Illustration d'une comète. © Yuriy Mazur, Adobe Stock

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La comète Atlas est-elle en train de se désintégrer sous nos yeux ?

ActualitéClassé sous :comète , noyau cométaire , Chevelure de comète

On l'attendait comme la comète de l'année, voire de la décennie. Mais depuis quelques nuits, la comète Atlas semble montrer quelques signes de faiblesse. Des observations qui suggèrent qu'elle pourrait bien être en train de se désintégrer.

Atlas pourrait être la comète de l’année voire de la décennie !  Au cours de ce printemps 2020, une comète risque fort de faire sensation : C/2019 Y4 (Atlas). Venue des confins du Système solaire, elle arrive dans les parages de la Terre et du Soleil. 

La comète C/2019 Y4 Atlas -- plus simplement connue sous le nom de comète Atlas -- a été découverte fin 2019. Depuis quelque temps, sa luminosité augmentait plus vite que les astronomes l'avaient initialement imaginé. Laissant même espérer que nous pourrions bientôt l'observer à l'œil nu. Sa luminosité était même annoncée comme atteignant celle de Vénus, d'ici le mois de mai. Un spectacle grandiose allait venir égayer notre confinement. Mais, revirement de situation ces dernières nuits. La comète Atlas pourrait bien être sur le point de se désintégrer.

Dès le 15 mars, Karl Battams, chercheur au Naval Research Lab de Washington DC (États-Unis), déclarait : « je ne serai pas surpris de voir la comète Atlas commencer à s'estomper rapidement et peut-être même à se désintégrer avant d'atteindre le Soleil. » Et en effet, une baisse de luminosité a été notée ces derniers jours.

Un allongement du noyau révélateur ?

Plus récemment encore, des images prises par le télescope de l'observatoire de Xinjiang (Chine) ont montré un allongement du noyau de la comète Atlas de trois secondes d'arc, selon une direction semblable à celle de sa queue. Une morphologie en totale cohérence avec le déclin soudain de la production de poussière. Un signe, selon les chercheurs, d'une rupture du noyau de la comète. La désintégration de la comète Atlas pourrait aussi expliquer les anomalies de trajectoires également observées depuis quelques jours.

« L'orbite de la comète est maintenant influencée par des forces "non gravitationnelles". Ces forces résultent de gaz qui se détachent du noyau d'Atlas et provoquent un léger déplacement de ce noyau dans la direction opposée. La plupart des comètes actives en font l'expérience dans une certaine mesure, mais pour la comète Atlas, les forces "non gravitationnelles" se sont déclenchées très brusquement et sont assez fortes. Cela soutient le récit d'un petit noyau poussé très fortement par un dégazage extrême, éventuellement accompagné d'une fragmentation », explique Karl Battams sur spaceweather.com. Affaire à suivre...

Pour en savoir plus

La comète Atlas s'annonce comme la plus brillante depuis 20 ans !

Découverte il y a quatre mois, la luminosité de C/2019 Y4 (Atlas) augmente plus vite que prévu. À ce rythme, nous pourrions l'observer à l'œil nu ce mois-ci.

Article de Xavier Demeersman paru le 29/03/2020

La luminosité de la comète Atlas poursuit sa croissance fulgurante. Lueur verte radieuse, elle surprend les astrophotographes qui la retrouvent toutes les nuits, par la rapidité de la croissance de l'augmentation de son éclat. Fonçant vers le point de son orbite le plus proche du Soleil, le périhélie, qu'elle atteindra fin mai, elle affiche, ce 2 avril, une magnitude 8. Quelque 155 millions de kilomètres la sépare de la Terre (soit un peu plus que la distance Terre-Soleil).

La queue de la comète C/2019 Y4 (Atlas) commence à être bien visible. Images prises le 27 mars 2020 en Autriche par l'astrophotographe Gerald Rhemann. © Gerald Rhemann, Spaceweather

Paradant fin mars au-dessus de la tête de la Grande Ourse, C/2019 Y4 sera de passage dans la constellation de la Girafe quand elle commencera à être visible à l'œil nu. Elle traversera ensuite Persée avant de flirter avec les Pléiades et le Taureau quand elle plongera au plus près du Soleil, le 31 mai.

L’immense chevelure de la comète Atlas

Ce qui étonne aussi ses observateurs chevronnés qui la traquent depuis sa découverte, fin 2019, c'est la taille démesurée qu'a pris sa chevelure de gaz : 720.000 kilomètres de diamètre le 24 mars. Sa queue de gaz et de poussière, quant à elle, continue de s'allonger : elle mesure 3,3 millions de kilomètres début avril.

C/2019 Y4 (Atlas) a l'étoffe d'une comète qui pourrait devenir très brillante. Surtout, si l'on en croit les premières indications de son parcours dans le Système solaire, très similaire à celui de la « grande comète de 1844 ». D'ailleurs, il s'agit peut-être d'un fragment de cette dernière.

Le parcours de la comète Atlas dans le ciel terrestre. © StellaNavigator, AstroArts via aerith.net

On se prend donc à rêver qu'elle puisse avoir le même « potentiel » que son aînée du XIXe siècle et devenir ainsi la « Grande comète de 2020 », voire de la décennie ! Mais prudence car combien de fois des comètes annoncées comme exceptionnelles ont déçu... Et combien de fois des comètes quelconques ont, au contraire, impressionné par leur éclat imprévu. Atlas est très prometteuse et pourrait nous combler de surprise. Ce qui ne serait pas de trop en ces temps moroses de crise sanitaire.


Suivez les tribulations d’Atlas, une comète très prometteuse

Article de Xavier Demeersman publié le 22 mars 2020

La comète Atlas se cache de moins en moins dans la nuit. Et c'est bien normal car l'astre glacé, actuellement à environ 160 millions de kilomètres de la Terre, se rapproche à grands pas du Soleil. Pour les astronomes amateurs, il est désormais beaucoup plus facile de l'observer et les astrophotographes sont ravis de la retrouver tous les soirs, tous témoins de sa luminosité croissante.

De magnitude 8, ce 17 mars 2020, elle pourrait être visible à l'œil nu, du moins avec une paire de jumelle, dans les semaines à venir selon les projections. Au plus près du Soleil, fin mai, sa luminosité pourrait culminer à une magnitude 1, estiment les spécialistes.

Observez la comète Atlas !

Si vous souhaitez suivre son parcours dans la nuit étoilée, vous pouvez la rechercher ces jours-ci entre la paire de galaxies M81 et M82 et 23 Ursae Majoris, l'étoile qui figure l'oreille de la Grande Ourse (voir image ci-dessous). Dans les nuits à venir, vous pourrez la suivre se diriger vers la constellation de la Girafe (Cameleopardis).

Rappelons que C/2019 Y4 (Atlas), découverte à la fin de l'année dernière, emprunte la même orbite que C/1844 Y1 alias la « Grande comète e 1844 ». Il n'est donc pas exclu qu'elles aient un lien de parenté et, qui sait ?, que Atlas ait le même destin.

La comète Atlas pointait le bout de son nez près du museau de la Grande Ourse le 17 mars. © SkySafari

Informations complémentaires sur la comète Atlas dans les articles ci-dessous.


 Atlas sera-t-elle la comète de l'année ?

Découverte fin 2019, la comète C/2019 Y4 (Atlas) pourrait être de la même famille que la « Grande comète de 1844 ». Elle n'est plus très loin du Soleil et sa luminosité ne fait qu'augmenter. Sera-t-elle la comète de l'année ?

La comète Atlas arrive ! De son vrai nom C/2019 Y4 (Atlas), l'astre venu des confins du Système solaire brille de plus en plus à mesure qu'il se rapproche du Soleil. Actuellement, située au niveau de l'orbite de Mars, Atlas commence à être visible dans les grands télescopes amateurs. En un mois, elle est devenue 100 fois plus brillante (magnitude 11).

C'est fin mai, qu'elle sera au plus proche de notre étoile : environ 37,5 millions de kilomètres, un quart de la distance entre la Terre et le Soleil. C'est bien sûr à ce moment qu'elle brillera le plus mais ce n'est pas sans risques pour la comète, chahutée et écorchée par les « feux » du Soleil. Le petit corps de glace et de poussière, soumis à des températures élevées et aux pressions du vent solaire, pourrait se briser et anéantir toute chance pour les Terriens de l'admirer.

La comète Atlas va-t-elle devenir la comète de l’année ?

Le contraire peut se produire aussi : la comète pourrait survivre aux déchaînement du rayonnement solaire et nous régaler les jours suivants de l'étirement de sa chevelure flamboyante. Et pourquoi pas être visible en plein jour comme son aînée la « Grande comète de 1844 », laquelle avait marqué les habitants de l'hémisphère Sud. Aînée ou sœur... car les observations suggèrent que les deux astres auraient une même origine, de par leur orbite très similaire.

Le plus souvent imprévisibles, les comètes peuvent autant créer la surprise et se transformer en astre spectaculaire que décevoir par leur éclat au moment de leur passage au plus près du Soleil, le périhélie, dans le Système solaire interne, où nous habitons. Affaire à suivre.

Les points noirs marquent la magnitude observée de la comète Atlas. Un pic de luminosité (magnitude 2 ou 1 ?) est à prévoir fin mai, lors de son périhélie. © Aerith.net


Cette comète créera-t-elle la surprise au printemps ?

Article de Xavier Demeersman publié le 29 février 2020

Retenez bien son nom car on risque d'en reparler au fil des prochains mois : C/2019 Y4 (Atlas) ou comète Atlas, pour faire court. Un nom de géant pour un astre minuscule baptisé ici en référence à Asteroid Terrestrial-Impact Last Alert System, le programme qui l'a détecté le 28 décembre 2019, dans les ténèbres des confins du Système solaire.

Connue donc depuis quelques semaines seulement, elle n'est encore qu'un point diffus et pâle qui vogue pour l'instant à travers la constellation de la Grande Ourse. Des astrophotographes chevronnés comme Michael Jäger, coutumier de la chasse aux comètes, ont d'ores et déjà réussi à en capturer un aperçu, une faible lueur qui pour le moment équivaut à une étoile de magnitude 12.

Mais cela va s'améliorer car C/2019 Y4 est en chemin vers le centre du Système solaire où règne le Soleil. C'est le 31 mai qu'elle atteindra le point de son orbite le plus proche de notre Étoile, le périhélie. Sa luminosité devrait tout naturellement culminer autour de cette date, alors qu'elle passera (vu de la Terre) près de l'amas d'étoiles des Pléiades. Petit problème néanmoins : sa luminosité sera consumée par l'éclat flamboyant du Soleil (surtout, ne jamais regarder le Soleil directement), alors dans le Taureau. Il va donc falloir attendre qu'elle s'en éloigne pour l'observer. Cela peut aller vite, comme en 1844...

Gravure montrant la « Grande comète de 1844 » dans le ciel de Tasmanie. © Science Photo Library

Une orbite similaire à la « Grande comète de 1844 »

Car oui, fait intéressant et pas des moindres : l'orbite de ce corps de glace et de poussière apparaît très similaire à celle de C/1844 Y1, plus célèbre sous le nom de « Grande comète de 1844 » laquelle avait défrayé la chronique par son éclat inhabituel dans le ciel de l'hémisphère sud - elle était alors visible en plein jour. Il n'est pas exclu par ailleurs que la comète Atlas soit un morceau détaché de ladite « Grande comète » voire, que tous deux soient les fragments d’un astre-parent plus imposant qui se serait brisé voici des siècles.

Observation de la « grande comète de 1844 » par Sir James South, les nuits du 8, 9 et 11 juin 1844 à Kensington. L'astre était alors visible près de Capella, l'étoile la plus brillante du Cocher. © Royal Astronomical Society, Science Photo Library

Alors, la comète Atlas deviendra-t-elle le spectacle céleste de l'année ? Il n'est pas rare que ces astres créent la surprise. So, wait and see... De belles observations aux instruments seront en tout cas envisageables ce printemps.

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