Les jeunes de moins de 21 ans déclarent une forme différente de Covid-19 où les détresses respiratoires sont rares. © davit85, Adobe Stock
Santé

Covid-19 : la réponse immunitaire des enfants décryptée

ActualitéClassé sous :Coronavirus , enfant , Covid-19

La Covid-19 touche toutes les tranches d'âge mais pas de la même façon. Pour essayer de comprendre l'origine des différences entre les symptômes pédiatriques et ceux des adultes, des chercheurs ont décortiqué plusieurs aspects de la réponse immunitaire des jeunes et des moins jeunes.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Test antigénique pour détecter le Coronavirus  Les tests « antigéniques » actuellement expérimentés seraient plus rapides que les tests PCR et sérologiques pour détecter le Coronavirus. Peut-être permettront-ils de désengorger les laboratoires d'analyses ? 

La Covid-19 s'exprime différemment chez les enfants et les adolescents que chez les adultes. Les cas pédiatriques (patients âgés de moins de 21 ans) sont souvent plus modérés. Une minorité de cas évolue vers une détresse respiratoire, contrairement aux adultes, ou vers un syndrome inflammatoire généralisé (MIS-C), une complication de la Covid-19 récemment décrite chez les jeunes.

Au delà des facteurs de comorbidité qui apparaissent parfois avec l'âge, les scientifiques cherchent à comprendre pourquoi la Covid-19 prend des formes si différente selon l'âge. Dans une publication récente parue dans Science Translational Medecine, les scientifiques ont séparé les 60 cas pédiatriques et les 65 cas adultes de Covid-19 en cinq groupes. Le premier groupe rassemble les cas pédiatriques qui ne nécessitent pas de ventilation (n=41), le groupe 2 les cas pédiatriques avec un MIS-C (n=20), le groupe 3 des adultes malades mais qui n'ont pas eu besoin de ventilation (n=33), puis le groupe 4 les adultes en détresse respiratoire sévère (n=27). Enfin, le dernier groupe concerne des cas pédiatriques qui n'ont pas évolué sur une MIS-C mais une détresse respiratoire. Seuls 4 cas sont compris dans ce groupe.

Les caractéristiques de la réponse immunitaire, à savoir les cytokines sécrétées, les cellules immunitaires et la nature des anticorps sécrétés ont été analysés et comparés entre les cinq groupes pour essayer d'expliquer les différentes formes de Covid-19.

Des cytokines différentes chez les jeunes que chez les adultes

La première différence majeure entre les cas pédiatriques et les cas adultes est la nature des principales cytokines produites en réponse à l'infection. Chez les patients les plus jeunes, on observe une production accrue d'IL17A et d'IFN-γ dans le sérum. Les scientifiques ont montré que la sécrétion de ces deux cytokines était négativement corrélée avec l'âge des patients. Pour faire simple, plus le patient est âgé, moins il les sécrète.

IL-17A et l'IFN-γ semblent être deux cytokines clés qui protègent les cas pédiatriques des complications pulmonaires qui font tant de dégâts chez les adultes. IL-17A est produite par un large panel de cellules immunes allant des lymphocytes T aux cellules de l'immunité innée. L'IFN-γ est synthétisée essentiellement par les lympocytes T et les cellules Natural Killer.

Il existe aussi une différence entre les jeunes patients ayant une MIS-C et ceux n'en ayant pas. La survenue de la MIS-C est liée à un taux élevé d'IL-6 et d'IFN-γ. IL-6 est une cytokine connue pour son action pro-inflammatoire, ce qui est en accord avec la survenue de la MIS-C, un syndrome inflammatoire qui touche plusieurs organes.

En haut, les diagrammes indiquent la production d'IL-6, d'IFN-ϒ et IL-17A. En bas, la courbe de la production de cytokine en fonction de l'âge. © Carl A. Pierce et al. Science Translational Medecine

Les anticorps neutralisants plus présents chez les adultes

Du côté des anticorps, ils sont aussi bien dirigés contre la fameuse protéine S du virus chez les enfants que chez les adultes. La divergence se trouve dans leur pouvoir neutralisant. L'activité neutralisante des IgG est beaucoup plus faible chez les cas pédiatriques que chez les adultes. La capacité neutralisante des immunoglobulines est corrélée positivement avec l'âge et négativement avec celle d'IL-17A et d'IFN-γ.

Cette étude suggère donc qu'une réponse immune médiée par les cellules sécrétant l'IL-17A et l'IFN-γ permet une meilleure résolution de la maladie. Néanmoins, cette étude ne prétend pas clore le débat sur ce sujet, elle possède plusieurs limites comme des variations de certains résultats dues à la petite taille des groupes ou aux traitements reçus par les patients au cours de leur hospitalisation qui ont pu altérer certaines expériences.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !