Les rayons du soleilsoleil ne peuvent atteindre les deux pôles en même temps car l'axe de la terreterre est incliné de 23 % sur le plan de son orbiteorbite. Cette situation plonge alternativement les pôles dans l'obscurité pendant plusieurs mois. Ce sont donc l'hiverhiver et la nuit polaires qui s'installent sur les zones concernées. Pendant cette période, la neige qui tombe sur les continents se transforme en glace pour constituer les glaciersglaciers et les calottes polairescalottes polaires, qu'il convient de ne pas confondre avec la banquisebanquise. En effet, cette dernière se forme de la façon suivante : sous l'effet du froid, la température de l'océan décroît et, malgré leur salinitésalinité, les eaux de surface finissent par se congeler aux alentours de - 2° C. Elles forment alors ce que l'on appelle la glace de mer. La pellicule de givregivre s'épaissit progressivement jusqu'à former une massemasse compacte, capable de résister aux mouvementsmouvements des vaguesvagues et aux pressionspressions exercées par la houlehoule et la rotation. Ce socle se renforce au fur et à mesure des chutes de neige, et c'est ainsi que la banquise finit par prendre forme pour atteindre deux mètres d'épaisseur par endroits.

<br />Vagabond pris dans la glace <br />&copy; Eric Brossier – Vagabond

Vagabond pris dans la glace
© Eric Brossier – Vagabond

La banquise forme une couche isolante entre l'océan et l'atmosphèreatmosphère. En été, la mer libre se maintien à température à peu près constante en absorbant 95 % de l'énergieénergie solaire. Mais en hiver, la glace en réfléchit la plus grande partie vers l'espace - le phénomène est appelé albédoalbédo - permettant ainsi à la banquise de se maintenir pendant de nombreux mois. Lors de sa formation, elle refoule vers le fond, le sel contenu dans l'eau qui se transforme en cristaux de glace. Ces eaux froides, saturées de saumuresaumure et donc devenues denses, s'enfoncent dans les profondeurs, permettant aux eaux plus chaudes d'affluer à la surface. Ce processus de transport océanique est appelé : circulation thermohalinecirculation thermohaline.

Les précipitationsprécipitations s'accumulant à la surface de la banquise sont constituées d'eau douceeau douce qui, lors de la fontefonte, modifie la salinité de la surface océanique. Ces interactions permanentes, associées aux mouvements océaniques et aux ventsvents, provoquent le déplacement d'importantes masses d'eau douce et de sel qui agissent sur la circulation océanique globale, et influent par conséquence sur le climatclimat de la planète.

Les études récentes ont mis en évidence une régression de la banquise, tant en épaisseur qu'en superficie, dont l'origine serait due au réchauffement climatiqueréchauffement climatique général. Certains scientifiques pensent que cette étendue de glace aura bientôt totalement disparu en été, entraînant des perturbations graves dans la circulation des courants océaniques, sans compter les effets désastreux sur le climat, l'impact sur la faunefaune terrestre ou maritime, et par conséquence sur les populations qui vivent de pêchepêche et de chasse alimentaires. En effet, si la banquise ne devait plus assumer son rôle de régulateurrégulateur, le courant du Gulf StreamGulf Stream qui nous assure un climat tempéré, serait fortement ralenti, voire détourné de son cours actuel. Cet état de chose, selon un rapport confidentiel du Pentagone accidentellement ( !) diffusé à la presse en début 2004, serait en mesure de provoquer un nouvel âge glaciaire (*) ! Sans verser dans l'extrême, cette situation engendrerait malgré tout des répercussions majeures à long terme sur le climat des zones côtières que baigne le Gulf Stream.

<br />Vagabond pris dans la glace <br />&copy; Eric Brossier – Vagabond

Vagabond pris dans la glace
© Eric Brossier – Vagabond

La circulation océanique met en œuvre deux types de courants marins : les courants horizontaux tels que le Gulf Stream qui sont mis en mouvement par les vents, et les courants verticaux ou convectifs, qui montent des profondeurs vers la surface des océans pour y retourner. Ils sont animés par les différences de température et de salinité, et fonctionnent un peu à la façon de tapis roulantstapis roulants. Les eaux chaudes chargées de sel du Gulf Stream pénétrant dans l'Atlantique Nord, se refroidissent et deviennent plus denses. Cela a pour effet de les faire plonger vers le fond. Or, avec la disparition de la banquise et des glaciers polaires, ce mécanisme pourrait se gripper. Les effets seraient particulièrement ressentis en Mer de Norvège où la circulation thermohaline, qui est un rouage important des transports océaniques et atmosphériques de l'hémisphère nordhémisphère nord, serait perturbée par un apport excessif d'eau douce.

La banquise tient une place prépondérante dans l'équilibre climatologique de la planète car elle minimise les échanges de chaleurchaleur et d'humidité entre les océans et l'atmosphère. En été la couverture de glace se réduit naturellement de moitié et permet à l'énergie solaire de réchauffer la surface des océans polaires, pour se reconstituer en hiver et ainsi atténuer la déperdition de chaleur. Or selon le NSIDC (National Snow and Ice Data CenterData Center - Université du Colorado à Boulder), la banquise se réduit d'environ 8 % tous les dix ans (soit près de deux fois la superficie de la France). L'objectif immédiat des chercheurs consiste à acquérir une meilleure connaissance des relations entre les courants océaniques et atmosphériques. Cependant, pour évaluer les conséquences globales, il faut également intégrer dans les prévisions, des éléments tels que les effets de la pollution, l'hydrologiehydrologie continentale, la pluviométrie, l'évaporation...

<br />Banquise<br />&copy; Eric Brossier – Vagabond

Banquise
© Eric Brossier – Vagabond

C'est pourquoi, dans le cadre de l'Année Polaire Internationale, est né Damocles, un ambitieux programme commun aux européens, aux américains et aux russes, d'étude de la banquise arctiquearctique auquel participe Vagabond, qui sert de plateforme logistique aux scientifiques.

(*) Cette information alarmiste a servi de socle au film de Roland Emmerich : « The Day after Tomorrow » (Le Jour d'Après).