Le système de transport spatial habité de SpaceX. Le Crew Dragon est, ici, vu au sommet du Falcon 9 en position de lancement sur son pas de tir du Centre spatial Kennedy de la Nasa. Au premier plan, la passerelle très design qui permettra aux astronaute de s'installer à bord de la capsule. © SpaceX

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Le Crew Dragon de SpaceX est prêt pour son vol d'essai, mais la Nasa doit le reporter

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Nouveau report pour le vol d'essai inhabité de la version habitée de la capsule Dragon de SpaceX. En cause, la fermeture partielle du gouvernement des États-Unis et la nécessité pour la Nasa et SpaceX de mener à bien des tests complémentaires. Le vol est maintenant prévu dans le courant du mois de février et SpaceX a toujours pour objectif de qualifier son système de transport spatial d'ici la fin de l'année et de démarrer ses activités commerciales fin 2019, début 2020.

La fermeture partielle du gouvernement des États-Unis, qui a débuté le 22 décembre 2018 et se poursuit encore aujourd'hui, a contraint la Nasa à reporter au mois de février le vol d'essai de la version habitée de la capsule Dragon de SpaceX. Initialement, ce vol de démonstration, Demo-1, était prévu ce 17 janvier. Demo-1 est le premier des deux vols d'essais prévus par SpaceX pour qualifier son système de transport spatial habité, composé du Falcon 9 et de la version habitée de la capsule Dragon, qui prend le nom de Crew Dragon.

Le shutdown n'est évidemment pas le seul responsable de ce report. Bien que 95 % des employés de la Nasa soient au travail, SpaceX et la Nasa ont également admis que les derniers tests prévus sur un certain nombre d'équipements du système de transport de SpaceX, avant son vol d'essai, auraient été susceptibles de provoquer un report de quelques jours de la mission.

Ce report de plusieurs semaines est donc une bonne chose. Il va permettre aux équipes de SpaceX et de la Nasa d'être moins pris par le temps pour de nouveaux tests et de réaliser une dernière revue d'aptitude avant de donner le feu vert à ce vol.

Le Crew Dragon et son lanceur, le Falcon 9 sont, ici, vus dans le bâtiment d'intégration de SpaceX du Centre spatial Kennedy de la Nasa. Les deux étages du Falcon 9 sont en position horizontale pour être assemblés ensemble. © Nasa, SpaceX

Les taxis de l'espace de SpaceX et Boeing devront être opérationnels d'ici la fin de l'année

Bien que Demo-1 soit une mission inhabitée, le Crew Dragon la réalisera comme s'il était piloté par un équipage de deux astronautes. La capsule ira donc s'amarrer à la station spatiale internationale et y stationnera plusieurs jours avant de redescendre sur Terre. Des tests de manoeuvres orbitales devraient vraisemblablement être réalisés en orbite, du moins, c'est ce que l'on pense.

Si Demo-1 se déroule bien, Demo-2 aura lieu quelques mois plus tard, dans le courant de l'été 2019. Avant le report de Demo-1, ce vol était prévu en juin 2019. Ce deuxième et dernier vol de qualification sera habité. Le Crew Dragon sera piloté par les astronautes de la Nasa, Bob Behnken et Doug Hurley, qui réaliseront une petite mission de ravitaillement de fret non prioritaire. Avant de réaliser ce premier vol d'essai habité (Demo-2), SpaceX devra réaliser un test d'abandon de la capsule en vol (comme lors de l'échec du lancement de la capsule Soyouz MS-10) pour démontrer cette capacité essentielle et vitale pour la sécurité des équipages en cas de situation d'urgence lors du décollage du lanceur.

Quant au deuxième système de transport habité que la Nasa finance, Boeing prévoit de réaliser, en mars, un premier vol inhabité de sa capsule CST-100 Starliner. Cette dernière sera lancée à bord d'une fusée Atlas 5. Comme le Crew Dragon lors de Demo-1, elle simulera une mission habitée opérationnelle à destination de l'ISS. Elle s'amarrera, de façon automatique, également au complexe orbital avant de redescendre sur Terre. Ce vol sera suivi d'un deuxième vol qui transportera un équipage composé de deux astronautes de la Nasa, Eric Boe et Nicole Aunapu Mann, et du pilote d'essais de Boeing, Chris Ferguson. Cette mission est actuellement prévue en août 2019.

La Nasa s'est clairement exprimée sur la dépendance des astronautes américains aux Soyouz pour rejoindre la Station spatiale internationale qui devrait prendre fin cette année. Les systèmes de transport spatiaux de Boeing et SpaceX, les taxis de l'espace, devront être déclarés opérationnels dans le courant de l'année pour débuter leur rotation commerciale à destination de l'ISS dès le début de l'année 2020, voire la fin de cette année. 

  • La fermeture partielle du gouvernement américain et la volonté de réaliser de nouveaux tests contraignent la Nasa et SpaceX à reporter le vol d'essai de la capsule habitée de SpaceX.
  • Malgré ce report de plusieurs semaines, SpaceX confirme que son système de transport spatial habité sera opérationnel d'ici la fin de l'année.
  • Pour ne plus dépendre des capacités d'accès russes à l'ISS, la Nasa a décidé de financer les capsules habitées de SpaceX (la Crew Dragon) et de Boeing (le Starliner).
Pour en savoir plus

SpaceX : la version habitée de la capsule Dragon prête pour un vol d'essai

Article de Rémy Decourt, publié le 28/11/2018

Le véhicule habité Crew Dragon, de SpaceX, dérivé de la capsule Dragon de transport de fret, réalisera son premier vol de démonstration inhabité en janvier 2019. Ce vol sera une répétition générale en vue du premier vol habité avec les astronautes de la Nasa, Douglas Hurley et Bob Behnke, qui pourrait avoir lieu dès le mois de juin 2019.

Seulement 16 ans après sa création, SpaceX s'apprête à franchir une nouvelle étape de sa jeune histoire en débutant ses vols habités à destination de la Station spatiale internationale. D'ici quelques semaines, la version habitée de la capsule Dragon, la Crew Dragon, réalisera une première mission de démonstration inhabitée. Ce lancement est prévu le 7 janvier 2019. Un lanceur Falcon 9 décollera depuis le complexe de lancement 39A du Centre spatial Kennedy de la Nasa, un pas de tir historique, mais modernisé pour les besoins des activités de SpaceX, qui a vu s'envoler les capsules Apollo à la conquête de la Lune et les navettes spatiales de la Nasa.

Bien que la Crew Dragon soit inhabitée mais chargée de fret, elle ira tout de même s'amarrer à la station spatiale internationale. Elle restera stationnée au complexe orbital pendant plus ou moins 15 jours avant d'entamer son retour sur Terre. Cette capsule est dérivée de celle utilisée pour le transport de fret. Dans sa version habitée, elle a été adaptée pour transporter jusqu'à sept astronautes et une charge utile de 3,3 tonnes. Bien que ce vaisseau spatial soit conçu pour être réutilisé une dizaine de fois, la Nasa a souhaité utiliser une capsule neuve à chaque lancement.

Une liaison régulière entre la Terre et l’ISS

Ce vol de démonstration a pour but de s'assurer que la Crew Dragon est prête à réaliser les rotations d'équipage de la Station spatiale internationale telles que spécifiées dans un contrat de lancement pour ses astronautes, octroyé par la Nasa en 2015. Dans le cadre de ce contrat, d'une valeur de 2,6 milliards de dollars, SpaceX réalisera au moins deux rotations d'équipage et un maximum de six missions.

Lors de cette démonstration, SpaceX devra démontrer à la Nasa que son système de transport (c'est-à-dire le lanceur, le véhicule orbital et le système au sol) est prêt à effectuer un vol habité et surtout qu'il répond aux exigences de sécurité et de certification de la Nasa. Après ce vol de démonstration, et avant de réalisé un premier vol d'essai habité, SpaceX devra réaliser un test d'abandon de la capsule en vol (comme lors de l'échec du lancement de la capsule Soyouz MS-10) pour démontrer cette capacité essentielle et vitale pour la sécurité des équipages lors d'une situation d'urgence lors du décollage du lanceur.


SpaceX : la version habitée de la capsule Dragon prête pour un vol d'essai

Article de Rémy Decourt publié le 19/07/2018

Le véhicule habité Crew Dragon, de SpaceX, dérivé de la capsule Dragon de transport de fret, pourrait réaliser un premier vol de démonstration inhabité dans le courant du mois d'août. Le véhicule a terminé ses tests de vide et de résistance à des températures extrêmes sur le site de la Nasa de Plum Brook Station (Ohio, États-Unis), qui comprend la plus grande chambre à vide au monde.

Si le transport de fret à destination de la Station spatiale internationale (ISS) par des sociétés privées est une affaire qui fonctionne, la Nasa attend toujours l'ouverture d'un service commercial de transport de ses astronautes. Annoncé pour 2017, ce service pourrait débuter en 2019.

SpaceX prévoit toujours de réaliser deux des trois vols de qualification cette année. Le Crew Dragon, dérivé de la capsule Dragon de transport de fret, a récemment été testé dans la plus grande chambre à vide au monde, sur le site de la Nasa de Plum Brook Station (Ohio, États-Unis). Il se trouve aujourd'hui au centre spatial Kennedy (Floride, États-Unis) et pourrait réaliser un premier vol de démonstration inhabité dans le courant du mois d'août. Ni la Nasa, ni SpaceX n'ont souhaité commenter ces essais.

D'ici quelques jours, devront débuter les essais finaux d'intégration du véhicule à son lanceur, un Falcon 9 de SpaceX. À moins de nouveaux ennuis techniques ou d'un retard de développement qui n'auraient pas été annoncés, SpaceX (comme Boeing d'ailleurs, qui développe un véhicule concurrent) pourrait donc réaliser ces deux vols de qualification cette année.

Le Crew Dragon de SpaceX installé dans la chambre à vide de la Nasa pour être testé au vide spatial et exposé aux températures que le véhicule connaîtra lors de son séjour dans l'espace et de son retour sur Terre. © Nasa

Un vol d'essai habité en décembre 2018 pour le Crew Dragon ?

Au vol de démonstration inhabité de cet été, s'ajouterait un vol d'essai habité qui serait réalisé en décembre. Le calendrier est similaire à celui de Boeing, qui prévoit, lui aussi, un vol inhabité en août (de son Starliner) et un vol habité en novembre.

Cela dit, la Nasa a récemment signalé que ce planning pourrait être modifié en raison du trafic à destination de la Station spatiale internationale (ISS). D'ici quelques jours, les dates de ces vols de démonstration et d'essais seront communiquées.

Si, du côté des industriels et de la Nasa, on se veut résolument optimistes, le GAO, l'équivalent américain de la Cour des comptes française, l'est moins. Celui-ci s'inquiète en effet du retard pris dans le développement des véhicules de SpaceX et Boeing, et il n'est pas convaincu que les véhicules seront certifiés avant 2020.

En raison de ce risque de retard dans la disponibilité des services de lancement et de transport de SpaceX et Boeing, la Nasa a prolongé le contrat qui la lie à Roscosmos pour l'acheminement de ses astronautes de fin 2018 à septembre 2019. Elle envisage aussi d'autres options que celle de l'achat de places à bord des capsules Soyouz. Deux d'entre elles consisteraient à réorganiser le calendrier des lancements de Soyouz, avec un dernier vol en janvier 2020, voire à prolonger la durée des séjours des astronautes américains à bord du complexe orbital.


SpaceX dévoilera une version habitée de sa capsule Dragon

Article de Rémy Decourt publié le 03/04/2013

Après le fret, SpaceX veut transporter des hommes à bord de la Station spatiale internationale. La firme, en compétition avec Boeing et Sierra Nevada pour fournir une capsule habitée à la Nasa, devrait présenter son modèle cette année. SpaceX mise sur une capsule réutilisable qui serait lancée par un Falcon 9 plus puissant.

Elonk Musk, le PDG de SpaceX, deux jours après le retour sur Terre de la capsule Dragon le 26 mars, a déclaré qu'il dévoilerait dans le courant de l'année la version habitée de la capsule Dragon. Très discret sur le design et les caractéristiques du futur modèle, lors de la conférence téléphonique, il a simplement lâché : « ça va être cool ».

Cela dit, quelques informations sont d'ores et déjà connues. Différente de l'actuelle Dragon, la capsule sera réutilisable et capable d'atterrir sur la terre ferme. Les propulseurs seront installés sur les flancs, et ses hublots seront suffisamment grands pour offrir une belle visibilité aux astronautes. Enfin, les pieds d'atterrissage seront rétractables.

Pour sa deuxième mission commerciale à destination de la Station, la capsule Dragon a décollé le 1er mars 2013, s’est amarrée deux jours après au complexe orbital, puis est retournée sur Terre le 26. Elle est ici ramenée au port après sa récupération au large de la péninsule de Basse-Californie (Mexique), dans l'océan Pacifique. © Nasa

Un lanceur plus fiable que le Falcon 9

Cette évolution somme toute assez rapide vers une version habitée de la capsule Dragon s'explique par les choix initiaux de SpaceX. En effet, dès le début du programme avec l'ISS, l'entreprise a su prendre en compte de nombreuses spécifications imposées aux vols habités. En clair, seules quelques modifications majeures sont nécessaires pour rendre habitable la capsule Dragon : bon nombre de ses systèmes et sous-systèmes sont qualifiés pour le vol humain.

Un autre modèle de capsule, baptisé Dragon Red et destiné au vol habité vers Mars, est également en projet. Mais c'est une autre histoire...

Cette capsule habitée sera lancée par une version améliorée et plus puissante du Falcon 9, dont le premier vol d'essai est prévu dans le courant du mois de juin. Ce lanceur, nommé Falcon 9 v1.1, se différencie de son prédécesseur par de nouveaux moteurs plus puissants, des réservoirs plus grands et une coiffe plus large. Ce premier étage sera propulsé par des moteurs Merlin 1D (oxygène liquide et kérosène), 25 % plus puissants que les moteurs 1C de la version de base. Ils sont surtout disposés différemment, de sorte que les forces exercées sur la structure de l'étage soient moins contraignantes.

Le pari de la réutilisabilité

Ce nouveau moteur Merlin 1D est actuellement employé sur le prototype d'étage réutilisable Grasshopper. Ce prototype de lanceur partiellement réutilisable, à décollage et atterrissage vertical, a réalisé plusieurs essais avec succès à moins de 80 mètres de hauteur.

Reste à savoir si SpaceX a trouvé une recette miracle, car les tentatives précédentes pour développer un lanceur partiellement ou entièrement réutilisable n'ont pas abouti. Les agences spatiales comme les constructeurs ont tous abandonné cette idée, en raison de l'absence de solutions technologiques économiquement viables. Ce choix est d'autant plus surprenant de la part de SpaceX, les entrepreneurs privés étant généralement soucieux de la rentabilité future de leurs investissements en recherche et développement. On peut s'interroger sur ce qui fait penser à la firme d'Elonk Musk qu'un étage réutilisable réduirait les coûts de l'accès à l’espace. À suivre donc.

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