10 nouvelles espèces découvertes en 2018. © IISE, C.D, Futura-Sciences

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Top 10 des dernières espèces découvertes

ActualitéClassé sous :développement durable , botanique , zoologie

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Chaque année, des milliers d'animaux et plantes jusqu'ici inconnus sont mis au jour par les scientifiques de l'International Institute for Species Exploration (IISE). Au menu du palmarès 2018 des découvertes les plus importantes : un énorme arbre d'Amazonie, un curieux invertébré aux couleurs chatoyantes, un poisson des profondeurs ou un orang-outan déjà en grand danger.

La biodiversité demeure encore largement méconnue sur Terre. Rien qu'en Amazonie, une nouvelle espèce est découverte tous les deux jours. C'est pour mettre à l'honneur ces nouveaux arrivés que le College of Environmental Science and Forestry (ESF) et l'International Institute for Species Exploration (IISE) dévoilent chaque année leur liste des 10 spécimens les plus emblématiques, découverts dans l'année écoulée. Mais si le jury a dû choisir entre 18.000 candidats potentiels, l'IISE rappelle que dans le même temps, 20.000 espèces disparaissent chaque année, certaines avant même d'avoir eu la chance de se faire connaître.

Un amphipode bossu

Nommé Epimeria quasimodo en référence au personnage de Victor Hugo à cause de son dos bossu, cet invertébré est l'une des 26 espèces d'amphipodes nouvellement découvertes dans les eaux glaciales de l'océan Antarctique. Ses couleurs éclatantes et sa structure morphologique étrange ont naturellement attiré l'attention des scientifiques.

Epimeria quasimodo, un curieux arthropode des eaux glacées de l’Antarctique. © Cédric d’Udekem d’Acoz, Royal Belgian Institute of Natural Sciences

Un orang-outan déjà menacé

En 2001, on avait séparé les orangs-outans de Sumatra (Pongo abelii) et de Bornéo (Pongo pygmaeus) en deux espèces distinctes. Cette année, de nouvelles analyses morphologiques, comportementales et génétiques ont conduit les chercheurs à sous-découper encore la population de Sumatra en une nouvelle espèce baptisée Pongo tapanuliensis. À peine mis au jour, ce grand singe est déjà classé en grand danger de disparition : il reste à peine 800 individus éparpillés dans des espaces fragmentés par la déforestation.

Pongo tapanuliensis, une sous-espèce d’orang-outan de Sumatra. © Andrew Walmsley

Un arbre aux fruits géants

Avec ses 40 mètres de haut, ses 60 tonnes et ses énormes fruits de 50 centimètres de long, on se demande comment le Dinizia jueirana-facao a pu passer inaperçu. En réalité, on pensait jusqu'ici qu'il n'existait qu'une seule espèce de Dinizia, un arbre de la famille des légumineuses, avant de s'apercevoir que celle-ci était différente. Hélas, ce magnifique végétal est déjà en danger : on n'en connaît que 25 individus, dont la moitié dans la réserve du nord du Brésil où il a été découvert.

Il ne resterait plus que 25 spécimens de Dinizia jueirana-facao dans le monde. © Gwilym P. Lewis

Un coléoptère qui joue les passagers clandestins

Découvert au Costa Rica, Nymphister kronaueri est un minuscule coléoptère d'à peine 1,5 millimètre. Il vit exclusivement au milieu des colonies de fourmis nomades, Eciton mexicanum, et reste deux à trois semaines à un endroit pour se nourrir. Lorsque la colonie se déplace, il profite de sa ressemblance avec l'abdomen des fourmis pour s'y accrocher et se faire transporter gratuitement. 

Nymphister kronaueri vit en harmonie avec les fourmis nomades. © D. Kronauer

Le poisson des profondeurs extrêmes

Capturé dans la fosse des Mariannes (Pacifique), Pseudoliparis swirei semble être le poisson qui vit le plus profondément dans les abysses, entre 7.000 mètres et 8.000 mètres. Un autre poisson a bien été observé à 8.143 mètres, mais il n'a jamais pu être retrouvé. De la famille des poissons-limaces, qui comprend environ 400 espèces, il est capable de résister à des pressions jusqu'à 1.000 fois supérieures à celle de la surface. Il doit son nom à un officier de la mission HMS Challenger, la première grande campagne océanographique mondiale à l'origine de la découverte de la fosse des Mariannes en 1875.

Pseudoliparis swirei vit à plus de 7.000 mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes. © Mackenzie Gerringer, university of Washington, Schmidt Ocean Institute

Des « cheveux de Venus » sur le cratère d’un volcan

Lorsque le volcan sous-marin Tagoro, dans les îles Canaries, est entré en éruption en 2011, il a entraîné une brutale hausse des températures et rejeté de grosses quantités de sulfure d'hydrogène et de gaz carbonique, détruisant une grande partie de l'écosystème. Trois ans plus tard, des chercheurs ont découvert qu'une bactérie filamenteuse, surnommée « cheveux de Venus » (Thiolava veneris pour le nom scientifique), colonisait la nouvelle couche autour du cratère. À 130 mètres de profondeur, elle forme un épais matelas recouvrant environ 2.000 mètres carrés.

Avec ses longs filaments blancs, Thiolava veneris forme un épais matelas de 2.000 m2. © Miquel Canals, university of Barcelona

Une fleur mauve sans photosynthèse

Alors que la plupart des végétaux sont autotrophes, c'est-à-dire qu'ils fabriquent eux-mêmes leur matière organique par la photosynthèse, Sciaphila sugimotoi est hétérotrophe : elle puise ses nutriments dans des champignons avec lesquels elle vit en symbiose. Sa découverte sur l'île d'Ishigaki, au Japon, constitue une réelle surprise car la flore japonaise est déjà très précisément documentée. Cinquante spécimens seulement de cette fleur de 10 centimètres de haut ont été dénombrés dans une forêt humide.

Sciaphila sugimotoi puise ses nutriments dans le champignon avec lequel elle vit en symbiose. © Takaomi Sugimoto

Un lion marsupial aux dents longues

Wakaleo schouteni vivait il y a plus de 23 millions d'années dans les forêts du Queensland, en Australie. La découverte du fossile de ce féroce lion marsupial a permis d'établir son portrait. Pesant autour de 25 kg, le poids d'un chien husky sibérien, il passait une partie de son temps... dans les arbres et avait sans doute adopté un régime omnivore. Il s'agirait de la deuxième espèce de lion marsupial de l'Oligocène après Wakaleo pitikantensis, découvert en 1961.

Une illustration du lion marsupial Wakaleo schouteni, qui vivait il y a 23 millions d’années. © Peter Schouten

Un coléoptère cavernicole

Habitant des cavernes, Xuedytes bellus s'est adapté à vivre dans l'obscurité totale : ce coléoptère a perdu ses ailes, ses yeux et sa pigmentation. Il a aussi subi une élongation de sa tête et de son thorax, et mesure neuf millimètres environ. Il a été découvert dans une grotte du sud de la Chine, dans la province du Guangxi. Cette région karstique est particulièrement riche en grottes dans lesquelles on recense une grande variété de carabidés : pas moins de 130 espèces réparties en 50 genres y ont été identifiées.

Vivant dans l’obscurité totale, Xuedytes bellus a adapté sa morphologie à son environnement. © Sunbin Huang and Mingyi Tian

Un eucaryote harponneur

Découvert par hasard dans un aquarium de San Diego (Californie), cet eucaryote unicellulaire nommé Ancoracysta twista possède un génome particulièrement riche et une activité mitochondriale. Son flagelle en forme de fouet lui sert de harpon pour immobiliser ses proies et pour se propulser dans l'eau. Il doit son nom au mouvement qu'il fait en se déplaçant (twirl signifiant tournoyer en anglais).

Ancoracysta twista possède un énorme génome. © Denis V. Tiknonenkov
Pour en savoir plus

Top 10 des espèces découvertes en 2011

Article de Quentin Mauguit publié le 27/05/2012

Le top 10 des espèces découvertes en 2011 a été publié par l'International Institute for Species Exploration ce 23 mai 2012. Il comprend des animaux extraordinaires, comme le singe sans nez, et des plantes surprenantes, à l'image d'une orchidée qui fleurit de nuit. Un seul critère a été utilisé pour les juger : ils doivent capter notre attention, quels que soient les moyens...

Les 10 lauréats d'un classement original ont été dévoilés ce 23 mai 2012. Il ne s'agit pas de sportifs, de personnalités célèbres ou de stars du cinéma, mais bien d'espèces découvertes en 2011. Près de 200 candidats étaient en lice. Ils ont été jugés par un comité international de scientifiques sous l'égide de l'International Institute for Species Exploration situé (IISE) à l'université de l'Arizona (ASU) aux États-Unis. Un seul critère a été évalué : la capacité qu'ont ces plantes ou animaux à capter notre attention, notamment en ayant parfois recours à certaines bizarreries.

Les objectifs de ce classement, existant maintenant depuis cinq ans, sont doubles : attirer notre attention sur la crise actuelle de la biodiversité et rappeler le travail fait chaque année par de nombreux laboratoires et musées pour découvrir et décrire de nouvelles espèces. La date du 23 mai n'a pas été choisie au hasard, elle correspond au jour anniversaire de la naissance de Carolus Linnaeus, le célèbre botaniste suédois à l'origine de la première classification du vivant.

Le palmarès 2012 présente un singe sans nezMephisto, ce ver vivant dans les entrailles de la terre (ces deux derniers ayant déjà attiré l'attention de Futura-Sciences), une magnifique méduse venimeuse, une orchidée fleurissant la nuit, une minimouche parasite, un champignon pouvant être pressé comme une éponge, un coquelicot jaune, un millepatte de la taille d'une saucisse, un « cactus marchant » et une tarentule bleue. Futura-Sciences vous en présente quatre, particulièrement étonnants.

Le singe sans nez

Découvert dans les hautes montagnes du Myanmar (ex-Birmanie), le Rhinopithecus strykeri ou rhinopithèque de Stryker est totalement dépourvu de nez. Cette situation est considérablement gênante lorsqu'il pleut, puisqu'elle provoque la survenue d'éternuements intempestifs. Entre 260 et 330 individus vivraient sur environ 270 km².

Reconstitution dessinée du nouveau rhinopithèque à partir de clichés un peu flous, mais qui ne laissent aucun doute sur l'absence de nez. © Thomas Geissmann, Fauna & Flora International

Le démon des profondeurs

Le ver nématode Halicephalobus mephisto a été déniché au fond d'une mine d'or, à 1,3 km de profondeur, en Afrique du Sud. Il s'agit de l'organisme multicellulaire vivant le plus profondément sous terre. Pourtant la pression régnant dans sol est considérable et la température (37 °C) est particulièrement élevée pour ce type d'animal.

Le démon des profondeurs Halicephalobus mephisto vu au microscope électronique à balayage. Ce ver mesure 0,5 mm de long. © A. G. Borgonie

L’orchidée fleurissant la nuit

Il existe près de 25.000 espèces d'orchidées. Parmi celles-ci, Bulbophyllum nocturnum, découverte en Nouvelle Guinée, serait la seule à fleurir de nuit. 

Les fleurs de Bulbophyllum nocturnum sont relativement petites et vivent peu longtemps. Elles s’ouvrent vers 22 h 00 et se ferment le matin suivant. © Jaap Vermeulen

Le coquelicot jaune

Les nouvelles découvertes d'espèce végétales concernent bien souvent des petits spécimens, mais ce n'est pas toujours le cas, à l'exemple du coquelicot jaune Meconopsis autumnalis. Comme son nom l'indique, cette plante fleurit en automne.

Le coquelicot jaune Meconopsis autumnalis vit à plus de 3.300 mètres d'altitude au Népal. © Paul Egan

Tous les gagnants, sans exception, sont présentés sur le site de lInternational Institute for Species ExplorationVous y trouverez des photographies, une brève description de l'organisme (en anglais) et une carte présentant les lieux de leur découverte. 

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