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Expédition en forêt tropicale : reconnaître les espèces réellement dangereuses

Dossier - Expédition dans les jungles d'Amérique
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Partez à la découverte des forêts tropicales et de leur biodiversité. Des conseils pour réussir son voyage initiatique au pays de la nature luxuriante, pour savoir comment photographier dans cet environnement, et des fiches de présentation de certains animaux emblématiques.

  
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Enfin, il est recommandé d'apprendre à reconnaître la poignée d'espèces réellement dangereuses sur le terrain. Morsure de serpents, piqûre de fourmis, grenouilles... 

Jaguar (Panthera onca palustris). © Charlesjsharp, Wikimedia commons, CC by-sa 4.0
Vipère fer-de-lance (Bothrops asper) : la morsure de ce serpent est mortelle. © Sylvain Lefebvre & Marie-Anne Bertin, DR

Les attaques de pumas et de jaguars : peu probables

Les cas d'attaque de puma ou de jaguars sont très anecdotiques : timides et craintifs, ils ne se montrent quasiment jamais dans le sous-bois (aucune observation en deux ans pour notre part).

Attention aux morsures de serpent

Les serpents sont à prendre plus au sérieux même si très peu d'espèces sont à craindre (la quasi-totalité des serpents observés de nuit sont inoffensifs : serpents-liane, boas, imantodes...).

Très active et agressive, la vipère fer-de-lance est la plus redoutée : sa morsure peut être fatale. Vipère de Schlegell et serpent corail méritent également d'être reconnus rapidement. En cas de doute au moment de l'observation, ne surtout pas déranger ni manipuler ces ophidiens.

Les piqûres de fourmis

Moins dangereuses, mais souvent douloureuses, les fourmis ne sont pas à mépriser : celles du genre Paraponera, noires et remarquables par leur taille (environ 2cm) évoluent en petit nombre, voire en solitaire, sur les basses feuilles et le long des écorces : elles sont très agressives.

Le danger ne vient pas de leurs larges mandibules, mais du dard à l'origine d'une piqûre violente et douloureuse pendant près d'une journée (on la surnomme la « fourmi 24 h » pour cela, ou « fourmi balle » en référence à la douleur d'une balle de revolver...). Les fourmis du genre Crematogaster, beaucoup plus petites et moins douloureuses vivent en symbiose avec les acacias de Collins : en échange du gîte (cavités dans de grandes épines) et d'un nectar alimentaire, ces fourmis défendent ardemment la plante de ces agresseurs herbivores (mammifères ou insectes). Frôler cet acacia d'un peu trop près vous laissera un souvenir cutané de quelques instants...

Fourmis de l'acacia de Collins (Crematogaster sp). © Sylvain Lefebvre & Marie-Anne Bertin, DR

Espèces dangereuses : faites appel à un guide

Enfin, malgré leurs airs enjôleurs, les amphibiens peuvent sécréter des poisons très nocifs : c'est le cas des grenouilles souvent très colorées de la famille des dendrobates. Dans tous les cas, l'expérience et le temps passé sur le terrain feront la différence. Lorsqu'il s'agit d'observer ou de photographier les âmes du sous-bois pour la première fois, on ne sait jamais vraiment d'emblée quel comportement adopter, surtout pour les mammifères. Va-t-il d'abord me voir ou m'entendre ? Mon odeur va-t-elle me trahir ? Prendra-t-il la fuite dans le sous-bois ? Dans les arbres ? Peut-être va-t-il me charger... devrais-je me mettre à l'abri sans tarder ? Une chose est sûre, les plus belles rencontres sont rarement les premières. Pour vous aider dans vos approches, faire appel à un guide est certainement la meilleure introduction possible !