5 planètes sont visibles à l'œil nu cet été et une éclipse de Lune le 27 juillet. © anatoliy_gleb, fotolia

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Exceptionnel : 5 planètes et un gros astéroïde visibles à l’œil nu en juillet

ActualitéClassé sous :Espace , Astronomie , observation du ciel

Tous les curieux du ciel, et bien sûr les astronomes amateurs, sont gâtés pour ce mois de juillet : quasiment toutes les planètes du Système solaire sont visibles au cours des douces nuits de l'été. Cinq le sont à l'œil nu. S'y ajoute l'astéroïde Vesta. Mais il n'y a pas qu'eux. Évènement céleste à ne pas rater : la plus longue éclipse de Lune du siècle qui aura lieu le même jour que l'opposition de Mars ! Et ce sera la plus petite distance entre la Terre et la Planète rouge depuis 2003. Un beau festival de planètes.

Ce mois de juillet 2018 va combler tous les observateurs du ciel, que vous soyez simple curieux ou astronome amateur chevronné. C'est en effet un vrai défilé de planètes, du crépuscule à l'aube. Un paradis pour tous les amateurs de planètes qui souhaitent les contempler ou les photographier. Et ce n'est pas tout : la Lune se donnera en spectacle à la fin du mois pour une longue éclipse. Cerise sur la gâteau, la Planète rouge sera alors visible à côté d'elle, le jour de son opposition (le 27 juillet). Et cette année, c'est un grand cru.

Notre satellite naturel a rendez-vous avec toutes ces planètes au fil de sa lunaison. Les cinq visibles à l'œil nu, auxquelles s'ajoutent les lointaines Uranus et Neptune et l'astéroïde Vesta, le deuxième plus gros corps de la Ceinture d'astéroïdes. Alors, si d'aventure vous hésitiez encore à acheter un instrument d’observation (ou du matériel pour photographier), ce mois de juillet (avec les vacances) est peut-être le bon moment. Vous pourrez ainsi admirer au cours des douces nuits d'été, le croissant de Vénus, les bandes colorées de Jupiter (et ses satellites), Saturne et ses anneaux, Vesta... Enfin, Pluton, ex-planète devenue planète naine, sera en opposition le 12 juillet. Il y a trois ans, le 14 juillet 2015, New Horizons réalisait son survol historique de l'astre et de ses compagnons. Des images qu'on n'est pas près d'oublier !

Commençons par le crépuscule pour finir par l'aube. Quelles planètes peut-on voir ?

Le ciel le 19 juillet vers 22 h. Mercure se couche et Mars se lève. Entre les deux horizons : Vénus, Jupiter, Saturne, Pluton et Vesta. © SkySafari

Mercure et Vénus à admirer au crépuscule

Au cours de la première quinzaine du mois, durant une heure environ après le coucher du Soleil, on peut chercher Mercure entre l'horizon ouest et nord-ouest. Elle brille timidement dans le feu du crépuscule et son observation devient plus délicate à la fin du mois.

Comme toujours, impossible de manquer la belle Vénus. Ces temps-ci, elle est plutôt du soir. Durant tout le mois de juillet, elle campe dans la constellation du Lion. Bien visible durant près de 2 heures au crépuscule, notre voisine s'affiche les 8, 9 et 10 juillet aux côtés de Régulus, l'étoile la plus brillante du Lion. Les 15 et 16 juillet, les chemins de Vénus et de la Lune en croissant se croisent (ou presque). La deuxième planète du Système solaire, notre voisine, est irrésistible et captivante à l'œil nu, mais si vous avez une paire de jumelles ou un télescope, vous verrez ses phases : entre premier quartier et gibbeuse en juillet.

Jupiter, Saturne, Vesta en première partie de nuit

En remontant le long de l'écliptique, où sont enfilées toutes les constellations du zodiaque, on tombe sur Jupiter. Très brillante aussi, elle se remarque facilement. Elle brille dès le départ du Soleil et se couche peu après 1 heure du matin, au milieu du mois. La période est encore favorable à son observation mais cette fenêtre se rétrécit de jour en jour. La Lune vient lui rendre visite (conjonction), le 21 juillet. À noter que dans un instrument, trois de ses lunes galiléennes jouent à former un triangle le 5 et le 28 juillet, et à s'aligner tous les quatre du côté est de la géante le 29. La plus grosse planète du Système solaire campe cette année dans la constellation de la Balance.

Comment trouver Vesta et Pluton ? L’astéroïde Vesta se situe presque à mi-chemin entre l’étoile rougeoyante Antarès (Scorpion) et Saturne. © SkySafari

Après la Balance, la queue enroulée près du centre de la Voie lactée, c'est le Scorpion dominé par la brillante Antarès. Une supergéante rouge dont le nom donné par les Grecs (et cela remonte sans doute aux Babyloniens) signifie la « rivale de Mars » (anti-Arès). Un peu plus haut, on reconnaît le géant Ophiuchus, le Serpentaire. C'est près d'un de ses genoux que l'on peut apercevoir Vesta. Cet astéroïde, vieux reste de planète en formation, a été visité au début des années 2010 par la sonde Dawn. Dans notre ciel, la Lune s'affichera à ses côtés le 24 juillet.

Dans la constellation voisine du Sagittaire, tout droit en direction du cœur de la Voie lactée, on peut voir briller Saturne. Ô combien jolie à l'œil nu dans ses habits dorés, la célèbre planète aux anneaux a suscité bien des vocations à celles et ceux qui l'ont regardée pour la première fois dans un télescope. Son opposition — c'est-à-dire son alignement avec le Soleil et la Terre — est récente, elle remonte à fin juin. La période est donc propice à son observation, bien que la planète ne soit pas très haute au-dessus de l'horizon quand elle passe le méridien (seulement 20°). En d'autres termes, il n'est pas évident de la voir nette. C'est beaucoup mieux pour les observateurs résidant aux plus basses latitudes qui la verront plus haute dans le ciel. Cet été, Saturne brille quasiment toute la nuit, du crépuscule aux premières lueurs de l'aube. Une grosse Lune gibbeuse lui rendra visite le 25 juillet.

La plus longue éclipse de Lune du siècle et une belle opposition Mars

Si l'on continue de suivre la Lune qui, comme les planètes, emprunte le chemin de l'écliptique, on la retrouve pleine le 27 juillet à côté de notre voisine Mars. Ce jour-là, il y a une conjonction de deux événements astronomiques (vous pouvez mettre une alerte dans votre agenda) : une éclipse de Lune et l'opposition de Mars. Et tous deux seront proches l'un de l'autre (conjonction) dans le ciel terrestre.

L'éclipse est annoncée comme la plus longue du siècle (6 h 14 dont 1 h 43 de totalité). En Europe de l'ouest, quand la Pleine Lune se lèvera (face au Soleil couchant), ce sera le début de la totalité. Nous pourrons la voir devenir sanguine. Mais pour admirer le phénomène du début à la fin, il faudra plutôt habiter ou se rendre en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, en Iran, dans la péninsule arabique, à Madagascar, sur l'île de La Réunion, en Turquie, au Proche-Orient ou encore dans la moitié est de l'Afrique. Là, le spectacle sera total. Cela promet de très belles photos !

Carte de visibilité de l’éclipse lunaire du 27 juillet 2018. © IMCCE

Quant à Mars, sa luminosité qui ne cesse d'augmenter depuis des mois culminera vers le 27 juillet, le jour de son opposition. Au cours de cette période, son éclat sera plus vif que celui de Saturne. Entre la Terre et la Planète rouge, il n'y aura que 57,6 millions de kilomètres le 31 juillet. C'est le plus petit rapprochement entre les deux planètes depuis 2003 (elle était alors à 55,7 millions de kilomètres seulement, du jamais vu depuis 60.000 ans). La taille apparente de Mars sera de 24,31''. Dans ces conditions, il devrait être possible de bien distinguer les reliefs de la Planète rouge, ses taches sombres et ses calottes glaciaires (le pôle sud de Mars penche un peu vers nous cette année). Oui mais...

Là-bas, une tempête de poussière fait rage depuis fin mai et, pour l'instant, brouille la surface du globe martien. Peut-être se calmera-t-elle dans les prochains jours. Ce serait une bonne nouvelle aussi pour le brave Opportunity, qui manque cruellement de lumière solaire depuis plus d'un mois. L'autre souci d'observation est que la Planète rouge est aussi un peu basse au-dessus de l'horizon. Rouge comme la braise dans la constellation du Capricorne, elle ne dépasse pas en effet 20° au méridien en France métropolitaine. Les conditions sont meilleures aux plus basses latitudes.

Uranus et Neptune sont aussi de la partie

Enfin, n'oublions pas les lointaines Uranus et Neptune. Certes, elles sont invisibles à l'œil nu mais une lunette ou un télescope les trouveront, respectivement, dans les constellations du Bélier et du Verseau. Pour bien en profiter et donc mieux distinguer ces beaux petits points bleutés, il faut attendre qu'elles soient bien hautes au-dessus de l'horizon, entre 3 h et 5 h du matin pour Neptune et autour de 5 h du matin pour Uranus.

Last but not least : Pluton. pas d'optimisme excessif, l'ex-neuvième planète du Système solaire est quand même difficile à observer dans un instrument. En ce moment, la planète naine se promène dans le Sagittaire. Presque à mi-chemin d'ailleurs entre Mars et Saturne.

Prochain grand rendez-vous astronomique : la traditionnelle pluie d'étoiles filantes des Perséides. Le maximum est prévu dans la nuit du 12 au 13 août. Toutes ces planètes seront toujours visibles, à l'exception de Mercure.

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