L'XIV exposé devant le pavillon de l'Esa au salon du Bourget. Le nez de l'appareil, à droite, semble étonnamment en bon état. C'est qu'il s'agit d'un faux nez... Le vrai est bien là mais protégé lors de cette exposition au public, qui pouvait presque le toucher. © Rémy Decourt

Sciences

Véhicule expérimental intermédiaire IXV

DéfinitionClassé sous :démonstrateur de rentrée atmosphérique , IXV , esa

L'IXV (Intermediate eXperimental Vehicle) est un démonstrateur de rentrée atmosphérique réalisé sous la maîtrise d'œuvre de Thales Alenia Space (TAS) pour le compte de l'Agence spatiale européenne (Esa). Ce véhicule a spécifiquement été conçu pour réaliser un seul vol suborbital de démonstration, suivi d'un retour en mer. Le but est d'expérimenter la rentrée atmosphérique contrôlée et de tester les technologies nécessaires pour les futurs véhicules spatiaux autonomes qui devront revenir intacts sur Terre.

Ce vol a eu lieu en février 2015 et a été un succès. Lancé à bord de Vega, depuis le Centre spatial guyanais, l'IXV a atteint une altitude de 420 kilomètres d'où il a entamé son retour sur Terre avec une vitesse de rentrée d'environ 7,5 km/s. Un profil de vol très représentatif d'une mission de retour d'orbite basse.

L'IXV est un véhicule de type corps portant de 5 m de long, d'une envergure de 2,2 m et d'une masse de 1.900 kilogrammes. Des caractéristiques choisies pour qu'il soit compatible avec le lanceur Vega et puisse tenir dans sa coiffe. Cette contrainte est une des raisons qui expliquent pourquoi ce démonstrateur n'est pas un véhicule ailé. Lors de son unique vol, ce démonstrateur n'avait pas embarqué de charges utiles mais plus de 300 capteurs pour étudier le comportement du véhicule lors de sa rentrée atmosphérique. Il devait aussi recueillir des informations sur l'aérodynamique, l'aérothermodynamique, les matériaux, les structures, les mécanismes, le guidage, la navigation, le contrôle, l'avionique et les systèmes de protection thermique.

De la suite dans les idées 

Il faut savoir qu'avant ce vol de démonstration de l'IXV, la rentrée atmosphérique contrôlée était un des derniers grands domaines technologiques que l'Europe ne maîtrisait pas, à l'inverse des Américains, des Chinois et des Russes. Auparavant, 17 ans plus tôt, l'ESA avait fait un premier pas en testant la rentrée guidée avec la capsule ARD, de type Apollo, lancée par Ariane 5, lors de son troisième vol. À l'époque, l'Europe maîtrisait seulement le vol balistique appliqué aux missiles

Bien qu'il n'ait volé qu'une seule fois, l'IXV s'inscrit dans un programme de long terme qui doit permettre à l'Europe de maîtriser les technologies nécessaires pour ramener sur Terre des étages de futurs lanceurs, du fret, voire des astronautes ou des échantillons après une mission en orbite ou d'exploration lointaine.

L'étape suivante, c'est le projet d'avion spatial Space Rider dont le premier vol est prévu à l'horizon 2025.

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