiliser une forme basique du langage des signes. Une fois cette langue assimilée, ils l'utilisent non seulement pour communiquer avec les humains, mais aussi avec leurs congénères ! Malheureusement, la forme de leur larynx ne leur permet pas d'apprendre un langage articulé... Ce qui aurait pu les aider à lutter contre l'expérimentation animale qu'ils subissent.

Catégorie : Hommes et Nature : Lonely. Des singes attendant la suite... © Luke Massey, Nature Photographer of the Year

La campagne irlandaise

Si cette vache irlandaise parlait mieux français qu'une vache espagnole, sans doute expliquerait-elle que ses 600 à 800 kilos ont besoin d'un peu plus d'herbe que cela. Les bovins domestiques, scientifiquement nommés Bos taurus, ont été domestiqués il y a 10.000 ans au Moyen-Orient. Depuis, ils se sont répandus sur l'ensemble de la Planète où ils sont principalement exploités pour leur viande, leur lait ou leur travail. Ils sont aussi utilisés pour leur peau, leurs cornes et même leurs bouses.

Catégorie Paysages du Lage Landen : Galloways under the bridge. Deux vaches de la race galloway. © Karin De Jonge, Nature Photographer of the Year

Un, trois, cinq… Où est la sixième bouche ?

En 2016, il existait plus de 10.400 espèces d'oiseaux recensées. L'anatomie et la physiologie de la plupart des oiseaux tendent à favoriser leur vol, en particulier par la réduction de leur poids. Pour cela, des oiseaux ont développé des os pneumatiques. Cela signifie que leurs os possèdent des alvéoles ou des cavités remplies d'air. Forcément, ça allège.

Catégorie Jeunesse : Symphonie n°5. © Giacomo Redaelli, Nature Photographer of the Year

Matinée montagnarde

La composition de la brume est théoriquement identique à celle d'un nuage. Elle consiste en un amas de fines gouttelettes ou de fins cristaux de glace qui réduisent la visibilité en surface. On parle également d'eaux météoriques. Ce terme poétique désigne l'ensemble des eaux atmosphériques, peu importe leur état.

Prix Fred Hazelhoff Portfolio : Cuejdel my lake. Le lac Cuedjel en Roumanie. © Gheorghe Popa, Nature Photographer of the Year

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