La comète 21P/Giacobini-Zinner a été approchée par la sonde Isee 3 (International Sun-Earth Explorer) en 1985. © David Hajnal, fotolia

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21P/Giacobini-Zinner, la comète à observer aux jumelles cette semaine

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Dans notre ciel, la comète 21P/Giacobini-Zinner se fraie un chemin le long de la Voie lactée, posant ainsi devant les plus beaux paysages cosmiques du ciel profond. Pour la plus grande joie des astrophotographes. Nul besoin, pourtant, d'instruments sophistiqués pour l'admirer : une paire de jumelles suffit.

Depuis plusieurs semaines, les chasseurs de comètes sont sur les traces de 21P/Giacobini-Zinner (21P pour faire court), la suivant pas à pas, chaque nuit, dans sa course à travers le Système solaire interne. Aussi petit soit-il, l'astre fait le bonheur des astrophotographes qui peuvent lui tirer le portrait, alors qu'il pose tantôt devant un amas bleuté de jeunes étoiles et le surlendemain près d'un nuage de formation stellaire...

Dans son tour du Système solaire interne — vu de la Terre —, la comète emprunte le chemin tapissé d'étoiles de la Voie lactée, passant, cet été, du Cygne au couple royal Cassiopée-Céphée, puis dans la Girafe et, en ce moment, le Cocher (Auriga). Le 13 septembre, elle entrera dans les Gémeaux (Gemini).

S'il y a une nuit où il ne faut pas le manquer, c'est celle du 14 au 15 septembre lorsque 21P, encore bien visible, effleurera M35 (Messier 35), une autre grappe de jeunes étoiles. Avec l'avantage, de surcroît, que la Lune sera déjà couchée.

La comète 21P photographiée dans le désert, en Iran. © avec l'aimable autorisation d'Amir H. Abolfath

Comment observer la comète ?

21P est actuellement de magnitude 6,5, voire 7 — généralement de magnitude 8, elle avait atteint brusquement la magnitude 5 en 1946. Elle est donc presque visible à l'œil nu. Mais c'est beaucoup mieux avec une paire de jumelles, et de préférence, comme toujours pour les observations astronomiques, depuis un site préservé de la pollution lumineuse.

Pour la reconnaître, c'est assez facile, sa lueur verdâtre la distingue des autres objets célestes qui habitent cette région du ciel. La comète se promène ces jours-ci du côté du Cocher et va bientôt passer dans le camp des Gémeaux. La première constellation, dominée par l'étincelante Capella, ne sort pas de l'horizon avant 22 heures. Et la seconde (où brillent Castor et Pollux) ne se montre qu'à partir de minuit. Quoi qu'il en soit, le meilleur moment pour contempler l'astre chevelu est entre 3 et 6 heures du matin, quand il est suffisamment haut dans le ciel noir. Et en particulier cette semaine, tandis que son éclat culmine.

Si vous ne connaissez pas bien le ciel et que vous avez peur de vous égarer en la cherchant, vous pouvez utiliser une application pour smartphone (et tablettes), véritables cartes du ciel virtuelles, ou consulter une carte du ciel en ligne (par exemple : Heavens Above, Stelvision, etc.).

Ce lundi 10 septembre, 21P/Giacobini-Zinner était sur le point de son orbite le plus proche de la Terre depuis 72 ans. Toutefois, avec quelque 58 millions de kilomètres entre elle et nous (0,39 UA), la distance reste importante.

Découverte d'abord en 1900 par Michel Giacobini, la comète a une période orbitale de 6,6 ans. Croisant régulièrement l'orbite de la Terre, elle est à l'origine de l'essaim météoritique des Draconides, dont le maximum d'activité se produit chaque année le 8 octobre. Y aura-t-il une pluie d'étoiles filantes plus belle cette année ? Cela reste difficile à prédire.

Prochain rendez-vous avec une comète visible aux jumelles — et peut-être à l'œil nu : 46P/Wirtanen, à la mi-décembre.

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