Le réchauffement climatique accroît les phénomènes météorologiques intenses. © Romolo Tavani, Adobe Stock
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7 phénomènes météorologiques qui vont devenir plus fréquents à cause du changement climatique

Question/RéponseClassé sous :changement climatique , Réchauffement climatique , risque inondation

[EN VIDÉO] 5 phénomènes météorologiques qui vont devenir plus fréquents à cause du changement climatique  Les aléas météorologiques ont toujours fait partie de notre quotidien. Mais avec le changement climatique, ces évènements autrefois exceptionnels tendent à se répéter. Voici 5 phénomènes météo que nous allons vivre plus souvent dans les prochaines décennies. 

Nous observons déjà chaque jour les effets du réchauffement climatique dans notre quotidien : vagues de chaleur, ouragans, inondations, feux de forêt... Ces phénomènes extrêmes ont toujours existé, mais le réchauffement les rend plus fréquents et plus menaçants.

Les aléas météorologiques ont toujours fait partie de notre quotidien. En 1947, une vague de chaleur exceptionnelle a frappé l'Europe avec des pics à plus de 40 °C enregistrés fin juillet en région parisienne, et on soupçonne une sécheresse historique d'être à l'origine de la chute de l’empire assyrien il y a plus de 2.700 ans. Seulement voilà : ces phénomènes jusqu'ici inhabituels sont aggravés par le changement climatique, et pourraient bien devenir la norme dans le futur. Voici comment lien une planète plus chaude aboutit à plus de catastrophes.

Les précipitations record

En juillet 2021, des pluies torrentielles se sont abattues en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. Elles ont entraîné des inondations catastrophiques avec plusieurs centaines de morts. S'il est courant de connaître des épisodes cévenols en automne, un tel déluge au cœur de l'été est assez inhabituel. Selon une étude de la World Weather Attribution (WWA), la probabilité de ce type d'évènement est aujourd'hui de 1,2 à 9 fois plus élevée qu'au cours de l'ère préindustrielle, en raison du réchauffement climatique. Une autre étude de l'université de Newcastle souligne elle aussi que les « tempêtes lentes » (qui augmentent la quantité de précipitation sur une zone donnée) pourraient devenir 14 fois plus fréquentes sur l'Europe d'ici la fin du siècle. L'explication est toute simple : plus l'air est chaud, plus il retient l'eau. Pour chaque hausse de 1 °C, les scientifiques estiment ainsi que l'atmosphère retient environ 7 % d'humidité en plus.

Inondations à Gan (Pyrénées-Atlantiques) en juillet 2018. © Bernard Pez, Flickr

Les cyclones

En 2020, 29 tempêtes tropicales ont été enregistrées dans l'Atlantique, un record ! Les modèles météorologiques n'indiquent cependant pas que le réchauffement va rendre les ouragans plus fréquents, mais qu'ils seront en revanche plus intenses, avec des vents plus puissants et des précipitations plus élevées. Selon une étude japonaise, les ouragans pénètrent aussi plus profondément à l'intérieur des terres : en se développant sur des océans plus chauds, ils absorbent et stockent plus d'humidité, ce qui les empêche de s'affaiblir lorsqu'ils arrivent sur terre. Les ouragans pourraient aussi causer plus de dégâts en stagnant plus longtemps au même endroit. « Le réchauffement anthropique pourrait entraîner un ralentissement significatif du mouvement des ouragans, en particulier dans certaines régions très peuplées des latitudes moyennes, comme le Japon ou la Côte est des États-Unis », affirme ainsi Gan Zhang, auteur d'une étude parue en 2020 dans la revue Science Advance.

L’ouragan Katrina a dévasté la Nouvelle-Orléans en août 2005. © Nasa

Les canicules

En juin 2021, le Canada a connu un vague de chaleur sans précédent avec des températures dépassant les 45 °C dans plusieurs villes, soit parfois plus de 20 °C que les normales saisonnières ! Un « dôme de chaleur » favorisé par le changement climatique, attestent les scientifiques. D'après une étude de l’École polytechnique de Zürich, les vagues de chaleur intenses deviendront de deux à sept fois plus probables au cours des trois prochaines décennies si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au même rythme. Une autre étude de 2020 montre que la durée des vagues de chaleur a augmenté de 6,4 jours par décennie entre 1980 et 2017 dans la région méditerranéenne. En France, une canicule équivalente à celle de 2003 pourrait survenir tous les deux ans d'ici la fin du siècle, atteste Météo-France.

Les canicules estivales risquent de devenir la norme dans les prochaines décennies. © MMarsolais, Flickr

La foudre

Selon les calculs de l’université de Berkeley aux États-Unis, le foudroiement pourrait augmenter de 12 % par degré Celsius de réchauffement climatique et d'environ 50 % au cours de ce siècle aux États-Unis. « Ce phénomène s'explique par l'augmentation de la vapeur d'eau dans l'atmosphère qui alimente le mouvement des courants d'air chaud, explique David Romps, principal auteur de l'étude. Plus rapide est la remontée des masses d'air chaud dans la haute atmosphère, plus il y a d'éclairs. ». Une autre étude révèle que la fréquence des éclairs pourrait doubler sur l'arctique d'ici la fin du siècle. Tout cela n'est pas sans conséquences : outre le danger de foudroiement pour les humains et les animaux, les éclairs causent des dégâts importants sur les forêts : d'après une étude du Smithsonian Tropical Research Institute, un coup de foudre endommage un total de 23,6 arbres et détruit 5,5 de ces arbres par an dans les régions tropicales. La foudre est aussi susceptible de déclencher des feux de forêt dévastateurs.

Le réchauffement climatique accroît le nombre d’éclairs qui frappent la Terre. © Petr Hykš, Flickr

Les inondations côtières

Le réchauffement climatique entraîne une fonte accélérée des calottes glaciaires et une expansion thermique de l'eau des océans. Deux phénomènes qui se cumulent pour faire grimper le niveau de la mer, et ainsi menacer les villes situées sur les côtes. Une élévation du niveau de la mer de 5 à 10 centimètres doublera la fréquence des inondations au niveau des tropiques entre 2030 et 2050, atteste une étude de 2017. La montée des eaux accentue aussi les inondations dues aux marées et aux tempêtes, car l'eau part d'un niveau plus élevé. Une étude américaine montre ainsi qu'en raison notamment de ces tempêtes tropicales, les inondations centennales (qui ont une chance sur 100 de se produire une année donnée) pourraient se reproduire tous les ans sur certaines côtes américaines. Les villes côtières sont d'autant plus menacées qu'elles subissent également l’érosion côtière : plus l'océan gagne du terrain sur la terre, plus il emporte avec lui du sable et fragilise les roches, augmentant le risque d'éboulement.

Venise est régulièrement envahie par les eaux. © A.Currell, Flickr

Les feux de forêt

En 2019, pas moins de 350 millions d'hectares de forêt ont brûlé dans le monde, l'équivalent de six fois la surface de la France. Australie, Sibérie, Europe, États-Unis, Indonésie, Amazonie... aucune région n'est épargnée. Selon une méta-étude parue en 2020, le réchauffement climatique accroît clairement le risque d'incendies de forêts, en raison d'une combinaison de phénomènes défavorables : températures élevées, faible humidité, faibles précipitations et vents violents. On observe ainsi un allongement de 20 % de la saison des incendies au niveau mondial, avec pour conséquence plus de surfaces brûlées. « Le signal anthropique du changement climatique va entraîner une augmentation de 33 % à 62 % de la superficie des terres brûlées d'ici 2050 », indique ainsi une des études citées dans le rapport. Le phénomène engendre un cercle vicieux : en 2019, les feux de forêt ont généré l'émission de 6.375 mégatonnes de CO2, soit environ 20 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l'année. CO2 qui participe lui-même au réchauffement.

Un incendie de forêt dans la région de Tambo en Australie. © BLMIdaho, Flickr

Le froid extrême

Cela peut paraître contre-intuitif, mais le réchauffement risque aussi d'augmenter la probabilité des épisodes de froid extrême. Des chercheurs ont ainsi constaté que les récentes poussées d’air froid observées en Amérique du Nord et en Asie de l'Est étaient liées au réchauffement de la stratosphère et au recul des glaces dans les mers du nord. Des phénomènes qui perturbent le vortex polaire, l'air froid étant alors déplacé vers les zones plus au sud. D'autre part, les pôles ont tendance à se réchauffer plus rapidement que l'équateur. « Comme la différence de température entre les deux s'amenuise, les courants atmosphériques vont avoir tendance à s'affaiblir », explique François Gourand, ingénieur-prévisionniste à Météo-France. En ne jouant plus leur rôle de « barrière », ces courants-jets laissent davantage passer les masses d'air froid venues des régions polaires.

En 2019, Chicago a été touché par un « vortex polaire ». © Gary Meulemans, Unspalsh
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