Photo de la forêt en feu prise par drone le 16 juillet 2020 dans la forêt de Krasnoïarsk. © Greenpeace

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Images sidérantes des incendies en Sibérie survolée en drone

ActualitéClassé sous :Incendie , Sibérie , Réchauffement climatique

Depuis le mois de février, la forêt sibérienne est transformée en gigantesque brasier alimenté par la foudre et le feux déclenchés par les humains. Les images apocalyptiques capturées par Greenpeace à l'aide d'un drone dans la région de Krasnoïarsk témoignent de l'ampleur des dégâts et montrent un paysage de désolation.

Une fournaise. Voilà ce qu'est devenue la forêt sibérienne filmée par Greenpeace Russie, le 17 juillet, grâce à un drone. Dans la région de Krasnoïarsk, au cœur de la Russie, le brasier consume la végétation sans répit, relâchant des nuages de fumées qui obscurcissent l'horizon. La taïga est coutumière des incendies qui reviennent chaque année en été. Mais, cette année, la saison des feux a débuté bien plus tôt que d'habitude, dès le mois de février avec une accélération depuis mars.

Les incendies sont favorisés par la chaleur exceptionnelle que connaît la Russie en ce moment. Le 20 juin, la station de Verkhoyansk, au nord de la Sibérie orientale, a enregistré une température de 38 °C, soit la valeur la plus élevée jamais observée au-delà du cercle polaire. Dans plusieurs parties de la Sibérie, des records ont été battus en mai avec des températures dépassant parfois les normales de près de 10 °C.

Les incendies ravagent la région de Krasnoïarsk en Sibérie. © Greenpeace
Près de 11 millions d’hectares de forêt ont brûlé en Russie depuis le début de 2020. © Greenpeace

L’équivalent de la surface de la Grèce parti en fumée

Depuis le début de l'année, 20 millions d'hectares de taïga et 10,9 millions d'hectares seraient déjà partis en fumée, selon Greenpeace, soit une superficie équivalente à celle de la Grèce. L'an dernier, 11,9 millions d'hectares étaient partis en fumée, ce qui signifie qu'à mi-juillet, on est déjà pratiquement au bilan annuel de 2019, lequel avait déjà été particulièrement destructeur. Au 1er juillet, les services régionaux de surveillance des forêts comptabilisaient pas moins de 129 foyers actifs sur le territoire russe, couvrant au total 20.400 hectares, dont certains touchant des zones naturelles protégées. Dans la région de Krasnoïarsk, où ont été prises les photos, 37.461 départs de feux avaient été comptabilisés entre le 21 avril est le 21 juillet.

Le feu alimenté par plusieurs départs de foyers s’étend rapidement sur un sol très sec. © Greenpeace
Les incendies sont favorisés par la chaleur exceptionnelle dans la région. © Greenpeace

Un réchauffement deux à trois plus supérieur à la moyenne

Les départs d'incendie sont déclenchés par la foudre, mais aussi par les activités humaines telles que les feux de camp. Des scientifiques suggèrent aussi que des incendies « zombie », provenant de braises restées latentes dans le sol depuis l'an dernier, pourraient être à l'origine de certains feux. « Le phénomène que nous vivons est sans précédent, atteste Valentina Khan, directrice du Centre de Recherche hydrométéorologique de Russie. La Sibérie connaît non seulement un réchauffement deux à trois fois supérieur à celui du reste de la Planète mais aussi un changement de la circulation atmosphérique, ce qui pourrait affecter durablement le climat dans la région avec des événements extrêmes plus longs et plus fréquents ».

Les fumées relâchent d’importantes quantités de suie et de CO2. © Greenpeace
Les départs d’incendies sont causés par la foudre et les activités humaines. © Greenpeace

56 millions de tonnes de CO2 relâchées dans l’atmosphère

Ces incendies sont une catastrophe pour la biodiversité et le paysage, mais rejettent aussi des quantités phénoménales de CO2 dans l'atmosphère : 56 millions de tonnes de CO2 auraient déjà été relâchés dans l'atmosphère, soit l'équivalent des émissions annuelles d'un pays comme le Portugal. « La forêt boréale n'est plus un puits de carbone mais émetteur net de carbone », soutient Alexey Yaroshenko, spécialiste des forêts à Greenpeace Russie sur le site Mongabay.

Selon le réseau de surveillance Global Forest Watch, le district de Krasnoïarsk aurait connu une perte de sa couverture forestière de 9,8 % depuis 2000. © Greenpeace
Des feux « zombie » de l’an passé se sont réveillés. © Greenpeace

Les fumées chargées de suie affectent aussi les populations dans les zones où les incendies côtoient de habitations. Certains résidents souffrent de problèmes respiratoires, alors qu'ils sortent tout juste du confinement  dû au Covid-19. Les réchauffement du sol menace aussi de faire fondre le permafrost, ce qui pourrait entraîner des fuites massives de méthane dans l'atmosphère. Le 29 mai, une gigantesque marée noire s'est produite près de la ville de Norilsk au Krasnoïarsk, causée par la fuite d'un réservoir endommagé par l'effondrement du sol dégelé.

La destruction de la forêt pourrait accélérer la fonte du permafrost. © Greenpeace
Les prises de vue par drone donnent un aperçu de l’étendue des dégâts causés par le feu. © Greenpeace

Les moyens dérisoires des pompiers face à l’étendue des incendies

Plus de 4.100 pompiers et 67 avions luttent activement contre les incendies, mais les moyens restent dérisoires face à l'étendue des flammes, certaines zones étant éloignées et difficiles d'accès. « Il y a un défaut de responsabilités des autorités, dénonce Alexey YaroshenkoLes forêts appartiennent à l'État russe mais leur gestion a été déléguée aux autorités régionales qui manquent de moyens. Il faudrait des sommes dix fois supérieures pour lutter efficacement contre les incendies ». Sans compter l'argent qui disparaît dans la corruption locale.

« Cet été nous a déjà apporté des vagues de chaleur extrêmes, une fuite de pétrole causée par la fonte du permafrost et des incendies dévastateurs. Que faudra-t-il de plus pour que l'on fasse enfin quelques chose pour le climat », se désole Grigory Kuksin, en charge des forêts à à Greenpeace Russie.

Pour en savoir plus

Pourquoi les incendies qui ravagent l'Arctique devraient tous nous inquiéter ?

Article de Emma Hollen publié le 28/06/2020

La hausse des températures en Arctique, aggravée par les incendies qui ravagent actuellement la région, pousse les scientifiques à tirer une fois de plus la sonnette d'alarme.

L'Arctique russe a enregistré en juin des records de température « extra ordinaires » ayant provoqué des feux inhabituels dans la toundra, a indiqué mardi le chef de l'agence météorologique russe, reliant ces anomalies au changement climatique. « Nous avons eu une météo extrêmement inhabituelle [en juin et] des records ont été battus facilement », a affirmé Roman Vilfand lors d'une conférence de presse à Moscou. Il a notamment mentionné un nouveau record dans la ville arctique de Verkhoïansk, où la température a atteint le 17 juin 38 degrés Celsius. « C'est extraordinaire », a-t-il poursuivi, précisant que Verkhoïansk avait enregistré à la fin du XIXe siècle un record des températures les plus froides : -67,8 degrés.

Des températures exceptionnelles qui montrent que la Russie se réchauffe 2,5 fois plus vite que le reste du monde. © Sergei Gapon, AFP, Archives

Le cercle vicieux des incendies en Arctique 

Plusieurs régions du nord de la Russie, dont des territoires de la Iakoutie bordant l'océan Arctique, ont fait face ces dernières semaines à une vague de chaleur. Des villages dans la toundra - paysage caractéristique de l'Arctique constitué d'herbes et d'arbres nains - sont confrontés à d'importants feux de forêts. Selon M. Vilfand, l'augmentation des températures et de l'ensoleillement dans le Grand nord est causée par le changement climatique et une évolution de la circulation atmosphérique, avec des anti-cyclones polaires plus fréquents créant un temps ensoleillé.

En été, l'absence de nuages causé par ces anti-cyclones réchauffe l'Arctique, a-t-il expliqué. Auparavant, « les météorologistes n'observaient pas souvent des feux dangereux dans les régions polaires », a pointé M. Vilfand, soulignant une « situation étonnante » avec des anti-cyclones bien plus fréquents et difficiles à prévoir. « C'est le principal problème et l'une des conséquences du changement climatique », a-t-il estimé.

Les feux déclenchés par ces températures alimentent ensuite un cercle vicieux car « les cendres des incendies se déposent dans les régions polaires », faisant fondre rapidement la glace qui habituellement reflète les rayons du soleil et empêche le réchauffement des sols.

Selon des estimations officielles, la Russie se réchauffe environ 2,5 fois plus vite que le reste du monde, à cause de ses vastes territoires arctiques. Le président russe Vladimir Poutine a évoqué les bénéfices de la hausse des températures pour ouvrir de nouvelles routes navigables dans le Grand nord et exploiter plus facilement des ressources. Mais le changement climatique menace aussi le pergélisol, un sol perpétuellement gelé qui recouvre 65 % de la surface de la Russie et sur lequel sont bâties de nombreuses infrastructures.


Pourquoi les incendies qui ravagent l'Arctique devraient tous nous inquiéter ?

Article d'Emma Hollen, publié le 28 juin 2020

La hausse des températures en Arctique, aggravée par les incendies qui ravagent actuellement la région, pousse les scientifiques à tirer une fois de plus la sonnette d'alarme.

Les températures atteignent des niveaux infernaux en Arctique, du fait d'une combinaison de plusieurs facteurs. En août dernier, 4 millions d'hectares de forêts sibériennes disparaissaient, englouties par les flammes. Or, cette année, les incendies n'ont pas attendu le mois de juillet pour débuter.

À leur avancée dévastatrice, se combine un temps particulièrement chaud pour la saison, mais aussi pour la région : samedi dernier, le thermomètre aurait atteint les 38 °C dans la ville de Verkhoyansk, en Sibérie (des données qui sont encore en cours de vérification). Enfin, la marée noire survenue aux abords de la ville arctique de Norilsk le mois dernier serait partiellement responsable de la fonte du sol gelé de la région.

Cette carte publiée par la Nasa révèle les anomalies de températures pour la période du 19 mars au 20 juin 2020. Les zones en rouge sont plus chaudes que la moyenne des années 2003 à 2018, tandis que les rares zones bleues sont plus froides. © Nasa

Le jet stream paralysé

Ensemble, le réchauffement des températures, les incendies et la catastrophe de Norilsk participent au recul rapide du pergélisol et, par là même, à la libération de méthane dans l'atmosphère. Dans un effet de boucle rétroactive, ce phénomène contribue à exacerber le réchauffement climatique qui, à son tour, accélère la fonte du pergélisol. Katey Walter Anthony, de l'université alaskaienne de Fairbanks, explique : « Le méthane qui s'échappe à la suite de la fonte du pergélisol pénètre l'atmosphère et circule tout autour du globe [...] Le méthane provenant de l'Arctique ne reste pas en Arctique. Ses ramifications s'expriment au niveau mondial. »

Des systèmes pluvieux ou caniculaires peuvent faire du surplace des jours durant au-dessus d'une même région

La chaleur inhabituelle de l'été cause une baisse du différentiel de température et de pression entre l'Arctique et les basses latitudes. Cet écart réduit semble affaiblir et parfois même paralyser le courant-jet (ou jet stream) polaire, jouant entre autre un rôle crucial dans la cyclogenèse. Ainsi, des systèmes pluvieux ou caniculaires peuvent faire du surplace des jours durant au-dessus d'une même région, faute d'une circulation atmosphérique suffisamment puissante.

Tous concernés par le réchauffement

Il semblerait que l'été polaire, avec ses nuits courtes et ses jours sans fin, ne fasse qu'empirer la situation. « La température au sol grimpe de façon frénétique [...] Les nuits sont très chaudes, l'air n'a pas le temps de refroidir et continue de chauffer pendant plusieurs jours », commente Marina Makarova, météorologiste en chef au Rosgidromet, l'agence fédérale de surveillance environnementale et d'hydrométéorologie russe.

Ce qui est sûr, c'est que l'Arctique donne du carburant au réchauffement climatique de la planète entière 

Les scientifiques s'accordent à dire que ce pic de chaleur s'inscrit dans un réchauffement aux proportions mondiales. À mesure que les températures augmentent, ces anomalies climatiques sont amenées à se répéter de plus en plus fréquemment.

« Ce qui est sûrc'est que l'Arctique donne du carburant au réchauffement climatique de la planète entière », note Waleed Abdalati, de l'université du Colorado. Des images mises en ligne par la Nasa révèlent l'inquiétante étendue des anomalies survenues dans l'Arctique, avec une hausse significative des températures sur la quasi totalité du territoire. Les données indiquent que la Sibérie serait particulièrement sensible au réchauffement climatique, enregistrant des variations de températures plus importantes que d'autres régions du monde. Cela ne laisse présager rien de bon pour l'un des derniers précieux bastions de glace que la Terre porte encore.


La Sibérie, qui a connu son hiver le plus doux, est en proie à de gigantesques incendies

Article de Nathalie Mayer, publié le 7 mai 2020

Il y a quelques mois, les « mégafeux » qui ont ravagé l'Australie ont fait la Une des journaux. Aujourd'hui, c'est au tour de la Sibérie d'être la proie des flammes. En plein confinement imposé par la crise du coronavirus, des feux de forêt d'une intensité sans précédent ont été déclenchés par l'imprudence des Hommes et entretenus par une météo chaude et venteuse.

En Russie, cet hiver qui s'achève a été le plus doux jamais enregistré. Selon les services météorologiques locaux, les températures moyennes sont montées jusqu'à 6 à 8 °C au-dessus des normales de saison ! Et ces conditions particulièrement douces ont perduré sur le début du printemps. Les températures ont même parfois grimpé jusqu'à 20 °C au-dessus des normales.

Les satellites de la Nasa sont régulièrement les premiers à détecter les incendies de forêt dans les régions isolées. Ici, ceux qui ravagent la Sibérie depuis plusieurs jours maintenant. Une image qui date du 27 avril 2020. © Nasa

Résultat : un manteau neigeux qui a fondu rapidement, laissant derrière lui, une végétation et un sol particulièrement secs. Des conditions propices aux feux de forêts et de prairies, habituels à cette période de l'année dans la région. Mais au 27 avril 2020, ce sont déjà deux millions d'hectares qui sont partis en fumée du côté de la Sibérie. Dans certaines zones, c'est jusqu'à dix fois plus qu'en 2019 à la même époque.

Des incendies d’origine humaine

Mais le réchauffement climatique n'apparaît finalement que comme un facteur aggravant. Car à l'origine de la majorité de ces feux, il y a la main de l'Homme. Le confinement imposé par la crise du coronavirus a en effet poussé les Russes -- et plus encore les Moscovites -- à déserter les villes pour les campagnes. Une population avide d'espaces qui a probablement pris les règles de sécurité incendie un peu trop à la légère.

Des dizaines de maisons ont déjà été détruites par les incendies. Les fumées qui couvrent la Sibérie pourraient avoir des conséquences sur les malades du Covid-19. La situation est aujourd'hui qualifiée de critique par les autorités. D'autant plus que traditionnellement, c'est sur les mois de mai et de juin que les feux de forêt sont les plus intenses. Et que des preuves d'incendies criminels ont été retrouvées en plusieurs endroits. Sans parler du fait que les mesures de confinement rendent la lutte contre ces incendies plus délicate qu'à l'accoutumée.


Sibérie : des images frappantes de la désolation due aux terribles feux de forêts

Les incendies de forêts qui ravagent une bonne partie de la Sibérie ont déjà brûlé l'équivalent d'une surface comme la Belgique. Avec des conséquences bien au-delà de la perte de la forêt : animaux qui meurent de faim, fumées toxiques, accélération de la fonte des glaces... Un terrible drame dont on saisit l'ampleur avec ces images postées sur les réseaux sociaux.

Article de Céline Deluzarche paru le 06/08/2019

Incendies au nord de Batagay, en République de Sakha, le 3 août 2019. © Pierre Markuse, Flickr

« Il faudra 200 ans pour que la forêt revive là où le feu a tout détruit », alerte Andrey Allakhverdov, porte-parole de Greenpeace Russie en charge du combat contre les incendies. « Les dégâts sont immenses et difficiles à calculer. En fait, on parvient à peine à réaliser. » Entre 3 et 12 millions d’hectares de forêt sibérienne ont déjà été détruits et les incendies continuent de se propager : la surface de taïga touchée par les flammes a plus que doublé en une semaine. Le gouvernement a décrété l'état d'urgence dans cinq régions, comme ici en République de Sakha vers le cercle arctique.
 

Ensemencer les nuages pour faire tomber la pluie

Après des semaines de tergiversation, le gouvernement russe s'est enfin décidé à réagir le 31 juillet en faisant appel à l'armée pour éteindre les flammes. Dix hélicoptères et dix avions adaptés à la lutte contre les incendies ont été envoyés dans le territoire de Krasnoïarsk, l'une des régions les plus touchées. Des avions ont même été envoyés pour ensemencer les nuages afin de déclencher la pluie. D'après les autorités russes, 753.000 hectares de feux auraient été éteints au cours des quatre derniers jours dans les régions de Krasnoyarsk et d'Irkoutsk, avec plus de 6.000 tonnes d'eau déversées sur les flammes.
 

En plus des feux, des inondations catastrophiques

Un peu plus à l'est dans la région d'Irkoutsk au nord de la Sibérie, ce sont des pluies torrentielles qui se sont abattues sur les habitants, causant le débordement de plusieurs rivières. Vingt-cinq personnes sont mortes et sept sont portées disparues, selon l'agence de presse russe Tass, et les inondations ont entraîné l'évacuation de plus de 42.000 habitants. L'état d'urgence a été déclaré dans tout le district de Tulun.
 

L’équivalent des émissions de CO2 de 35 millions de voitures déjà relâché dans la nature

L'impact climatique de ces feux pourrait être catastrophique : ils ont déjà émis un volume de 166,5 millions de tonnes de CO2, équivalent à celui de 35 millions de voitures par an, selon Greenpeace. La déforestation va en outre altérer les capacités d'absorption du CO2, la Russie représentant 90 % du puits de carbone des forêts boréales. La suie et les cendres emportées vers l'Arctique risquent également d'accélérer la fonte des glaces et du permafrost, libérant du méthane lui-même fortement contributeur de l'effet de serre. La FAO estime ainsi que les émissions issues de la fonte du permafrost excéderont « de plusieurs fois » celles de la déforestation des forêts tropicales d'ici la fin du siècle.
 

Des fumées toxiques recouvrent les villes

« Nous n'avons pas vu le soleil depuis trois semaines et on n'arrive pas à respirer à cause de la fumée », témoigne une habitante de Peleduy, dans la région de Yakoutie. De nombreuses villes de Sibérie sont englouties dans une épaisse fumée qui provoque l'inquiétude des habitants. Les particules fines et le monoxyde de carbone dégagé posent en effet un danger sanitaire sur les populations fragiles, comme les enfants et les personnes âgées. Du fait de la visibilité quasi nulle, de nombreuses activités économiques sont à l'arrêt, comme le forage pétrolier, qui représente une bonne part des revenus de l'État. Poussées par le vent, les fumées s'étendent désormais sur des milliers de kilomètres jusqu'au Canada et en Alaska.
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Des animaux mourants qui fuient le feu

Les images de ces renards errant sur la route à la recherche de nourriture ont fait le tour des réseaux sociaux. Se jetant sur les barres de Snickers que leur tend le vidéaste amateur, ils fuient les incendies qui ravagent la région d'Irkutsk à l'instar de milliers d'autres animaux. (À noter : de nombreuses photos de cerfs aux bois en flammes ou de lièvres carbonisés ont aussi circulé ; elles s'avèrent être des vieilles images, recyclées et manipulées).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Le risque d’incendie aggravé par l’exploitation forestière intensive

La Russie s'est lancée dans une exploitation intensive de ses forêts, qui couvrent près de la moitié du territoire. La monoculture de pin fragilise l’écosystème tandis que le bois mort laissé sur place ou entreposé au bord des routes favorise le départ des feux et la propagation des incendies.
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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