La saison cyclonique dans l'océan Atlantique Nord est marquée par différents types de phénomènes ayant chacun une dénomination différente. Parmi lesquels, les tempêtes tropicales et les ouragans qui sont tous les deux capables de générer des dégâts considérables.

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Tout commence par la naissance d'une zone perturbée dans les eaux tropicales, en général juste au nord de l'équateuréquateur : exactement comme les petites perturbations qui atteignent la France, celles-ci sont composées d'un peu d'instabilité donnant lieu à des averses et des ventsvents faibles. Cet amas d'humidité sans danger peut alors rencontrer des conditions météométéo favorables à son renforcement : de la chaleurchaleur et de l'humidité qui s'élèvent de l'océan et nourrissent le phénomène en le rendant plus orageux.

Il s'agit alors d'une vraie perturbation tropicale, une zone orageuse qui commence à présenter un début de « circulation cyclonique », un semblant d'enroulement qui s'organise tout juste. À ce stade, il arrive que la perturbation se désorganise ou bien se renforce en dépression tropicale : celle-ci présente alors un enroulement caractéristique avec des oragesorages plus forts et plus pluvieux, mais des vents qui restent assez faibles (51 à 62 km/h).

En remontant vers le nord (comme les Antilles), la dépression gagne parfois en intensité, toujours nourrie par la chaleur de l'eau entre juin et novembre : elle devient alors une tempête tropicale, avec des vents compris entre 63 et 117 km/h. Celle-ci est composée d'orages très pluvieux avec des précipitationsprécipitations souvent diluviennes, et entraîne derrière elle de fortes averses. Voilà pourquoi elle génère de graves inondationsinondations si elle s'approche des terres.     

Tempête tropicale Henri près de la Floride (États-Unis) en août 2021. © Nasa
Tempête tropicale Henri près de la Floride (États-Unis) en août 2021. © Nasa

Les ingrédients météo qui transforment la tempête en ouragan

Si les vents à l'intérieur de l'enroulement atteignent les 118 km/h, la tempête passe au stade d'ouragan. Celui-ci s'étend en hauteur et en largeur (de 500 à 1000 km) et présente un enroulement marqué avec la formation d'un œilœil au milieu. Pour se renforcer au point de devenir un ouragan, la tempête a besoin d'ingrédients météo précis :

  • une eau chaude à partir de 27 °C : la chaleur de l'eau est le principal carburant qui peut faire exploser la puissance d'un système cyclonique. Il arrive d'ailleurs que le phénomène passe au-dessus de courants encore plus chauds que le reste de la zone, notamment dans le golfe du Mexique. Il s'agit du Loop Current, souvent à 28/29 °C ;
  • de l'humidité, apportée par la chaleur de l'océan qui conduit une partie de l'eau de surface à s'évaporer ;
  • une eau profonde, au minimum 60 mètres. Si l'eau est chaude jusqu'en profondeur, ce qui est le cas avec le Loop Current, alors la tempête a toutes les chances de se renforcer en ouragan très rapidement, le réservoir de chaleur disponible pour alimenter le phénomène étant bien plus grand ;
  • un temps anticyclonique avec des pressionspressions élevées autour de la tempête, sans dégradation qui perturberait les courants ascendants qui s'échappent du phénomène et lui permettent de gagner en hauteur et en puissance
  • des vents faibles autour de la tempête : tout vent fort déstructure le système et l'empêche de continuer à s'élever.
L'ouragan Ida en août 2021. © elroce, Adobe Stock
L'ouragan Ida en août 2021. © elroce, Adobe Stock

Un élément peut, en revanche, compliquer le passage d'une tempête tropicale à un ouragan alors que l'océan est très chaud : la présence d'un airair trop sec chargé de sable du Sahara qui circule sur plusieurs milliers de kilomètres. Ce nuage de sablesable supprime une partie de l'humidité nécessaire aux ouragansouragans et est souvent accompagné d'un temps venté. C'est ce qui s'est justement produit très souvent lors de la saison cyclonique 2022.