Voiture, animaux, sculptures… Sept objets bizarres envoyés dans l'espace. © Nasa

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7 objets improbables envoyés dans l'espace

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L'espace est-il en train de se transformer en grand bazar ? Certains le prennent en tout cas pour un vaste panneau publicitaire, un zoo, un musée ou un cimetière. Des petites fantaisies qui ont un coût... astronomique.

Lancer un kilogramme de matériel dans l'espace avec Ariane 5 coûte entre 7.500 et 17.000 euros. On pourrait donc s'attendre à ce que chaque gramme soit compté. Pourtant, bon nombre d'objets improbables ont été envoyés au cours des différentes missions spatiales ces dernières années. Objectif promotionnel, artistique, scientifique ou purement symbolique : chacun a trouvé un moyen de justifier sa place à bord.

Un crâne de dinosaure

Selon la théorie la plus répandue, c'est une météorite qui aurait causé la fin des dinosaures. C'est peut-être la raison pour laquelle le physicien américain Loren Acton a cru intéressant d'emporter avec lui des  morceaux d'os et de coquilles de Maiasaura peeblesorum, un dinosaure herbivore à tête de canard, lors de son séjour de huit jours à bord de la navette SpaceLab 2 en 1985. Rebelote 13 ans plus tard, quand la navette Endeavour a embarqué en 1998 le crâne d'un petit Coelophysis du Musée d'histoire naturelle de Carnegie (Pittsburgh) pour l'amener sur la station Mir. A priori, aucune expérience scientifique derrière ces curieux bagages retournés sagement sur Terre après leur petit séjour spatial.

Un squelette de Maiasaura, dont des os ont séjourné dans l’espace en 1985. © Vladimír Socha

Une sculpture géante éphémère

L'Orbital Reflector, une sorte de menhir géant de l'artiste américain Trevor Paglen, a pris place dans la fusée Falcon 9 de SpaceX le 3 décembre 2018 pour un petit spectacle censé être éblouissant. Replié dans un cubsat de la taille d'une boîte à chaussures, l'œuvre d'art fabriquée en résine polyester très fine et réfléchissante devait se déployer en une flèche géante de 30 mètres de long « aussi visible depuis la Terre que la Grande Ourse » avant de retomber dans l'atmosphère au bout de quelques semaines. Malheureusement, l'autorisation du lancement a été retardée par le shutdown américain en janvier, et la sculpture attend toujours en orbite, ce qui pourrait finir par l'endommager, s'inquiète Trevor Paglen.

L’Orbital Reflector, une sculpture lancée en décembre dernier, attend toujours d’être déployée dans l’espace. © Nevada Museum of Art

Des figurines Lego

Depuis le 5 juillet 2016, la sonde Juno nous envoie d'incroyables images de Jupiter. Outre la batterie d'instruments scientifiques, elle accueille à son bord trois drôles de passagers : des figurines Lego représentant le dieu Jupiter et sa femme Junon (Juno), ainsi que Galilée, le savant italien qui a découvert les quatre grandes lunes de la planète géante. Un clin d'œil de la Nasa à la mythologie grecque : c'est Junon qui aurait mis au jour les secrets de Jupiter en perçant le voile des nuages. Les trois figurines, conçues en aluminium spécial capable de résister aux conditions extrêmes, bénéficient d'un sursis supplémentaire : initialement prévue en 2017, la désintégration de Juno est désormais prévue pour 2021.

Les figurines Lego de Jupiter, Junon et Galilée. © Nasa/JPL-Caltech/KSC

Une Tesla

On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même : le 6 février 2018, Elon Musk a expédié une Tesla Roadster rouge pilotée par un mannequin à bord de sa fusée Space X Falcon Heavy. Un gros coup de pub pour sa nouvelle fusée et la marque automobile, plus de 16 millions de spectateurs ayant suivi l'évènement en direct sur YouTube. Il est désormais possible de suivre le périple de la voiture, qui navigue à plus de 25 km/seconde entre Mars et Venus, sur le site whereisroadster.com. Selon des simulations effectuées par des chercheurs de l'université de Toronto, la Tesla a 11 % de probabilité de s'écraser sur Terre d'ici 3 millions d'années, mais une collision avec Vénus ou le Soleil est également envisageable.
 

Deux araignées venimeuses

Depuis le premier singe envoyé dans l'espace en 1949, c'est une véritable ménagerie qui a fait un petit tour dans le ciel : souris, chiens, scorpions, grenouilles, cochon d'Inde, tortues, serpent, carpe... La France a elle-même eu son heure de gloire avec Félicette, le premier chat de l'espace en 1963. Le tout bien sûr à visée purement scientifique, pour étudier les effets de l’impesanteur ou le comportement des animaux. En 2011, deux araignées Nephila clavipes nommées Gladys et Esmeralda ont ainsi séjourné à bord de l'ISS pour vérifier si elles parvenaient bien à tisser leur toile. Les pionniers n'ont malheureusement pas survécu pour la plupart : la chienne Laika, envoyée en orbite en 1957, est morte de stress et de chaleur après une semaine à bord de la navette Spoutnik.

Des araignées Nephila clavipes, comme celles ayant séjourné à bord de l’ISS en 2011. © Charles J Sharp

Des urnes funéraires

Pour un dernier voyage vers l'au-delà, les entreprises Celestis et Elysium Space proposent d'envoyer quelques grammes de cendres de vos proches dans l'espace. Pour 2.490 dollars (2.200 euros) chacune, Elysium Space a ainsi placé en orbite 100 urnes funéraires en décembre 2018. Ces dernières retomberont au bout de quelques mois « telle une étoile filante » en pénétrant dans l'atmosphère. Celestis en est elle déjà à son quinzième voyage. Les cendres sont emmenées en vol suborbital et ramenées sur Terre aux familles. Et ce n'est que le début : les deux sociétés projettent de déposer des cendres sur la Lune à partir de 11.000 euros dès 2021. Pour l'instant, seules celles de l'astronome et géologue Eugene Shoemaker ont eu droit à cette faveur.

Des canettes de soda et une pizza

Ces produits n'ont pas été réclamés par des astronautes en manque de fast-food mais envoyés à but purement publicitaire par les marques. En 1985, Pepsi et Coca-Cola se sont ainsi livrés bataille pour envoyer des canettes de soda à bord de la navette Challenger. Malgré leur emballage spécifiquement conçu, le goût a été jugé peu concluant par les astronautes n'ayant pas de système de réfrigération. En 2001, c'est l'astronaute russe Yuri Usachov qui a eu droit à une pizza lors de son séjour dans la station spatiale internationale (ISS) en mai 2001. Une version spécialement concoctée par Pizza Hut, « rehaussée en épices et en sel ». En 2017, les six astronautes de l'ISS ont pu eux-mêmes préparer leurs pizzas grâce à un kit tout prêt envoyé par la navette de ravitaillement.

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