Le virus incriminé a déjà causé la mort de 9 personnes. © Noël Celis, AFP

Santé

Le virus en Chine menace de muter et de se propager

ActualitéClassé sous :Virus , pneumonie atypique , virus apparenté au Sras

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Le nouveau coronavirus a déjà causé la mort de neuf personnes, en Chine. L'OMS se réunit aujourd'hui, afin d'envisager ou non « l'urgence de santé publique de portée internationale ». Le virus, dont la transmission inter-humains est confirmée et dont la virulence n'est pas encore établie, pourrait muter et se propager plus vite. Toutefois, dans les pays développés, le potentiel de transmission « devrait être faible » à condition de mettre en place des procédures de contrôle strictes.

Un précédent bilan communiqué la veille faisait état de six morts. Aujourd'hui, il est de neuf. Ce virus, qui se transmet par les voies respiratoires, « pourrait muter et se propager plus facilement », a averti lors d'une conférence de presse le vice-ministre de la commission nationale de la Santé, Li Bin. Il a précisé que le virus avait été diagnostiqué auprès de 440 patients, alourdissant un précédent décompte d'environ 300 cas.

De nombreuses régions du pays sont touchées, y compris des mégapoles comme Shanghai et Pékin. Les autorités redoutent que le virus puisse se propager à la faveur des longs congés du Nouvel An chinois, qui commencent vendredi, et donnent lieu chaque année à des centaines de millions de voyages en car, en train ou en avion dans l'ensemble du pays.

Relayant un appel du président Xi Jinping à enrayer l'épidémie, M. Li a annoncé des mesures de prévention telles que ventilation et désinfection dans les aéroports, les gares et les centres commerciaux. Des détecteurs de température pourront également être installés dans les sites très fréquentés, a-t-il annoncé.

Que va décider l'OMS, réunie en conclave ?

Alors que des cas ont été confirmés ailleurs en Asie et même aux États-Unis, un comité ad hoc de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) se réunit mercredi à partir de 18 h 00 GMT pour déterminer s'il convient de déclarer une « urgence de santé publique de portée internationale ». L'OMS n'a jusqu'ici utilisé ce terme que pour de rares cas d'épidémies nécessitant une réaction internationale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

Le virus a été repéré en décembre à Wuhan, mégapole de 11 millions d'habitants dans le centre du pays, chez des gens travaillant dans un marché de gros de fruits de mer et de poissons, et dont on ignore encore l'origine exacte ou la période d'incubation. Depuis, des cas ont été rapportés ailleurs en Asie (Japon, Corée du Sud, Thaïlande, Taïwan), et nombre de pays ayant des liaisons aériennes directes ou indirectes avec Wuhan ont renforcé les contrôles des passagers à l'arrivée, puisant dans leur expérience de l'épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, un virus de la même famille.

C'est sur des personnes travaillant dans un marché de gros de fruits de mer et de poissons, à Wuhan, qu'a été repéré le virus, en décembre dernier. Ici, le marché du poisson-chat de Hong Kong. © NDK100, Adobe Stock

Appels à la vigilance et contrôles renforcés aux aéroports 

Mardi, une première personne contaminée par le coronavirus a été hospitalisée par précaution aux États-Unis. C'est un homme d'une trentaine d'années, originaire de Wuhan et résidant près de Seattle, dans le nord-ouest du pays. Il est arrivé le 15 janvier sans fièvre à l'aéroport de Seattle, et a lui-même contacté les services de santé locaux dimanche après avoir constaté des symptômes. Il a été hospitalisé par précaution et va bien, mais restera à l'isolement pendant encore au moins 48 heures, selon les autorités locales.

« Nous nous attendons à d'autres cas aux États-Unis et dans le monde », a prévenu Nancy Messonnier, responsable des Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) américains. Le risque pour les Américains reste cependant « faible à ce stade », a-t-elle dit. En France, le risque est également « faible mais ne peut pas être exclu », a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Australie, Russie, Népal, Singapour, Malaisie, Vietnam, Bangladesh et Inde ont renforcé les contrôles depuis quelques jours. À l'aéroport de Moscou Cheremetievo, le plus grand de Russie, la température des passagers venus de Chine est contrôlée dans les avions par caméras thermiques.

Contagion entre humains : un risque faible mais sous conditions

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'Homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras. Zhong Nanshan, un scientifique chinois de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi que la transmission par contagion entre personnes était avérée. C'était la première fois qu'une telle affirmation était faite publiquement.

Etant donné le petit nombre de contagions d'humain à humain rapporté, le potentiel de transmission dans les pays développés « devrait être faible », a commenté Paul Hunter, professeur de protection sanitaire à l'université d'East Anglia, via l'organisation Science Media Centre, mais à condition que les procédures de contrôle soient appliquées rigoureusement.

Sur 8.096 cas, le virus du Sras avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l'OMS. L'organisation internationale avait à l'époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

Pour en savoir plus

Le nouveau virus en Chine est transmissible d'humain à humain

Article de Céline Deluzarche, publié le 21 janvier 2020

Alors que débute le traditionnel chassé-croisé du Nouvel An chinois, les autorités chinoises ont confirmé la transmission du coronavirus entre humains, faisant craindre une accélération de sa propagation. L'OMS va tenir une réunion d'urgence mercredi pour décider des mesures à prendre.

Le gouvernement chinois a confirmé lundi 20 janvier la transmission humaine du nouveau coronavirus découvert en Chine, augmentant ainsi les craintes de l'extension de l'épidémie.  Zhong Nanshan, un scientifique chinois de la Commission nationale de la santé, a déclaré au China Daily que la transmission par contagion entre personnes était avérée, citant notamment le cas de deux personnes dans le Guangdong contaminées par des membres de leur famille. Quinze membres du personnel hospitalier auraient également été diagnostiqués positifs à Wuhan d'où est originaire le virus.

Le virus déjà détecté dans trois pays voisins 

Cette annonce fait craindre une accélération de la propagation, alors que dernier bilan mardi matin fait état de 225 cas, dont quatre mortels. Le virus a également été détecté dans trois autres pays d'Asie, au Japon, en Corée du Sud et en Thaïlande, et un cas est suspecté en Australie sur un homme revenant de Chine.

Les autorités chinoises se veulent pourtant rassurantes, estimant le pays bien mieux préparé pour faire face à une épidémie que lors du celle du SRAS en 2002-2003, qui avait contaminé 8.096 personnes (dont 774 décès) en quelques mois, et coûté 20 milliards de dollars aux pays d'Asie en terme de PIB, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de 2007. « Nous avons identifié le virus deux semaines seulement après son apparition et mis en place les mesures de quarantaine appropriées », a ainsi expliqué Zhong Nanshan.

Réunion d’urgence de l’OMS mercredi

Un optimisme qui tranche avec l'inquiétude de l'OMS, qui vient d'annoncer une réunion d'urgence mercredi pour décider si l'épidémie doit être qualifiée ou non « d'urgence de santé publique de portée internationale », un qualificatif utilisé uniquement lors des cas les plus graves, comme la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola en Afrique de l'Ouest et en République démocratique du Congo.


Virus en Chine : l'épidémie gagne le pays

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews publié le 0/01/2020

À quelques jours du traditionnel Nouvel An chinois, qui occasionnera l'un des plus grands chassés-croisés et une intense migration dans le pays, la Chine annonce ce lundi un troisième décès dû au mystérieux virus qui se propage, du nord au sud, depuis un mois. En outre, selon un expert gouvernemental chinois, la transmission du virus entre humains est désormais avérée.

Selon les autorités, l'épidémie était jusqu'ici confinée à Wuhan (centre), une agglomération de quelque 11 millions d'habitants où le virus, de la même famille que le Sras, a fait son apparition le mois dernier. Mais, pour la première fois, les responsables sanitaires chinois ont signalé lundi de nouveaux cas dans d'autres villes du pays : deux à Pékin (nord) et un autre à Shenzhen, la métropole de l'extrême sud qui fait face à Hong Kong. Plus de 200 personnes ont à présent été contaminées dans tout le pays.

Point commun à ces nouveaux cas : toutes les personnes contaminées s'étaient rendues à Wuhan ces dernières semaines. Les patients hospitalisés dans la capitale sont dans un état stable et sont traités pour une pneumonie, indiquent les autorités sanitaires locales. Le virus suscite néanmoins des inquiétudes croissantes après le décès ce week-end d'une troisième personne depuis le début de l'épidémie et une augmentation significative du nombre de nouveaux cas à Wuhan (près de 140, le total atteignant désormais 198).

Les autorités sanitaires de la ville se voulaient jusqu'à présent rassurantes sur le risque d'une transmission du virus entre humains jugé « faible » (mais « pas exclu »). Mais, selon un expert gouvernemental chinois, la transmission du virus entre humains est désormais avérée. 

Le foyer de l'épidémie semble être un marché de Wuhan spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons, où plusieurs patients contaminés travaillaient. Il a depuis été fermé et des opérations de décontamination ont eu lieu.

Le brassage de population, à l'occasion du Nouvel An chinois, fait redouter une accélération de la propagation du virus. © Matthew Grant, Adobe Stock

Un brassage de population qui va amplifier la propagation du virus

L'épidémie intervient à l'approche des festivités du Nouvel An chinois, la période la plus chargée de l'année dans les transports, durant laquelle des centaines de millions de personnes voyagent en bus, train et avion pour rendre visite à leur famille. Malgré les risques de propagation, les déplacements en Chine ne font pour l'heure l'objet d'aucune restriction.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'Homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère). Hautement contagieux, ce virus avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003. Les symptômes du Sras ressemblent à ceux d'une pneumonie, avec une fièvre élevée et divers problèmes respiratoires.

Le virus incriminé pourrait être de la famille coronavirus, qui inclut le SRAS et le rhume. © US Center for Disease Control and Prevention

L'ampleur de la maladie a-t-elle dissimulée ?

Lors de la pandémie, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait vivement critiqué la Chine pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de la maladie. L'inquiétude est désormais perceptible à l'étranger, où les mesures de prévention se multiplient. Depuis vendredi, les États-Unis filtrent les vols en provenance de Wuhan à l'aéroport de San Francisco et à l'aéroport JFK de New York --ces deux aéroports reçoivent tous deux des vols directs de Wuhan -- ainsi qu'à celui de Los Angeles, où sont assurées de nombreuses correspondances.

La Thaïlande, où deux cas ont été recensés, a également renforcé les contrôles dans ses aéroports. Les autorités de Hong Kong ont renforcé leurs mesures de contrôle aux frontières du territoire autonome, notamment avec des détecteurs de température corporelle.

Ce week-end, des scientifiques d'un centre de recherches de l'Imperial College à Londres, qui conseille des institutions comme l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), ont mis en doute les chiffres officiels estimant que le nombre de contaminations dépassait probablement le millier au 12 janvier.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont fondés sur le nombre de cas détectés jusqu'à présent hors de Chine (deux en Thaïlande et un au Japon) pour en déduire le nombre des personnes vraisemblablement infectées à Wuhan, sur la base des données des vols internationaux au départ de l'aéroport de Wuhan.


Virus en Chine : la transmission entre humains n'est « pas exclue », des cas détectés en Thaïlande et au Japon

Article de l'AFP-Relaxnews, publié le 16 janvier 2020

Les autorités sanitaires chinoises estiment possible que le virus inconnu qui sévit actuellement dans la ville de Wuhan puisse se transmettre entre humains. Par ailleurs, la Thaïlande et le Japon ont confirmé que deux de leurs ressortissants respectifs ayant séjournés à Wuhan ont contracté cette pneumonie virale.

Le risque que la mystérieuse pneumonie virale touchant actuellement la Chine soit transmissible entre humains est « faible » mais « pas exclu », ont annoncé mercredi les autorités sanitaires chinoises. La maladie a déjà fait un mort. Elle alimente les craintes d'une réapparition d'un virus de type SRAS, qui avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

L'une des 41 malades recensées à Wuhan (centre), la ville où l'épidémie a débuté, a peut-être été contaminée par son mari, a estimé mercredi la Commission municipale de l'hygiène et de la santé. Dans un communiqué, elle a indiqué que l'époux en question travaillait sur un marché de gros de fruits de mer, où la plupart des cas ont été détectés jusqu'à présent. Or, sa femme dit ne jamais s'y être rendue.

« Aucune preuve explicite de transmission entre humains n'a été découverte » depuis le début de cette épidémie liée à un nouveau coronavirus, a souligné la commission. « La possibilité d'une transmission limitée entre humains ne peut être exclue, mais le risque d'une transmission inter-humaine continue est relativement faible. » Le marché incriminé est fermé depuis le 1er janvier, sur décision des autorités.

Un jeune homme sort du centre médical de Wuhan, le 12 janvier 2020 en Chine, où un homme est décédé d'un virus appartenant à la même famille que le Sras. © Noel Celis, AFP

La majorité des porteurs du virus sont des hommes

Par ailleurs, la maladie a été diagnostiquée chez une femme originaire de Wuhan lors de son arrivée en Thaïlande, a indiqué mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), citant les autorités thaïlandaises. Autre indice qui pourrait faire penser à une transmission entre humains : cette patiente dit n'avoir pas fréquenté le marché de gros incriminé, selon l'OMS. Par ailleurs, un autre cas a été détecté au Japon. Selon le ministère japonais de la Santé, un trentenaire habitant la préfecture de Kanagawa (limitrophe de Tokyo) a dû être hospitalisé le 10 janvier pour une forte fièvre et d'autres symptômes. Il était rentré quelques jours plus tôt d'un séjour à Wuhan. Selon les autorités nippones, lui non plus ne s'est pas rendu sur le marché de gros de fruits de mer de la ville chinoise.

La Commission municipale de l'hygiène et de la santé de Wuhan a précisé mercredi que la majorité des patients porteurs du virus était des hommes, la plupart d'un certain âge. À Hong Kong, les autorités ont renforcé leurs mesures de détection, avec notamment des points de contrôle des températures à destination des voyageurs arrivant dans le territoire semi-autonome. Selon les autorités hongkongaises, 71 personnes s'étant rendues à Wuhan récemment ont été hospitalisées souffrant de fièvre et de problèmes respiratoires, mais 60 ont été autorisées à sortir et le virus n'a été diagnostiqué chez aucune d'entre elles.


Le mystérieux virus responsable de la pneumonie en Chine a été identifié

Article initial de Julie Kern, le 10/01/2020

Les chercheurs chinois ont identifié le virus qui a infecté 59 patients au centre de la Chine. Il s'agit d'une nouvelle souche de coronavirus, une famille virale riche et diverse, qui peut causer des maladies allant du simple rhume au Syndrôme respiratoire aigu sévère (SRAS).

Le virus qui fait trembler la ville de Wuhan en Chine, depuis quelques jours, a été identifié par un chercheur de l'Académie chinoise d'ingénierie selon un communiqué du bureau chinois de l'OMS. Le virus incriminé fait partie de la famille des coronavirus. S'agissant d'une souche jusqu'alors inconnue, Gauden Galea, représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine, a précisé que « des études plus approfondies sont nécessaires pour déterminer la source, les modes de transmission, l'ampleur de la contamination et les mesures mises en place pour contrer la maladie ».

Le virus inconnu appartient à la famille des Coronaviridae

Les Coronaviridae regroupent des virus, dont le génome est une molécule d'ARN (de sens positif) entourée par une capside virale hélicoïdale, et possèdent une enveloppe virale. Cinq souches sont identifiées comme pathogènes pour l'Homme, celle qui sévit actuellement en Chine pourrait être la sixième, les autres infectent des mammifères et des oiseaux.

Parmi ces cinq souches, deux sont particulièrement redoutées : un coronavirus du groupe 2, le SRAS-Cov, et le MERS-Cov. Une fois dans l'organisme, les coronavirus infectent les cellules tapissant les muqueuses respiratoires supérieures et digestives. Ils provoquent des troubles respiratoires bénins mais aussi des détresses respiratoires pouvant être mortelles. Ils se transmettent par des aérosols contaminés produits lors d'éternuements ou de toux. Rappelons que, pour le moment, aucun vaccin n'est disponible pour prévenir les infections du SRAS-CoV et du MERS-CoV.

Parmi les 59 contaminés, « un total de 15 cas positifs au nouveau type de coronavirus ont été détectés », a précisé M. Xu, chef de l'équipe d'experts qui a étudié le microbe. Pour le moment, aucune mort liée à cette épidémie n'a été annoncée par la Commission municipale de l'hygiène et de la santé de Wuhan. Les autorités chinoises semblent avoir écarté la possibilité d'une nouvelle épidémie de SRAS. La précédente, qui a eu lieu entre fin 2002 et l'été 2003, avait fait 600 morts sur le seul territoire chinois.

Des mesures d'hygiène renforcées pour le Nouvel An lunaire

Cette épidémie intervient alors que les Chinois se préparent à fêter le Nouvel An lunaire. Beaucoup d'entre eux vont quitter les grandes villes pour la campagne. Les autorités chinoises ont prévu des mesures pour limiter la transmission du virus durant ce grand évènement. 

Un haut responsable du ministère des Transports a indiqué jeudi que des mesures de « désinfection, de contrôle et de prévention » auront lieu dans les endroits les plus fréquentés, comme les gares.


Un virus inconnu a déjà atteint 59 personnes en Chine

Article publié le 7 janvier 2020 par Céline Deluzarche

En l'espace de quelques jours, une pneumonie a touché 59 personnes dans la ville de Wuhan, au centre de la Chine, dont 7 sont dans un état critique. La souche du virus ne ressemble à aucune autre déjà connue et pourrait s'avérer hautement contagieuse. Les autorités redoutent une nouvelle épidémie type SRAS qui avait causé près de 800 morts dans le sud-est asiatique en 2002 et 2003.

Une mystérieuse épidémie de pneumonie encore inconnue semble se propager comme une traînée de poudre en Chine depuis la semaine dernière. Lundi 6 janvier, 59 cas de cette maladie ont été confirmés par la Commission locale de la santé chinoise ; ils sont tous situés à Wuhan, la capitale de la province du Hubei, dans le centre de la Chine. Sept personnes sont dans un état critique, mais « les 59 patients sont tous en vie et traités dans des hôpitaux », a rassuré la commission sur son site Internet.

Pour l'instant, un seul cas a été enregistré hors de Chine à Singapour, en l'occurrence une fillette de 3 ans qui avait voyagé à Wuhan, 21 cas « suspects » ont également été signalés à Hong Kong, même si le lien avec le virus n'a pas encore été établi. Les symptômes incluent une forte fièvre, des difficultés à respirer et des lésions invasives pulmonaires.

Le virus ne correspond à aucune souche connue

Samedi 4 janvier, l'Organisation mondiale pour la Santé (OMS) a activé son dispositif d'urgence de niveau 3, le plus élevé, et se dit « prête à lancer une réponse plus large » si nécessaire. « Nous suivons de près la situation à Wuhan et sommes en relation permanente avec nos homologues chinois », a tweeté l'OMS le 4 janvier. Le pathogène n'est ni celui de la grippe influenza, ni celui de la grippe aviaire, ni un autre adénovirus, explique l'OMS qui exclut également le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ou le MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient). « Nous travaillons activement pour identifier la souche et l’origine du virus », a pour sa part indiqué Li Gang, le directeur du centre de contrôle et de prévention des maladies de Wuhan. D'après les premières indications, il pourrait s'agir d'une nouvelle souche de type coronavirus qui inclue le SRAS et le rhume.
 

Une maladie probablement « hautement contagieuse »

Les premiers cas ont été détectés la semaine dernière et concernent majoritairement des travailleurs du marché aux poissons et fruits de mer de la ville, ce qui suggère que le virus a une origine animale. Le marché a depuis été fermé et entièrement désinfecté, mais l'épidémie continue de s'étendre. « Pour le moment, aucun cas de transmission d'Homme à Homme n'a été détecté et aucun personnel soignant n'est touché », tente de rassurer l'OMS, mais, selon les spécialistes, les maladies respiratoires de ce type sont d'habitude hautement contagieuses.

Afin de limiter le risque, les personnes touchées ont été placées en quarantaine et la commission de santé conseille aux habitants de Wuhan d'aérer leur intérieur et de « porter des masques si nécessaire ». Singapour et Hong Kong ont, de leur côté, rétabli des capteurs de température aux postes de douane pour les voyageurs en provenance de la Chine continentale.

La psychose d’un remake du SRAS

Les autorités redoutent avant tout une réédition de l'épidémie de SRAS qui avait infecté plus de 8.000 personnes et entraîné la mort de 774 patients dans le monde entre novembre 2002 et juillet 2003. Le virus du SRAS aurait, semble-t-il, muté depuis différentes souches présentes chez la chauve-souris. Quant au MERS, dont le nombre de cas s'établit à 2.484 personnes infectées depuis 2012 avec 857 décès associés, il est transmis via des contacts avec le dromadaire.

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