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Papillons et chenilles : les étonnants mécanismes de défense

Dossier - Les métamorphoses du papillon
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Ce dossier propose une approche d’une partie du monde des insectes : les papillons. Ceux-ci représentent, avec 200.000 espèces environ répertoriées au monde, le cinquième du nombre total des espèces d’insectes connues sur Terre. Après la lecture de ce dossier vous serez incollable sur les papillons.

  
DossiersLes métamorphoses du papillon
 

Comme la plupart des animaux, les papillons déploient des trésors d'ingéniosité pour échapper à leurs proies. Quelles sont les différentes méthodes ?

Papillon citron Gonepteryx rhamni. © Mariola Anna S - Shutterstock
Le Citron, Gonepteryx rhamni (L., 1758) (Pieridé) se confond avec son terrain d’atterrissage. © Bernard Schmeltz

Les méthodes de défense des chenilles

Beaucoup de chenilles sont nocturnes, et échappent ainsi à la vue des oiseaux. Quelques espèces se protègent par une bourse en soie qu'elles tissent, comme l'Yponomeute du cerisier sur les aubépines et les prunelliers. Certaines présentent des couleurs qui les font confondre avec le support sur lequel elles se trouvent, elles pratiquent le mimétisme ; d'autre choisissent avec soin l'endroit où se cacher. Des chenilles garnies de poils sont urticantes et dissuadent ainsi certains prédateurs de s'approcher d'elles. Par contre « On a recensé 38 espèces d'oiseaux qui consomment les chenilles de Lymantria dispar malgré la présence sur celles-ci de poils urticants »  (Dajoz, 1998).

Les méthodes de défense des papillons

Les papillons se posent souvent les ailes parallèles aux rayons du soleil, de façon à ne pas porter leur ombre sur le support, et choisissent l'endroit où ils se posent pour passer inaperçus. Les ailes fermées protègent aussi l'abdomen des ardeurs du soleil.

Certains présentent une homochromie, d'autres des motifs disruptifs : leur livrée les fait confondre avec leur environnement ; d'autres encore arborent des couleurs prémonitoires ou « avertissantes » du danger réel ou feint d'être toxiques.

Un autre Citron butinant la vipérine vulgaire, Echium vulgare L., 1753 (plante mellifère, à réhabiliter dans nos jardins). © Bernard Schmeltz

Les ailes du Silène ressemblent à l'écorce du chêne, celles de la Hachette aux feuilles mortes. Certains papillons comme les Sésiidés ont une livrée qui imite les guêpes ou les abeilles comme Sesia apiformis (Clerck, 1759).

À gauche : le Silène, Brintesia circe (Fabricius, 1775) (Satyridé). À droite : la Hachette, Aglia tau (L., 1758) (Saturniidé), le mâle. © Bernard Schmeltz

D'autres papillons se sont adaptés aux changements du milieu : ainsi la phalène du bouleau Biston betularia (L., 1758) (Géometridé) présente deux formes : typica de couleur claire, et carbonaria ou mélanique de couleur sombre (apparue à Manchester en 1848). La forme sombre présentait un taux de survie supérieur à la forme claire. Elle se confondait mieux avec l'écorce des bouleaux assombris par la pollution (due à la combustion du charbon dans les grandes villes d'Angleterre dans les années 1890) : les oiseaux repéraient moins facilement les papillons sombres, au point que la forme sombre remplaça presque entièrement la forme claire (Dajoz, 2006).

Les papillons présentant des ocelles ouvrent brusquement leurs ailes pour effrayer et chasser les prédateurs.

À gauche : Machaon ailes fermées : peu d’ombre. À droite : ouverture brusque des ailes. © Bernard Schmeltz
Paon-du-jour dérangé lors du séchage de ses ailes et montrant ses ocelles. © Bernard Schmeltz

Certains papillons « de nuit » aux ailes antérieures ternes les déploient subitement pour dévoiler leurs ailes postérieures très colorées, dans le but d'effrayer les prédateurs, comme la Fiancée.

La Fiancée, Noctua pronuba (L., 1758) (Noctuidé). © Bernard Schmeltz

Papillons et chenilles : la technique de la chute !

En cas de danger, de nombreuses chenilles se laissent tomber, des papillons également. Certains papillons « de nuit » sont en mesure d'entendre les émissions sonores - les ultrasons - des chauves-souris, et se laissent tomber à leur approche.

Cette tactique semble efficace, car seulement 7 % des papillons qui l'utilisent sont capturés contre 50 % de ceux qui ne l'utilisent pas (Pro Natura, 1999).

D'autres émettent des sons audibles et reconnus par les chauves-souris qui ne les mangent pas car ils contiennent des substances toxiques. La contrefaçon même des sons existe, puisque d'autres papillons non toxiques en émettent de la même manière que les précédents pour échapper aux chauves-souris (Etienne, 2007).

Chez les Hespérides, certains mâles présentent un comportement territorial marqué : les mâles du Sylvain, par endroit, se postent entre un demi-mètre et deux mètres au-dessus du sol et « poursuivent à toute vitesse tout papillon passant à proximité » (Pro Natura, 1999).

Le Sylvain, Ochlodes sylvanus (venatus) (Esper, 1777) (Hespéride). © Bernard Schmeltz

La défense des papillons blessés

Lorsqu'ils sont blessés, les insectes produisent, dans les heures qui suivent, des peptides antifongiques et antibactériens, les protégeant ainsi des infections (Thivent, 2005).

Chrysalide et papillon Myrtil, Maniola jurtina (L., 1758) (Satyridé). © Bernard Schmeltz

Le papillon, blessé au stade de chrysalide, présente deux blessures (abdomen et antenne gauche). Ceci n'empêchera ni l'allongement de ses ailes, ni son envol.

À gauche : Myrtil mâle s’abreuvant de sueur (sur la main du photographe). À droite : Myrtil femelle. © Bernard Schmeltz

Les chenilles du Myrtil se développent sur les PoacéesNote : Lorsqu'on s'approche du Myrtil posé ailes fermées, il cache souvent prestement l'ocelle de son aile antérieure avec l'aile postérieure.