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IXV : le démonstrateur de rentrée atmosphérique de l'Esa cloué au sol

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Les règles de sécurité du Cnes au Centre spatial guyanais contraignent l'Agence spatiale européenne à reporter le lancement de son démonstrateur de rentrée atmosphérique. Aucune date n'est encore arrêtée.

Le vol inaugural de Vega (février 2012), le petit dernier de la gamme des lanceurs d'Arianespace qui lancera le IXV. © Esa, Stéphane Corvaja

L'Agence spatiale européenne a été contrainte de reporter à une date bien incertaine le lancement de son démonstrateur de rentrée atmosphérique, le IXV, initialement prévu le 18 novembre par un lanceur Vega. En cause, la sous-direction Protection, Sauvegarde et Environnement (SDP) du Cnes, plus communément appelée Sauvegarde, qui a refusé d'autoriser ce lancement. Son patron justifie cette décision par un problème de sécurité lié à la trajectoire du lanceur. Dans l'organigramme du Cnes, cette sous-direction a en charge toutes les questions liées à la protection et la sécurité des personnes et des biens sur l'ensemble du Centre spatial guyanais ainsi que de l'environnement.

Concrètement, c'est la trajectoire du lanceur qui pose problème car elle se « différencie d'un lancement de satellite par l'injection de l'engin sur une trajectoire de retour ». De plus, ce lancement « se fait vers l'est alors que la plupart des clients de Vega l'utiliseront pour lancer vers le nord » nous explique Renato Lafranconi, le directeur de l'exploitation de Vega à l'Agence spatiale européenne.

Avant l'annonce du report du lancement, les équipes de Thales Alenia Space préparaient l'installation de l'IXV sur Vega. À l'image, les vérifications de la compatibilité entre le démonstrateur et l'adaptateur Vega. © Thales Alenia Space

Avant l'annonce du report du lancement, les équipes de Thales Alenia Space préparaient l'installation de l'IXV sur Vega. À l'image, les vérifications de la compatibilité entre le démonstrateur et l'adaptateur Vega. © Thales Alenia Space

Un report lourd de conséquences ?

La décision de la Sauvegarde est motivée par le fait que, lors des premières minutes de vol, le lanceur survolera le territoire guyanais à une altitude trop basse. Si, pour une raison ou une autre, il devait exploser à ce moment-là, les deuxième et troisième étages, qui utilisent des moteurs Zefiro à propergol solide et sont tous deux dépressurisés, ne seront pas en fonctionnement. Or, les retombées qui en résulteraient auraient un impact négatif sur l'environnement.

Résultat, le lancement de l'IXV a été reporté à une date bien difficile à caler compte tenu du calendrier des lancements d'Arianespace. D'ici à la fin de l'année sont prévus les tirs de deux Ariane 5 ECA et d'un lanceur Soyouz. Quant au IXV, sa préparation à son lancement a été suspendue. Pour rappel, l'engin était arrivé en Guyane le 24 septembre. Il avait été aussitôt pris en charge par les équipes de Thales Alenia Space, l'entreprise qui l'a construit.

Enfin, ce report arrive à un très mauvais moment pour l'avenir de ce programme qui devait se décider en décembre au Luxembourg lors de la prochaine session du Conseil ministériel de l'Esa. Pour succéder à l'IXV, « l'étape suivante sera sans doute de réaliser un véhicule capable de se poser sur une piste en dur », comme l'X-37B par exemple, nous expliquait il y a quelques jours Stéphane Dussy, ingénieur du Système avionique de l'IXV. Et c'est le véhicule pré-opérationnel appelé Pride (Program for Reusable In-Orbit Demonstrator in Europe) approuvé en 2012 qui devrait être conforté lors de ce Conseil ministériel et recevoir les financements nécessaires à la poursuite de son développement.

Dans un contexte budgétaire difficile avec le financement de l'après Ariane 5 et d'une version évoluée de Vega, un succès du IXV serait le bienvenu.

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