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Les espèces invasives profitent du changement climatique

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Quand le climat varie rapidement, les espèces végétales invasives, plus adaptables, tirent mieux que les autres leur épingle du jeu, augmentant ainsi leur pression sur les écosystèmes. Leur menace est donc amenée à s'accroître, tant pour la biodiversité que pour les activités humaines.

Les espèces non indigènes des bois de Thoreau se sont adaptées en ajustant leurs activités saisonnières, comme la floraison. © Abraham Miller-Rushing

Le changement climatique favorise les espèces invasives. C'est la première fois qu'une preuve de l'influence du réchauffement sur les espèces non endémiques, et en particulier invasives, est apportée chez les végétaux. Des chercheurs de l'Université de Harvard viennent en effet de démontrer à partir de 150 ans de données que les espèces capables d'ajuster le timing des événements clefs de leur physiologie avaient profité de la hausse des températures pour s'étendre. Les espèces moins flexibles, en revanche, ont décliné, parfois jusqu'à l'extinction locale.

Or les espèces invasives se sont révélées très plastiques dans la détermination de leur date de germination, de floraison et de fructification, c'est-à-dire dans l'adaptation de leur phénologie. La floraison, en particulier, est une clef du succès de ces envahisseurs.

« Nos recherches suggèrent de manière assez décisive que les espèces non natives et invasives ont été les gagnantes du changement climatique » souligne Charles Davis du Department of Organismic and Evolutionary Biology de Harvard.

Fleurir plus tôt pour dominer les écosystèmes

Les chercheurs ont utilisé des données sur un très grand nombre de caractéristiques végétales, comme la date de floraison ou le diamètre des graines, accumulées depuis les premières observations naturalistes de Henry David Thoreau dans les années 1850. En 150 ans, la température moyenne de Concord, au Massachusetts, s'est élevée de 2,4°C, ce qui a avancé la saison de floraison de trois semaines.

Si les espèces invasives ont étendu leur domination, les espèces locales moins flexibles dans leur physiologie ont pâti de la modification de leur milieu par le climat et ces espèces. Depuis 1850, 27% des espèces enregistrées par Henry David Thoreau ont disparu localement et 36% sont proches de l'extinction.

« Les espèces invasives peuvent être très destructrices pour la biodiversité, les écosystèmes, l'agriculture et la santé humaine, affirme Charles Davis. Rien qu'aux Etats-Unis, le coût annuel estimé des espèces invasives dépasse les 120 milliards de dollars [88 milliards d'euros]. Nos résultats pourraient faciliter le développement de modèles prédictifs pour évaluer la menace des futures espèces invasives, qui pourraient exploser avec un changement climatique continuel. »

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