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Les ambitions affichées de l’Agence spatiale indienne

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Le ministre indien des Finances vient de présenter le budget du pays pour l'année à venir. L'objectif est de réduire le déficit budgétaire sans menacer la reprise économique qui s'amorce. Le programme conforte les ambitions spatiales de l'Inde qui projette de devenir sous peu la quatrième puissance spatiale capable de lancer un homme dans l'espace.

Lancement de Chandrayaan-1 en octobre 2008, première sonde d'exploration lunaire indienne. Crédit Isro

Le budget de l'Agence spatiale indienne (Isro) est en augmentation sensible. Il passe de 31 à 50 milliards de roupies (plus de 800 millions d'euros) et, s'il fait la part belle à l'exploration lunaire, il donne la priorité aux vols habités et à la mise en place d'un système régional de positionnement par satellites (IRNSS).

Ce Galileo indien sera constitué de sept satellites. Trois seront placés en orbite géostationnaire et les quatre autres en orbite géosynchrone. La constellation sera constituée d'un segment sol consistant en un centre de contrôle principal et de plusieurs stations permettant de suivre les satellites et garantir l'intégrité du système. IRNSS, dont le premier satellite pourrait être lancé en 2011, sera capable de fournir une position absolue avec une précision de 20 mètres à travers toute l'Inde et jusqu'à 2.000 kilomètres autour de ses frontières.

Les satellites de la constellation IRNSS seront lancés par l'Inde. Ce pays dispose en effet d'une flotte de lanceurs qui lui assurent un accès autonome à l'espace jusqu'à l'orbite de transfert géostationnaire (famille GSLV et PSLV). © Isro

Des ambitions spatiales et une intense coopération internationale

L'ambitieux programme lunaire va se poursuivre. Il prévoit à terme de rapporter sur Terre des échantillons lunaires. Il a débuté en 2008 avec le lancement de Chandrayaan-1, la première sonde d'exploration spatiale de l'Inde à laquelle ont participé la Nasa et l'Esa en fournissant des instruments. Il se poursuit avec le développement de Chandrayaan-2, une mission prévue en octobre 2013 destinée à mettre en orbite autour de la Lune un satellite et faire atterrir en surface un atterrisseur et un rover. Cette mission se fera une nouvelle fois en coopération avec la Nasa et l'Esa, qui fourniront des instruments, et la Russie, qui participe actuellement au développement de l'atterrisseur et du rover.

Le budget de l'Isro prévoit également le financement d'Adyta, un satellite d'observation du Soleil d'une centaine de kilogrammes équipé d'un coronographe conçu pour étudier la couronne solaire de façon à mieux comprendre les processus physiques qui la chauffent, accélèrent le vent solaire et produisent les éjections de masse coronale. Adyta doit être lancé vers 2012, année qui doit correspondre à un pic de l'activité solaire. Il évoluera sur une orbite terrestre à quelque 600 kilomètres d'altitude.

Concernant les lanceurs futurs, l'Isro va poursuivre le développement d'un étage semi-cryogénique rendu nécessaire par les ambitions indiennes qui ne peuvent plus se satisfaire des deux lanceurs en service aujourd'hui, GSLV (Geo-synchronous Satellite Launch Vehicle) et PSLV (Polar Satellite Launch Vehicle) aux performances limitées.

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