Deux vaches au crépuscule. © Jonathan Rundblad, Fotolia

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Pour une meilleure santé et celle de la Planète, mangeons moins de viande, suggère le Giec

ActualitéClassé sous :Environnement , Santé , écologie

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Si on ne le savait pas déjà, le dernier rapport du Groupe international d'experts sur l'évolution du climat (Giec) nous l'affirme de nouveau : les habitants des pays développés devraient manger moins de viande. Parce que oui, on peut manger moins de produits carnés sans pour autant ne plus en consommer du tout. La première option relève du futur que l'on souhaite vivre, puis laisser derrière nous. La seconde de la morale à laquelle on s'astreint.

Cela fait des décennies que nous connaissons l'impact négatif de notre consommation effrénée de produits carnés sur les émissions de gaz à effet de serre et donc sur le dérèglement climatique. Cela fait également plusieurs années que les scientifiques nous appellent à revoir la place des animaux au sein de notre régime alimentaire, tant pour notre santé que pour celle du futur de la civilisation humaine. Parce que c'est de cela qu'il s'agit. La planète, elle, s'en sortira sans nous.

Notre régime doit devenir plus durable

Plusieurs médias ont repris cette information en imputant au rapport du Giec de conseiller un régime végétarien pour toute l'humanité. Premièrement, le Giec ne conseille rien. Et deuxièmement, ce n'est pas ce qu'il énonce. Voilà ce qui est écrit dans le rapport, légèrement reformulé : « La diversification du système alimentaire peut réduire les risques liés au changement climatique. Des régimes équilibrés, majoritairement végétal, tels que ceux à base de céréaleslégumineuses, fruits et légumes, noix et graines et y intégrant une part raisonnable d'aliments d'origine animale produits dans le cadre de systèmes durables et à faibles émissions de gaz à effet de serre, offrent des opportunités majeures d'adaptation et d'atténuation tout en générant d'importants avantages connexes en termes de santé humaine. » 

Il est également précisé qu'il faut tenir compte de l'environnement culturel et économique d'un pays et surtout de sa consommation de viande initiale. On ne va pas demander à un pays de réduire sa consommation d'animaux, si celle-ci est déjà faible. Enfin, il est bien sûr suggéré aux politiques d'induire ces changements progressivement en les basant sur le volontariat. « Il n'est pas question de dicter aux gens ce qu'ils doivent manger », rappelle Hans-Otto Pörtner, écologue et coprésident du Giec. Cette recommandation fait sens au sein de la stratégie globale du Giec concernant la déforestationl'agriculture et l'appauvrissement des sols.

Il faut revoir notre consommation d'animaux à la baisse tant pour notre santé, la planète et les rapports sociaux qui nous lient avec eux. © rawpixels, Pexels

Pourquoi rien – ou presque – ne bouge ? 

La science est là pour conseiller la société. Elle ne saurait se placer au-dessus des Hommes, telle une divinité pour former une technocratie liberticide. Néanmoins, il est primordial de prendre la mesure de ce qu'elle nous dit. Si chaque individu a sa conscience morale pour soi et est libre de décider s'il souhaite ou non manger des animaux, la surconsommation entraîne des conséquences climatiques qui concernent naturellement beaucoup plus de monde. Néanmoins, elles ne sont pas uniquement climatiques et concernent les animaux eux-mêmes qu'on maltraite et à qui on manque de respect afin de produire toujours plus.

Dans la logique des accords de Paris et de la lutte pour le climat, c'est donc de la responsabilité du corps politique de promouvoir des infrastructures, des mesures économiques, agricoles, sociales, etc. pour induire l'adoption d'un régime équilibré tant pour la santé que pour l'environnement chez la population. Sans tomber dans une obscure fabrique du consentement, c'est du rôle commun entre politiques, industriels et citoyens de comprendre les intérêts d'une consommation modérée de viande. Enfin, il faut d'autant plus de mesures pour que cette viande soit le plus durable possible et accessible au plus grand nombre. Il ne faudrait pas reproduire l'erreur de mettre de côté la crise économique et sociale qui fait tant rage dans notre pays.

  • Les scientifiques appellent une fois de plus à revoir notre consommation de produits carnés à la baisse pour notre santé et celle de la planète.
  • Cette recommandation concerne les pays riches tels que l'Amérique du Nord ou l'Europe de l'Ouest. 
  • Des mesures marketing, économiques et politiques devraient être prises dans ce sens pour faciliter l'adoption de tels comportements.
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