Les inondations côtières provoquées par des tempêtes tropicales sont généralement particulièrement destructrices. Et les chercheurs prévoient déjà qu’elles devraient s’aggraver avec le réchauffement climatique. Une nouvelle étude estime même que dans certaines régions, les inondations jusqu’alors qualifiées de centennales pourraient se produire à un rythme annuel.

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De Carcassonne aux Ardennes, depuis quelques mois en France, les projets de révision des plans de préventionprévention des risques d'inondationsinondations se multiplient. Suite à de récentes expériences malheureuses. Ou simplement en réponse aux prévisions des chercheurs qui annoncent que le réchauffement climatiqueréchauffement climatique devrait avoir pour effet une augmentation de l'intensité et de la fréquencefréquence des évènements climatiques extrêmes.

Et de l'autre côté de l'Atlantique, des chercheurs de Princeton et du Massachusetts Institute of Technology (États-Unis) viennent justement de publier de nouvelles cartes de prédiction des inondations sur la côte est des États-Unis et du Golfe du Mexique. Selon eux, les crues centennales seraient, à certaines latitudeslatitudes, en passe de devenir des crues annuelles. En Nouvelle-Angleterre, par exemple. Ailleurs, elles pourraient se reproduire tous les moins de 30 ans. Et ce d'ici la fin du XXIe siècle.

Rappelons qu'une inondation est dite centennale lorsqu'elle a une chance sur cent de se produire en un endroit donné chaque année. Ou par extension, lorsqu'elle se produit statistiquement une fois tous les cent ans. Même s'il peut aussi arriver qu'un même lieu soit touché par une crue centennale deux fois en seulement quinze ans. À Paris, une telle crue s'est produite en 1910. La Seine a alors atteint un record historique de 8,62 mètres. Pour comparaison, en janvier 2018, elle n'a pas dépassé les 5,84 mètres.

Les contributions relatives de l’élévation du niveau de la mer (en bleu) et de l’évolution des tempêtes (en rouge) diffèrent selon la région. Dans les zones septentrionales, l’élévation du niveau de la mer contribue largement à l’augmentation des inondations, tandis que l’évolution de la dynamique des tempêtes est relativement plus importante dans les zones méridionales. © Princeton University
Les contributions relatives de l’élévation du niveau de la mer (en bleu) et de l’évolution des tempêtes (en rouge) diffèrent selon la région. Dans les zones septentrionales, l’élévation du niveau de la mer contribue largement à l’augmentation des inondations, tandis que l’évolution de la dynamique des tempêtes est relativement plus importante dans les zones méridionales. © Princeton University

Considérer tous les paramètres

Si les travaux des chercheurs américains semblent plus alarmistes que les études publiées par le passé, c'est qu'ils tiennent compte des effets combinés de plusieurs conséquences du réchauffement climatique. Plutôt que de s'appuyer sur les expériences passées ou même sur les caractéristiques actuelles des tempêtes tropicalestempêtes tropicales, ils intègrent en effet par exemple les dernières modélisationsmodélisations climatiques pour évaluer le profil des tempêtes tropicales du futur. Et leur impact sur les crues. Ces données étant ensuite combinées, notamment avec les analyses du niveau de la mer.

Ne pas sous-estimer l'impact du changement climatique

« Pour le Golfe du Mexique, nous avons remarqué que l'effet du changement de régime des tempêtes tropicales aura un impact au moins aussi important que la montée des eaux dans 40 % des comtés », indique Ning LinLin, ingénieur environnemental à Princeton. « Des cartes qui négligent cet aspect sous-estimeront donc considérablement l'impact du changement climatique sur ces régions. »

Les chercheurs espèrent ainsi que leurs cartes, plus précises - que ce soit dans leur définition spatiale ou temporelle -, permettront aux autorités de mieux se préparer à faire face aux effets du réchauffement climatique. « Elles les aideront par exemple à identifier les zones à plus haut risque et à prioriser leurs efforts », conclut Ning Lin.