La capsule russe Soyouz, capable d'emmener trois personnes, est actuellement le seul moyen de transport vers la Station spatiale internationale. La Nasa voulait s'en débarrasser dès 2018 mais il lui faudra attendre la fin de cette décennie. © Nasa

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La Nasa devra de nouveau acheter des places à bord des Soyouz

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Devant le peu d'empressement des décideurs politiques à donner à la Nasa les financements nécessaires au développement des futurs systèmes de transports spatiaux habités de SpaceX et de Boeing, l'agence spatiale américaine est contrainte d'acheter aux Russes de nouvelles places à bord des Soyouz. La Nasa, qui projetait de se défaire de cette dépendance russe pour la rotation des équipages de l'ISS fin 2017, devra vraisemblablement attendre quelques mois de plus, voire plusieurs années.

La Nasa, qui garantit un accès à la Station spatiale internationale aux astronautes occidentaux, veut se prémunir d'un retard dans le développement des systèmes de transport habités de SpaceX et de Boeing. Même si leur service opérationnel est toujours prévu fin 2017 ou début 2018, la Nasa a tout de même décidé d'acquérir auprès de Roscosmos six allers-retours à bord du complexe orbital pour la période 2018-2019. Les rotations se feront à bord de capsule Soyouz. Il lui en coûtera 490 millions de dollars, soit 81,7 millions de dollars par siège.

Ce montant couvre également les frais des différentes activités préparatoires à ces vols, comme l'entraînement aux procédures de lancement et d'atterrissage et l'inévitable stage de survie. Les tarifs ont une nette tendance à l'augmentation puisque, pour l'année 2017, le prix du siège facturé par Roscosmos à la Nasa était de 76,3 millions de dollars, de 50 millions pour la période 2011-2012 et de seulement 26,3 lors du retrait de la navette en juillet 2011. Ces places ne seront pas seulement occupées par des astronautes américains. La Nasa a en effet en charge l'acheminement des astronautes de ses partenaires européens, canadiens et japonais vers et depuis l'ISS, sauf ceux qui effectuent des vols pour le compte de leur propre agence spatiale.

Cette décision de la Nasa peut surprendre, d'autant plus que le développement des deux futurs taxis de l'espace, le CST-100 de Boeing et le Dragon V2 de SpaceX, se poursuit normalement et que l'ISS est reconfigurée pour les accueillir. Elle s'explique moins par la crainte d'un retard dans la mise au point des deux capsules que par une difficulté de financement de ce développement dans le cadre du contrat CCiCap (Commercial Crew Integrated Capability).

Les deux premiers vaisseaux spatiaux privés capables de transporter des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS). En haut, le CST-100 de Boeing et, en dessous, la version habitée de la capsule Dragon de SpaceX. © Boeing et Space X

Premiers concurrents aux Soyouz prévus fin 2017, au mieux

Pour l'exercice 2016, qui débute le 1er octobre, la Nasa a fait état d'un besoin de 1,2 milliard de dollars, soit un peu plus de 1 milliard d'euros (l'agence américaine délivre des fonds au fur et à mesure qu'une entreprise franchit des étapes techniques clairement définies). Or, les budgets proposés par le Sénat et la Chambre des représentants des États-Unis sont respectivement de 900 millions et 1 milliard de dollars. Cette limitation n'empêchera pas la mise au point des deux capsules mais rend peu probable de les voir débuter leur service commercial d'ici la fin de l'année 2017.

Boeing et SpaceX sont les deux entreprises à avoir remporté en septembre 2014 le contrat de la Nasa pour transporter ses astronautes à bord de la Station spatiale internationale et les redescendre sur Terre. Ce contrat CCtCap (Commercial Crew transportation Capability), de 6,8 milliards de dollars (4,2 milliards pour Boeing et 2,6 milliards pour SpaceX), couvre au total six missions de transport d'astronautes vers l'ISS pour chacune des deux compagnies. Elles seront précédées de deux vols d'essai, dont un habité. Le service opérationnel devrait débuter fin 2017 ou début 2018, date à laquelle prendra fin le dernier contrat signé entre la Nasa et Roscosmos portant sur l'achat de places à bord des Soyouz russes.