Est-ce une nouvelle maladie en lien avec le coronavirus ou bien une très rare, connue sous le nom de maladie de Kawasaki, qui se trouve aggravée par la Covid-19 ? © Narvikk, Istock.com
Santé

Covid-19 : le syndrome inflammatoire laisse peu de traces à six mois chez les enfants

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La Covid-19 sévère prend la forme d'une inflammation généralisée chez les enfants. Des médecins anglais ont suivi pendant six mois de jeunes patients malades pour analyser l'évolution de leur état de santé. Si la maladie est intense, elle laisse peu de traces six mois après l'infection.

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Lorsque le coronavirus infecte le corps humain, il provoque une réaction inflammatoire intense. Chez les enfants, l'inflammation peut se généraliser et causer tout un tas de dommages collatéraux. Cette forme grave de la Covid-19, propre aux cas pédiatriques, est appelée PIM-TS ou MISC selon les études. Décrite il n'y a de ça que quelques mois, son évolution et ses séquelles potentielles ont été étudiées.

Une étude rétrospective, menée en Angleterre, a suivi 46 enfants atteints de ce syndrome inflammatoire généralisé pendant six mois. Justin Penner et ses collègues médecins du département pédiatrique du Great Ormond Street Hospital de Londres ont analysé l'évolution des symptômes et selon leurs résultats, ils disparaissent la plupart du temps au bout de six mois, bien que quelques dysfonctionnements mineurs persistent.

L'ensemble des symptômes observés chez les enfants atteints du PIM-TS/MISC et leur évolution à six semaines et six mois. La partie grisée indique des enfants de plus de 12 ans. © Justin Penner et al. The Lancet Child & Adolescent Health

Une maladie aiguë mais qui laisse peu de séquelles

Au début de l'étude, les enfants, âgés entre 8 et 13 ans, présentaient un état général particulièrement préoccupant : des marqueurs inflammatoires bien au-dessus des normales. À cela s'ajoutent des complications gastro-intestinales, rénales, dermatologiques, de coagulation et cardiaques. Dans des cas plus rares, les enfants souffrent aussi de problèmes respiratoires et neurologiques. Les premières améliorations de l'état de santé des enfants apparaissent au bout de six semaines.

L'état inflammatoire et la plupart des complications associées se résorbent. Mais, les problèmes neurologiques persistent encore ou se sont déclarés entre les deux suivis. À six mois, la situation s'améliore encore, l'état inflammatoire s'est complètement résorbé chez tous les enfants de la cohorte, sauf un.

Les anomalies neurologiques persistantes sont pour la plupart mineures. Les médecins ont observé des fatigues et faiblesses musculaires des membres inférieurs et supérieurs, une mobilité altérée et un état anxieux et des changements brutaux d'humeur. Malgré la sévérité du syndrome inflammatoire généralisé provoqué par le coronavirus chez les enfants, les médecins ont observé peu de séquelles graves à six mois. En revanche, ces enfants auront peut-être besoin d'une rééducation motrice et d'un soutien psychologique pour venir complètement à bout de la maladie.

Pour en savoir plus

Le syndrome inflammatoire qui touche les enfants infectés par le coronavirus serait une nouvelle maladie

Article publié le 12 juin 2020 par Julie Kern

Depuis le début de l'épidémie de Covid-19, des centaines d'enfants ont été admis à l'hôpital pour un syndrome inflammatoire qui rappelle la maladie de Kawasaki. Une étude anglaise a étudié en détail les symptômes propres à cette maladie qui semble être nouvelle.

Depuis début avril, le nombre de cas d'enfants présentant des symptômes similaires à ceux de la maladie de Kawasaki a explosé. Le premier a été identifié aux États-Unis, le 7 avril 2020 et peu à peu des signalements identiques ont été faits dans plusieurs pays européens, alors que l'épidémie de Covid-19 était à son apogée. Selon Santé publique France, 125 cas faisant penser au syndrome de Kawasaki ont été dénombrés au 12 mai.

Est-ce une coïncidence ou la recrudescence des maladies « Kawasaki-like » est-elle liée à la Covid-19 ? Plusieurs études ont été publiées pour décrire les symptômes de ce qui semble être une nouvelle maladie appelée PIMS-TS pour Paediatric inflammatory multisystem syndrome temporally associated with SARS-CoV-2 infection ainsi que son lien possible avec le coronavirus.

Maladie de Kawasaki ou PIMS-TS ?

La dernière étude parue sur le sujet est sortie le 8 juin dans Journal of American Medical Association. Cette dernière a étudié 58 enfants hospitalisés en Angleterre et les symptômes qui différencient le PIMS-TS de la maladie de Kawasaki.

Les enfants touchés par le PIMS-TS sont plus âgés que ceux touchés par la maladie de Kawasaki. L'âge médian des jeunes patients considérés dans l'étude anglaise est de neuf ans, alors que 75 % des enfants souffrant de la maladie de Kawasaki ont moins de cinq ans.

Près de la moitié des enfants se sont plaints de troubles gastriques comme des douleurs, des vomissements ou des diarrhées. Ces manifestations ne sont pas caractéristiques de la maladie de Kawasaki, bien que la diarrhée puisse apparaître dans des formes atypiques. Des rashs érythématheux et des infections conjonctivales ont également été observés chez les jeunes patients.

Mais les deux maladies partagent aussi des manifestations communes comme une fièvre persistante supérieure à 39 °C durant plusieurs jours (au moins cinq jours) identifiée chez tous les enfants de l'étude anglaise. De plus, comme pour la maladie de Kawasaki qui touche essentiellement des enfants asiatiques, notamment au Japon, 60 % des enfants atteints du PIMS-TS étaient noirs ou asiatiques.

Les cas les moins sévères de la maladie de Kawasaki guérissent spontanément en trois semaines environ, mais des complications peuvent toucher les artères coronaires dont le développement est alors limité lorsque l'enfant grandit. Des complications ont été aussi observées chez les enfants atteints du PIMS-TS. Huit d'entre eux présentaient des artères anormalement dilatées et huit autres des anévrismes coronaires.

« Ce nouvel état, le PIMS-TS, est extrêmement rare et peut rendre un enfant très malade, il est donc important de caractériser correctement la maladie, ainsi nous pouvons fournir un suivi précis et les meilleurs traitements », explique dans un communiqué le docteur Elizabeth Whittaker du département des maladies infectieuses de l'Imperial College de Londres et première auteure de l'étude.

Exemple d'un rash (éruption) sur la peau d'un jeune enfant. © domaine public

Un lien établi avec le coronavirus ?

Les enfants ont été testés pour le coronavirus à leur arrivée à l'hôpital. Seuls 26 % des tests PCR pour le SARS-CoV-2 se sont avérés positifs mais des anticorps anti-SARS-CoV-2 ont été identifiés chez 86 % des enfants. Au final, le coronavirus a laissé des traces de sa présence chez 48 des 58 enfants testés.

Chez les autres, aucune trace de coronavirus n'a été détectée et les symptômes de ces derniers n'ont pas varié par rapport à ceux avec une contamination passée ou présente. Le PIMS-TS ne peut pas, à ce stade, être considéré avec certitude comme une maladie liée au coronavirus. Mais l'hypothèse reste possible.

De plus, le faible nombre de jeunes patients étudiés à l'heure actuelle ne permet pas encore de distinguer précisément le PIMS-TS d'une maladie de Kawasaki atypique. Rappelons que l'étiologie de cette dernière est inconnue et qu'elle touche entre un enfant sur 6.500 et 20.500 de moins de cinq ans, chaque année.


Cette nouvelle maladie infantile a-t-elle un lien avec le coronavirus ?

Article publié le 29 avril 2020 par Futura avec l'AFP-Relaxnews

Une alerte a été envoyée aux médecins généralistes du Royaume-Uni à la suite d'une augmentation, ces trois dernières semaines, du nombre de cas d'enfants présentant de graves symptômes nécessitant un placement en soins intensifs. Serait-ce l'apparition d'une nouvelle maladie liée au coronavirus chez les enfants qui, jusqu'ici, avaient été majoritairement épargnés ? 

Les autorités sanitaires britanniques tentent d'établir s'il existe un lien entre la pandémie de coronavirus et une maladie grave touchant depuis peu un petit nombre d'enfants, a indiqué mardi le ministre de la Santé Matt Hancock. Cette maladie apparue récemment ressemble à la maladie de Kawasaki, un syndrome vasculaire affectant les jeunes enfants et dont la cause reste indéterminée.

Un syndrome qui touche les enfants et se rapproche des formes sévères de Covid-19, avec des douleurs abdominales, des troubles gastro-intestinaux et une inflammation cardiaque. © Gargonia, Adobe Stock

Y a-t-il un lien entre ces nouveaux symptômes et le SARS-CoV-2 ?

« C'est une nouvelle maladie qui, selon nous, peut être causée par le coronavirus, a déclaré mardi le ministre de la Santé Matt Hancock à la radio LBC. Nous ne sommes pas sûrs à 100 % parce que certaines des personnes qui l'ont contractée n'ont pas été testées positives (au coronavirus). Nous faisons donc actuellement beaucoup de recherche. Mais c'est quelque chose qui nous préoccupe. » Le ministre a indiqué qu'il y avait « un petit nombre de cas ».

« Il s'agit d'une maladie très rare, mais je pense qu'il est tout à fait plausible que cela soit dû à ce virus, du moins dans certains cas », avait déclaré lundi le chef des services sanitaires, Chris Whitty, lors de la conférence de presse quotidienne du gouvernement sur le coronavirus.

La société britannique de soins intensifs pédiatriques (PICS) avait relayé lundi, une alerte du service public de santé anglais, NHS England, concernant une petite augmentation du nombre de cas d'enfants gravement malades, certains atteints du Covid-19, d'autres non. Leurs syndromes se rapprochaient de ceux de la maladie de Kawasaki et du syndrome du choc toxique. Parmi les symptômes des jeunes patients figurent des douleurs abdominales, des troubles gastro-intestinaux et une inflammation cardiaque.

Le professeur Russell Viner, président du Royal College of Paediatrics and Child Health (RCPCH), a rappelé qu'il y avait une faible probabilité pour que des enfants atteints du coronavirus deviennent gravement malades. « Nous savons qu'un très petit nombre d'enfants peut devenir gravement malade du Covid-19, mais c'est très rare », a-t-il déclaré dans un communiqué, soulignant que « les enfants semblent faire partie de la population la moins touchée par cette infection. »

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