Superbe photo prise à la fin de l'occultation de Mars par la Lune, le 6 septembre dernier. © David Duarte, Romualdo Caldas, Apod (Nasa)
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Mars est au plus près de la Terre

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[EN VIDÉO] C'est le moment d'observer Mars  Jusque fin octobre, Mars va devenir plus éclatante que Jupiter. Du soir au matin, vous pourrez l’admirer à l’œil nu ou dans un instrument. Elle sera au plus près de la Terre le 6 octobre et en opposition le 13 octobre. 

Dans quelques jours, le 13 octobre, Mars sera en opposition. Une semaine avant, la distance entre nos deux planètes ne sera que de 62 millions de kilomètres. La meilleure période pour l'observer a commencé !

Avez-vous remarqué à quel point Mars est devenue brillante ? Elle brille plus que Jupiter désormais ! C'est parce que la distance qui nous sépare de notre voisine se réduit d'heure en heure. Jusqu'au 6 octobre prochain lorsque, dans l'après-midi, nous serons au plus près de l'astre rouge orangé, avec 62 millions de kilomètres seulement. Un des meilleurs rapprochements de ces dernières années.

Cette configuration est donc très favorable à son observation. Comme tous les 26 mois, Mars est en effet en opposition, c'est-à-dire alignée avec la Terre et le Soleil. Nous, Terriens, nous serons donc entre les deux, ce qui signifie que quand l'un part se coucher, l'autre, en face, se lève. L'opposition aura lieu le 13 octobre prochain, soit près d'une semaine après la plus petite distance entre les deux mondes.

Pas la peine d'attendre cette date pour la regarder : Mars brille quasiment toute la nuit et son éclat domine celui de tous les autres astres. À l'œil nu, vous la remarquez sans difficulté : c'est un phare étincelant au-dessus de l'est quand elle se lève. Impossible de la rater et aussi de la confondre avec une étoile car, contrairement à ces dernières, elle ne tremble pas, ne scintille pas.

Dans la nuit du 2 au 3 octobre, notez que la Lune, encore presque pleine (et à l'apogée) la rejoindra pour former une belle conjonction au sein des Poissons

Observez Mars

À la faveur de son rapprochement avec la Terre, Mars est donc devenue beaucoup plus brillante qu'il y a trois mois et son éclat écrase celui des autres planètes, à l'exception de Vénus. Mais Mars ne dévoile pas facilement des détails de sa surface, et l'on peut parfois préférer regarder dans un télescope ou une lunette Jupiter, pourtant située à plus de 600 millions de kilomètres de la Terre. Jupiter a surtout l'avantage d'être beaucoup plus grande que la Planète rouge, laquelle, rappelons-le, est deux fois plus petite que la Terre. Donc, même si elle est 10 fois plus éloignée de nous que Mars, la géante gazeuse Jupiter a de beaux détails de ses tempêtes et bandes équatoriales à montrer à ses observateurs terrestres.

Pour Mars, c'est différent : on peut distinguer des reliefs -- ce que nous ne verrons jamais sur la géante gazeuse. On peut les deviner dans un instrument mais des captures avec une caméra à son foyer donneront des résultats, après traitements, autrement plus spectaculaires. Là, où dans l'oculaire, on peut deviner la présence de la calotte polaire sud -- comme un petit coup de pinceau brillant et nacré posé sur le disque orangé de Mars --, les images qu'obtiennent les astrophotographes dessinent, elles, ses contours, ainsi que ceux des taches sombres caractéristiques de la Planète rouge.

Le 5 septembre, la Lune a rendu visite à Mars dans les Poissons. Les prochaines conjonctions seront le 2 et le 29 octobre. La Planète rouge est de plus en plus brillante à mesure qu'elle se rapproche de la Terre. © SkyGuide (capture d'écran)

Pour vous aider, il existe des apps iOS et Android avec des cartes de Mars qui vous permettront d'identifier les masses charbonneuses que vous apercevez. La Planète rouge n'est en effet pas entièrement rouge et n'a rien de monotone, comme on peut le voir sur les images détaillées que nous envoient les sondes spatiales qui la survole.

Pour des observations directes dans un instrument, il faut être patient et la regarder plusieurs fois. D'abord pour que votre œil s'habitue, ensuite pour surprendre des détails qui apparaissent au milieu des fluctuations crées par la turbulence atmosphérique, enfin pour accompagner la rotation de la Planète rouge (24 h 37 mn), et donc découvrir de nouveaux paysages... Nous avons la chance cette année que Mars soit à plus de 50° au-dessus de l'horizon lorsqu'elle passe le méridien au cœur de la nuit. C'est beaucoup mieux que pour Jupiter et Saturne -- encore visibles mais sur le déclin --, qui n'étaient pas très élevées au-dessus de l'horizon sud tout au long de l'été.

En tout cas, n'espérez pas reconnaître les fameux « canaux martiens » qui avaient tant défrayé la chronique à la fin du XIXe et début du XXe siècle. On peut s'étonner qu'un tel biais ait connu autant de succès. De là est né le mythe d'une planète habitée par des Martiens dépeints comme hostiles. Des Martiens qui avaient creusé des canaux pour acheminer l'eau stockée aux pôles et l'amener aux basses latitudes, plus chaudes. Certains, comme Percival Lowell, y croyaient dur comme fer.

Explorez Mars avec Mars Trek. © Nasa

De la vie sur Mars, il y en a peut-être eu dans un lointain passé, ou encore aujourd'hui, enfouie dans le sous-sol. Pour le savoir justement, les chercheurs comptent sur Perseverance, actuellement en croisière vers sa cible. Arrivée du rover sur le sol de Mars prévue en février 2021. Le rapprochement entre la Terre et Mars est, bien sûr, le bon moment pour relier nos deux planètes.

Pour en savoir plus

Mars est de plus en plus brillante le soir

Article de Xavier Demeersman publié le 18 septembre 2020

Si trois missions ont pris le chemin vers Mars cet été, ce n'était pas par hasard. Les agences spatiales ont, bien sûr, profité du rapprochement entre les deux planètes, qui a lieu tous les 780 jours, pour expédier leurs nouvelles missions. Le rover ExoMars devait faire partie de ce « convoi » vers notre voisine mais l'ESA a préféré attendre le prochain rendez-vous de 2022.

C'est le 6 octobre prochain, quelques jours avant son opposition du 13 octobre (alignement de Mars avec la Terre et le Soleil) que notre voisine, Mars, sera au plus près de la Terre. La distance entre nos deux mondes ne sera plus que de 62 millions de kilomètres, soit l'une des plus petites depuis celle, mémorable, de 2003. Ce dernier était un record qui restera longtemps dans les annales car la Planète rouge n'avait jamais été aussi près des yeux des Terriens depuis... 60.000 ans ! Il n'y avait alors qu'un vide de 55,7 millions de kilomètres entre elle et nous.

Superbe photo de Mars prise le 16 septembre dernier par le très talentueux Damian Peach. © Damian Peach, Twitter

62 millions de kilomètres, cela peut paraître beaucoup mais en réalité, à l'échelle du Système solaire, c'est très proche. Un jet de pierre... Quand vous la regardez le soir, en ce moment, songez qu'elle n'est qu'à peine à quatre minutes-lumière de vous et que vous ne la voyez donc qu'avec quatre minutes de retard. En cette mi-septembre, nous entrons dans la meilleure période pour l'admirer.

Comment trouver Mars ?

Mars va devenir progressivement si brillante qu'il sera très facile de la reconnaître dans la nuit par son éclat flamboyant. Mi-septembre, on peut la voir apparaître dès 21 h, juste au-dessus d'un horizon est dégagé, au milieu de la constellation des Poissons (Pisces). Actuellement, d'une magnitude de -2.3 (le 19 septembre), son éclat va continuer d'augmenter pour surpasser celui de Jupiter le 24 septembre (qui, vous l'avez remarqué, brille vigoureusement dès le coucher du Soleil depuis le début de l'été). Seule notre autre voisine, Vénus (qui, signalons-le en passant, a aimé en secret le dieu Mars, comme le raconte la mythologie gréco-romaine), demeurera la planète la plus brillante en cette toute fin d'été et tout au long de l'automne. Mais comme elle n'est pas là avant la fin de la nuit, Mars règne en maître jusqu'aux aurores.

Différences de la taille apparente de Mars entre mai et juillet 2018, lors du précédent rapprochement entre la Terre et Mars. © Nasa, JPL-Caltech

Plus la Terre se rapproche de Mars, plus sa taille apparente va naturellement augmenter (image ci-dessus), pour le plus grand bonheur de ses observateurs terrestres qui la scrutent toutes les nuits.

Vous pouvez bien sûr l'admirer simplement à l'œil nu, point rouge-cuivre étincelant dans la nuit sombre, mais si vous possédez une lunette ou télescope  -- ou si vous pouvez en emprunter un(e) --, alors vous vous émerveillerez en observant les détails caractéristiques qu'elle arbore, notamment ses taches sombres au fil de ses rotations (un peu plus de 24 heures) et, cette année, sa calotte polaire sud. Selon l'heure, vous pourrez distinguer un petit morceaux de celle-ci détaché du reste. Rappelons que l'été s'installe dans l'hémisphère sud de Mars depuis le 2 septembre.

Deux conjonction de la Lune avec Mars en octobre

Les soirs des 2 et 29 octobre, Mars a rendez-vous avec la Lune. ces deux belles conjonctions seront observable à l'œil nu bien sûr. Impossible de manquer Mars cet automne.

(Le 5 septembre, lors de la dernière conjonction, il était possible de voir une occultation de Mars par la Lune dans certaines régions du monde comme le sud de l'Europe, l'Afrique, l'Atlantique ou l'Amérique du Sud. En France métropolitaine, il n'y avait guère que dans le sud de la Corse que le phénomène était visible, durant quelques minutes seulement. Néanmoins, on pouvait admirer la Planète rouge frôler le sud de la Lune. Cette dernière était à son apogée, sa distance la plus grande avec la Terre, à 6 h 30 : 405.607 kilomètres.)

Ardent point de couleur rouge orangé, la planète sera visible ces prochains mois tout au long du cordon qui relie les deux poissons. En la suivant régulièrement, au jour le jour, vous remarquerez qu'elle fait une boucle de rétrogradation -- connue depuis la haute antiquité -- au sein de cette constellation du zodiaque.


Mars au plus près de la Terre depuis 15 ans, le 31 juillet 2018

Article de Xavier Demeersman publié le 31 juillet 2018

Le point rouge très brillant que vous voyez au-dessus de l'horizon sud-est le soir, c'est Mars. Il est rare de voir cette planète si étincelante dans la nuit. Sa luminosité va culminer ces jours-ci, moment où la distance entre la Planète rouge et la Terre est la plus petite. Il s'agit de la plus courte depuis quinze ans. Indéniablement, Mars est la star de l'été !

Ces jours-ci, ou plutôt ces soirs-ci, quand l'étincelante Vénus s'enfuit sous l'horizon ouest, son amant, Mars, se hisse au-dessus du sud-est. Attend-il qu'elle s'en aille pour se montrer ? Ou, au contraire, tente-t-il de la rattraper pour lui dire son amour ? On pourrait aussi penser que Mars essaie de nous atteindre. En effet, dans sa danse orbitale autour du Soleil, la planète qui porte le nom du dieu de la guerre dans la mythologie romaine (fils de Junon et Jupiter, mais aussi père de Romulus et Remus, Mars fut d'abord dieu de l'agriculture pour les Romains) n'a pas cessé de se rapprocher de la Terre au cours de ces derniers mois.

Si bien qu'il est impossible de la manquer au cours de ces douces soirées de juillet, lorsque l'astre fait son entrée dans le ciel étoilé. Une entrée fracassante, cette année. Quel éclat ! Une fois n'est pas coutume, Mars la rouge est plus brillante que son aîné Jupiter (certes plus éloignée, mais tellement plus grande). Et cela va durer encore plusieurs jours.

Mais alors, pourquoi Mars brille-t-elle autant cette année ? D'abord, le 27 juillet sera le jour de son opposition. Autrement dit, la Planète rouge sera alignée avec la Terre et le Soleil. D'ailleurs, ajoutons que ce sera aussi le cas de la Lune : ce même soir, en effet, la Pleine Lune nous fera l'honneur d'une belle éclipse totale, et cela à côté de Mars ! Mais revenons à Mars. N'est-ce pas à l'occasion de ce jour de l'opposition que la distance entre nos deux planètes devrait être la plus petite ? Eh bien, pas tout à fait.

À droite, dernier portrait de Mars par Hubble à l'occasion de l'opposition de 2018. Par comparaison avec l'opposition de 2016, bien des détails sont estompés par la tempête globale de poussière qui s'est levée fin mai. © Nasa, ESA, STScI

La plus petite distance entre Mars et la Terre le 31 juillet

En raison de l'excentricité de l'orbite de Mars, cette dernière sera au plus proche de la Terre quelques jours plus tard, le 31 juillet. Ce jour-là, l'espace entre la Planète rouge et la Terre ne sera que de 57,6 millions de kilomètres. Et non, Mars ne deviendra pas aussi grosse que la Lune, comme le prétend une rumeur récurrente sur Internet. C'est totalement impossible.

2018 est un excellent cru, le meilleur depuis 2003. Ce dernier restera longtemps dans les annales pour avoir été la plus petite distance entre Mars et la Terre depuis... 60.000 ans. L'écart entre les deux planètes n'était alors que de 55,7 millions de kilomètres, soit deux millions de kilomètres de moins que cette année ; 2018 est tout de même beaucoup mieux que la précédente opposition de 2016, qui était de 76,1 millions de kilomètres, et que celle de 2012, de 100,8 millions de kilomètres. Nous n'aurons pas Mars aussi proche avant 2287 !

Naturellement, ce rapprochement augmente la taille apparente de notre voisine : en 2012, la taille apparente de Mars était de 13 secondes d'arc ('') contre 24 actuellement ! Cela se traduit donc par une luminosité plus généreuse, à rendre jalouses Jupiter et Vénus, ainsi que bien des étoiles qui règnent sur le ciel de l'été (Véga, Deneb, Altaïr, Arcturus, etc.).

Malgré l'éclat de Mars, un astrophotographe a réussi à mettre en évidence les deux petites lunes qui gravitent autour de la Planète rouge : Phobos (27 km) et Deimos (15 km). © Dzmitry Kananovich, Spaceweather

Mais alors, avec une taille apparente semblable, c'est donc le meilleur moment pour observer Mars ? La réponse est : oui, mais... cela ne sera pas évident. En fait, cela dépend de l'endroit où vous êtes et aussi de la tempête de poussière qui sévit en ce moment à la surface de Mars. Apparue fin mai, la petite tempête est devenue monstrueuse, au point d'englober toute la planète, ou presque. Ainsi, le ciel s'est considérablement obscurci vu de la surface de Mars, ce qui n'est pas sans poser de problème au rover Opportunity, très dépendant de la lumière solaire. Les éclaircies se font attendre et, comme souvent avec de telles tempêtes, la poussière se dissipe lentement.

Observer Mars

En clair, la météo martienne n'est pas de notre côté et ne favorise pas l'observation des reliefs emblématiques (dans tous les cas, il faut posséder une lunette ou un télescope). Car, hélas, la tempête tend à gommer les taches sombres de la surface martienne et à les uniformiser. Toutefois, la calotte polaire sud de Mars reste bien visible, et, comme l'été approche dans son hémisphère sud, nous devrions voir sa taille diminuer au fil des semaines. À noter aussi que, sur de récentes photographies d'astronomes amateurs, on devine les taches sombres au sol malgré les intempéries. Tout n'est pas perdu.

Mars, le 21 juillet 2018, photographiée depuis la Terre par Damian Peach. © Damian Peach (@peachastro)

Mars brille en ce moment dans la constellation du Capricorne, ce qui veut dire que quand l'astre passe le sud (donc, quand il est au plus haut dans le ciel), vu de France métropolitaine, il n'est guère plus élevé qu'une vingtaine de degrés au-dessus de l'horizon. Ce n'est donc pas beaucoup et l'observation de la planète peut être gênée par la turbulence atmosphérique (les couches de l'atmosphère terrestre sont plus épaisses près de l'horizon).

Autrement dit, la Planète rouge peut apparaître assez floue et fluctuante dans un instrument. Des conditions qui pénalisent l'observation aux latitudes moyennes. Pour en profiter au maximum, il faut donc se diriger vers les latitudes plus basses. Au passage, signalons que le meilleur endroit pour observer l'éclipse totale de Lune du 27 juillet -- la plus longue du siècle -- sera l'île de La Réunion. Et Mars brille à côté.

Quoi qu'il en soit, Mars est superbe à regarder à l'œil nu. Comme on l'a vu, il est rare de la voir si brillante. Quasiment tout l'été, l'astre va percer la nuit de son intense éclat rouge orangé. Impressionnant. 


Opposition de Mars de 2012

Article de Jean-Baptiste Feldmann publié le 29 février 2012

C'est une nouvelle opposition martienne qui se produira le 3 mars prochain. L'occasion pour les astronomes de scruter une nouvelle fois la surface de la fascinante Planète rouge.

Le ciel du soir est en ce moment riche en planètes. Une fois le soleil couché, on peut déjà tenter le délicat repérage de Mercure sur l'horizon ouest dans les feux crépusculaires. Puis en relevant les yeux personne ne peut ensuite manquer la danse à laquelle se livrent Jupiter et Vénus, spectacle dont l'apothéose est fixée au 14 mars quand les deux astres seront au plus près. Lorsque le ciel est assez sombre tournez-vous vers l'est : la constellation du Lion (connue pour abriter un célèbre trio de galaxies) se lève, accompagnée du point brillant orangé de la planète Mars. Bien qu'elles reviennent tous les 800 jours en moyenne, les oppositions martiennes sont loin de se ressembler.

Le 27 août 2003, nous avions vécu une opposition périhélique exceptionnelle. La planète passait alors à moins de 56 millions de kilomètres de nous, la plus courte distance depuis 60.000 ans, et son diamètre de 25 secondes d'arc était une aubaine pour tous les heureux possesseurs de télescope. Le télescope spatial Hubble lui-même avait été sollicité pour immortaliser ce rapprochement exceptionnel. Cette fois-ci l'opposition est aphélique et Mars sera presque deux fois plus petite dans nos instruments, à plus de 100 millions de kilomètres de nous. Mais ne baissons pas les bras, cette configuration n'est pas si défavorable qu'elle n'y paraît...

La planète Mars saisie le 26 février dernier dans un télescope de 20 centimètres de diamètre. De nombreux détails sont déjà visibles. © R. Morisan

Mars : une planète petite mais nette

Si la planète Mars ne présentera cette fois-ci qu'un diamètre apparent maximum de 13,9 secondes d'arc, les observations depuis la Terre devraient être assez spectaculaires. D'abord bien sûr parce que le matériel astronomique ne cesse d'évoluer (en particulier chez les amateurs) et que des images détaillées ont déjà été réalisées depuis quelque temps, comme le cliché ci-dessus proposé sur notre forum d'astronomie par Richard Morisan, un astrophotographe amateur qui avait déjà imagé la tempête martienne de 2010.

Avec son télescope de seulement 20 centimètres de diamètre, il nous dévoile l'hémisphère boréal de la planète et sa calotte polaire (en bas de l'image). La spectaculaire formation sombre au milieu du disque est Syrtis Major, un plateau volcanique sombre à proximité duquel la sonde Mars Express a photographié de profondes fractures.

En janvier la planète Mars et la Lune s'étaient donné rendez-vous à l'aube. © J.-B. Feldmann

À suivre, une calotte polaire et des satellites

Autre raison de satisfaction, cette opposition se déroule alors que la planète Mars a une déclinaison positive, ce qui signifie que lorsqu'elle passe au méridien (le point le plus élevé de sa trajectoire dans le ciel) elle culmine bien au-dessus des turbulences atmosphériques qui troublent les images télescopiques lorsqu'on pointe des astres à une faible hauteur. Dernière raison de se réjouir, les oppositions aphéliques sont celles où l'atmosphère de Mars est la moins agitée. Très éloignée du Soleil, la Planète rouge est moins sujette aux grandes tempêtes. Ces dernières sont connues pour sévir lors des oppositions périhéliques, soulevant d'immenses quantités de poussière qui masquent les détails du paysage martien pendant plusieurs semaines. En 2003 la grande tempête du mois de décembre avait laissé planer une menace sur l'arrivée prochaine des rovers Beagle 2Spirit et Opportunity.

Voilà donc de bonnes raisons de penser que le cru martien 2012 sera de grande qualité. Concernant l'observation de la planète elle-même, c'est l'hémisphère boréal orienté vers nous qui sera le plus étudié, avec en particulier les modifications de l'étendue de la calotte polaire nord, un empilement de glace et de poussière, sur trois kilomètres d'épaisseur, sculpté par l'activité éolienne. L'opposition est également l'un des rares moments où les astronomes amateurs peuvent tenter de repérer les deux satellites Phobos et Deimos (magnitudes 12 et 13). Enfin, gageons que les astrodessinateurs se chargeront eux aussi d'immortaliser cette opposition avec leurs crayons comme ils l'avaient fait il y a deux ans.

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