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Anatomie du cœur : ventricules, oreillettes, aorte, artères coronaires, valves…

Dossier - Le cœur, organe de vie
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Découvrez tout de notre cœur dans ce dossier : sa formation, son fonctionnement, son anatomie interne et externe...

  
DossiersLe cœur, organe de vie
 

Le cœur est un organe creux ; un peu comme une maison (à 4 pièces), il se visite. Découvrons l'anatomie du cœur, en commençant par sa morphologie externe puis nous aborderons sa morphologie interne.

Zoom sur l'anatomie du cœur. © Lightspring, Shutterstock

Morphologie externe du cœur : oreillettes, ventricules et sillons

De l'extérieur, le cœur se décompose en deux grandes régions :

  • en arrière, les oreillettes reçoivent les veines, leurs parties supérieures communiquent avec ces poches accessoires, les auricules, qui, comme leur nom l'indique, constituent des sortes d'oreilles ondulées à leur surface.
  • en avant, les ventricules s'étendent vers la gauche et convergent vers la pointe du cœur.

Toujours en surface, les différentes cavités du cœur sont séparées par des sillons :

  • les sillons interventriculaires antérieur et postérieur,
  • les sillons coronaires droite et gauche séparent d'abord les auricules des ventricules puis les oreillettes des ventricules.
  • Enfin, il existe encore un sillon interauriculaire postérieur.
Anatomie du cœur. Ici, une coupe frontale dans le ventricule gauche du cœur humain. © Patrick J. Lynch medical illustrator, Wikipedia CC by 2.0

Aorte et artères coronaires

Tous ces sillons se réunissent à la face postérieure du cœur (la base du cœur) sous l'oreillette gauche, au niveau de la croix des sillons. Chacun d'entre eux abrite des vaisseaux, veines et artères, vascularisant le muscle cardiaque.

Les artères trouvent leur source dans les artères coronaires droite et gauche qui émergent de l'origine de l'aorte et vont cheminer dans les sillons coronaires en abandonnant des rameaux pour l'ensemble du cœur. Les veines vont venir fusionner au niveau de la croix des sillons pour constituer le sinus veineux qui, nous le verrons, s'abouchera dans l'oreillette droite.

Figure 2. Anatomie externe du cœur humain. A : vue antérieure du cœur ; B: vue basale du cœur. AD : auricule droit ; AG : auricule gauche ; Ao : aorte ; OD : oreillette droite ; VCI : veine cave inférieure ; TP : tronc pulmonaire ; VCS : veine cave supérieure ; VD : ventricule droite ; VG : ventricule gauche. © Hugues Jacobs

Enfin, et évidemment, le cœur est marqué par la présence de gros vaisseaux. Le plus en avant, l'aorte et le tronc pulmonaire émergent des parties supérieures des ventricules. Ainsi, le tronc pulmonaire prolonge vers l'arrière et la gauche, le ventricule droit. Court, il se couche sur le cœur avant de se diviser en artères pulmonaires droite et gauche. Bien qu'issue du ventricule gauche, l'aorte apparaît à droite et en arrière du tronc pulmonaire ; elle constitue une crosse oblique elle aussi vers l'arrière et la gauche qui s'enroule autour de l'artère pulmonaire droite naissante avant de redescendre vers la cavité abdominale. Plus en arrière et plus à droite, les veines caves supérieure et inférieure rejoignent le cœur au niveau de l'oreillette droite. À la jonction entre l'abouchement de la veine cave supérieure et l'oreillette droite se place à un amas de cellules cardiaques modifiées qui constitue le nœud sinusal dont nous reparlerons plus loin.

Morphologie interne du cœur : valves…

Cette fois ci, nous entrons. En nous mettant en quelque sorte dans la peau d'un globule rouge, nous visiterons successivement toutes les cavités du cœur, en commençant par l'oreillette droite, ou rentre le sang veineux, jusqu'au ventricule gauche d'où sort le sang oxygéné.

Figure 3. Anatomie interne du cœur humain. A : oreillette droite, l'observateur se situe au niveau de la valve tricuspide. B : oreillette gauche, l'observateur se trouve au niveau de la valve mitrale. C : ventricule droit. La paroi antérieure a été retirée et la dimension de la bandelette arciforme exagérée afin de bien montrer la séparation entre les deux chambres ventriculaires. D : ventricule gauche, le septum interventriculaire a été retiré. © Hugues Jacobs

On entre dans le cœur par l'oreillette droite (Figure 3A). D'aspect assez tourmentée, on la décrit selon six faces (inférieure, supérieure, droite [externe], gauche [septale], postérieure, et antérieure). À droite, se présente un ensemble de colonnes musculaires charnues, les muscles pectinés. En regard, la face septale est principalement marquée par un renfoncement à sa surface, la fenêtre ovale dont la présence trouve son origine dans le développement embryonnaire du cœur. Sa partie supérieure est marquée par un épaississement qui se prolonge sur la face inférieure en un voile constituant la valve du sinus veineux situé en avant de ce dernier. Enfin, la face septale porte plusieurs petits orifices où s'abouchent de petites veines cardiaques des parois interauriculaires et interventriculaires. La face inférieure, outre l'orifice du sinus veineux, porte plus à droite l'orifice de la veine cave inférieure, elle aussi masquée par une valve. La face supérieure est marquée par la présence de l'orifice de la veine cave supérieure et à sa droite, l'entrée de l'auricule droit. Enfin, nous voici arrivés au niveau de la paroi antérieure, percée du volumineux orifice atrioventriculaire droit, ou tricuspide, charpenté de son anneau fibreux et cloisonné par trois valvules plongeant dans le ventricule droit, où nous nous rendons.

Le ventricule droit (Figure 3C) est une cavité pyramidale prenant pour base la face atrioventriculaire. De la pointe du ventricule tout en avant vers le haut de la face septale s'étant une arche, bandelette musculaire qui sépare la cavité ventriculaire en deux parties, une partie inférieure et externe qui constitue la chambre de remplissage, et une partie septale, au-dessus de l'arche qui constitue la chambre d'éjection où vient se connecter l'orifice du tronc pulmonaire fermé de trois cuspides. Un pilier musculaire s'enracine au pied de l'arche et amarre les cordages émis par les valvules de la tricuspide, il est accompagné par un pilier inférieur ainsi que par un pilier septal. La face externe, comme celle de l'oreillette droite, est très tourmentée, marquée par la présence de colonnes musculaires. Le sang est donc éjecté du cœur une première fois et va voyager vers les poumons où il sera réoxygéné. Il retournera bientôt vers le cœur par les veines pulmonaires, nous ramenant dans le cœur gauche via l'oreillette gauche.

La paroi postérieure de l'oreillette gauche (Figure 3B) est marquée par la présence des orifices des veines pulmonaires droites et gauches, sa face inférieure ne présente pas de relief particulier tandis que sa face supérieure s'ouvre sur l'auricule gauche. Sa face septale, droite, est marquée par un relief, dit semilunaire, qui répond à la fenêtre ovale de l'oreillette droite. Sa face gauche ne présente pas de reliefs particuliers. La face antérieure porte l'orifice atrioventriculaire, mitral (la mitre est le nom donné au chapeau des évêques qui rappellent la forme de cette valve), lui aussi renforcé d'un anneau fibreux où s'enchâssent deux imposantes valvules verticales qui s'enfoncent dans le ventricule gauche (Figure 3D).  Ce ventricule à la paroi encore plus épaisse que celle du ventricule droit, ne possède que deux parois où s'enchâssent en avant (un en haut, un en bas) deux piliers où se fixent les cordages des deux valvules. La chambre d'éjection qui conduit à l'orifice aortique se cache entre la valve droite et la paroi septale, c'est par là que nous quittons le cœur.