Le taxi de l’espace de Boeing devra réaliser deux vols d’essais, dont un habité, avant d’effectuer une mission opérationnelle de transport d’équipage pour le compte de la Nasa. © Boeing

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Les taxis de l'espace de Boeing et SpaceX décolleront-ils cette année ?

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La dépendance des astronautes américains aux Soyouz pour rejoindre la Station spatiale internationale prendra-t-elle fin cette année ? C'est ce que veut croire la Nasa qui semble assez convaincue que les véhicules habités de SpaceX et Boeing, qu'elle finance, seront opérationnels d'ici la fin de l'année.

La Nasa a donné des nouvelles de l'état d'avancement des deux systèmes de transports spatiaux de Boeing et SpaceX que la Nasa finance. Bonne nouvelle, le Starliner de Boeing et le Dragon V2 de SpaceX devraient chacun réaliser deux vols d'essais à destination de la Station spatiale internationale, dont un sera habité.

Avant que débutent ces essais en vol, Boeing et SpaceX ont prévu de tester le système d’éjection d’urgence de chaque capsule. À n'en pas douter, le test de SpaceX sera le plus spectaculaire car il sera réalisé en vol, avec un vrai lanceur ! Il simulera un scénario d'extraction d'urgence de la capsule Dragon V2 pendant la phase d'ascension du Falcon 9, environ une minute après le décollage là où la pression aérodynamique est à son maximum. Quant à Boeing, son système sera plus sagement installé sur un banc de test. Cependant, la capsule sera propulsée en l'air à plus d'1,5 kilomètre d'altitude, ce qui permettra aux modules de service et d'équipage de se séparer. Ce dernier utilisera ses parachutes pour atterrir.

Construction de la capsule Starliner de Boeing, dans les locaux de l'entreprise du Centre spatial Kennedy. © Nasa, Kim Shiflett

Vols d’essais à destination de la Station spatiale

Les vols d'essais inhabités des deux capsules sont prévus vers la mi-2018. Boeing comme SpaceX prévoient une mission d'environ deux semaines à destination de la Station spatiale internationale avec un amarrage au complexe orbital. Ces missions de démonstration seront aussi une répétition générale en vue du premier vol habité. Elle doit démontrer que les systèmes de transport de ces sociétés, c'est-à-dire le lanceur, le véhicule orbital et le système au sol, sont prêts à effectuer un vol habité et surtout qu'ils répondent aux exigences de sécurité et de certification de la Nasa.

La Nasa, qui supervise ces deux programmes, utilisera ces véhicules pour transporter ses propres astronautes et ne prendra évidemment aucun risque inconsidéré. Aucune autorisation de vol ne sera accordée si une anomalie, aussi minime soit-elle, est détectée ou suspectée et n'a pas été résolue.

Deux astronautes pour le premier vol habité

Telle que définie par la Nasa, une mission habitée standard à destination de la Station comprend le transport de quatre astronautes (de l'agence américaine ou d'un autre pays dans le cadre d'un partenariat), et environ 100 kilogrammes de fret pressurisés. Le véhicule devra ensuite rester amarré à la Station durant un maximum de 210 jours et être utilisé comme véhicule d'évacuation d'urgence pendant cette période.

Mais la première mission habitée de chaque entreprise transportera seulement deux astronautes. Ces missions seront réalisées dans le cadre du contrat commercial qui lie la Nasa à Boeing et SpaceX et qui prévoit six vols aller-retour à destination de l'ISS d'ici 2024.

Pour en savoir plus

Taxis de l'espace : la Nasa signe son premier contrat avec Boeing

Article de Rémy Decourt publié le 06/06/2015

Aux États-Unis, la privatisation des voyages dans l'espace devient progressivement une réalité. Alors qu'Orbital Sciences et SpaceX ont montré que des sociétés privées peuvent ravitailler la Station spatiale internationale en fret, la Nasa franchit également le pas pour les vols habités. L'agence spatiale américaine vient en effet de signer un premier contrat de transport d'astronautes avec Boeing. Une mission qui débutera fin 2017, début 2018.

La privatisation de l'espace devient peu à peu une réalité. Après avoir confié au secteur privé américain une grande partie du ravitaillement en fret de la Station spatiale internationale, la Nasa s'apprête à faire de même pour le transport d'équipage. Dans un premier temps, seuls les astronautes américains seront transportés par des véhicules privés mais des discussions éparses ont lieu avec les autres partenaires de la Station spatiale internationale (ISS).

En 2009, les États-Unis prennent la décision de confier au secteur privé la desserte de l'ISS. À l'époque, la décision américaine s'appuyait sur les conclusions du comité Augustine. Mis en place par l'administration Obama, celui-ci avait alors pour but de réfléchir à l'avenir du programme Constellation qui prévoyait le retour de l'Homme sur la Lune. L'objectif était aussi d'évaluer les plans de la Nasa pour l'exploration humaine du Système solaire.

Dans un contexte de stagnation, voire de réduction, du budget décennal de la Nasa et au début d'une crise économique et financière sans précédent depuis 1929, le président Barack Obama prenait la décision de confier au secteur privé la desserte de l'orbite basse et chargeait la Nasa de concevoir un système de transport pour l'exploration.

La capsule Dragon V2 de SpaceX fera partie des deux premiers véhicules privés de transport spatial de passagers, avec la capsule CST-100 de Boeing. © SpaceX

L'équipage permanent de l'ISS passera à sept membres

En septembre 2014, la Nasa sélectionne les véhicules de Boeing et SpaceX pour transporter ses astronautes à bord de la Station spatiale internationale et les redescendre sur Terre. Les deux firmes se partagent alors un contrat de plusieurs milliards de dollars pour terminer le développement et la construction de leur véhicule de transport. Le CST-100 de Boeing s'est vu attribuer un chèque de 4,2 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros) et le Dragon V2, un véhicule dérivé de la capsule Dragon de fret, reçoit 2,6 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros). Chaque société réalisera au moins deux missions et un maximum de six.

Une nouvelle étape vient d'être récemment franchie avec la signature du premier contrat de transport spatial habité privé. C'est Boeing qui réalisera cette première mission fin 2017, début 2018 soufflant cette grande première à SpaceX, également sélectionné pour transporter des astronautes. La firme d'Elon Musk signera le sien plus tard dans l'année et la Nasa annoncera, à une date qui n'a pas encore été dévoilée, qui de Boeing ou de SpaceX réalisera cette première mission habitée privée.

Avec l'entrée en service de ces deux taxis de l'espace qui seront capables de transporter quatre ou cinq astronautes chacun, voire sept dans des configurations qui n'ont pas été retenues par la Nasa, l'équipage permanent de la Station spatiale passera alors de six à sept membres. Cela doublera le temps de recherche réalisé à bord du complexe orbital, récemment reconfiguré pour accueillir les véhicules de SpaceX et Boeing.

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