Le pôle Sud lunaire vu par la sonde Clémentine de la Nasa. © Isro

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Chandrayaan-2 : l'Inde a retrouvé sa sonde sur la Lune mais ne sait pas dans quel état !

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L'atterrisseur Vikram, dont le contact avait été perdu quelques minutes avant son atterrissage, a été retrouvé là où il devait se poser. Et en un seul morceau, si l'on se fie à des clichés pris par l'orbiteur de la mission Chandrayaan-2. L'équipe de la mission dispose de quelques jours seulement pour rétablir le contact avec Vikram avant que ne tombe la nuit lunaire. 

L'Agence spatiale indienne a annoncé avoir retrouvé sa sonde à l'endroit où elle devait atterrir vendredi soir. Des images acquises par l'orbiteur de la mission Chandrayaan-2 suggèrent que l'atterrisseur Vikram serait en un seul morceau mais en position inclinée. L'Isro n'a pas souhaité rendre publiques ces images, vraisemblablement parce que difficilement interprétables.

Par contre, Vikram reste désespérément silencieux malgré les différentes tentatives des contrôleurs au sol pour renouer le contact, notamment pour évaluer son état de santé. Pour rappel, le contact avait été perdu vendredi soir seulement quelques minutes avant son atterrissage sur la Lune, alors qu'il lui restait moins de deux kilomètres à parcourir.

L'atterrisseur Vikram de la mission Chandrayaan-2. © Isro

Course contre la montre

Cela dit, les chances de rétablir le contact avec Vikram sont faibles. Le temps joue contre l'équipe de la mission Chandrayaan-2 car l'atterrisseur n'a pas été conçu pour survivre à la nuit lunaire, de sorte que sa durée de vie est de seulement 14 jours terrestres (avant que la nuit tombe) mais à compter du 7 septembre. Les chances de rétablir les communications avec Vikram dépendent aussi de ses antennes de communication, à savoir si elles pointent bien vers l'orbiteur Chandrayaan-2 lorsqu'il survole le site d'atterrissage.

Seule note d'optimiste, la position inclinée, voire bancale, de Vikram n'est pas de nature à compromettre le fonctionnement de l'atterrisseur. Ce dernier, qui dispose de batteries internes, est équipé de panneaux solaires inclinés sous différents angles, ce qui laisse à penser que l'atterrisseur devrait pouvoir être alimenté en énergie en permanence.

  • Avec un orbiteur, un atterrisseur et un rover, Chandrayaan-2 est la mission d'exploration robotique la plus ambitieuse développée par l'Inde.
  • Le contact avec l'atterrisseur Vikram avait été perdu peu avant son atterrissage sur la surface de la Lune.
  • Vendredi soir, l'agence spatiale indienne annonçait que l'atterrisseur et le rover qui se trouvait à son bord s'étaient très vraisemblablement écrasés.
  • Mais depuis, l'Inde a retrouvé Vikram, et en un seul morceau ! Reste à rétablir le contact et c'est une course contre la montre.
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Pour en savoir plus

Chandrayaan-2 : l'Inde rate son atterrissage historique sur la Lune

Article de Rémy Decourt, publié le 07/09/2019

L'atterrisseur Vikram qui devait se poser sur la surface de la Lune s'est vraisemblablement écrasé contre. Sur le coup, c'est évidemment une déception pour l'agence spatiale indienne. Mais, cet échec ne doit pas faire oublier le rattrapage technologique de l'Inde par rapport aux autres puissances spatiales depuis Chandrayaan-1 en 2008.

L'Inde ne décroche pas la Lune mais Chandrayaan-2 est de toute façon un exploit technologique.

Seulement quelques minutes avant l'atterrissage de la sonde indienne sur la Lune, le centre de contrôle a perdu son contact, sans savoir pourquoi, plongeant l'Isro (Indian Space Research Organisation) dans l'expectative. L'atterrisseur Vikram se trouvait alors à deux kilomètres de la surface lunaire. 

S'il est trop tôt pour expliquer les causes de ce silence radio, il n'est pas exagéré de supposer que la sonde se soit écrasée au sol. Une des causes possibles pourrait être un dysfonctionnement majeur du système de propulsion, de sorte qu'il n'aurait pas pu la freiner suffisamment. On peut aussi envisager une série de défaillances techniques lors de la descente que l'analyse de la télémétrie pourrait mettre en évidence. Si ce n'est pas le cas, cette analyse devrait expliquer les causes qui ont conduit à l'échec de la mission.

D’indéniables progrès technologiques

Malgré la perte de l'atterrisseur et du rover, la mission Chandrayaan-2 se poursuit. L'orbiteur de la mission est en bonne santé. Il doit tourner autour de la Lune pendant au moins une année depuis une orbite circulaire à seulement une centaine de kilomètres de la surface. Ce satellite embarque huit instruments. Il a pour principaux objectifs de confirmer la présence d'eau dans les régions situées en permanence à l'ombre du Soleil et recenser avec une plus grande précision que ne l'avait fait Chandrayaan-1 les principaux éléments présents sur la Lune dont ceux qui pourraient être exploités, comme l'hélium 3 par exemple. Chandrayaan-2 doit aussi étudier l'atmosphère très ténue de la Lune, aussi appelée exosphère.

Soulignons que cet échec n'en est pas vraiment un du fait qu'il souligne tout de même les progrès faits par l'Inde depuis sa première mission lunaire, Chandrayaan-1, lancée il y a onze ans en octobre 2008 et la maturité de son programme spatial d'exploration. Entre-temps, l'Isro a aussi lancé avec succès Mangalyaan, une sonde à destination de Mars en novembre 2013.


Chandrayaan-2 : l'Inde va se poser sur la Lune ce soir

Article de Rémy Decourt, publié le 06/09/2019

L'atterrisseur Vikram est en position autour de la Lune et se tient prêt à s'y poser. Tous les voyants sont au vert. Il n'attend plus que l'accord de l'Agence spatiale indienne pour débuter sa descente. Afin qu'il se pose à l'endroit prévu, la descente et l'atterrissage sont prévus dans la soirée. 

Ce soir, l'Inde et son agence spatiale, l'Isro (Indian Space Research Organisation), vont tenter de se poser sur la Lune. Depuis son arrivée à proximité du satellite le 20 août, la mission Chandrayaan-2 se prépare à cet « alunissage ». Le 2 septembre, l'orbiteur et l'atterrisseur Vikram, qui transporte le rover Pragyan, se sont séparés. Vikram a ensuite réalisé deux manœuvres pour abaisser son orbite. Il se trouve aujourd'hui sur une orbite elliptique de 36 kilomètres par 110 kilomètres, prêt à se poser sur la Lune.

La descente est prévue dans la soirée de vendredi, entre 20 h 30 et 21 h 30 en vue d'un alunissage une trentaine de minutes plus tard, entre 21 h et 22 h, heure de Paris. Le site d'atterrissage visé est établi au pôle sud de la Lune, dans une plaine se situant entre les cratères Manzinus C et Simpelius N, par environ 70 degrés de latitude sud.

Le pôle sud lunaire vu par la sonde Clémentine de la Nasa. © Nasa

Un objectif technologique plus que scientifique

Cette région n'a évidemment pas été choisie au hasard. Son intérêt est que, par rapport au pôle nord, elle présente une plus grande zone restée dans la pénombre, de sorte qu'il y a une possibilité de présence d'eau dans les parties se trouvant en permanence à l'ombre du Soleil. Cette région possède également des cratères qui contiendraient des restes « fossilisés » et glacés datant du début du Système solaire.

Le principal objectif de la mission Chandrayaan-2 est de démontrer la capacité de l'Inde à atterrir sur la surface lunaire et à piloter un rover. Si tout se passe comme prévu, le rover Pragyan devrait fonctionner pendant une journée lunaire, ce qui correspond à 14 jours terrestres. Ce véhicule de 27 kilogrammes à six roues est conçu pour parcourir jusqu'à 500 mètres à la vitesse d'un centimètre par seconde. Il fonctionnera à l'énergie solaire et embarque des caméras, un spectromètre pour étudier la composition des roches et un spectroscope laser.

Suivez l'atterrissage en direct de Vikram et le déploiement du rover Pragyan. © Isro


 

Animation de l'atterrissage au pôle sud de la Lune de Vikram et du déploiement du rover Pragyan. © Isro


La sonde indienne Chandrayaan-2 est arrivée en orbite autour de la Lune

Article de Rémy Decourt, publié le 21/08/2019

C'est fait. Après un voyage de quatre semaines, qui a consisté à tourner autour de la Terre en étirant progressivement son orbite, la sonde Chandrayaan-2 a rejoint la Lune et, hier, s'est mise en orbite autour. Plusieurs autres manœuvres sont nécessaires avant que l'atterrisseur, qui embarque un rover, alunisse sur la Lune, le 7 septembre.

Après un voyage de quatre semaines, la sonde indienne Chandrayaan-2 s'est mise en orbite autour de la Lune mardi à 03 h 32 GMT, a annoncé l'Organisation de recherche spatiale indienne (Isro) dans un communiqué. Pour rappel, Chandrayaan-2 avait décollé de la Terre le 22 juillet. Pour rejoindre la Lune, plutôt que d'y aller « en ligne droite », Chandrayaan-2 a tourné autour de la Terre en élevant progressivement son orbite, de façon à atteindre l'orbite lunaire. 

Pour s'insérer autour de la Lune, la sonde a allumé ses moteurs lors d'une manœuvre qui a duré 1.738 secondes précisément afin d'arriver à la bonne vitesse. Trop vite, la sonde aurait poursuivi son voyage au-delà de la Lune s'en pouvoir se mettre en orbite autour. A contrario, avec une vitesse plus faible, la sonde se serait vraisemblablement écrasée contre sa surface. Elle se trouve aujourd'hui sur une orbite provisoire très elliptique, avec un périgée à 114 kilomètres et un apogée à 18.072 kilomètres.

La rampe qu'utilisera le rover Pragyan pour descendre de l'atterrisseur et rouler sur la surface lunaire. © Isro

Atterrissage prévu le 7 septembre

Pour l'amener sur son orbite définitive, à environ 100 kilomètres d'altitude, quatre autres manœuvres sont prévues pour circulariser, progressivement, l'orbite de la sonde. À la suite de quoi l'atterrisseur se séparera de l'orbiteur et s'insérera sur une orbite faiblement écliptique avec un périgée à seulement 30 kilomètres, d'où une série de manœuvres de freinage sera réalisée pour le faire atterrir au pôle sud le 7 septembre.

Si Chandrayaan-2 parvient à se poser sur la Lune, l'Inde deviendra le quatrième pays à poser un tel engin sur notre satellite naturel, après les États-Unis, la Russie et la Chine, dont son rover Chang'e 4 se trouve actuellement sur la face cachée de la Lune. En avril 2019, la sonde israélienne Beresheet avait raté son alunissage et s'était écrasée sur la surface de la Lune.


La sonde indienne Chandrayaan-2 est en route vers la Lune

Article de Rémy Decourt, publié le 27/07/2019

Onze ans après sa première mission à destination de la Lune, l'Inde et son agence spatiale Isro ont de nouveau la Lune en point de mire. La sonde Chandrayaan-2 a été lancée avec succès. Elle emporte un rover qui se posera sur la Lune le 7 septembre prochain.

Un lanceur GSLV Mk-III a décollé avec succès depuis le centre spatial de Sriharikota ce lundi 22 juillet à 11 h 13, heure de Paris. À bord, la sonde lunaire Chandrayaan-2 (3.850 kilogrammes) qui doit poser sur la lune un rover. Il s'agit de la deuxième mission lunaire pour l'Inde. En octobre 2008, elle avait lancé la sonde Chandrayaan-1 qui s'était placée quelques jours plus tard en orbite autour de la Lune et avait entamé ses observations scientifiques jusqu'en août 2009, date à laquelle elle est tombée en panne.

Après une mise en orbite autour de la Terre, le « vrai » départ de Chandrayaan-2 à destination de la Lune est prévu dans 17 jours en vue d'une arrivée autour de la Lune quatre jours plus tard. Si rien ne perturbe le voyage entre la Terre et la Lune, l'alunissage est prévu le 7 septembre, 54 jours après le décollage. Le Lander devrait se poser sur de hauts plateaux, situés entre les cratères Manzinus C et Simpelius N. L'Isro a également prévu un site d'alunissage de secours.

L'Inde, quatrième puissance à se poser sur la Lune ?

Si Chandrayaan-2 parvient à se poser sur la Lune, l'Inde deviendra le quatrième pays à poser un tel engin sur notre satellite naturel, après les États-Unis, la Russie et la Chine, dont son rover Chang'e 4 se trouve actuellement sur la face cachée de la Lune. En avril 2019, la sonde israélienne Beresheet avait raté son alunissage et s'était écrasée sur la surface de la Lune.

Le lander Vikram (1,471 kilogramme) et le rover Pragyan. D'une masse au lancement de seulement 27 kilogrammes, ce rover de moins d'un mètre (0,9 x 0,75 x 0,85 m) est d'une étonnante simplicité. © Isro

L'orbiteur de la mission, qui embarque huit instruments, se placera en orbite autour de la Lune à 100 kilomètres d'altitude. Il devrait fonctionner pendant au moins une année. Quant au lander (trois instruments à bord), sa durée de vie est d'environ une journée lunaire, ce qui correspond à 14 jours terrestres. La durée de vie du rover Pragyan est aussi d'une journée lunaire. Ce rover à six roues embarque deux instruments et un réflecteur laser passif. Il est conçu pour parcourir au moins 500 mètres à la vitesse d'un centimètre par seconde. 

Dans la continuité de Chandrayaan-1 qui a apporté une preuve directe de l'existence de glace d'eau pure dans les régions perpétuellement dans l'ombre, au fond de certains cratères lunaires, l'eau lunaire est un des objectifs principaux de Chandrayaan-2.


Chandrayaan-2 : l'Inde va se poser sur la Lune cet été

Article de Rémy Decourt, publié le 07/05/2019

Onze ans après sa première mission à destination de la Lune, l'Inde et son Agence spatiale ont de nouveau la Lune en point de mire. Cette fois, l'objectif est autrement plus difficile car la nouvelle mission Chandrayaan-2 ne prévoit pas seulement un orbiteur, comme pour la première mission lunaire, mais aussi un atterrisseur et un rover. Le lancement de cette mission est maintenant prévu cet été. 

Après la Chine qui a réussi le premier alunissage sur la face cachée de la Lune, l'Inde et son agence spatiale (Isro) s'apprêtent aussi à réaliser une première en faisant atterrir un rover au pôle Sud de la Lune.

Baptisée Chandrayaan-2, cette mission, qui comprend aussi un orbiteur, est la seconde mission indienne à destination de la Lune après l'orbiteur Chandrayaan-1, d'octobre 2008 à août 2009. Initialement prévu en début d'année, son lancement a été reporté le plus tôt possible à l'intérieur d'une fenêtre de tir qui s'ouvre le 9 juillet et se ferme le 16 juillet. Elle sera lancée à bord d'un lanceur GSLV-MkIII avec une arrivée prévue sur la Lune le 6 septembre.

Sachant le regain d'intérêt pour la présence humaine sur la Lune, cette mission indienne sera forcément très suivie car le pôle Sud lunaire est la région de la Lune privilégiée pour une future mission habitée et l'installation d'une base. Le pôle Sud a cela d'intéressant qu'il abrite un grand nombre de sites ensoleillés en permanence, alors qu'ailleurs sur la Lune la nuit et le jour durent 14 jours. A contrario, les fonds des cratères situés près des pôles sont dans la nuit perpétuelle. Jamais éclairés par le soleil, la température y est extrêmement basse, jusqu'à -238 °C. À cause de cette très basse température, de la glace pourrait être piégée au fond de ces cratères polaires.

Scénario de la mission Chandrayaan-2 qui sera lancée en juillet 2019. © Isro

Trouver de l’eau !

Quant aux objectifs de la mission, ils sont nombreux. L'Isro les présentera en détail en juin. Mais on sait déjà que la recherche de l'eau en sera l'un des principaux. Cette recherche va occuper l'essentiel du temps de l'orbiteur de la mission. Pour cela, il utilisera un radar bi-fréquence à synthèse d'ouverture pour observer les fonds de ces cratères ombrés et détecter de la glace d'eau ainsi qu'un spectromètre d'imagerie infrarouge pour caractériser et tracer des cartes d'abondance de radicaux/ions hydroxyles (OH-). L'atmosphère très ténue de la Lune est aussi un objectif de Chandrayaan-2. Elle sera étudiée depuis l'orbite mais également depuis le sol. Le but est de mieux comprendre son fonctionnement et faire un inventaire aussi précis que possible des gaz rares et ceux à l'état de trace comme l'argon, le néon et l'hélium par exemple.

Au sol, l'atterrisseur utilisera un sismomètre pour enregistrer les tremblements de terre à proximité du site d'atterrissage. Une sonde thermique effectuera les toutes premières mesures du profil de température et de conductivité thermique vertical dans le sol lunaire, jusqu'à une profondeur de 100 millimètres. Quant au rover, il réalisera la mesure des éléments constitutifs de la surface à différents endroits. Une mesure pas aussi anodine qu'elle y paraît. Elle pourrait en effet contraindre les différents modèles théoriques de l'origine de la Lune.


Chandrayaan-2 : le débarquement indien sur la Lune peut-être reporté

Article de Rémy Decourt, publié le 19/03/2018

Dix ans après sa première mission à destination de la Lune, l'Inde et son Agence spatiale ont de nouveau la Lune en point de mire. Cette fois, l'objectif est autrement plus difficile car la nouvelle mission Chandrayaan-2 ne prévoit pas seulement un orbiteur, comme pour la première mission lunaire, mais aussi un atterrisseur et un rover. Le lancement de cette mission est prévu courant avril, mais le tir pourrait être reporté à cet automne, deux satellites devant être lancés auparavant.

L'Agence spatiale indienne, l'ISRO, pourrait être contrainte de reporter d'avril à cet automne le lancement de sa deuxième mission à destination de la Lune. Ce report, s'il devait se confirmer, ne sera pas dû à un problème technique ni à des essais au sol qui ne se dérouleraient pas comme prévu. Les plans de l'ISRO pourraient être en effet contrariés par le lancement de deux satellites avant Chandrayaan-2, dont les tirs ne peuvent pas être reportés.

Il y a le satellite de télécommunication Gsat-6A, prévu fin mars et surtout IRNSS-1I dont le lancement est prévu la première semaine d'avril. Ce satellite de la constellation IRNSS, aussi appelée NavIC (le Galileo indien), est un satellite destiné à remplacer en urgence IRNSS-1A, dont les trois horloges atomiques ont cessé de fonctionner voilà déjà plus de deux ans. Le 31 août 2017, l'Inde avait bien lancé IRNSS-1H pour le remplacer, mais le tir avait échoué. Le lanceur n'avait pas atteint l'orbite voulue suite à un problème avec la coiffe qui protégeait le satellite.

Chandrayaan-2 pourrait rater sa fenêtre de lancement

Il faut savoir que les opportunités de lancer à destination de la Lune ne sont pas nombreuses. Bien que la Lune soit située à proximité de la Terre, à quelque 384.400 kilomètres en moyenne, les fenêtres de tir pour la mission ne sont pas aussi nombreuses que pourrait laisser penser cette proximité. Si l'ISRO n'est pas en mesure de lancer la mission en avril, la prochaine opportunité n'est pas prévue avant octobre ou novembre. En effet, bien qu'un lancement entre ses deux dates est évidemment possible, le retour scientifique et l'utilisation du rover seraient moindres. Les éclipses ne permettraient pas à la mission d'utiliser la totalité de la journée lunaire, équivalente à 14 jours terrestres. C'est pourquoi le meilleur moment pour lancer la mission après le mois d'avril est celui d'octobre.

À la différence de la mission Chandrayaan-1 qui avait consisté, en 2008, à tourner autour de la Lune, Chandrayaan-2 vise cette fois à atterrir sur la surface de la Lune, près du pôle Sud. Cette mission est bien plus difficile « car, pour la première fois, nous allons envoyer sur la Lune un orbiteur, un atterrisseur et un rover. La date du lancement est prévue courant avril et il faudra un à deux mois à la fusée pour se mettre en orbite autour de la Lune », explique Kailasavadivoo Sivan, le nouveau président de l'Agence spatiale indienne.


Chandrayaan-2, le débarquement indien sur la Lune, se prépare

Article de Rémy Decourt, publié le 03/09/2010

L'Agence spatiale indienne vient de dévoiler une première sélection d'instruments scientifiques qui pourraient embarquer sur la sonde lunaire Chandrayaan-2. La mission reprendra le flambeau de Chandrayaan-1 à qui l'on doit la découverte d'eau sur le sol lunaire.

Si Chandrayaan-1 s'est contentée de tourner autour de la Lune, Chandrayaan-2 est une mission nettement plus ambitieuse : elle fera atterrir un rover. Pour réaliser cette prouesse technique, l'Inde s'est tournée vers la Russie qui fournira l'atterrisseur. La sonde doit être lancée en 2013 par une fusée GSLV et damer le pion à son rival chinois qui prévoit également un atterrissage lunaire à cette époque.

Lancée en octobre 2008, Chandrayaan-1 a fonctionné jusqu'en août 2009. Elle a duré dix mois au lieu des deux ans prévus. Grande première pour l'Agence spatiale indienne (Isro), cette mission est indéniablement un succès technologique. Le bilan scientifique, terni par la faible durée de vie opérationnelle, est néanmoins exceptionnel. Chandrayaan-1 est l'une des sondes qui a confirmé la présence d'eau sur le sol lunaire. Son instrument capable de mesurer la quantité de lumière absorbée par de l'eau a en effet découvert que la lumière était absorbée près des pôles lunaires à des longueurs d'onde compatibles avec la présence d'eau et de radicaux d'hydroxyle OH.

Scénario de la mission Chandrayaan-2 qui sera lancée à l'automne 2018. Crédit Isro

Scénario de la mission Chandrayaan-2 qui sera lancée à l'automne 2018. Crédit Isro

Transformer l’essai

Chandrayaan-2 aura comme principal objectif de confirmer les hypothèses avancées grâce à cette première mission. L'orbiteur sera équipé de cinq instruments. Un spectromètre X permettra de tracer les cartes de la distribution des principaux éléments présents sur la surface tandis qu'un radar à synthèse d'ouverture en bandes L et S devra sonder les dix premiers mètres du sous-sol lunaire pour en caractériser la composition et découvrir de la glace d'eau. Un spectromètre imageur dans l'infrarouge sera utilisé pour l'étude des minéraux, des molécules d'eau H2O et des radicaux hydroxyle OH détectés également par l'américaine Deep Impact et la mission conjointe Esa-Nasa Cassini. Enfin, un spectromètre de masse procédera à une étude détaillée de l'exosphère lunaire et une carte en trois dimensions sera produite par un instrument dédié.

Quant au rover, il embarquera deux instruments. Un spectroscope d'émission sur plasma induit par laser et un spectromètre à particules alpha et rayons X renseigneront les chercheurs sur les échantillons qu'il aura ramassés.

Les caractéristiques de ce rover ne sont pas complètement figées. La masse de l'engin et sa durée de vie sur le sol lunaire dépendent en effet de paramètres qui sont en cours d'étude. Concrètement, les ingénieurs de l'Isro planchent sur un engin d'une masse comprise entre trente et une centaine de kilogrammes. Cette fourchette s'explique par l'incertitude sur la façon de faire atterrir le rover. Quant à la durée de vie, elle sera d'environ un mois et dépendra des choix technologiques qui seront retenus pour la fourniture et le stockage de l'énergie de telle sorte qu'elle pourrait être augmentée de un ou deux mois.

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