En attendant l’arrivée sur place du rover Perseverance, la Nasa nous régale aujourd’hui de quelques-unes des plus belles images prises par sa mission Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). Une mission lancée il y a 15 ans, presque jour pour jour.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Satellite MRO : 10 ans d’images sublimes de Mars La sonde spatiale MRO (Mars Reconnaissance Orbiter) est en orbite martienne depuis le 10 mars 2006. Durant dix ans, le satellite a pris d’innombrables clichés de la planète afin d’en cartographier la surface. La Nasa a décidé d’en réunir les meilleurs dans cette courte vidéo.

Cartographier la surface de Mars. C'est la mission première assignée il y a 15 ans déjà à la sonde de la NasaNasa MRO (Mars Reconnaissance Orbiter). Depuis son lancement le 12 août 2005 -- et surtout depuis sa mise en orbiteorbite, en mars 2006 --, elle a renvoyé vers la TerreTerre, des images époustouflantes, qui ont littéralement remodelé la façon dont les astronomesastronomes envisageaient la Planète rouge.

Le tout grâce à ses trois caméras :

  • Marci (Mars Color Imager) et son objectif fisheye qui produit quotidiennement une vue globale de la planète rouge ;
  • CTX, la caméra de contexte qui fournit des images en noir et blanc sur 30 km de large ;
  • et bien sûr, la caméra HiRISE -- pour High Resolution Imaging Science Experiment -- qui, au fil des années, a offert au public, d'incroyables images de la mystérieuse Planète rouge.

Pour marquer les 15 ans du lancement de la mission MRO, la Nasa publie aujourd'hui quelques-unes de ces photos les plus marquantes. Retrouvez les nombreuses images capturées par la caméra à haute résolutionrésolution HiRise de la sonde MRO sur le site dédié uahirse.org et HiRise Français ainsi que sur la page Flickr de  l'instrument.

Tempête de poussière sur Mars

À l’été 2018, une tempête planétaire a recouvert Mars de poussières. Une tempête capturée par Marci. © Nasa, JPL-Caltech, MSSS
À l’été 2018, une tempête planétaire a recouvert Mars de poussières. Une tempête capturée par Marci. © Nasa, JPL-Caltech, MSSS

Sur Mars, les tempêtes de poussière sont fréquentes. Une ou deux fois par décennie, une série de tempêtes soulève suffisamment de poussière pour pratiquement masquer la totalité de la surface martienne. Celle de l'été 2018 a précipité la fin de la mission du rover OpportunityOpportunity. Ses panneaux solaires ont en effet alors été privés de lumièrelumière.

Curiosity vu de l'espace

Le 31 mai 2019, le rover Curiosity se tenait sur les flancs du mont Sharp, au centre du cratère Gale — du côté de l’équateur martien. Immortalisé ici par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). © Nasa, JPL-Caltech
Le 31 mai 2019, le rover Curiosity se tenait sur les flancs du mont Sharp, au centre du cratère Gale — du côté de l’équateur martien. Immortalisé ici par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). © Nasa, JPL-Caltech
L’animation montre le parcours du rover sur 337 mètres, fin du trajet le 20 juillet 2019. On peut y deviner les traces qu’il a laissées dans le sable martien. © Nasa, JPL-Caltech
L’animation montre le parcours du rover sur 337 mètres, fin du trajet le 20 juillet 2019. On peut y deviner les traces qu’il a laissées dans le sable martien. © Nasa, JPL-Caltech

Dès 2007, HiRISE mitraillait la surface de Mars à la recherche d'un site d'atterrissage pour le roverrover Curiosity. Plus tard, c'est le rover que la caméra a surpris à plusieurs reprises, déambulant sur la Planète rouge.

Rappelons que la résolution incroyable de HiRISE lui permet de capter des scènes spectaculaires comme des avalanchesavalanches ou encore des tourbillonstourbillons de poussière de la taille d'un immeuble. Ou encore d'autres missions martiennes. Au total, près de sep millions d'images.

Et bientôt sans doute, Mars Reconnaissance OrbiterMars Reconnaissance Orbiter nous offrira-t-elle des images de Perseverance, le rover de la Nasa qui arrivera sur Mars en février 2021.

Le parcours d’Opportunity

Une visualisation du parcours sur Mars du rover Opportunity. © Nasa/JPL-Caltech/MSSS
Une visualisation du parcours sur Mars du rover Opportunity. © Nasa/JPL-Caltech/MSSS

HiRISE n'est pas la seule à avoir suivi les rovers martiensrovers martiens de la Nasa. CTX en a fait de même avec Opportunity. Ou du moins, en photographiant la région dans laquelle le rover a opéré, de son atterrissage du côté de l'Eagle Crater en janvier 2004, jusqu'à la fin de sa mission, sur le bord du cratère EndeavourEndeavour, dans la Persevrance Valley en juin 2018.

Nul doute que les instruments de Mars Reconnaissance Observer serviront à établir les cartes des futurs sites d'atterrissage de missions robotisées... ou humaines.

Sur Mars, d’impressionnants tourbillons de poussière

Un tourbillon de poussière photographié par HiRISE un après-midi de fin de printemps 2012, dans la région d’Amazonis Planitia, au nord de Mars. © Nasa, JPL-Caltech/Université de l’Arizona
Un tourbillon de poussière photographié par HiRISE un après-midi de fin de printemps 2012, dans la région d’Amazonis Planitia, au nord de Mars. © Nasa, JPL-Caltech/Université de l’Arizona

En 15 ans, HiRISE a plus d'une fois surpris des phénomènes sensationnels. Comme des tourbillons de poussière dont certains peuvent atteindre 30 mètres de diamètre et 800 mètres de haut. C'est à peu de chose près, la hauteur du plus haut gratte-ciel du monde, le Burj Khalifa, construit à Dubaï. Le tout alors même que l'exposition au SoleilSoleil diminue sur Mars en fin de printemps et que, comme sur Terre, les ventsvents, alimentés par la chaleurchaleur solaire, devraient eux aussi s'apaiser.

Des araignées sur Mars ?

MRO a-t-elle surpris des araignées rampant à la surface de Mars ? © Nasa/JPL-Caltech/Université de l’Arizona
MRO a-t-elle surpris des araignées rampant à la surface de Mars ? © Nasa/JPL-Caltech/Université de l’Arizona

Parmi les découvertes marquantes réalisées par MRO, il y a celle des « araignéesaraignées » qui émergentémergent du paysage chaque printemps, du côté du pôle sud de Mars. Lorsque la glace de dioxyde de carbonedioxyde de carbone se réchauffe sous la surface, elle libère du gazgaz sous pressionpression qui fait éclater la poussière en de petits monticules rayonnants. Un phénomène qui ne se produit nulle part sur Terre.

Des avalanches martiennes

Le 29 mai 2019, HiRISE a donné l’alerte : des avalanches se sont déclenchées le long de falaises du côté du pôle nord de Mars. © Nasa/JPL-Caltech/Université de l’Arizona
Le 29 mai 2019, HiRISE a donné l’alerte : des avalanches se sont déclenchées le long de falaises du côté du pôle nord de Mars. © Nasa/JPL-Caltech/Université de l’Arizona

Du côté du pôle nord de Mars, se dressent des falaises de quelque 500 mètres de haut. Des couches qui se sont déposées à des époques différentes, révélant une part de l'histoire de la planète rouge.

Et au printemps, lorsque les glaces saisonnières -- des blocs de neige carboniqueneige carbonique chargés de poussière -- se vaporisent, ces falaises s'effritent, déclenchant de spectaculaires avalanches.

Un cratère d’impact tout frais

Un cratère d’environ 30 mètres de diamètre — détecté par CTX puis photographié par HiRISE en novembre 2013 —, entouré d’une zone balayée par le souffle de l’impact et des débris projetés jusqu’à 15 kilomètres de là. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona
Un cratère d’environ 30 mètres de diamètre — détecté par CTX puis photographié par HiRISE en novembre 2013 —, entouré d’une zone balayée par le souffle de l’impact et des débris projetés jusqu’à 15 kilomètres de là. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona

L'atmosphèreatmosphère de Mars est ténue. Elle ne protège donc que très peu la planète rouge des chutes de météoritesmétéorites. Au cours de ses 15 ans de mission, Mars Reconnaissance Orbiter y a ainsi pointé plus de 800 nouveaux cratères d'impact.

L'étude de ces cratères et de leurs éjectats permet aux chercheurs d'en apprendre un peu plus sur ce qui les a causés.

La surface de Mars évolue avec le temps

Sur cette image prise par HiRISE en février 2009, les fausses couleurs accentuent certains détails, comme les sommets des dunes et quelques ondulations. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona
Sur cette image prise par HiRISE en février 2009, les fausses couleurs accentuent certains détails, comme les sommets des dunes et quelques ondulations. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona

La longévité de la mission Mars Reconnaissance Orbiter a permis aux astronomes de constater à quel point la surface de la planète rouge changeait avec le temps. Ils pensaient jusqu'alors que, compte tenu de la faible atmosphère qui l'entoure, les mouvementsmouvements de sables, notamment, devaient rester légers. Ils savaient maintenant que c'est loin d'être le cas. Beaucoup de reliefs martiens bougent -- comme sur Terre --, rampant sur la planète pendant des millions d'années.

De l’eau sur Mars

Cette animation montre les régions de Mars susceptibles de cacher de la glace d’eau sous la surface. © Nasa, JPL-Caltech

Sur Mars, certaines régions cachent de la glace d’eau proche de la surface. Une eau qui pourrait être accessible assez facilement pour de futurs astronautesastronautes.

La Terre dans le rétroviseur

En novembre 2016, pour la seconde fois, HiRISE a immortalisé une vue de la Terre et de la Lune. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona
En novembre 2016, pour la seconde fois, HiRISE a immortalisé une vue de la Terre et de la Lune. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona

À quelques 205 millions de kilomètres de notre Terre, MRO se permet parfois de se détourner de son objectif premier et de se tourner vers notre planète pour lui jeter un regardregard nostalgique.

Phobos, une lune de Mars

En mars 2008, HiRISE a pris des photos de Phobos, la plus grande lune de Mars. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona
En mars 2008, HiRISE a pris des photos de Phobos, la plus grande lune de Mars. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona

La Terre n'a qu'une seule LuneLune, mais Mars en a deux. Petites par la taille -- PhobosPhobos, la plus grande, ne mesurant que 26 kilomètres de diamètre --, mais de grand intérêt pour les astronomes. Ils sont notamment intrigués par leur forme et leur origine.

Le cratère Stickney est la caractéristique principale de Phobos. Il mesure de neuf kilomètres de diamètre. Les creux et les chaînes qui semblent pour beaucoup liés à ce cratère ne le seraient en réalité pas. Ils seraient plutôt nés de débris éjectés par des impacts sur Mars.

D’étonnantes stries à la surface de Mars

De drôles de stries capturées par HiRISE en 2013, près de l’équateur martien. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona
De drôles de stries capturées par HiRISE en 2013, près de l’équateur martien. © Nasa, JPL-Caltech, Université de l’Arizona

C'est un étudiant de premier cycle qui les a découvertes. Des stries qui apparaissent sur Mars aux mêmes endroits et à peu près aux mêmes périodes de l'année, pendant les mois les plus chauds. Elles seraient causées par du sablesable sombre glissant sur des pentes.