En Sibérie, la chaleur a déclenché des incendies qui, fin juin, avaient ravagé quelque 1,15 million d’hectares de forêt et rejeté environ 56 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. C’est plus que les émissions annuelles de la Suisse ou du Portugal. La chaleur a aussi accéléré la fonte du pergélisol et contribué à une invasion de papillons de soie dont les larves s’attaquent aux conifères. © Baikal360, Adobe Stock

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Le réchauffement climatique rend 600 fois plus probable les vagues de chaleur comme en Sibérie !

ActualitéClassé sous :Réchauffement climatique , Sibérie , Arctique

Le permafrost fond. La forêt est en feu. Des papillons ravageurs envahissent la région. La Sibérie subit de plein fouet les conséquences d'une incroyable vague de chaleur qui dure depuis six mois maintenant. Des chercheurs de plusieurs universités nous apprennent aujourd'hui que si la situation a ainsi dégénéré, c'est bien à cause du réchauffement climatique. 

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Le 20 juin 2020, du côté de la station de Verkhoyansk, dans le nord de la Sibérie orientale, le mercure est monté jusqu'à 38 °C. Un record absolu à pareille latitude -- si la mesure est confirmée ! Plus largement, la région a connu, entre janvier et juin derniers, des températures de +5 °C au-dessus des moyennes de la période 1981-2010. Et même de +10 °C au-dessus des normales pour le seul mois de juin. Une vague de chaleur prolongée sur laquelle se sont penchés des chercheurs de plusieurs universités. Leur conclusion est sans appel : sans réchauffement climatique, un tel événement climatique apparait très improbable.

Selon leurs simulations informatiques, sans intervention des Hommes, une vague de chaleur prolongée comme celle-ci ne se produit qu'une fois tous les 80.000 ans. Même dans les conditions climatiques actuelles -- déjà de plus de 1 °C plus chaudes qu'avant l'ère industrielle --, de tels événements ne se produisent que moins d'une fois tous les 130 ans.

Un avant-goût de ce qui pourrait nous attendre

Les changements climatiques induits par les émissions de gaz à effet de serre ont rendu de tels événements au moins 600 fois plus probables. Selon les chercheurs, si la même vague de chaleur s'était produite quelque part autour du début du XXe siècle, les températures enregistrées auraient été inférieures d'au moins 2 °C.

« Les vagues de chaleur sont de loin les événements météorologiques extrêmes les plus meurtriers dans la plupart des régions du monde. Elles doivent être prises très au sérieux, commente Friederike Otto, chercheur à l'université d'Oxford (Royaume-Uni) dans un communiqué de l’Organisation météorologique mondialeNous commençons à vivre des événements extrêmes qui n'auraient presque aucune chance de se produire sans intervention humaine sur le système climatique. Il nous reste peu de temps pour stabiliser le réchauffement climatique. Pour le maintenir à +1,5 °C -- ce qui impliquerait déjà plus de risques de tels événements de chaleur extrême --, nous devons réduire nos émissions de CO2 d'au moins la moitié d'ici 2030 », prévient Sonia Seneviratne, chercheur à l'ETH Zurich (Suisse) et auteur principal de plusieurs rapports du Giec.

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