L'Ensemble de lancement destiné à Ariane 6, vu depuis l'espace par Planet, 2021. © Planet Labs, Inc.
Sciences

Inédit : découvrez le tout nouveau pas de tir pour Ariane 6 depuis l'espace

ActualitéClassé sous :Ariane 6 , Centre spatial guyanais , ELA 4

-

[EN VIDÉO] Ariane 6 : son assemblage résumé en trois minutes  De son arrivée en différents éléments, jusqu’à son décollage depuis le pas de tir ELA-4, découvrez en vidéo les différentes étapes de l’assemblage d’Ariane 6, en position horizontale jusqu’à son pas de tir d’où les opérations restantes se feront en position verticale. 

Inauguré il ya quelques jours, l'Ensemble de lancement destiné à Ariane 6 a été observé par un satellite de la constellation Planet. Une image qui permet de se faire une idée précise de l'emplacement des principaux bâtiments de ce complexe qui s'étend sur 170 hectares.

Le 26 septembre, un des satellites de la constellation Planet a observé l'Ensemble de lancement destiné à Ariane 6 (ELA-4), situé dans l'enceinte du Centre spatial guyanais de Kourou. Ce cliché a été acquis depuis une altitude d'environ 475 kilomètres et permet, en un coup d'œil, de se faire une idée précise de la localisation des différents éléments et bâtiments qui forment ELA-4.

Parmi les principaux bâtiments, citons le portique mobile qui est une imposante structure métallique mesurant 90 mètres de haut pour 50 mètres de côté. Il repose sur 16 bogies, chacune équipée de huit roues motrices qui lui permettront de s'avancer ou de reculer sur une distance de 120 mètres en une vingtaine de minutes. Quelques heures avant le décollage d'Ariane 6, le portique mobile se retirera du pas de tir.

On aperçoit également les deux carneaux, longs de 180 mètres, larges et hauts de 20 mètres.  Ces « tunnels » inclinés et formant un V, serviront à canaliser et à évacuer les gaz de combustion de l'étage principal cryogénique et des étages à propergol solide, tout en réduisant les effets vibratoires et acoustiques au moment du décollage d'Ariane 6.

Emplacement des principaux bâtiments et structures d'ELA-4. © 2021 Planet Labs, Inc.

L'eau, nécessaire au moment du décollage d'Ariane 6, est stockée dans un château d'eau de 90 mètres de haut qui abrite un réservoir de 1.200 m3. Il est relié au mât et à la table par une canalisation de 2,5 mètres de diamètre. Cette eau sert à arroser le pas de tir avant et pendant le décollage du lanceur afin d'atténuer les vibrations du décollage de façon à protéger les installations contre ces effets très violents. Il faut savoir que l'allumage des boosters génère en effet des ondes acoustiques équivalentes à un niveau de bruit pouvant atteindre 180 décibels, qui doivent être atténuées pour limiter les vibrations sur le mât et la table de lancement. Cela permet également de refroidir les structures mécaniques et métalliques.

La stratégie de l’horizontale : une petite révolution

Enfin, le fameux bâtiment d'assemblage du lanceur Ariane 6. Haut de 20 mètres, long de 200 mètres et large de 41 mètres, ce bâtiment est situé à un kilomètre de la zone de lancement.

À la différence d'Ariane 5, édifiée en position verticale, Ariane 6 sera construite et assemblée en position horizontale, jusqu'à son pas de tir, comme d'ailleurs les lanceurs russes Soyouz lancés depuis le Centre spatial guyanais. Ce passage d'une intégration verticale à une intégration horizontale doit générer une réduction des coûts qui passe par la mise en place d'une nouvelle chaîne de production en série et cadencée.

Concrètement, à l'intérieur du bâtiment d'assemblage, les étages supérieurs et principaux d'Ariane 6 sont intégrés horizontalement, ce qui permet un processus d'assemblage plus rapide et plus simple. Ariane 6 est ensuite érigée en position verticale sur son pas de tir, à l'intérieur du portique mobile d'où seront ajoutés les boosters latéraux. Deux pour la version « 62 » et quatre pour la version « 64 ». Ensuite, le ou les satellites, déjà dans la coiffe, seront installés sur le lanceur.

Pour en savoir plus

Découvrez le tout nouveau pas de tir pour Ariane 6 au Centre spatial guyanais

Article de Rémy Decourt publié le 29/09/2021

L'Ensemble de lancement destiné à Ariane 6 (ELA-4) a été inauguré hier au Centre spatial guyanais. Il s'agit du neuvième pas de tir construit sur le site du « port spatial » de l'Europe. Quant au premier vol d'Ariane 6, il est prévu au mieux dans le courant de l'été 2022. 

Après huit années de travaux, dont deux ans de retard, le pas de tir d'Ariane 6 a été inauguré mardi 28 septembre. D'un coût avoisinant les 700 millions d'euros, cet Ensemble de lancement destiné à Ariane 6 devrait être mis en service dans le courant de l'été 2022, date à laquelle le vol inaugural du lancer devrait avoir lieu. Encore plusieurs mois d'attente avant de voir décoller la réponse de l'Europe aux lanceurs de SpaceX...

Ce pas de tir se différencie des précédents ensembles de lancement en raison de l'assemblage à l’horizontal d’Ariane 6. Une technique qui s'inspire d'autres concurrents russes et américains et qui remplace l'assemblage vertical tel qu'il est aujourd'hui pratiqué avec Ariane 5. Cette intégration à l'horizontale d'Ariane 6 et l'automatisation de certaines opérations, qui ne l'étaient pas avec ELA-3, participent à la réduction des coûts par rapport à Ariane 5.

Le portique mobile d'ELA-4 utilisé pour abriter la préparation finale du lanceur. Cette structure métallique de plus de 8.000 tonnes est haute de 89 mètres. © S. Corvaja, ESA

Le quatrième pour Ariane

Ce nouveau pas de tir du CSG est le neuvième en Guyane, après Diamant, Europa, Ariane 1, 4, 5, Vega et Soyouz. Il est bâti sur une surface de 170 ha, il a mobilisé 900.000 m3 de terrassement, 55.000 m3 de béton et 8.000 m3 de charpentes métalliques et 600 personnes ont participé au chantier, dont 75 % de personnel local. L'ELA-4 est constitué du massif de lancement, le socle en béton qui supporte le lanceur lui-même et tous les ouvrages et équipements nécessaires aux opérations d'assemblage final et au lancement, de la table de lancement qui y est encastrée, du portique mobile et du mât ombilical.

ELA-4, le pas de tir du lanceur Ariane 6. © ESA, S. Corvaja

ELA-4 se situe à 3,5 km de l'actuel ELA‑3 d’Ariane 5, le long de la « Route de l'espace » qui mène à l'Ensemble de lancement Soyouz, 6,5 km plus loin. Ses principales structures sont le massif de lancement, le portique mobile et le bâtiment d'assemblage du lanceur. Il compte également un château d'eau, des zones de stockage d'oxygène et d'hydrogène liquides entre autres.

En parallèle, les équipes du Centre spatial guyanais sont en train de réhabiliter le site de lancement Diamant, actuellement hors service et désarmé, de façon à l'adapter à Themis, Callisto ainsi qu'à de futurs petits et micro-lanceurs qui n'existent pas encore sur le marché.


Ariane 6 : la construction du pas de tir en chiffres

Article de Rémy Decourt publié le 07/08/2017

En Europe, la production du premier lanceur Ariane 6 a débuté. De l'autre côté du Globe, en Guyane, au Centre spatial de Kourou, c'est aussi l'effervescence : la construction du pas de tir prévu pour ce nouveau lanceur est en cours. Un chantier impressionnant à découvrir en chiffres.

Au Centre spatial guyanais (CSG), le chantier de l'Ensemble de lancement d'Ariane 6 (ELA-4) bat son plein. Ce futur pas de tir est réalisé par le Cnes, le maître d'œuvre du segment sol d'Ariane 6 dans le cadre d'une mission de conception et de réalisation confiée par l'Agence spatiale européenne (ESA).

Ce pas de tir est le neuvième construit au CSG et le quatrième pour Ariane. Il se situe à 3,5 km de l'actuel ELA‑3 d’Ariane 5, le long de la « Route de l'espace » qui mène à l'Ensemble de lancement Soyouz, 6,5 km plus loin. Ses principales structures sont le massif de lancement, le portique mobile et le bâtiment d'assemblage du lanceur. Il comptera également un château d'eau, des zones de stockage d'oxygène et d'hydrogène liquides par exemple.

Profond de 28,5 mètres, voici le carneau et ses deux rampes pour évacuer les jets du lanceur Ariane 6. © Rémy Decourt

Le chantier durera 4 ans

D'une durée de quatre ans (il a débuté mi-2015 et devrait finir mi-2019) et d'un montant de 200 millions d'euros, ce chantier est réalisé par Eclair6, un groupement de 46 entreprises que pilote Eiffage Génie Civil. Il s'inscrit dans un programme de développement des « moyens sol Ariane 6 » de quelque 600 millions d'euros. ELA-4, avec toutes ses installations, sera livré en juillet 2019. Le premier lancement d'une Ariane 6 est prévu en 2020.

Les retombées économiques pour la Guyane sont positives et estimées à 94 millions d'euros, soit environ 15 % du volume global du projet. Ce marché comprend également des clauses sociales d'insertion, « une volonté forte du Cnes », tient à souligner Jean-Yves Le Gall, son président. À ce jour, 96 jeunes guyanais sont en contrat d'insertion, ce qui représente quelque 106.000 heures équivalent à 60 emplois pour la construction d'ELA-4.

Érection de la charpente métallique du bâtiment d'assemblage du lanceur, à l'intérieur duquel Ariane 6 sera assemblée en position horizontale. © Rémy Decourt

Le chantier ELA-4 en chiffres

Voici quelques chiffres concernant le chantier ELA-4 :

  • Superficie totale : 170 hectares (340 terrains de football), dont 18 hectares de plateformes bâtiments ;
  • Terrassement : 700.000 m3 (7 fois la cathédrale Notre-Dame de Paris) ;
  • Carneaux : > 300.000 m3 (150 piscines olympiques), pour canaliser et évacuer les jets du lanceur au décollage ;
  • 14 tirs de mines, pour creuser le granite du carneau ;
  • Surfaces de planchers : > 20.000 m² ;
  • Surface de toiture : > 15.000 m² ;
  • Charpente métallique : 6.500 tonnes, à comparer aux 8.000 tonnes de la tour Eiffel ;
  • Portique mobile : 8.200 tonnes et 90 mètres de haut ;
  • Canalisations enterrées : > 15 km ;
  • Fourreaux pour câbles : > 35 km ;
  • Câbles haute tension enterrés : > 8 km ;
  • Puissance froid : > 3 MW ;
  • Volume de béton armé : 55.000 m3 ;
  • 4,5 m3 de béton produits toutes les 45 secondes.

---

Futura dans les Étoiles, c'est le rendez-vous incontournable des amateurs d'astronomie et d'espace. Tous les 1ers du mois, retrouvez-nous pour un tour complet des éphémérides du mois, avec des conseils pour observer au mieux ce qu'il se passe dans le ciel. Un épisode spécial publié tous les 15 du mois vous proposera d'en apprendre plus sur un objet ou un événement particulier qui marquera l'actualité astronomique et spatiale.

---

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !