Entre 2014 et 2020, notre Terre a connu ses sept mois de mai les plus chauds en plus de 140 années d’enregistrements. © mbruxelle, Adobe Stock

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Des températures records en Sibérie et pour tout le mois de mai dans le monde

ActualitéClassé sous :climatologie , Environnement , changement climatique

Sur le front du réchauffement climatique, les records ne cessent de tomber. Le programme européen de surveillance de la Terre Copernicus l'annonçait il y a quelques jours. L'Agence nationale d'observation océanique et atmosphérique américaine (NOAA) le confirme aujourd'hui. Le mois de mai 2020 est le plus chaud jamais enregistré sur notre Planète.

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La France vient tout juste d'enregistrer son début d’année le plus chaud. Et au niveau mondial aussi, le réchauffement climatique semble se poursuivre inlassablement. Selon les données du programme européen de surveillance de la Terre Copernicus, les températures du mois de mai 2020 se sont arrêtées à 0,63 °C au-dessus de la moyenne de 1981-2010, faisant de ce mois, le mois de mai le plus chaud jamais enregistré. À égalité avec le mois de mai 2016, remarquent les spécialistes de l'Agence nationale d’observation océanique et atmosphérique américaine (NOAA) qui estiment, eux, que l'anomalie de température a atteint +0,95 °C par rapport à la moyenne du XXe siècle (14,8 °C).

Notez également que la période comprise entre juin 2019 et mai 2020 a elle aussi été la plus chaude jamais enregistrée avec celle comprise entre octobre 2015 et septembre 2016. Avec des températures de près de 0,7 °C au-dessus de la moyenne. Et même près de 1,3 °C au-dessus des températures enregistrées pour l'ère préindustrielle. De quoi nous rapprocher dangereusement des 1,5 °C cités par le Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) comme potentiellement à l'origine d'impacts majeurs sur nos vies.

L’Europe a connu, en mai 2020, une situation contrastée avec des températures au-dessus de la moyenne à l’ouest et au sud-ouest et des températures parfois largement en dessous des moyennes à l’est et au nord. © Programme Copernicus, ECMWF

Des températures extrêmes en Sibérie

C'est surtout dans l'hémisphère Nord que ce mois de mai a été chaud. Des températures de 1,19 °C supérieures à la moyenne ont été enregistrées. Soit 0,10 °C de plus qu'en 2015 et 2016, les précédentes années records.

Dans certaines parties de la Sibérie - une région connue pour expérimenter un réchauffement climatique plus rapide que la moyenne -, des records ont été battus avec des températures dépassant parfois les normales de la période 1981-2010 de près de 10 °C. Plus encore, c'est la persistance de ces anomalies de températures sur la région depuis le mois de janvier 2020 qui est notable.

Et déjà, les autorités russes blâment la fonte du pergélisol et la gigantesque marée noire que la ville de Norilsk a dû affronter début juin.

Pour en savoir plus

La routine du réchauffement : mai 2016 a lui aussi battu un record

Mai 2016 fut le mois de mai le plus chaud jamais enregistré. Pour la NOAA, cela fait 13 mois de suite que la température globale est plus élevée que les précédents records, et 8 mois pour la Nasa. Depuis 370 mois consécutifs, la température globale est supérieure ou égale à la période de référence 1951-1980.

Article de Xavier Demeersman paru le 18/06/2016

Carte des anomalies de températures, en degré Celsius, à la surface du globe terrestre (terres et océans) relevées en mai 2016. Le centre des États-Unis, le sud de la l’Amérique du Sud et une partie de la moitié sud de l’Afrique furent plus froids que la moyenne, au contraire de la Scandinavie, l’Alaska, l’ouest du Canada, l’Australie, l’Antarctique, etc., qui furent beaucoup plus chauds. © Nasa, GISS

Il y a quelques jours, on apprenait qu'en mai 2016, le taux de concentration dans l’atmosphère du dioxyde de carbone (CO2), gaz à effet de serre, avait franchi le seuil symbolique des 400 parties par million (ppm) dans une des régions les plus reculées du globe où il est mesuré, en l'occurrence l'île d'Amsterdam, au sud de l'océan Indien. Autrement dit, ce niveau déjà dépassé dans l'hémisphère nord au cours de l'hiver 2012-2013 est désormais planétaire. Avant l'ère industrielle, le taux de concentration n'était que de 280 ppm.

La température moyenne globale continue d'augmenter et justement, comme le montrent indépendamment les rapports de la NOAA et de la Nasa, le mois de mai 2016 n'est pas en reste.

D'abord, selon la NOAA, il fut plus chaud de 0,02 °C que mai 2015, lequel fut le plus chaud jamais enregistré depuis 1880. Relativement à la moyenne du XXe siècle, la température en surface de mai 2016 fut plus élevée de 0,87 °C. C'est le 13e mois consécutif à afficher une moyenne supérieure.

Côté Nasa, le Centre d'études spatiales Goddard a relevé que mai 2016 était plus chaud de 0,93 °C par rapport à la moyenne de la période 1951-1980, confirmant aussi qu'il s'agit d'un nouveau record : 0,07 °C de plus que le précédent.

Les 7 années les plus chaudes avaient une température entre 0,6 et 0,9 °C plus élevée que la moyenne du XXe siècle. Pour les cinq premiers mois de 2016, elles sont toutes supérieures à 1 °C. © NOAA

370 mois de suite qu’il fait plus chaud que la moyenne

Cela fait huit mois à la suite que les valeurs sont beaucoup plus élevées que la période de référence. Les chiffres sont éloquents : depuis octobre 2015, les températures moyennes de la surface du Globe ont toujours été supérieures d'un degré. Avec une mention spéciale à février et mars qui affichent respectivement +1,33 °C et +1,28 °C. Seul mai est en dessous avec +0,93 °C (mais c'est toujours plus que tous les mois de mai mesurés).

Comme l'indique l'agence spatiale : mai 2016 est le 370e mois consécutif où il fait plus chaud que la moyenne de 1951-1980 (la dernière fois qu'il faisait plus froid que la moyenne, c'était en juillet 1985...) ! À ce rythme, l'objectif fixé lors de la COP 21 de limiter le réchauffement à + 2 °C, voire 1,5 °C, par rapport à l'ère préindustrielle, sera difficile à tenir.

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