Les forêts tropicales primaires sont essentielles pour stocker le carbone et fournir un habitat aux jaguars, aux orangs-outans, aux gorilles et à tant d’autres animaux. Mais selon Global Forest Watch, elles sont en net recul. © stokpic, Pixabay License

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Le monde a perdu 12 millions d'hectares de forêts tropicales en 2018

ActualitéClassé sous :forêt , Environnement , déforestation

La forêt tropicale, c'est le plus divers des habitats naturels qui existent sur notre planète. Mais depuis quelques années, ses arbres sont abattus au profit de l'industrie du bois ou de la production d'huile de palme, de cannes à sucre ou de soja. Et selon le dernier rapport de Global Forest Watch (GFW), en matière de déforestation, 2018 se classe comme la quatrième plus mauvaise année.

C'est en 2001 que Global Forest Watch (GFW) -- un projet soutenu par le World Ressources Institute (WRI) et qui se base notamment sur des données satellitaires -- a commencé à cartographier le recul des forêts du monde. Et sa dernière étude montre que la destruction des forêts tropicales s'est poursuivie en 2018 à un rythme soutenu. Selon les données, « les régions tropicales ont perdu, l'année dernière, 12 millions d'hectares de couverture arborée », soit une superficie équivalente à celle du Nicaragua.

Après 2016, 2017 et 2014, 2018 s'affiche ainsi comme la quatrième année la plus mauvaise en matière de déforestation« La disparition de 3,6 millions d'hectares de forêt tropicale primaire, une superficie de la taille de la Belgique, est particulièrement préoccupante », souligne GFW dans son rapport. Car ces forêts « constituent un écosystème forestier extrêmement important, contenant des arbres pouvant atteindre des centaines voire des milliers d'années », rappelle GFW. « Elles stockent plus de carbone que les autres forêts et sont irremplaçables pour préserver la biodiversité. »

Les forêts tropicales primaires stockent plus de carbone.

La destruction de forêt tropicale primaire se concentre dans cinq pays : le Brésil, la République démocratique du Congo, l'Indonésie, la Colombie et la Bolivie. Le rapport s'alarme aussi sur la situation à Madagascar, un des pays les plus pauvres au monde. Un pays qui a perdu « 2 % de sa forêt tropicale primaire en 2018, une proportion supérieure à celle de tout autre pays tropical ». Et GFW pointe aussi du doigt l'accélération de la destruction de forêt tropicale primaire au Ghana et en Côte d'Ivoire entre 2017 et 2018.

C’est notamment au profit de cultures d’huile de palme ou de bois que la forêt tropicale primaire est détruite. Ne sont représentés ici que les pays qui abritent plus de 100.000 hectares de forêts tropicales primaires. À gauche, le classement en nombre total d’hectares perdus. À droite, le classement en pourcentage de hausse par rapport à 2017. © World resources institute

Des raisons de s’inquiéter

Le rapport souligne qu'en 2002, le Brésil et l'Indonésie concentraient 71 % des pertes de forêts tropicales primaires, et qu'ils n'en représentent plus que 46 % en 2018. L'an dernier, « la perte de forêt primaire en Indonésie a atteint son taux le plus bas depuis 2003, poursuivant une baisse encourageante amorcée en 2017 ». Cette tendance s'explique par des « politiques gouvernementales récentes », avec par exemple des zones forestières protégées par un moratoire. Le pays a aussi bénéficié d'un temps humide, « empêchant une saison de feux de forêt intense ». Mais la situation pourrait changer en 2019 avec le phénomène El Niño « qui entraînera généralement des conditions sèches et une saison de feux de forêt prolongée en Indonésie ».

Au Brésil, la perte de forêt primaire reste élevée, s'inquiète GFW. « Une partie de la perte de 2018 peut être attribuée aux feux de forêt, mais elle semble être due en grande partie à des coupes à blanc en Amazonie, mettant en péril la baisse de la déforestation que le pays a connue au début des années 2000 ». Et la situation pourrait encore empirer, car selon l'ONG Imazon, la déforestation en Amazonie brésilienne a augmenté de 54 % en janvier 2019 par rapport à janvier 2018.

« Il est encore trop tôt pour évaluer de quelle façon l'affaiblissement des lois environnementales et leur application sous la nouvelle administration du Brésil [NDLR : un nouveau président a pris ses fonctions en début d'année] affecteront la perte de forêt », commente pour sa part GFW. Le président brésilien a en effet fait savoir qu'il ferait passer les intérêts miniers et agricoles en premier avant la protection de l'environnement.

En Colombie enfin, l'accélération de la perte de forêt primaire s'explique par l'accord de paix conclu avec les Forces armées révolutionnaires : « des zones de l'Amazonie occupées auparavant par les FARC se sont ouvertes au développement », explique GFW.

  • Les régions tropicales ont perdu 12 millions d’hectares de couverture arborée en 2018.
  • Un chiffre qui classe 2018 au quatrième rang des plus mauvaises années en matière de déforestation depuis 2001.
  • Et c’est notamment les 3,6 millions d’hectares de forêt tropicale primaire disparus qui préoccupent les experts.
  • Car elles stockent plus de carbone que les autres forêts et sont irremplaçables pour préserver la biodiversité.
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