Le programme Breakthrough Listen de l’institut Seti vient de mettre à disposition quelque deux millions de gigaoctets de données radio collectées dans notre Galaxie et dévoile les résultats de ses « écoutes » de 2I/Borisov, la comète venue d’un autre système planétaire. La technosignature d’une civilisation extraterrestre se cache-t-elle parmi cette immense masse de données ?

Cela fait un moment qu'on n'a pas parlé de la comète interstellaire 2I/Borisov qui traverse en ce moment notre Système solaireSystème solaire. L'actualité nous a un peu détournés de ce corps céleste venu d'une autre étoileétoile et qui est passé au plus près de la TerreTerre il y a bientôt deux mois.

À la grande question : est-ce que cet objet est un vaisseau spatial peuplé d'aliens ? Voire, une sonde spatiale envoyée par une lointaine civilisation extraterrestre pour espionner les Terriens (on ne sait jamais...) ? Eh bien, le projet Breakthrough Listen de l'institut Seti vient de trancher dans son dernier rapport dévoilé le 14 février à Seattle lors des rencontres annuelles de l'AAAS (American Association for the Advancement of Science) : c'est non ! Aucune technosignature n'a été détectée provenant de cette direction. Du moins, rien qui soit détectable par nos technologies, ont précisé les membres de Seti. Car après tout, cela pourrait être l'épave d'un objet extraterrestre qui n'émet plus depuis longtemps et erre d'étoile en étoile à travers la GalaxieGalaxie.

La même question s'était rapidement posée, on s'en souvient, avec ‘Oumuamua, le premier objet interstellaireobjet interstellaire identifié dans notre Système solaire. Et le débat n'est pas terminé car sa forme allongée et sa dynamique inhabituelle continuent d'intriguer. D'ailleurs des chercheurs, comme l'éminent Avi Loeb, directeur du département d'astronomie à Harvard, sont de l'avis que ce « voyageur venu d'ailleurs » pourrait être, démonstration à l'appui, une sonde équipée d’une voile solaire.

Les antennes du VLA au Nouveau-Mexique. L'observatoire va collaborer avec le programme <em>Breakthrough Listen</em>. © Seti Institute
Les antennes du VLA au Nouveau-Mexique. L'observatoire va collaborer avec le programme Breakthrough Listen. © Seti Institute

Seti rend accessible la plus grande masse de données de son histoire

Le même jour, Andrew Siemion, qui dirige les recherches scientifiques de Breakthrough Listen, a annoncé que pas moins de deux pétaoctets de données d'émissionsémissions radio sont désormais accessibles, et tout le monde peut participer à la recherche d'éventuelles civilisations extraterrestres en les décortiquant patiemment.

Si une civilisation avancée, quelque part dans la Voie lactée, voulait mettre une balise quelque part, le centre galactique serait un bon endroit pour le faire.

L'essentiel des signaux (principalement entre 1 et 12 gigahertz) proviennent du centre de la Voie lactéeVoie lactée, une région déterminante pour les chercheurs du programme : « [...] nous sommes unanimes pour dire que cette région est la partie la plus intéressante de la Galaxie, a indiqué Andrew Siemion dans le communiqué de presse. Si une civilisation avancée, quelque part dans la Voie lactée, voulait mettre une balise quelque part, le centre galactique serait un bon endroit pour le faire. Il est extraordinairement énergique, donc on pourrait imaginer que si une civilisation avancée voulait exploiter beaucoup d'énergieénergie, elle pourrait en quelque sorte utiliser le trou noir supermassif qui est au centre de la galaxie de la Voie lactée ».