Les espèces invasivesespèces invasives génèrent dans leur pays d'introduction des dégâts considérables sur l'environnement et des maladies importantes sur la population.

<em>Tamias sibiricus barberi</em>. © Alpsdake, Wikimedia commons,<em> </em>CC by-sa 3.0
Tamias sibiricus barberi. © Alpsdake, Wikimedia commons, CC by-sa 3.0

Nous ne parlerons pas ici des pathologiespathologies humaines : l'Homme a toujours voyagé et ramené de ses voyages, ou emmené avec lui, des tas de maladies : pestepeste, fièvrefièvre du Nil, SRASSRAS, grippesgrippes ...

La maladie de Lyme, transmise par les tiques. © carnetdecapture.info
La maladie de Lyme, transmise par les tiques. © carnetdecapture.info

Le ver Bursaphelenchus xylophilus

Le petit ver nématodenématode Bursaphelenchus xylophilus infecte les canaux résinifères des pins ; il y est transmis par un longicorne Monochamus alternatus ou Monochamus galloprovincialis.

Les longicornes transmettent le <em>Bursaphelenchus xylophilus. </em>© Domaine public
Les longicornes transmettent le Bursaphelenchus xylophilus. © Domaine public

Ils provoquent alors la mort de l'arbrearbre dans les 45 jours en bloquant la circulation de l'eau dans le tronc. Sur l'arbre mort, les nématodes se nourrissent de champignons (bleuissement du boisbois). Au printemps, les nématodes se fixent aux adultes de Monochamus avant leur émergenceémergence, les larveslarves de ces derniers étant dans le bois. Les fortes températures et la sécheressesécheresse favorisent le développement et la propagation des nématodes. Les aiguilles jaunissent, virent au brun en restant attachées aux branches.

La maladie causée par ce vers a été découverte en Amérique du Nord en 1929 et n'y provoque que des dégâts limités ; l'espèce a été scientifiquement décrite en 1953. Puis, introduit au Japon, ce ver a infecté près du tiers des surfaces enrésinées du pays : 26 millions de mètres cubes de bois en 60 ans. On l'a également trouvé au Mexique puis en Asie, à Taïwan, en Corée et en Chine. En 1999, repéré en Europe, il semble être entré via le Portugal : ce nématode a gagné tout le pays en cinq ans.

Cette espèce invasive, en pleine expansion depuis des décennies, fait maintenant l'objet de mesures de désinfection des bois. Elle a probablement été diffusée par les monocultures de pins, le transport de quantités de bois infecté. Les hôteshôtes sont toutes les espèces de pins mais avec des espèces beaucoup plus sensibles : P. pinaster, P. nigra, P. thunbergii, P. densiflora et P. taeda et des espèces résistantes : P. pinea, P. palustris, P. rigida mais aussi Abies, Larix, Picea, Chamaecyparis, Pseudotsuga et Cedrus.

Réglementation en France : il s'agit d'un organisme réglementé pour l'importation au sein de l'Annexe IV - I de la Directive européenne 2000/29/CE modifiée, retranscrite dans l'arrêté national du 22 novembre 2002. Considéré comme organisme nuisible de lutte obligatoire, il est listé dans l'arrêté national du 31 juillet 2000. Les plants présentant des symptômessymptômes doivent être signalés (contacter la DRAF-SRPV de votre région).

Cowdria ruminantium - Amblyomma et les ruminants

La cowdriose, causée par la rickettsie Cowdria ruminantium et transmise par des tiques du genre Amblyomma est très meurtrière. Elle était confinée, à cause de ses vecteurs spécifiques, à l'Afrique au sud du Sahel et les îles avoisinantes, et à quelques parties de la péninsulepéninsule arabe. Elle a aussi été introduite aux Antilles.

Tique : cycle de reproduction. © domaine public
Tique : cycle de reproduction. © domaine public

La cowdriose se situe, pour tous les bovins, moutons et chèvres originaires de régions indemnes, au premier rang des maladies transmises par les tiques. Bien qu'il existe des différences, il est admis que la mortalité des bovins et ovins de races importées peut dépasser 50 % des animaux infectés, sauf pendant quelques semaines tout de suite après la naissance, quand ils possèdent une résistancerésistance maternelle résiduelle. Les chèvres de races importées sont les plus sensibles, avec une mortalité pouvant atteindre plus de 90 %. Il en est autrement pour les populations indigènesindigènes en région endémiqueendémique. En plus de l'immunité acquiseimmunité acquise par les jeunes suite à une infection naturelle pendant la courte période de résistance après la naissance, les bovins de races locales sont si peu sensibles que la mortalité est faible même si la primo-infection se fait plus tard.

La maladie peut ainsi rester latente, tant que l'on n'importe pas d'animaux sensibles. La situation est moins nette chez les petits ruminants de races locales, où d'importantes pertes ont parfois été signalées. En l'absence d'une méthode fiable et pratique d'étude épidémiologique par sérologie, il sera très difficile de cerner le problème de façon précise (source FAOFAO).

La maladie de Lyme

À propos de tiques, on peut signaler ici le tamia rayé de Sibérie (Tamias sibiricus), porteur de tiques (Ixodes ricinus) et, par suite de la maladie de Lymemaladie de Lyme (Borrelia sp.), et dont la population explose en région parisienne : jusqu'à 10 individus par hectare dans l'Essonne.

Le tamia de sibérie, porteur de la maladie de Lyme. © Richardfabi, domaine public
Le tamia de sibérie, porteur de la maladie de Lyme. © Richardfabi, domaine public

La maladie de Lyme est la zoonosezoonose non-alimentaire la plus fréquente en France avec 12.000 cas par an !

Myxobolus cerebralis - Tubifex tubifex et le saumon

Les Myxozoa sont des parasitesparasites longtemps considérés comme des protozoairesprotozoaires du fait de leur forme unicellulaire, mais se caractérisent par des spores pluricellulaires et leur phylogéniephylogénie montre qu'ils dérivent bien de métazoairesmétazoaires.

<em>Tubifex. </em><em>Myxobolus</em> dans des œufs de saumon. © Tilly, <em>Creative Commons Attribution 3.0 075/</em><em>U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration</em>, domaine public
Tubifex. Myxobolus dans des œufs de saumon. © Tilly, Creative Commons Attribution 3.0 075/U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration, domaine public

Plus de 1.300 espèces ont été décrites dont beaucoup infectent deux hôtes : un poissonpoisson et un annélideannélide ou un bryozoaire. Les spores de Myxosporea sont de très petite taille - 10 et 20 μm. Ces spores contiennent une ou deux cellules sporoblastes et au moins une capsule polaire, qui contient les filaments, ressemblant aux cnidocytes des cnidairescnidaires, avec lesquels la spore s'ancre sur l'hôte. Toutes les espèces de myxozoaires sont parasites d'annélides ou de vertébrés poïkilothermespoïkilothermes. Ils sont cosmopolites. L'infection intervient au moyen de spores ingérées par l'hôte. Les filaments polaires après ingestioningestion, ralentissent ainsi la progression dans le tube digestiftube digestif et permettant l'ancrage de la spore sur l'hôte.

Après germination, les sporoblastes sont libérés sous une forme amiboïde qui traverse la paroi intestinale et migre jusqu'au tissu cible où elle se développe. Un cycle assez compliqué donc... mais dont les conséquences sont ravageuses sur les salmonidés d'Amérique du Nord suite à leur introduction depuis l'Europe. Le parasite, en l'occurrence, se développe dans le cartilagecartilage du poisson...