Lune et planètes au crépuscule. © Shelley, Fotolia

Sciences

Cadeau du ciel : cinq planètes alignées à observer cette semaine

Que de merveilles dans le ciel de ce début d'automne, très doux. Aussitôt le Soleil couché, vous pouvez guetter l'apparition des cinq planètes les plus brillantes. Mais il n'y a pas qu'elles à voir...

Cet été, et tout particulièrement en juillet, quasiment toutes les planètes du Système solaire, hormis bien sûr la Terre, étaient visibles au fil de la nuit. Certaines sans instruments et d'autres en s'aidant de jumelles ou de télescopes. Il y avait même une comète qui flirtait avec la limite de la visibilité à l'œil nu (C/2017 S3 Panstarrs) et un célèbre astéroïde (Vesta)...

Trois mois plus tard, toutes les planètes sont à nouveau réunies dans la nuit. On peut aisément apercevoir les cinq plus brillantes dès le départ du Soleil, quand le ciel se remplit d'étoiles. Vénus et Mercure tout d'abord, dans les premières lueurs du crépuscule. Toutefois, c'est à la limite car elles sont toutes deux très basses au ras de l'horizon et s'en vont donc très vite. Aussi, pour avoir de plus grandes chances de les observer, faut-il privilégier des sites avec un horizon ouest très dégagé.

La Lune s’invite au milieu des planètes alignées

Un peu plus haut dans le ciel, vous remarquerez Jupiter qui « s'allume » au-dessus de l'horizon sud-ouest. La planète géante est l'un des astres les plus brillants de la soirée avec la Lune bien sûr et Mars. La Lune, justement, s'impose au milieu de cet alignement de planètes. Ce soir du 17 octobre, on peut la voir rayonner entre Saturne et Mars. Demain soir, fidèle à sa route et aussi un peu plus « âgée » qu'en premier quartier, elle s'invite juste à côté de la Planète rouge. Regardez comme cette dernière continue de briller avec vigueur. Certes, pas autant qu'au milieu de l'été mais son éclat rougeoyant transperce encore la nuit.

Les planètes visibles au crépuscule, le 17 octobre. Uranus se lève à l’est un peu plus tard. © SkySafari5

Neptune est là aussi, plus à l'est, dans le Verseau. Mais pour la distinguer, il vaut mieux s'armer d'une paire de jumelles ou, bien sûr, soit d'une lunette soit d'un télescope. Idem pour Uranus, une autre planète lointaine, laquelle sort de l'horizon ces jours-ci quand d'autres s'y enfoncent. Ajoutons aussi que Pluton, considérée comme une planète naine, est là aussi, brillant faiblement entre Saturne et Mars.

Des comètes à observer dans le ciel d’automne

Enfin, rappelons que la comète 21P/Giacobini-Zinner continue sa balade céleste. Elle est en ce moment dans les parages de l'éclatante Sirius, dans le Grand Chien. Un conseil : pour espérer l'apercevoir (dans un instrument), attendez la fin de la nuit qu'elle soit suffisamment haute dans le ciel.

À ne pas manquer aussi, surtout au cours des prochaines semaines : 46P/Wirtanen. Elle est annoncée comme « la comète de l'année ». Rien de moins ! Le 16 décembre prochain, Wirtanen sera la dixième comète à s'approcher au plus près de la Terre depuis les années 1950. À cette période, beaucoup de spécialistes pensent qu'elle sera visible à l'œil nu. Pour l'instant, elle voyage encore en toute discrétion dans les profondeurs de la nuit d'automne, au sein de la constellation du Fourneau. Un beau spectacle en perspective.

Pour en savoir plus

Bel alignement de planètes à observer jusqu'au 20 février

Article de Xavier Demeersman publié le 21 janvier 2016

Avis à tous les curieux, et spécialement les lève-tôt : les cinq planètes les plus brillantes sont visibles ensemble en fin de nuit durant un mois, entre le 20 janvier et le 20 février 2016. Nul besoin d'un instrument pour pouvoir admirer cet alignement planétaire assez rare. À certaines dates, la Lune décroissante brillera à leur côté.

Astrum, corps céleste ; asteres planetes, astre vagabond. « Le mot planète est dérivé de planasthai, "errer çà et là, s'écarter du chemin" » écrit l'astrophysicien Daniel Kunth dans son livre Les mots du ciel (édition du CNRS). Dans le ciel terrestre, nous connaissons une poignée de ces astres errants qui, comme l'ont observé nos ancêtres voici plusieurs millénaires (à Babylone, en Chine et probablement aileurs et avant...), se distinguent des étoiles dites « fixes » articulées en constellations, par leur mobilité. Du moins, à l'œil nu, leurs déplacements sont perceptibles, pour plusieurs cas, d'une semaine à l'autre. C'est un des moyens de faire la différence avec les autres luminaires. Nous savons aujourd'hui que ces points brillants ont une nature physique différente des lointaines étoiles (les planètes sont filles des étoiles, « enfants du Soleil ») et qu'ils empruntent tous le chemin de l'écliptique, à travers les douze, et même treize, constellations du zodiaque (Ophicuhus étant la treizième), en raison de leurs orbites autour du Soleil.

Sur les huit planètes du Système solaire (et même peut-être neuf aux dernières nouvelles), cinq sont observables sans instrument : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne (pour rappel, elles sont associées à cinq des sept jours de la semaine). En ce qui concerne Uranus et Neptune, leurs grandes distances avec la Terre a toujours empêché de les distinguer à l'œil nu.

Circonstance assez rare : en fin de nuit, entre le 20 janvier et le 20 février 2016, cinq de ces astres vagabonds sont visibles ensemble. En effet, une fois Mercure levée (celle-ci est à rechercher près de l'horizon sud-est), une heure environ avant que le Soleil ne darde ses premiers rayons, on peut admirer avec nos seuls yeux toutes ces planètes alignées dans la voûte céleste, entre le sud-est et l'ouest, sud-ouest.

L'alignement dans le ciel des cinq planètes, visible en fin de nuit en France métropolitaine jusqu'au 20 février. La Lune pourra être gênante. © Idé

Heures d’arrivée des planètes sur l'alignement

Bien entendu, pour profiter au maximum de ce spectacle relativement rare (la dernière fois que cela s'est produit, c'était entre le 15 décembre 2004 et le 15 janvier 2005), il est préférable de prendre vos distances avec la pollution lumineuse car elle nuit à l'éclat des étoiles, et de pointer un instrument, si vous en avez un, sur chacun de ces astres. Avec une simple paire de jumelles, par exemple, vous pourrez distinguer les phases de l'étincelante Vénus, ou encore les quatre satellites galiléens de Jupiter (découverts par Galilée).

C'est cette dernière qui ouvre le bal. En ce moment, la planète géante surgit de l'horizon est peu avant 22 h (heure de France métropolitaine), donnant en spectacle à nombre d'astronomes amateurs qui bravent le froid hivernal ses bandes équatoriales semblables à des rayures, le transit de sa tache rouge et, bien sûr, le ballet de ses lunes (visibles dans des binoculaires). Quatre heures plus tard, peu avant 2 h du matin, Mars la rouge la rejoint. Puis, c'est au tour de Saturne d'entrer en scène, vers 4 h 45, suivie environ une heure plus tard, par Vénus (vers 6 h). Enfin, quand Mercure paraît dans les lueurs de l'aube, les cinq protagonistes sont réunis.

À noter, que la Lune décroissante sera tour à tour en conjonction à côté de ces planètes jusqu'au 6 février. D'abord gibbeuse en compagnie de Jupiter le 27 et le 28 janvier, puis, le 30 janvier, elle passe à côté de Spica (l'étoile la plus brillante de la Vierge), le premier février, elle s'affiche en dernier quartier aux côtés de Mars, et deux nuits plus tard, le 3 février, elle brille à proximité de Saturne. Enfin, de beaux et fins croissants lunaires seront visibles aux aurores, non loin de Vénus et de Mercure les 5 et 6 février. Ajoutons que les plus avertis en profiteront sans doute pour tenter d'observer un corps minuscule du Système solaire : la comète C/2013 US10 (Catalina). Quasiment visible à l'œil nu au tout début de cette nouvelle année du fait de son activité, l'astre poursuit sa route vers les confins du Système solaire à travers les constellations circumpolaires de la Girafe et et de la Petite Ourse.

Pour en revenir à cette réunion de cinq planètes qui se déroule en fin de nuit, sachez que si pour des raisons de météo ou de non disponibilité, vous ne pouvez pas les admirer, il sera possible de vous rattraper cet été avec un nouvel alignement de cinq planètes, cette fois en tout début de nuit, entre le 13 et le 19 août. À la même période, nombre de curieux guetteront les derniers soubresauts de l'annuelle pluie d'étoiles filantes des Perséides.

Rappelons que, pour ceux qui ne l'ont pas déjà, vous pouvez simuler le ciel et le mouvement des planètes sur votre ordinateur (Mac OS, Windows ou Linux) avec le logiciel gratuit Stellarium. De même qu'au moyen de nombreuses applications pour smartphones (iOS et Android), dont nous vous avions présenté une sélection l'été dernier.

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