Une femelle ours brun avec ses petits. © lucaar, fotolia
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Ours brun européen : qu'est-ce que c'est ?

DéfinitionClassé sous :zoologie , Ours , mammifère

[EN VIDÉO] Ces choses étonnantes que vous ignorez sur l’ours brun  L’ours brun, c’est un symbole de puissance. Pourtant, à la naissance, il n’est pas plus grand qu’une main. Et c’est auprès de maman qu’il apprend à se débrouiller dans son environnement. C’est aussi un animal sans doute plus intelligent qu’on le pense naturellement. Il est capable d’apprendre et d’analyser des situations. Et même, d’utiliser des outils. L’ours brun représente aussi pour les chercheurs, un modèle qui leur permet d’approfondir leurs connaissances sur certaines maladies humaines. © Futura Sciences 

Ours brun (Linnaeus 1758) - Ursus arctos arctos

  • Taille : 1,70 à 2,50 mètres ;
  • Hauteur moyenne au garot : 90 à 110 cm ;
  • Poids à la naissance : 300 à 500 grammes ;
  • Hauteur moyenne debout : 3 mètres ;
  • Poids à l’âge d’un an : 15 kg ;
  • Poids de l’adulte : 120 à 280 Kg selon le sexe et les régions. L’ours brun d’Europe est plus petit que le grizzli ou que l’ours du Kamtchatka, en Sibérie, dont certains individus peuvent atteindre 700 Kg.
  • Couleur : brun, beige ou noir ;
  • Sens : les sens les plus développés de l’ours brun, sont l’ouïe et surtout l’odorat.
  • Alimentation : fruits, miel, insectes, végétaux et viande. Bien qu’omnivore, l’ours est un opportuniste : il se nourrit de ce qui est le plus abondant dans la région où il vit.
  • Statut (IUCN) : Non concerné. L’espèce n’est pas menacée à l’échelle mondiale. Pourtant, l’ours brun est en voie de disparition dans certains pays d’Europe et l’espèce est même localement éteinte.
  • Durée de vie : 25 à 30 ans.

Le terme « ours brun » désigne une espèce d’ours répartie en plusieurs sous-espèces que l’on trouve sur deux continents. La présente fiche traite de celle qui vit en Europe, soit Ursus arctos arctos

Description de l’ours brun européen

L'ours brun est un animal massif à la queue courte dont la fourrure présente toute la gamme des bruns, en passant par le gris, le beige et même le noir, avec parfois un mélange de tous ces tons. Il arbore une grande protubérance musculaire au-dessus des épaules, qui fournit la puissance aux membres antérieurs pour creuser le sol. La tête est grande et ronde. Il possède cinq doigts à chaque membre, munis de griffes puissantes et non rétractiles. Il est capable de se dresser sur ses pattes postérieures pour attraper sa nourriture ou intimider un adversaire, et sa course peut atteindre les 56 km/h. Son ouïe et son odorat se sont développés pour compenser sa déficience visuelle. 

Habitat de l’ours brun européen

L'ours brun européen se trouve principalement dans les forêts nordiques ou montagnardes reliques de la Préhistoire. Il évolue principalement dans les régions isolées de Scandinavie et de Russie, des Balkans et des Carpates. Une petite population tente de survivre dans les Pyrénées et une autre dans le nord de l'Italie. Il se cantonne à l'étage montagnard qui se situe entre 800 et 1.200 mètres, car c'est à cette altitude que la biomasse et la diversité de nourriture nécessaire à son alimentation sont les plus importantes. Il a une préférence pour les milieux forestiers couverts et évite les zones découvertes telles que prairies ou chaumes. Dans les Pyrénées, compte tenu de l'influence de l'Homme, l'ours est repoussé à la limite de l'étage montagnard et celui du subalpin, entre 1.500 et 1.800 mètres. Le territoire doit s'adapter au cycle annuel de l'animal et de ses besoins.

Ours brun. © Christophe Coret, association Aves

Comportement de l’ours brun européen

Solitaire en dehors de la période de reproduction, l'animal est plutôt crépusculaire et nocturne. Son activité saisonnière est rythmée par la recherche de nourriture et la période du rut. Durant l'été et l'automne, l'ours brun emmagasine des réserves de graisse pour passer l'hiver. Il peut ainsi prendre de 10 à 14 kilos par semaine, ce qui n'est pas de trop, car il peut perdre jusqu'à 200 kilos de son poids initial lors de l'hibernation qui a lieu dans une grotte ou une caverne abritée. Celle-ci n'a lieu que dans les régions qui ne lui procurent plus de nourriture au cœur de l'hiver. Sous des latitudes plus clémentes, il n'hiberne pas. Son sommeil n'est pas profond, mais est entrecoupé de phases de réveils. 

Reproduction de l’ours brun européen

La période du rut est relativement brève. Elle s'étend sur deux mois et dès la sortie d'hibernation. Il se manifeste par de grands déplacements des mâles à la recherche d'une femelle. L'ours brun possède la particularité de bloquer le phénomène de segmentation de l'œuf qui ne reprend que quelques mois plus tard, en novembre après l'entrée en hibernation. La reprise du développement de l'embryon dépend des réserves de graisse accumulées. La période de gestation est de six à huit semaines et se conclut par la mise bas dans la tanière vers les mois de janvier et février. La femelle donne généralement naissance à un ou deux oursons, parfois trois, tous les deux ou trois ans. Ce délai correspond généralement à la phase d'apprentissage des jeunes. La maturité sexuelle est atteinte entre trois et sept ans. 

Régime alimentaire de l’ours brun européen

Bien qu'il soit omnivore, l’ours brun est principalement végétarien. Son alimentation se compose de plantes, de baies, de tubercules, de pousses et de champignons, mais également d'insectes, de poissons et de mammifères, et bien sûr de miel lorsque l'occasion se présente. En été, le plantigrade mange beaucoup afin de constituer la réserve de graisse dans laquelle il puisera pendant son hibernation. L'Homme empiétant de plus en plus sur son territoire au sein duquel il trouve de plus en plus difficilement de la nourriture, l'ours se rabat fréquemment sur les déchets alimentaires qu'il trouve dans les poubelles ou les décharges.

Dans certains parcs nationaux des États-Unis, ils sont nourris par les touristes et deviennent de plus en plus pressants, donc dangereux. Ils sont capables de briser la porte des chalets pour fouiller les placards ou arracher les portes des voitures en stationnement. Cette situation pose de sérieux problèmes de sécurité dans de nombreuses villes ou lieux touristiques. L'ours brun consomme entre 10 et 20 kilogrammes de nourriture par jour. 

Quelles menaces planent sur l’ours brun ?

L'ours brun européen n'est pas menacé à l'échelle mondiale et n'est pas considéré comme étant en danger par l'UICN. Les populations actuelles sont suffisantes pour maintenir l'espèce. Pourtant, l'ours brun est en voie de disparition dans certains pays d'Europe et l'espèce est même localement éteinte. D'autres sous-espèces sont par contre estimées vulnérables, telle Ursus arctos beringianus, l'ours brun du Kamtchatka qui a pourtant obtenu 500 permis de chasse en 2005 par le ministère de la Gestion de la faune de cette région de Russie...

En France, l'ours brun est une espèce extrêmement proche de l'extinction puisqu'il ne reste qu'une poignée d'individus isolés dans les Pyrénées. Les quelques individus qui y sont artificiellement maintenus, ne forment pas une espèce particulière et ne méritent pas le classement sur la liste rouge des espèces en danger. Malgré des réintroductions en 1996-1997 puis en 2006, le nombre d'ours est toujours très bas. Certains éleveurs ont fait de l'ours le bouc-émissaire d'une filière en souffrance. Pourtant, grâce aux subventions liées à la présence de l'ours, leurs conditions de travail se sont vues largement améliorées.

Comme partout, l'ours est en concurrence avec l'Homme pour son territoire. L'urbanisation grappille chaque jour un peu plus sur le monde sauvage. En empiétant sur les terres des ours, nous augmentons le nombre de confrontations. On pourrait lancer un débat pour se demander qui de l'Homme et son bétail ou de l'ours a le plus sa place dans les montagnes pyrénéennes, mais il est temps de prouver que nous sommes des Homo sapiens sapiens, des hommes évolués capables de cohabiter avec le sauvage.

La cohabitation entre l'élevage et les ours n'est pas une utopie. Elle se pratique dans d'autres pays. Il y a, par exemple en Roumanie, une tradition de l'élevage ovin très importante et la présence de plus de 5.000 ours. Là-bas, le métier de berger prend tout son sens. L'Homme est présent pour protéger ses bêtes et cela suffit, en général, pour éloigner les grands prédateurs.

Il est quand même triste, en 2017, de constater encore que le plus grand prédateur n'est autre que... l'Homme.

Pour en savoir plus, consultez notre matériel pédagogique de l'association Aves

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