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ExoMars est une mission d'exploration de la planète Mars du programme AuroraAurora de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne qui voit le jour au début des années 2000. En raison de difficultés financières, ce programme a été remodelé plusieurs fois et son abandon a été évoqué à plusieurs reprises.

La mission est scindée en deux parties avec deux lancements prévus en 2016 (ExoMars 2016, le 14 mars) et 2018 (ExoMars 2018).

Lorsque la mission est sélectionnée en 2002, puis confirmée en 2005, l'Agence spatiale européenne a l'idée d'envoyer sur la surface martienne un roverrover doté d'une foreuse avec pour objectif de détecter des traces de vie éteintes, voire actives.

Le scénario initial d'ExoMars

Le scénario prévoit un lancement en 2011 et une arrivée sur Mars en 2013 mais l'Esa abandonne le module orbital de 2002 qui devait stationner en orbiteorbite autour de Mars pour relayer les communications entre le rover et la TerreTerre. En 2007, le profil de la mission est de nouveau modifié avec un lancement en 2013 par une Ariane 5Ariane 5. Le relais de données sera assuré par la NasaNasa avec l'orbiteur Mars Reconnaissance OrbiterMars Reconnaissance Orbiter. Quant au rover (205 kgkg), il embarque un foret capable de pénétrer le sous-sol jusqu'à 2 m et les 16,5 kg du Pasteur Payload Package. Quant à l'atterrisseur, il est doté d'une charge utile de 30 kg (PaquetPaquet géophysique).

En 2009, tout est remis à plat en raison de l'accord signé entre l'Esa et la Nasa concernant une exploration commune et pragmatique de la planète Mars. Cela provoque un nouveau report du lancement et une nouvelle configuration de la mission qui est scindée en deux parties. ExoMars devient la première mission commune avec deux lancements distincts, en 2016 et 2018.

La mission de 2016, réalisée sous maîtrise d'œuvre de l'Esa, comprend l'orbiteur Trace Gas et un atterrisseur de 600 kg qui doit permettre à l'Europe d'apprendre à se poser sur Mars. Quant à la mission de 2018, dirigée par la Nasa, elle prévoit de déposer sur la surface de Mars non pas un mais deux rovers, l'un américain et l'autre européen (ExoMars), à l'aide du même atterrisseur.

La Nasa se retire du projet

En 2011, nouveau rebondissement en raison d'une réduction du budget de la Nasa qui contraint les Américains à réduire leur participation dans ExoMars 2018. Dans ce nouveau contexte, Max-C, qui devait être le second robotrobot d'ExoMars, est abandonné mais... reste une priorité pour les Américains. L'idée est d'étudier le développement d'un engin Nasa-Esa qui s'appellerait ExoMars-C, « C » pour catching, dont l'objectif est de collecter des échantillons, de les mettre dans un conteneur et d'attendre qu'un engin vienne le récupérer pour l'expédier sur Terre. Ce rover sera construit autour de la même plateforme que Curiosity à la différence qu'il sera alimenté par des panneaux solaires et non pas par un générateurgénérateur à isotopesisotopes (RTG), comme c'est le cas pour l'américain lancé en novembre 2011 et arrivé sur Mars en août 2012.

Le scénario de 2011 avec la Nasa comme partenaire, abandonné en 2012 avec le retrait des Américains. © Esa

Le scénario de 2011 avec la Nasa comme partenaire, abandonné en 2012 avec le retrait des Américains. © Esa

En 2012, nouveau faux bond de la Nasa qui se retire du projet en raison d'une réduction plus forte que prévu de son budget. Un énième rebondissement qui, s'il ne tue pas le programme, plonge les responsables de la mission dans une grande incertitude. Il est alors question de le reporter, voire de l'abandonner dans sa forme actuelle (celle de 2011).

Roscosmos embarque dans ExoMars et sauve le programme

En mars 2012, coup de théâtre, tous les voyants repassent au vert et la mission est sauvée grâce à l'arrivée dans le projet de l'Agence spatiale russe, Roscosmos. Elle fournira deux lanceurslanceurs Proton pour les missions de 2016 et 2018.

Le scénario de la mission de 2016 est le même, avec l'orbiteur TGOorbiteur TGO (Trace Gas Orbiter), que l'on a cru perdu avec le retrait de la Nasa, et le démonstrateurdémonstrateur EDM (Entry, Descent and Landing Module) d'entrée, de descente et d'atterrissage, qui sera baptisé plus tard Schiaparelli. Seule nouveauté, les Russes fourniront au moins deux instruments sur l'orbiteur.

Quant à ExoMars 2018, les modifications sont plus significatives. Initialement, le rover devait se poser à l'aide du SkyCrane de la Nasa (la « grue volante »), l'innovant système d'atterrissage qui a été utilisé pour la première fois avec succès pour déposer dans le cratère Gale le rover Curiosity de la mission MSL, en août 2012. C'est un réel coup dur pour le projet et un gros challenge car l'Europe ne s'est jamais posée sur Mars, n'ayant à son actif que le crash de l'atterrisseur britannique Beagle 2Beagle 2. Ce retrait de la Nasa a imposé une solution de remplacement, matérialisée par un système russe qui reprendra les technologies de l'EDM d'ExoMars 2016.