Éruption du Cumbre Vieja. © vinx76, Flickr
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L'éruption du Cumbre Vieja n'est pas près de s'arrêter !

ActualitéClassé sous :Volcan , atlantique , Eruption

[EN VIDÉO] Éruption du Cumbre Vieja  Le Cumbre Vieja est entré en éruption à La Palma dans l'archipel des Îles Canaries. Un tel événement n'avait pas eu lieu depuis 50 ans ! 

Voilà quasiment un mois que le volcan Cumbre Vieja inonde l'île de La Palma avec des rivières de lave qui se déversent désormais dans l'océan, détruisant tout sur leur passage.

Les données recueillies par les scientifiques, qui suivent l'évolution de l'éruption depuis le début, laissent penser que l’activité du volcan n'est cependant pas près de s'arrêter. S'il est très difficile d'anticiper la fin d'une éruption, les volcanologues pensent toutefois qu'elle pourrait durer encore plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Plus de 6.000 personnes ont déjà dû être évacuées et les dégâts matériels s'accumulent avec plus de 1.400 bâtiments détruits. Mais, fort heureusement, le volcan n'a pour l'instant fait aucune victime.

Pour en savoir plus

Un véritable torrent de lave déferle en ce moment sur l'île de La Palma

L'éruption du Cumbre Vieja continue de plus belle et se poursuit en prenant une tournure impressionnante.

Article de Morgane Gillard, publié le 15 octobre 2021

Aujourd'hui, c'est un véritable torrent de lave qui déferle sur l'île de La Palma. Involcan a capturé des images spectaculaires de ce « tsunami » qui s'écoule à une vitesse incroyable, détruisant tout sur son passage. Cette coulée, située au nord du cratère principal, a entrainé une nouvelle série d'évacuations. Face à ce déferlement de feu, plus de 1.000 habitants ont ainsi été pressés de quitter leurs logements en pleine nuit.

De la lave et des séismes !

En plus de ces gigantesques coulées de lave qui ne semblent pas prêtes de s'arrêter, l'activité volcanique s'accompagne également depuis plusieurs jours d'une intense activité sismique. Des dizaines de secousse sont ainsi enregistrées chaque jour. Jeudi, un séisme de magnitude 4,4, le plus important jusqu'à présent, a secoué l'île de La Palma. Ces événements sismiques sont, bien sûr, associés à l'activité du volcan et aux processus qui siègent en profondeur, au niveau de la chambre magmatique.


Cumbre Vieja : effondrement du flanc nord et nouvelle coulée de lave

Après trois semaines d'activité et un semblant d'accalmie la semaine dernière, l'éruption du Cumbre Vieja sur l'île de La Palma aux Canaries a repris de plus belle ce week-end.

Article de Morgane Gillard, publié le 12 octobre 2021

Ce samedi 9 octobre, le flanc nord du volcan s'est effondré, laissant la place à une nouvelle coulée de lave. Alors que jusque-là les coulées se concentraient majoritairement sur la partie ouest de l'île, c'est désormais la zone nord qui se voit ravagée par les laves progressant très rapidement vers l'océan. Les laves avancent en effet à 700 mètres par heure, recouvrant en une vitesse record 497 hectares et nécessitant l'évacuation de plus de 6.000 personnes.

Une évolution floue

L'évolution de la situation reste totalement floue, car ces derniers événements semblent indiquer que le réservoir magmatique en profondeur n'est pas en train de se vider. Il est probable qu'il soit au contraire rechargé régulièrement. Personne ne sait encore combien de temps durera l'éruption, mais les dégâts causés sont déjà considérables.


L’activité effusive du Cumbre Vieja semble se ralentir

Les éruptions du volcan Cumbre Vieja aux Canaries semblent se stabiliser. Les laves ont recouvert au total une zone de 421,93 hectares et ont créé un delta de lave au niveau de la côte. La situation peut encore évoluer et, malheureusement, l'activité effusive peut toujours reprendre.

Article de Morgane Gillard, publié le 7 octobre 2021

Depuis mercredi, l'activité effusive du volcan Cumbre Vieja semble se ralentir. En effet, en 24 heures, les laves n'auraient recouvert que 1,81 hectare de plus que la veille, une nette diminution par rapport aux jours précédents. La zone recouverte par les laves atteint désormais un total de 421,93 hectares, avec notamment la création d'un delta de lave au niveau de la côte. Cette stabilisation de l'éruption ne peut cependant être que temporaire, et ne signifie en rien la fin de cet impressionnant épisode éruptif, démarré le 19 septembre dernier sur l'île de La Palma, aux Canaries.

Depuis quelques heures, l'activité éruptive du Cumbre Vieja est désormais dominée par l'émission massive de gaz et de cendres, entrainant d'ailleurs la fermeture de l'aéroport de La Palma ce jeudi matin. Les retombées du nuage de cendres nécessitent en effet de procéder à un nettoyage des pistes avant de pouvoir reprendre toute activité aérienne.

Si les coulées de lave sont à l'heure actuelle relativement canalisées, les habitants de La Palma ne bénéficient cependant d'aucun répit, puisque les gaz présents dans l'atmosphère pourraient entrainer une dégradation de la qualité de l'air.

Même si l'activité du volcan semble se stabiliser, les autorités appellent la population à rester prudente, car une nouvelle phase effusive de forte intensité est encore tout à fait possible.

Étendue des coulées de laves du Cumbre Vieja, situation au 2 octobre 2021 © Copernicus Emergency Management Service (© 2021 European Union), [EMSR546] carte de La Palma - Canary Islands
 Une fontaine de lave de l'éruption du Cumbre Vieja. © Raphael Paris

L'éruption du Cumbre Vieja produit une nouvelle coulée spectaculaire

Les éruptions du volcan Cumbre Vieja aux Canaries ont atteint l'Atlantique, comme on le craignait. Cette arrivée des laves au contact des eaux de l'océan est préoccupante car elle s'accompagne d'un dégagement de gaz toxiques et pour le moins dangereux et désagréables à respirer. Elle étend également l'île de La Palma, un phénomène bien connu pour les îles volcaniques. Une troisième bouche éruptive vient de s'ouvrir avec une spectaculaire nouvelle coulée.

Article de Laurent Sacco, publié le 1er octobre 2021

Le point chaud des îles Canaries continue à alimenter en magma le volcan Cumbre Vieja dans l'archipel, magma qui va dégazer en surface pour donner les coulées de lave qui ont déjà causé des dégâts à hauteur de 400 millions d'euros depuis le 19 septembre, comme l'explique la vidéo d'Euronews ci-dessous. Plus de 650 maisons et autres bâtiments ont été détruits et au moins 270 hectares de terres agricoles ont été perdus, sans compter les cultures qu'elles portaient, souvent des bananes sur l'île de La Palma.

Aux Canaries, sur l'île de La Palma, le volcan aurait détruit pour 400 millions d'euros d'infrastructures, et personne ne sait quand l'éruption se terminera, mais il y a des bonnes nouvelles. © Euronews (en français)

On sait que l'éruption pourrait bien durer au moins trois semaines et peut-être jusqu'à trois mois si l'on se fie à l'histoire récente de l'activité éruptive sur le Cumbre Vieja. On pouvait espérer qu'aucune bouche éruptive décalant les coulées de lave actuelles ne s'ouvre et qu'il ne devrait donc pas y avoir de nouvelles pertes conséquentes de constructions et de sols. Mais ce n'est pas le cas depuis cette nuit comme le montre sur Twitter l'Instituto Volcanológico de Canarias.

L'Instituto Geológico y Minero de España n'est pas en reste avec des images spectaculaires des nouvelles coulées prises par un drone.

De nouvelles images des coulées dont celle qui a débuté cette nuit. ©  Instituto Geológico y Minero de España

La nouvelle éruption filmée pendant la nuit. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en espagnol devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ».©  Instituto Geológico y Minero de España

Ce qui préoccupe sans doute le plus les autorités, ce sont les possibles effets des gaz toxiques émis avec les laves. Il y a déjà les 17.000 tonnes de dioxyde de soufre (SO2) qui sont rejetées chaque jour par le volcan mais le plus problématique potentiellement, ce sont les émissions provoquées par l'arrivée dans l'Atlantique de ces laves, conduisant par exemple à la formation d'acide chlorhydrique. Si, pour le moment aucune victime n'est à déplorer, rappelons que, lors des deux précédentes éruptions à La Palma (1949 et 1971), il y avait eu deux morts par inhalation de gaz.

La lave du volcan Cumbre Vieja continue de s'accumuler dans l'océan, la surface de l'île de La Palma augmente. Les autorités sont en état d'alerte au gaz toxique, en raison d'un probable changement de direction du vent. © Euronews (en français)

En atteignant l'océan, les laves ont chuté de 100 mètres et, selon les images des satellites européens Copernicus, la langue de roches ignées résultante que l'on observe mesure déjà près de 338 hectares, illustrant par quel mécanisme des îles peuvent gagner sur l'océan. On peut observer ce phénomène avec d'autres îles volcaniques comme à Hawaï ou en Islande.

Heureusement, pour le moment, les vents emportent au loin les gaz de cette langue et, en dehors de l'espace d'exclusion de sécurité défini par les autorités, les producteurs de bananes peuvent récolter ou arroser les plantations.

Les volcanologues poursuivent leur travail en analysant les données géochimiques et géophysiques de l'éruption et scrutent au microscope polarisant, entre autres et comme on peut le voir sur Twitter, les minéraux présents dans les laves fraîches pour progresser dans la connaissance des mécanismes éruptifs.

© RTVE Noticias

De nouvelles images spectaculaires de la lave dans l'Atlantique. ©  Instituto Geológico y Minero de España

L'éruption du Cumbre Vieja photographiée le 30 septembre par le satellite Sentinel-2 de Copernicus. © Copernicus Sentinel data (2021), ESA, CC by-sa 3.0 IGOHere are daytime photos of the island of #Palma. As you can see, unfortunately, the lava flows from the #CumbreVieja volcano have already reached the ocean... Be careful! pic.twitter.com/xFDejFaC9G— Oleg Novitskiy (@novitskiy_iss) October 1, 2021

Éruption du Cumbre Vieja : les coulées de lave atteignent la mer en émettant des gaz toxiques

Article de Laurent Sacco publié le 30/09/2021

Après avoir marqué un court temps de repos, les éruptions du volcan Cumbre Vieja à La Palma ont repris de plus belle et comme prévu, elles ont atteint la mer. Cette arrivée des laves au contact des eaux de l'Atlantique est préoccupante car elle s'accompagne d'un dégagement de gaz toxiques et pour le moins dangereux et désagréables à respirer.

Depuis le 19 septembre nous assistons à une éruption spectaculaire sur l'île de La Palma aux Canaries. Elle aurait sans aucun doute conduit le jeune Haroun Tazieff à se rendre sur place si elle s'était produite de son vivant dans les années 1960 par exemple. Le spectacle ne doit pas nous faire oublier que des centaines de maisons ont été détruites.

Les laves du Cumbre Vieja dégazent en mer et provoquent la formation de panaches de vapeur d'eau. © Euronews (en français)

Des coulées de lave atteignent la mer

Comme nous l'avons expliqué dans l'un des précédents articles ci-dessous, en consultant les archives des éruptions de l'île, on peut s'attendre à ce que celles du Cumbre Vieja puissent durer de 24 à 84 jours. Or ses laves viennent juste d'atteindre la mer, ce qui est potentiellement inquiétant bien que pas catastrophique. Des laves atteignent ainsi l'océan Pacifique, souvent à Hawaï par exemple.

Comme l'explique aussi la vidéo d'Euronews, ci-dessus, les coulées du Cumbre Vieja ont atteint la mer cette nuit sur la plage de Playa Nueva. En réponse, les autorités locales ont décrété une zone d'exclusion en mer de plus de trois kilomètres de rayon et ont invité une partie des habitants de l'île à rester chez eux.

L'eau de mer contenant notamment des chlorures, on sait que le choc thermique avec la lave à plus de 1.000 °C ne va pas seulement produire des nuages blancs de microscopiques gouttelettes d'eau mais aussi de l'acide chlorhydrique qui est dangereux pour des personnes souffrant déjà de problèmes respiratoires.

Des images spectaculaires de la lave dans l'Atlantique. © Instituto Geológico y Minero de España

Une animation et des explications pour les risques avec les coulées de lave arrivant en mer. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en espagnol devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Television Canaria


Éruption du Cumbre Vieja : des images spectaculaires de ses coulées de lave

Article de Laurent Sacco publié le 28/09/2021

Les éruptions du volcan Cumbre Vieja à La Palma se poursuivent et l'aéroport de l'île a été fermé provisoirement en raison des émissions de cendres volcaniques. Les coulées progressent vers la mer, ce qui inquiète les autorités de cette île faisant partie de l'archipel des Canaries dans l'Atlantique. Toutefois, aucune inquiétude à avoir en ce qui concerne le nuage de dioxyde de soufre remontant sur l'Europe et la France.

Il n'y a toujours aucune raison de penser qu'il faut craindre un tsunami dévastateur causé par un effondrement des flancs du volcan actuellement en éruption sur l'île de La Palma aux Canaries. Mais deux nouvelles bouches éruptives se sont toutefois ouvertes alors que les coulées de lave précédentes ont déjà recouvert 190 hectares et que nous en sommes à 420 bâtiments détruits.

L'important panache de cendres produit par le volcan Cumbre Vieja perturbe aussi le trafic aérien, comme l'explique la vidéo d'Euronews - l'aéroport de La Palma a été fermé provisoirement pour cette raison et des vols ont été annulés.

Pour la première fois, des vols ont été annulés, l'un depuis Madrid, les six autres vers des îles voisines, en raison de l'important nuage de cendres dégagé par le volcan Cumbre Vieja. © Euronews (en français)

Il y a toujours des inquiétudes pour l'arrivée possible des coulées de lave en mer car comme nous l'expliquions dans le précédent article ci-dessous, des quantités massives de gaz dangereux, sous forme d'acide chlorhydrique notamment, pourraient être dégagées, ce qui poserait des problèmes pour les habitants de La Palma. En effet, l'inhalation ou le contact de gaz et de liquides acides peut irriter la peau, les yeux et les voies respiratoires, et peut provoquer des difficultés chez les personnes souffrant de maladies respiratoires préexistantes.

La rencontre de la lave à plus de 1.000 °C avec la mer à 20 °C produirait un choc thermique générant non seulement des colonnes de vapeur d'eau chargées d'acide chlorhydrique mais également de petites particules de verre volcanique à la suite de la réaction entre la lave et l'eau de mer.

Cependant, toujours aucune inquiétude à avoir avec les nuages contenant du dioxyde de soufre qui arrivent sur l’Europe.

L'Instituto Geológico y Minero de España a quant à lui mis en ligne d'impressionnantes images de l'activité volcanique du volcan prises à l'aide de drones et plusieurs vidéos sur Twitter montrent d'impressionnantes fontaines de lave de jour, pouvant monter à des centaines de mètres de hauteur, et des coulées de lave rougeoyantes de nuit.

© Instituto Geológico y Minero de España

© Instituto Geológico y Minero de España

© Instituto Geológico y Minero de España


 

Photo d'un volcanologue en train de prendre la température de la lave lors de l'éruption de La Palma ce 19 septembre 2021 : 1.075 °C. © Instituto Volcanológico de Canarias

Éruption du Cumbre Vieja : des images spectaculaires des coulées de lave qui inquiètent

Article de Laurent Sacco publié le 25/09/2021

L'éruption strombolienne du volcan Cumbre Vieja à La Palma perdure et, pour le moment, elle n'a pas fait de victimes mais a tout de même nécessité de déplacer environ 6.000 personnes. De nombreuses habitations ont été détruites sur le chemin de la lave fluide, issue de ce point chaud en Atlantique et les autorités craignent l'arrivée de la lave en mer.

Une énorme explosion entendue le matin du 24 septembre. 

Il se produira alors probablement des explosions qui pourraient être dangereuses pour des passionnés d'éruptions volcaniques qui se seraient approchés de trop près. Certaines personnes pourraient avoir aussi des problèmes respiratoires car, au contact de la lave, l'eau de mer, riche en chlore, se décompose en générant des vapeurs d'acide chlorhydrique.

Les coulées de lave du volcan des Canaries continuent de tout emporter sur leur passage en descendant vers la côte de l'île espagnole de La Palma, où leur arrivée est redoutée en raison de la possible émission de gaz toxiques. © Euronews

Une activité volcanique pouvant durer de 24 à 84 jours

Des gaz toxiques, il s'en dégage aussi au niveau de la bouche éruptive du Cumbre Vieja comme l'explique sur sa page Facebook l'Instituto Volcanológico de Canarias. Ses volcanologues et géochimistes y estiment en effet un taux d'émission de dioxyde de soufre, SO2, entre 6.140 et 11.500 tonnes par jour. Mais même si des nuages de ce gaz remontent sur l'Europe et la France, il n'y a pour le moment aucun danger. Il faudrait des émissions de gaz bien plus importantes.

Les données satellitaires permettent d'estimer, quant à elles, que la superficie affectée par les coulées de lave de l'actuelle éruption dépasse les 154 hectares. La question se pose de savoir jusqu'où les coulées vont aller, ce qui suppose de pouvoir estimer pendant combien de temps l'activité éruptive va se poursuivre.

Toujours sur sa page, l'Instituto Volcanológico de Canarias en donne des estimations tirées de l'étude des archives passées des éruptions du volcan et compilées depuis la colonisation espagnole. Les volcanologues pensent que l'on peut raisonnablement s'attendre à une activité s'étendant sur une période allant de 24 et 84 jours, avec une valeur moyenne pour sa durée de 55 jours.

Le nuage de dioxyde de soufre devrait survoler le sud de la France ce vendredi 24 septembre.

Comme nous l'expliquions dans le précédent article ci-dessous, il n'y a toujours aucune raison de s'inquiéter de l'occurrence d'un mégatsunami.

Un reportage très complet sur l'éruption aux Canaries. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en espagnol devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © TelevisionCanaria


Éruption du volcan Cumbre Vieja aux Canaries : faut-il craindre un mégatsunami ?

Article de Laurent Sacco publié le 20 septembre 2021

Le volcan Cumbre Vieja à La Palma vient d'entrer en éruption. Si de nombreuses images montrent les fontaines de lave et les coulées émises par le stratovolcan de cette île faisant partie de l'archipel des Canaries dans l'Atlantique, certains craignent l'occurrence d'un mégatsunami dévastateur évoqué depuis 20 ans en cas de déstabilisation du flanc de ce volcan. Cette crainte est-elle fondée ?

Il y a 20 ans, les géologue et géophysicien Simon Day et Steven N. Ward publiaient dans Geophysical Research Letters un article - qui allait faire couler beaucoup d'encre - dans lequel les deux hommes affirmaient que le flanc ouest du volcan Cumbre Vieja à La Palma est instable, et qu'un glissement de terrain pouvait se produire. En conséquence, un mégatsunami capable de causer des dégâts très importants de l'autre côté de l'Atlantique notamment était à craindre.

Rappelons que l'île de La Palma fait partie de l'archipel des Canaries qui est une série d'îles approximativement alignées selon un axe ouest-est, et qui se prolonge vers le nord-est par une série de monts sous-marins. Au large du Maroc, ces îles sont le produit de ce que les géologues appellent un point chaud.

La Palma fait l'objet d'une surveillance sismique et volcanologique conséquente car on y trouve un stratovolcan sur lequel se trouve une fissure volcanique active au niveau de la Cumbre Vieja, toponyme espagnol qui signifie littéralement en français « Vieux sommet ». Les éruptions à La Palma, effusives, sont connues depuis la colonisation espagnole de l'île vers 1480, éruption qui s'était suivie jusqu'ici de six autres éruptions dont la dernière s'était produite du 26 octobre au 18 novembre 1971.

Le Cumbre Vieja, volcan situé dans les Canaries, est entré en éruption. Il était en sommeil depuis 1971. © euronews (en français)

Or, justement, l'activité sismique depuis septembre au niveau du volcan Cumbre Vieja inquiétait les volcanologues. Comme l'île de La Palma n'avait plus connu un tel phénomène depuis octobre 1971, on pouvait craindre une éruption volcanique. Les mesures de tiltmétrie servant à mesurer d'infimes changements de l'horizontalité d'un niveau indiquaient également que du magma était sous pression car l'île avait été bombée de six centimètres dans la zone sismiquement active.

Les inquiétudes des chercheurs se sont révélées fondées car ce dimanche 19 septembre une éruption a bel et bien débuté au niveau de Cumbre Vieja à 15 h 15 heure locale (14 h 15 GMT). Des images télévisées, notamment pendant la nuit, ont montré plusieurs fontaines de lave impressionnantes ainsi que plusieurs coulées qui ont nécessité l'évacuation de plusieurs villages et atteint une route en contrebas. Des milliers de personnes ont été évacuées à ce stade mais ces éruptions étant effusives, sans nuées ardentes et sans explosions puissantes, on ne devrait pas craindre de victimes.

Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en espagnol devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © GranCanariaTv.com

Un mégatsunami qui traverserait l'Atlantique ?

Reste bien sûr la question de l'occurrence d'un mégatsunami. En fait, comme Futura l'expliquait déjà en 2005 dans le précédent article ci-dessous, il est très improbable. Cette crainte est un serpent de mer qui a régulièrement fait surface dans les médias depuis des années et elle est très exagérée de sorte qu'elle a été réfutée à de nombreuses reprises.

Il n'en reste pas moins que Luis González de Vallejo, directeur de  l'Instituto Volcanológico de Canarias (INVOLVCAN), s'est senti obligé de remettre les pendules à l’heure sur la page Facebook de l’Institut. Voici quelques extraites d'une traduction de sa mise au point :

« La récente réactivation volcanique à La Palma a de nouveau suscité le débat sur la stabilité du flanc ouest de l'île... question récurrente depuis des décennies, suscitant des inquiétudes dans la société.

Depuis 20 ans... la possibilité d'un grand effondrement du flanc ouest du Cumbre Vieja et à la suite de celui-ci, la génération d'un mégatsunami a été diffusée... Bien que cette hypothèse ait été contestée et écartée par de nombreux chercheurs par la suite, étonnamment certains médias continuent de parler de cet événement catastrophique.

Pour que le flanc du Cumbre Vieja arrive à réunir des conditions proches de l'instabilité, il faudrait simultanément un tremblement de terre de magnitude exceptionnellement élevée et une éruption volcanique explosive de grande ampleur... la probabilité d'une éruption avec un taux d'explosivité élevé et à la fois d'un grand tremblement de terre est extrêmement faible, selon le registre géologique de ce type d'événements sur l'île. Le Cumbre Vieja est donc stable, même sous les effets d'éruptions semblables à celles qui se sont produites ces dernières dizaines de milliers d'années. »

L'éruption du volcan Cumbre Vieja sur l'île de La Palma aux Canaries menace les zones côtières touristiques qui ont été évacuées. Les coulées de lave pourraient provoquer des incendies. © euronews (en français)

Plusieurs directs disponibles sur YouTube montrent des images de l'éruption pendant plusieurs heures et jusque pendant la nuit du 19 au 20 septembre.

© Cadena SER

© SIXTY Media


Tsunami en Atlantique ? A propos du volcan de La Palma aux Canaries

Article de Michel Olagnon, Ifremer, publié le 18/01/2005

Suite aux raz de marée dévastateurs du 26 décembre 2004, la question du danger de rencontrer des tsunamis en Atlantique a resurgi. En particulier, des interrogations sont soulevées à propos de l'effondrement possible du volcan Cumbre Vieja à La Palma aux Canaries. Les quelques lignes qui suivent présentent mon analyse personnelle de cette affaire.

En Septembre 2000, des chercheurs de l'University College de Londres ont contacté le Ministre britannique des Sciences Lord Sainsbury pour l'avertir que l'effondrement d'un volcan dans les Canaries pourrait envoyer un mur d'eau de plusieurs centaines de mètres de hauteur balayer l'océan Atlantique. Les Caraíbes et la côte est des USA subiraient la plus grande partie des dommages, mais de larges parts de la côte ouest de la Grande Bretagne seraient touchées. Cet avertissement venait à l'occasion de la réception par Lord Sainsbury d'un rapport sur la menace des NEOs (Near Earth Objects), incitant le Royaume Uni à prendre le leadership d'un système d'alerte sur les risques planétaires.

Le Dr. Simon Day, du Benfield Greig Hazard Research Centre de l'UCL, affirmait que le flanc ouest du volcan Cumbre Vieja à La Palma est instable, et qu'un glissement pouvait se produire. Un modèle suisse aurait indiqué que le glissement de terrain créerait un méga-tsunami dont l'amplitude initiale serait de 650 mètres, dont la vitesse serait de 720 kmh, et qui pourrait, malgré l'atténuation, créer des dégâts jusqu'à 20 km à l'intérieur des terres aux USA.

Reprenons ces points en détail :

Un flanc instable

© Ifremer

Le flanc ouest du volcan Cumbre Vieja à La Palma est sans aucun doute instable, mais une demi-douzaine d'éruptions sommitales peuvent encore se produire avant qu'il ne s'effondre (Pr. Bill McGuire). De plus, il est extrêmement improbable qu'alors tout s'effondre d'un bloc comme les chercheurs l'ont postulé.

Un méga-tsunami

Estampe d'Hokusai

Un modèle suisse aurait indiqué que le glissement de terrain créerait un méga-tsunami. Il y a des limites à ce qu'on sait correctement modéliser. De même, quand on fait des essais en bassin sur modèle réduit, on doit respecter des règles de similitude. Malheureusement, on ne peut respecter la similitude que pour certains des phénomènes impliqués, en supposant que les effets des autres restent négligeables. Au delà de facteurs d'échelle de 50, c'est rarement le cas.

De plus, j'ai par hasard assisté quelqu'un sur un code de calcul d'effet de glissements sous-marins, celui-là ou son clone. C'est le genre de programme qui ne marche plus dès qu'on change de version du compilateur, de système d'exploitation, ou d'utilisateur. Un informaticien doit savoir quel crédit on peut apporter à ses résultats.

650 mètres d'amplitude initiale

© Ifremer

Quand on sait que le plus haut jamais atteint par une vague est 524 mètres, on peut y croire. Mais pas si on connait les conditions. Les 524 mètres de la baie de Lituya en Alaska se sont produits dans une cuvette quasi-fermée, où l'effondrement d'un côté a produit un jet de rive (run-up) de l'autre. En mer ouverte, on ne peut physiquement pas créer l'accélération verticale nécessaire. D'ailleurs, les tsunamis sont pratiquement indétectables au large de par leur seule hauteur (un ou deux décimètres max), l'équipage d'un navire le ressent comme les vibrations d'une explosion sous-marine ou d'un échouage.

Un déplacement à 720 km/h

© Ifremer

Un tsunami se propage comme une onde solitaire de longueur d'onde infinie, c'est à dire que la vague semble se déplacer d'un bloc, et à une vitesse donnée par la formule racine(gd) en fonction de la gravité et de la profondeur, ce qui donne 200 m/s, soit 720 km/h pour une plaine abyssale de 4000 m. Bien qu'on l'appelle onde solitaire, le phénomène est généralement constitué d'une succession de vagues. A Hilo, sur la Grande-Ile de Hawaii, plus de la moitié des victimes du tsunami du premier Avril 1946 furent des personnes qui se précipitèrent pour porter secours après la première vague, et furent noyées par les suivantes.

En conclusion

Quel risque en Atlantique ?

On notera que sur les 157 tsunamis des 20 dernières années du vingtième siècle, 138 se sont produits dans le Pacifique, 2 dans l'océan Indien, 9 en Méditerranée, 5 dans les Caraïbes, 1 dans le golfe d'Aqaba, 1 en mer de Chine du Sud, 1 en mer de Marmara. L'Atlantique n'est pas des plus frappés.

Chacun le sait, le risque zéro n'existe pas. Un scientifique honnête ne peut donc écarter le risque d'un tsunami, voire d'un méga-tsunami en Atlantique. Par contre, la même honnêteté doit le conduire à faire attribuer en priorité les financements aux risques les plus probables et aux populations qui en ont un besoin immédiat parce qu'elles ont été frappées par une catastrophe, au détriment des éventualités incertaines pouvant se produire au pire une fois dans les quelques dizaines de millénaires à venir.

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