Vacciner les enfants : bonne ou mauvaise idée ? © BillionPhotos.com, Adobe Stock
Santé

Covid-19 : faut-il vacciner les enfants ?

Question/RéponseClassé sous :vaccin anti-Covid , vaccination , intérêt de la vaccination

Même si les enfants sont peu concernés par les formes graves de Covid, il pourrait s'avérer nécessaire de les faire vacciner à terme. Mais le rapport bénéfice-risque est-il justifié chez les jeunes enfants ? Doivent-ils être vaccinés avec les mêmes dosages que les adultes ?

Pour le moment, les vaccins sont réservés aux personnes âgées de plus de 18 ans. Et pour cause : aucun essai clinique n'a jusqu'ici été mené chez les enfants. «Il n'y a aucune raison de vacciner une population qui n'est pas malade», justifie Claude-Agnès Reynaud, immunologiste à l'Inserm et à l'hôpital Necker enfants malades. «Sur 500.000 personnes décédées du Covid aux États-Unis, on ne compte que 250 enfants», rappelle-t-elle. «Il était donc raisonnable d'attendre un retour sur les effets de la vaccination chez les adultes avant de la proposer aux plus jeunes».

Pourquoi il faudra peut-être vacciner les enfants

Les enfants sont certes peu atteints de formes graves de Covid, mais les incertitudes demeurent sur leur rôle dans la propagation du virus. De ce fait, «on ignore si la vaccination de tous les adultes sera suffisante pour atteindre l'immunité de groupe», interroge Claude-Agnès Reynaud. Deuxièmement, laisser circuler le virus chez les enfants, c'est prendre le risque de favoriser des mutations. Troisièmement, le jeunes enfants sont moins à même de respecter la distanciation social et se contaminent donc plus facilement. Enfin, même si le nombre de cas est faible en pourcentage, on estime que 3,23 millions d’enfants ont été touchés par la Covid rien aux États-Unis (au 4 mars 2021).

Les enfants de plus de 6 ans ont une réponse immunitaire similaire à celle des adultes. © Andrii Zastrozhnov, Adobe Stock

Lancement des essais cliniques chez les enfants

Maintenant que l'on dispose d'un bon retour sur la sécurité et l'efficacité des vaccins, les fabricants de vaccins se sont tous lancé dans des essais cliniques chez les 12-17 ans et même dès 6 ans chez AstraZenaca. «Ces essais sont toutefois de beaucoup moins grande ampleur que ceux de phase 3 pour les adultes», note Claude-Agnès Reynaud. «Maintenant que l'on connaît mieux la réponse immunitaire induite par les vaccins, on peut évaluer l'efficacité en laboratoire, par exemple en examinant le niveau d'anticorps».

En réalité, il est peu probable que le dosage requis soit foncièrement différent de celui des adultes. «Chez les adolescents, le système immunitaire est mature et répond à peu près de la même façon à un vaccin», assure Claude-Agnès Reynaud. Chez les jeunes enfants, en revanche, il existe des différences. La vaccination contre la grippe est ainsi contre-indiquée avant l'âge de six mois, tandis que le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) est pratiqué en France à partir de 12 mois, car il est inefficace chez les nourrissons.

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