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Le paresseux à gorge brune (Bradypus variegatus)

Dossier - Expédition dans les jungles d'Amérique
DossierClassé sous :botanique , biodiversité , forêt humide

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Partez à la découverte des forêts tropicales et de leur biodiversité. Des conseils pour réussir son voyage initiatique au pays de la nature luxuriante, pour savoir comment photographier dans cet environnement, et des fiches de présentation de certains animaux emblématiques.

  
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Cachée dans la voûte forestière, suspendue à l'envers en haut d'une branche, une silhouette se distingue péniblement. Il faut un regard avisé pour la repérer car elle est immobile, ou quasiment : il s'agit du paresseux à gorge brune.

Bradypus variegatus. © Christian Mehlführer, Wikimedia commons, CC by 2.5
Le paresseux à gorge brune (Bradypus variegatus). © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR

Description du paresseux à gorge brune

C'est une boule de poils, d'environ 60 cm pour 4 kg. Il est d'autant plus difficile de voir cet animal que sa fourrure est verdâtre, le dissimulant davantage dans le feuillage. C'est grâce à une symbiose avec des algues et des bactéries que le mammifère arbore cette teinte verte : ces micro-organismes se logent dans son pelage et le colorent légèrement, améliorant le camouflage de son hôte. Le paresseux à gorge brune, ou aï, puisque c'est de lui dont il s'agit, est scientifiquement connu sous le nom de Bradypus variegatus, du grec brados, la lenteur, podus, le pied et variegatus, celui qui change (son pelage varie du noir au blond). Le paresseux est un mammifère arboricole, folivore, et même si son activité est très réduite (il dort plus de 20 heures par jour), il peut être diurne ou nocturne.

Pourquoi le paresseux est-il si lent ?

Les feuilles qu'ingèrent les paresseux sont difficiles à assimiler et peu énergétiques. Si l'on devait résumer la vie de cet animal primitif en un mot, ce serait certainement la « digestion », sa principale occupation. Son transit intestinal est l'un des plus lents parmi les mammifères, ce qui explique son faible dynamisme (il se déplace tout au plus de 5 mètres par minute).

Le paresseux à gorge brune (Bradypus variegatus). © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR

Alors qu'une vache met 5 jours à digérer des kilos d'herbe, le paresseux a besoin de plus de 4 semaines pour assimiler le contenu de son petit estomac. Incapable de digérer seul les feuilles coriaces qu'il dévore, il vit une fois de plus en symbiose avec des bactéries qui lui permettent de dégrader la cellulose des végétaux. Mais ces bactéries ne sont réellement actives qu'en présence de chaleur : le paresseux doit donc absolument trouver régulièrement le soleil pour assurer son transit alimentaire. Dans le cas contraire, selon certains guides naturalistes, il peut mourir du mauvais temps. Environ une fois par semaine, les paresseux descendent de leur arbre. Aussi surprenant qu'inexpliqué, la raison est simple : c'est pour uriner et déféquer au bas d'un arbre voisin. Ils perdront alors jusqu'à un tiers de leur poids.

Parmi les hypothèses émises, on pense qu'ils donnent par cette habitude de mauvaises pistes odorantes pour les prédateurs : un puma, un jaguar ou un ocelot est capable de grimper aux arbres pour les chasser. C'est pourtant au sol que les paresseux s'exposent au danger et deviennent une proie très vulnérable : totalement inadaptés à la marche terrestre, ils prennent de grands risques durant ce court instant.