Une comète d’aspect semblable à celui de la comète interstellaire 2I/Borisov. © Craig Taylor Photo, Adobe Photo
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De nombreuses comètes interstellaires se cacheraient aux confins du Système solaire

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Alors que les astronomes pensaient que le nuage d'Oort est truffé de débris de la formation de notre Système solaire, voilà qu'une étude envisage qu'il pourrait être majoritairement constitué d'objets interstellaires, venus d'ailleurs. Rendant des visiteurs tels que la comète Borisov, il y a plusieurs mois, pas si exceptionnels que cela.

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[EN VIDÉO] Comète 2l/Borisov : quel est cet objet interstellaire ?  Dans ce petit film, nous vous racontons l’histoire de la comète interstellaire 2I/Borisov. Une histoire qui débute, pour nous Terriens, fin août 2019 quand nous l’avons croisée du regard pour la première fois, mais qui a commencé il y a des dizaines ou des centaines de millions d’années, voire même plus… car nous ne connaissons pas encore l'âge de cet objet venu d’ailleurs. 

Elle a été repérée dans le ciel tout à la fin du mois d'août 2019. La comète 2I/Borisov s'approchait alors de notre Soleil. Elle a rapidement été étiquetée comme le second objet interstellaire -- après 'Oumuamua, découvert en 2017 -- a pénétré notre espace sous nos yeux. Et même, la première et -- jusqu'à aujourd'hui toujours -- seule comète interstellaire jamais détectée. Mais des astrophysiciens de l’université de Harvard (États-Unis) présentent aujourd'hui des travaux qui montrent que le nuage d'Oort contient plus d'objets interstellaires que d'objet issu de notre Système solaire.

Rappelons que le nuage d'Oort correspond à cette région à la limite du Système solaire de laquelle les chercheurs imaginent que nous viennent la plupart des comètes. Une sphère indicible située bien au-delà de l'orbite des planètes et qui s'étend à une distance comprise entre 200 et 100.000 milliards de kilomètre de notre Soleil. Ce nuage se serait formé à partir d'éléments composant le Système solaire primitif qui auraient ensuite été dispersés au loin.

« La théorie de la formation des systèmes planétaires suggère qu'il devrait y avoir (dans le nuage d'Oort) beaucoup moins de visiteurs que de résidents permanents, explique Amir Siraj, chercheur, dans un communiqué de l’université de HarvardMaintenant, nous constatons qu'il pourrait y avoir beaucoup plus de visiteurs. »

Des instruments pour traquer les comètes interstellaires

Pour nous aider à comprendre, l'astrophysicien compare l'observation de la comète Borisov à celle de voitures croisant une voie ferrée. « Si j'observe qu'un passage à niveau a été construit là, je peux supposer que des voitures traversent régulièrement la voie ferrée. Même si je n'ai moi-même vu passer qu'une seule voiture pour l'instant. »

Ainsi, c'est la détection même de la comète Borisov qui renseigne aujourd'hui les astronomes sur l'existence d'autres objets interstellaires semblables. Si nous n'avons pas observé plus de visiteurs interstellaires depuis la Terre, c'est parce que nous ne disposons pas encore de la technologie qui nous permettrait de les voir, affirment-ils. Car les comètes sont petites et logent très loin de notre Planète. Elles ne produisent pas non plus leur propre lumière.

Pour en apprendre encore plus, les chercheurs placent désormais beaucoup d'espoir dans de nouveaux instruments à venir. L'observatoire Vera C. Rubin qui devrait entrer en fonction en 2022. Ou encore le Trans Neptunian Automated Occultation Survey (Taos II) conçu justement pour détecter les comètes aux confins de notre Système solaire qui pourraient donner de premiers résultats dès cette année. Car « avec des observations de disques protoplanétaires et des approches informatiques de la formation des planètes, l'étude des objets interstellaires pourrait nous aider à percer les secrets de la formation de notre système planétaire -- et d'autres », conclut Amir Siraj.

Pour en savoir plus

Comètes et astéroïdes interstellaires : ‘Oumuamua et 2I/Borisov ne sont qu'un début

Les objets interstellaires. Pour l'heure, seuls deux d'entre eux ont pu être observés croisant dans notre Système solaire. Mais des chercheurs prétendent qu'il faut s'attendre à découvrir bien plus de ces comètes et astéroïdes dans les années à venir.

Article de Nathalie Mayer paru le 03/10/2019

Selon des chercheurs de l’université de Yale (États-Unis), après ‘Oumuamua et 2I/Borisov, nous devrions recevoir la visite de nombreux autres objets interstellaires issus des disques protoplanétaires d’étoiles lointaines. © David A. Aguilar, CfA, Wikipedia, Domaine public

Lorsque 2I/Borisov a été récemment confirmé comme étant le second objet interstellaire - une comète, plus précisément - à transiter dans notre Système solaire, certains ont été étonnés. Mais pas ces astronomes de l'université de Yale (États-Unis). Ils venaient en effet juste de mettre le point final à une étude qui prévoit que quelques gros objets interstellaires comme celui-ci puissent nous apparaître chaque année. Ainsi que des centaines de plus petits...

'Oumuamua avait été le tout premier objet interstellaire découvert dans notre environnement proche en octobre 2017. Son origine a suscité de vifs débats. Jusqu'à ce que la comète 2I/Borisov entre en scène il y a quelques semaines. Et les chercheurs auront cette fois environ une année entière pour l'étudier.

Les objets interstellaires de type ‘Oumuamua – dont on découvre ici une vue d'artiste – et 2I/Borisov devraient permettre aux astronomes d’en apprendre plus sur les systèmes extrasolaires. Car ils sont potentiellement faits des mêmes matériaux que les exoplanètes… mais nous arrivent bien plus proches. © M. Kornmesser, ESO

Des objets issus de disques protoplanétaires

Pour l'heure, la plupart des exoplanètes connues sont situées trop près de leur étoile pour être capables d'éjecter de la matière qui voyagerait ensuite jusqu'à notre Système solaire. Alors les chercheurs de Yale imaginent que des planètes géantes ont pu se former à distance. Et celles-ci pourraient être responsables de la formation de comètes interstellaires.

Pour vérifier leur théorie, les chercheurs ont examiné de grands disques protoplanétaires brillants et proches capturés par le réseau Alma (Chili). Ils y ont repéré des « trous » qui ont pu être laissés par de telles planètes en formation et ont simulé ensuite la quantité de matériaux qu'elles ont pu éjecter. De quoi nourrir de nombreuses observations dans les années à venir, assurent-ils.

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