Le lanceur indien GSLV, qui utilise pour la seconde fois un étage supérieur cryogénique, devait décoller hier lundi avec un satellite de télécommunications à placer en orbite géostationnaire. Mais après la découverte d'une fuite de carburant, il est resté sur son pas de tir. L'agence spatiale indienne reporte donc le lancement mais n'a pas encore précisé de date.
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Après deux échecs en 2010, l'Inde prépare le retour en vol du lanceur GSLV équipé d'un étage supérieur cryogénique (CUSCryogenic Upper Stage) construit par l'agence spatiale indienne (IsroIndian Space Research Organisation). Son vol inaugural, en avril 2010, s'était soldé par un échec.

Initialement prévu lundi 19 octobre, le lancement depuis le centre spatial de Satish Dhawan, à Sriharikota (État d'Andhra Pradesh), devait avoir lieu ce lundi 19 août à 16 h 50 (13 h 20 en heure française). Mais il a été annulé deux heures avant le décollage. En cause, une fuite de carburant du deuxième étage. Le lanceurlanceur a été ramené dans son bâtiment d'assemblage et l'Isro n'a pas décidé de la date du prochain essai.

Pour cette mission, le lanceur doit mettre le satellite de télécommunications GSAT-14 sur une orbite de transfertorbite de transfert géostationnaire inclinée à 19,3°, avec un périgéepérigée de 180 km et un apogéeapogée d'environ 35.975 km. Ce satellite, qui embarque également quatre démonstrateursdémonstrateurs technologiques, renforcera les capacités indiennes en bandes C et Ku. Il sera notamment utilisé pour la télémédecinetélémédecine.

L’étage cryogénique CUS, réalisé par l’agence spatiale indienne, vu côté tuyère. © Isro

L’étage cryogénique CUS, réalisé par l’agence spatiale indienne, vu côté tuyère. © Isro

Accès indépendant à l'espace pour l’Inde

Alors que l'Inde célèbre le 66e anniversaire de son indépendance (elle y accéda le 15 août 1947 après presque trois siècles et demi de colonisation britannique), c'est à une autre indépendance, celle de l'accès à l’espace, qu'elle s'attaque avec ce lancement. En effet, jusqu'à aujourd'hui, les étages cryogéniques des lanceurs indiens étaient fournis par la Russie.

Or, la maîtrise de cette technologie et le développement d'un étage fiable sont des étapes cruciales pour le programme spatial indien. Un succès représenterait une réelle avancée pour ce pays. Ces étages sont bien plus compliqués à mettre au point que des propulseurspropulseurs classiques (solidessolides ou liquidesliquides), en raison des très basses températures indispensables pour maintenir les ergols à l'état liquide. Pour l'étage CUS, l'oxygèneoxygène est conservé à -183 °C et l'hydrogènehydrogène à -253 °C. De telles valeurs rendent plus difficiles leur stockage, leur manipulation ainsi que l'alimentation des moteurs, et, de plus, limitent le choix des matériaux.

Cette mission sera un premier pas vers l'élaboration d'un lanceur capable de transporter des charges utiles en orbite de transfert géostationnaire (GTO) de près de quatre tonnes. En effet, actuellement, l'Inde est contrainte d'utiliser les services de lancement d'Arianespace pour la mise à poste de ses satellites les plus lourds. Coïncidence qui confirme cette situation, le 29 août, une Ariane 5 ECA lancera deux satellites de télécommunications, dont le GSAT-7 (2.550 kgkg) indien.