Le coronavirus de Wuhan cause des symptômes respiratoires qui peuvent être graves. © leungchopan, Adobe Stock

Santé

Covid-19 : le diabète et l'hypertension comme facteurs aggravants

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Une nouvelle étude affine nos connaissances sur les symptômes provoqués par l'épidémie de Covid-19 qui touche 60.349 personnes dans 28 pays dans le monde. Elle met aussi en lumière la présence de facteurs aggravants dans les cas les plus sévères.

16 h 18

En vidéo : 9 questions sur l’épidémie mondiale de coronavirus  Retrouvez en vidéo toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur l'épidémie mondiale provoquée par le coronavirus de Wuhan ! De l'origine de l'épidémie aux moyens de prévention, cette vidéo détaille toutes les informations clés en 9 questions. 

À la fin du mois de janvier, une première publication décrivait les symptômes de 41 patients au début de l’épidémie de Covid-19. Bien que petit, cet échantillon a permis de décrire les symptômes phares de la maladie comme la fièvre, la toux et une fatigue anormale.

Au début du mois de février, une nouvelle étude est parue, comprenant cette fois 1.099 patients venus consulter à l'hôpital pour une pneumopathie à l'origine inconnue. La présence du virus a été confirmée par une analyse RT-PCR. Cette étude n'est pas publiée pour le moment dans une revue scientifique classique, mais disponible sur Medrvix. Elle n'a donc pas été relue par un comité de scientifiques.

Que nous apprend cette nouvelle étude sur les symptômes causés par Covid-19 ?

Les symptômes caractéristiques causés par Covid-19

Dans les grandes lignes, cette étude confirme les symptômes précédents. L'âge médian des patients étudiés est de 47 ans. La proportion de femme est de 41,8 %, un chiffre plus élevé que dans la première étude qui comprenait 27 % de femme. Un biais sûrement dû à la petite taille de l'échantillon. La durée médiane d'incubation est de trois jours bien qu'elle puisse s’étendre jusqu’à 24 jours.

Les trois symptômes majeurs sont une température corporelle supérieure à 38 °C (87,9 % des patients), des quintes de toux (67,7 %) et une fatigue importante (38,1 %). Dans 79,1 % des cas, la maladie dégénère vers une pneumonie. Les patients dont l'état se dégrade sont alors transférés en soin intensif. La maladie évolue vite, la pneumonie peut apparaître seulement trois jours après le premier diagnostic. Les cas sévères représentent 18,7 % des patients pris en compte dans cette étude.

Les examens sanguins et thoraciques montrent que 82,1 % des patients ont une leucopénie et une affection pulmonaire visible au scanner thoracique dans 76,4 % des cas.

Les maladies préexistantes pouvant favoriser l'infection par Covid-19. © Adapté de Wei-jun Guan et al. Medrvix, 2020

Le diabète, l’hypertension et le tabagisme peuvent aggraver la maladie

Quand on se penche sur les patients dans un état critique, deux maladies très courantes semblent aggraver l’infection à Covid-19. La première est l'hypertension puisque 23,7 % des patients dans un état critique en souffrent. En deuxième position vient le diabète, sans qu'une distinction de type ne soit faite, qui touche 16,2 % des cas les plus graves.

De mauvaises habitudes de vie, comme le tabagisme, peuvent aussi jouer un rôle. Si 85,6 % des patients infectés sont non-fumeur, 16,9 % des cas sévères ont déclaré consommer du tabac (contre 11,8 % des cas moins sévères).

Il n'y a pas encore de traitement spécifique pour lutter contre Covid-19. Les médecins essaient donc de combattre la maladie avec des traitements déjà existants. Les patients admis à l'hôpital se voient administrer des antibiotiques en intraveineuse (57,5 % des cas), prescrire de l'oseltamivir, un antiviral à prendre par voie orale (35,8 % des cas), et des corticoïdes (18,6 % des cas). Ce protocole est accompagné d'une oxygénothérapie et d'une ventilation non invasive pour les patients les plus gravement touchés.

Est-ce efficace ? Difficile à dire car pratiquement tous les patients sont restés à l'hôpital durant le temps de l'étude. Seuls 55 patients sur les 1.099 considérés ont pu rentrer chez eux.

  • Les symptômes les plus courants de la maladie causée par Covid-19 sont une fièvre supérieure à 38 °C, une toux, une fatigue inhabituelle ou une myalgie, une dyspnée.
  • Le tabac, le diabète et l'hypertension sont des facteurs aggravant la maladie.
  • En France, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, recommande à toutes personnes revenant d'un voyage à Wuhan et présentant ces symptômes de contacter le 15.
Pour en savoir plus

Symptômes et diagnostic du coronavirus de Chine : ce qu'il faut savoir

Article publié le 27 janvier 2020 par Julie Kern

Vendredi 24 janvier 2020, les deux premières études scientifiques décrivant les symptômes d'une quarantaine de patients infectés par le coronavirus de Chine sont parues. Elles font état des symptômes les plus courants mais aussi des complications liées au virus chinois.

Au 27 janvier 2020, l'épidémie provoquée par le coronavirus de Wuhan ne cesse de s'étendre. Il a infecté 2.794 personnes dans 15 pays, dont la France. Parmi les personnes prises en charge dans les hôpitaux, 80 sont mortes. Pour la première fois depuis le début de l'épidémie, des scientifiques chinois ont décrit précisément les symptômes cliniques pour 41 patients dans une publication parue dans la revue médicale The Lancet. Mais quels sont les symptômes annonciateurs de l'infection ?

Fièvre et toux, les symptômes les plus communs causés par le coronavirus de Wuhan

Les 41 patients examinés dans cette étude ont été admis à l'hôpital avec des symptômes plutôt fréquents des maladies respiratoires, c'est-à-dire une fièvre supérieure à 38,1 °C (98 % des patients), des quintes de toux (76 % des patients) et enfin une grande fatigue ou une myalgie (44 % des patients). Si les symptômes ressemblent grandement à ceux du SRAS, 2019-nCoV provoque des diarrhées que dans des rares cas : 3 % des patients contre 20-25 % pour l'agent étiologique du SRAS. La dyspnée (55 % des patients) apparaît après huit jours et constitue la première complication sévère de la maladie.

La grande majorité des patients (73 %) sont des hommes adultes. Aucun enfant ou adolescent n'a été examiné dans le cadre de cette étude. L'âge médian des patients est 49 ans et 66 % d'entre eux fréquentaient le marché de la mer de Wuhan, fermé depuis le 1er janvier.

Lors de leur prise en charge à l'hôpital, les patients ont passé un scanner thoracique (précisément un CAT-scan). Dans tous les cas, les images montrent des poumons anormaux. Pour les plus graves, les médecins ont observé des nodules bilatéraux ainsi que des zones où le tissu pulmonaire est comprimé par la présence de liquide.

Pour attester de la présence de 2019-nCoV dans l'organisme des patients, les médecins ont effectué plusieurs examens.

L’évolution de la maladie causée par 2019-nCoV dans le temps, selon la publication de Huang et al. dans The Lancet. © Huang et al. The Lancet, janvier 2020

Diagnostic de l’infection par le coronavirus de Wuhan

Pour savoir si tout cela était bien lié à la présence du coronavirus, les scientifiques ont recherché la présence de son génome, à savoir un ARN simple-brin de polarité positive, dans le plasma des patients par RT-PCR. Le génome viral a été identifié dans 15 % des patients examinés. Néanmoins, ils n'ont pas recherché de particules virales infectieuses dans le sang, ce test n'est donc pas une virémie.

Une deuxième étude analyse plus finement les effets du virus sur les cellules épithéliales de la muqueuse respiratoire in vitro. Le virus a été isolé à partir des échantillons de lavage broncho-alvéolaire pour ensuite infecter des cellules épithéliales en culture.

Les effets cytopathiques apparaissent 96 heures après l'infection par le coronavirus de Wuhan. Les cellules épithéliales infectées démontrent une fréquence plus basse des battements de leurs cils. Ces cellules épithéliales assurent la protection de la muqueuse respiratoire notamment en évacuant le mucus infecté lors de la toux. Dans de nombreuses maladies respiratoires, et lors d'une infection par le coronavirus de Chine, l'épuration du mucus par les voies aériennes est perturbée par la diminution de l'activité ciliaire des cellules. 

Les études présentées ici ne sont qu'un premier aperçu de la physiopathologie de la pneumopathie due à 2019-nCoV. Les 41 cas étudiés ne suffisent pas pour comprendre tous les paramètres de cette nouvelle maladie. Parmi eux, six sont morts après leur hospitalisation, faisant du coronavirus de Wuhan une menace sérieuse.

Les altérations d’un épithélium de la muqueuse respiratoire lors d’une infection par 2019-nCoV in vitro. © Zhu, et al., NEJM, Janvier 2020
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