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La mission Dawn autour de Vesta est un très grand succès

ActualitéClassé sous :Astronomie , Dawn , Nasa

Un premier bilan scientifique de la mission Dawn, en orbite autour de Vesta depuis l'été 2011, montre que cet astéroïde s'est formé de manière similaire à la Terre et la Lune. Les doutes ont été levés, Vesta est bien une protoplanète. Prochaine étape pour la sonde : son départ de Vesta, en août, à destination de la planète naine Cérès.

Vesta, le deuxième plus gros astéroïde connu du Système solaire, se révèle être une protoplanète, c'est-à-dire un objet intermédiaire entre un astéroïde et une planète. Sa taille ne lui a pas permis de devenir une planète. Sur l'image, à gauche une carte topographique, à droite les variations de la gravité (en G) sur Vesta (le rouge montre les plus fortes gravités, le bleu foncé marque les plus basses). © Nasa/JPL-Caltech/Ucla/MPS/DLR/Ida

Arrivée à l'été 2011 autour de Vesta, la sonde Dawn doit y rester jusqu'au 26 août prochain, date à laquelle elle partira à destination de son prochain objectif, la planète naine Cérès qu'elle atteindra en 2015.

Plus de dix mois après le début de la mission autour de Vesta, la revue Science, du 11 mai, vient de publier une série d'articles à comité de lecture présentant les derniers résultats scientifiques de la mission. Pour y voir plus clair, Futura-Sciences a interrogé Laurent Jorda, astronome au laboratoire d'Astrophysique de Marseille (Lam) et spécialiste des petits objets du Système solaire, qui parle de « mission réussie à tout point de vue ».

Techniquement, la Nasa a une nouvelle fois démontré sa science du pilotage. En effet, bien que cela ne soit pas la première fois qu'une sonde s'approche d'un astéroïde, il est toujours délicat de se satelliser ou de voler en formation avec des objets si peu massifs. Et pourtant, selon Laurent Jorda, l'objectif scientifique de la mission qui visait à « comprendre comment Vesta s'est formé et évolué dans le temps a été atteint ».

La sonde Dawn embarque trois instruments scientifiques. Une caméra (visible et proche infrarouge), un spectromètre gamma et à neutrons (Grand) et un spectromètre en lumière visible et infrarouge (Vir). © Nasa

Lorsque la sonde est lancée, en septembre 2007, les chercheurs ne partent « pas dans l'inconnu ». En raison de sa taille, les quelque 520 kilomètres de diamètre de Vesta sont facilement observables depuis la Terre ou par le Télescope spatial Hubble de sorte que « l'on avait bien avancé sur sa connaissance ».

Vesta : tout un monde à découvrir

On retiendra de la mission Dawn, la confirmation que Vesta est une protoplanète impactée. En d'autres termes, il s'agit d'un « corps intermédiaire entre une planète et un astéroïde d'où l'intérêt de comprendre son histoire géologique ». Dawn nous apprend qu'au cours de son histoire primitive, la surface de Vesta a été « recouverte d'un océan de magma ». Une découverte qui a permis de dater la formation de Vesta à « quelque 2 millions d'années après la formation des premiers corps solides dans la nébuleuse primitive (ancêtre des planétésimaux). » L'existence du noyau métallique, estimé à plus ou moins 110 kilomètres de diamètre, est également confirmée. Cela montre que la température a été assez élevée pour fondre la matière et accumuler les éléments lourds au centre de Vesta. Autre mesure importante, celle du diamètre du noyau métallique.  

Quant aux images, elles ont montré qu'il n'y avait pas qu'un seul cratère géant au pôle sud mais deux, de taille identique d'environ 500 kilomètres de diamètre. Elles ont également révélé l'existence d'une montagne haute d'environ 20 kilomètres au cœur de cette région.

Parmi les surprises, on citera la présence de zones sombres (dark materiel) dont on ignore l'origine et la nature. Si plusieurs hypothèses sont évoquées, effet de la composition des matériaux, effet topographique, « aucune ne donne une explication évidente ». Les chercheurs sont intrigués par ces zones qui ne sont pas « observées sur les objets de plus petites tailles ». Si la taille joue un rôle, pour expliquer ces variations de l'albédo, il « faudrait comprendre quel est le mécanisme qui fait que les gros corps, comme la Lune, ont des variations de l'albédo ».

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