La maîtrise de la fusion contrôlée est indispensable à l’humanité pour affronter les défis de la seconde moitié du XXIe siècle. Dans la fosse d'assemblage d'Iter, les ancrages de la machine et du « thermos » géant qui l'enveloppe (le cryostat) étaient en cours d'installation en 2019. © 2019, Iter Organization

Sciences

Iter : la phase d'assemblage du Soleil artificiel a débuté

ActualitéClassé sous :fusion , Iter , fusion contrôlée

-

Ce 28 juillet 2020, l'assemblage du réacteur thermonucléaire Iter a débuté en France. Il permettra de donner une preuve de principe qu'un Soleil artificiel contrôlable, et produisant de l'énergie propre en abondance, est possible sur Terre. À terme, la fusion contrôlée devrait résoudre les problèmes d'énergie de l'Humanité tout en préservant le climat.

Il n'est pas possible d'assurer dignement le futur de l'humanité au XXIe siècle sans des sources d'énergie suffisantes et sans réduire l'injection de CO2 dans l'atmosphère pour limiter, autant que faire se peut, le réchauffement climatique et rester en dessous des fameux 2 °C supplémentaires. Il semble exister une solution pour cela mais malheureusement, elle ne pourra être mise en pratique que lors de la seconde moitié du XXIe siècle... à condition qu'on s'en occupe maintenant !

L'objectif du projet Iter qui rassemble 35 pays : maîtriser et reproduire la fusion de l’hydrogène, comme au cœur du Soleil, afin de produire une énergie propre et abondante © euronews

Il s'agit de l'énergie de fusion. Mais même si l'Union européenne et les États-Unis sont toujours les leaders incontestés dans la course à cette technologie, ils ne pourront réussir seuls à temps et c'est pourquoi, avec l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie, la Chine, ils ont lancé il y a plus de dix ans le programme Iter (acronyme de International Thermonuclear Experimental Reactor, en anglais, ce qui signifie réacteur thermonucléaire expérimental international).

Rappelons qu'il ne s'agit pas de réaliser un prototype de réacteur industriel pour la production d'électricité mais de donner une preuve de principe qu'un tel réacteur est possible. Dans le meilleur des cas, nous ne disposerons pas de l'énergie de fusion avant la seconde moitié du XXIe siècle. Ce qui veut dire que la fusion ne nous sauvera pas des graves problèmes énergétiques et environnementaux qui vont advenir avant, et qui nécessiteront d'autres réponses pour limiter le plus possible leur impact.

Une présentation du projet Iter pour la fusion nucléaire contrôlée. © iterorganization

Les premiers plasmas en 2025

Mais, tout progresse comme prévu avec la construction d'Iter et, ce 28 juillet 2020, une cérémonie a eu lieu sur le site du réacteur à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches-du-Rhône), à une quarantaine de kilomètres d'Aix-en-Provence. Tous les principaux éléments d'Iter fabriqués par la noosphère à la surface du globe ont en effet rejoint ce lieu où l'assemblage du réacteur vient donc d'être lancé en visioconférence par le Président français Emmanuel Macron dans un message enregistré et en compagnie de représentants de plusieurs des 35 États membres du projet Iter.

On devrait donc bien assister à la production du premier plasma dans le tokamak à l'horizon 2025. Mais attention, il faudra attendre que 10 années d'études et de mises au point préliminaires soient faites avec des plasmas d'hydrogène, d'hélium, et de deutérium avant que les ingénieurs ne commencent l'étude du comportement de la machine avec de vraies réactions de fusion, en l'occurrence entre des noyaux de deutérium et de tritium.

Un survol du chantier d'Iter en drone au mois de juin 2019. Les commentaires dressent un état des travaux effectués. Le début de l'assemblage des pièces du réacteur vient de débuter ce 28 juillet 2020. © Iter organization

Si tout va bien, la fusion nous aidera après 2050 mais, en attendant, il nous faut déjà agir contre le réchauffement climatique et les énergies renouvelables seules ne nous sauveront pas non plus.

Elles sont bien trop coûteuses pour cela contrairement à ce qui est souvent dit dans les médias.

La vérité, comme l'explique par exemple depuis des années Jean-Marc Jancovici ou les membres de Sauvons le climat (SLC), c'est que nous ne pourrons pas nous passer de l'énergie nucléaire basée sur la fission. La Chine, qui ne peut pas se permettre le luxe de se laisser aveugler par de l'idéologie, le sait très bien. Elle en fournit la preuve, car, tout en développant massivement le solaire et l'éolien, elle a entrepris de développer tout aussi rigoureusement son parc nucléaire, 11 réacteurs étaient en construction, en 2018, pour atteindre son but d'avoir 10 % de son électricité d'origine nucléaire en 2030. Récemment, elle a fait savoir qu'elle construira six à huit réacteurs nucléaires par an entre 2020 et 2025 et portera sa capacité totale à 70 gigawatts (GW), une hausse de 43,5 %.

Cela vous intéressera aussi
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !