Un carnivore arboricolearboricole qui mange des fruits. Ainsi pourrait se définir en quelques mots le kinkajoukinkajou, curieux mammifèremammifère nocturne d'environ 50 cm pour 2,5 kgkg et très peu connu du grand public.

Kinkajou. © Farinoza, Fotolia
Kinkajou. © Farinoza, Fotolia
Le kinkajou (<em>Potos flavus</em>), un petit animal agile. © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR
Le kinkajou (Potos flavus), un petit animal agile. © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR

Description du kinkajou

L'aisance remarquable de cet animal à évoluer dans les arbresarbres et sa jolie petite tête ronde ont autrefois trompé les scientifiques qui ont vu en lui une sorte de singe, un lémurien plus exactement.

Le kinkajou est doté d'une longue queue préhensilepréhensile pour se laisser suspendre d'une branche, de doigts capables de saisir la moindre petite brindille et d'articulationsarticulations particulières aux genoux et aux coudes qui lui permettent de descendre la tête en bas le long d'un tronc. Toutes ces adaptations ne font pas de lui un primate pour autant. En réalité, le kinkajou appartient à la même famille que le raton-laveur ou le coati et fait donc partie, au même titre que le tigretigre, l'ours brun ou le loup, de l'ordre des Carnivores. Et là encore, ne pas se fier aux apparences car plus des trois quarts de son alimentation est composée de fruits, de nectar ou de feuilles, ce qui en fait un excellent disséminateur de graines et de pollenpollen dans la forêt tropicaleforêt tropicale.

Le kinkajou (<em>Potos flavus</em>) au comportement encore méconnu. © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR
Le kinkajou (Potos flavus) au comportement encore méconnu. © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR

Comportement du kinkajou

Bien loin d'une série de crocs effrayants, le kinkajou se pare d'une longue langue agile et seuls quelques œufs et insectesinsectes occasionnels lui offrent des protéinesprotéines. Les observations du kinkajou en milieu naturel sont rares et son comportement reste méconnu. À titre d'exemple, on le sait solitaire mais certains scientifiques ont observé plusieurs individus dans un même groupe sans pouvoir l'expliquer réellement.

Rencontre avec le kinkajou

À force de patience et de persévérance, cet hôtehôte discret de la canopéecanopée a fini par se dévoiler à nous cinq fois en deux ans, au Costa Rica les deux premières fois, dans la réserve privée de Curu puis sur l'un des sentiers de la station biologique La Selva. Très éloigné, en haut d'un arbre, nous ne pouvions distinguer que deux yeuxyeux rouges et une silhouette à peine identifiable. Kinkajou ou olingo, le doute persiste encore. La fois suivante, au Mexique, dans la forêt lacandone. Le kinkajou se baladait sur de petits arbres en bord de rivière, rendant l'observation idéale, avec du recul et une faible distance. En ÉquateurÉquateur ensuite, sur le site de la réserve biologique Jatun Sacha où nous avons partagé une partie de cache-cache grandeur nature. Une cinquième fois enfin, de nouveau à La Selva au Costa Rica.

Le kinkajou (<em>Potos flavus</em>), un animal nocturne, rare à apercevoir. © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR
Le kinkajou (Potos flavus), un animal nocturne, rare à apercevoir. © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR

Rares sont les personnes qui peuvent se targuer de l'avoir contemplé aussi parfaitement que nous à cet instant : le kinkajou était à portée de main, désireux de traverser le pont suspendu sur lequel nous avancions à contre-sens : nos chemins se sont littéralement croisés. Durant près de vingt minutes, la boule de poils s'est offerte à nous, tirant des larmeslarmes d'émotions de la poignée de témoins de ce scoop.