En raison de la fonte des glaces, les ours polaires perdent leur habitat. © Andreas Edelmann, fotolia

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Pourquoi limiter le réchauffement climatique à 2°C et pas plus ?

Question/RéponseClassé sous :Réchauffement climatique , Réchauffement , changement climatique
 

Dans leurs rapports, les climatologues préconisent de limiter le réchauffement global de la planète à +2 °C. Mais pour quelles raisons ? Quels sont les risques d'un réchauffement au-delà de 2 °C ?

L'histoire du réchauffement climatique en 35 secondes  En intégrant graphiquement les mesures de températures dans presque tous les pays du Globe entre 1900 et 2016, cette animation montre de façon saisissante l’augmentation du nombre d'« anomalies de température », donc des écarts par rapport à une moyenne. On constate qu'en un peu plus d'un siècle, la proportion vire au rouge. 

La limitation du réchauffement global à +2 °C en 2050 par rapport à 1990 est proposée en référence à une période du passé, il y a plus de 100.000 ans, où cette température moyenne avait été atteinte sans qu'il ne se produise de catastrophe climatique. Il est donc probable qu'il en soit de même de nos jours.

En revanche, comme l'évolution du climat n'est pas linéaire et qu'il existe des effets de seuil, il n'y a aucune certitude qu'au-delà de 2 °C d'augmentation de la température moyenne ne survienne un emballement climatique.

En effet, à partir de certains niveaux de température et d'humidité, le fonctionnement climatique actuel, avec ses puits de carbones, son albédo, etc. peut bifurquer et provoquer des changements radicaux très dommageables pour les écosystèmes et les sociétés. Sans oublier, l'augmentation des émissions de méthane dans l'atmosphère — un gaz à effet de serre qui, rappelons-le, est 25 fois plus puissant que le CO2 — provoquée par la fonte du permafrost et des clathrates de méthane.

Au-delà de 2 °C de réchauffement, « on entre dans un modèle inconnu »

La prudence incite donc à respecter cette limite des 2 °C, qui n'est toutefois pas absolue. Cependant, plus l'on s'en éloigne, plus les risques d'une bifurcation aux conséquences dramatiques augmentent.

À l'issue de la COP21, l'accord de Paris estimait envisageable une limitation à +1,5 °C. Deux ans plus tard, l'objectif semble hors d'atteinte et si la mobilisation des états pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre n'est pas au rendez-vous au cours de la prochaine décennie, il est probable que nous nous dirigions vers un réchauffement de +4 °C à l'horizon 2100.

« Au-delà de + 2 °C, on commencera à sortir du système de climat actuel et, à + 4 °C, on entre dans un modèle inconnu, déclarait en décembre 2015 le climatologue Hervé Le Treut. À + 3 °C, l'évolution du climat ne sera pas linéaire, il y aura des effets locaux et brutaux ».

Découvrez (en anglais) la carte d’un monde à +4 °C créée par le gouvernement britannique.

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